Economie / France / Afrique La Zone Franc fête ses quarante ans





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Economie / France / Afrique

La Zone Franc fête ses quarante ans



(MFI / 02.10.2012) Réunis comme le veut la tradition à la veille des réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI, les ministres des Finances de 15 pays africains et de la France, célèbrent aussi le 5 octobre le quarantième anniversaire de la Zone Franc.
Le colloque intitulé « Regards croisés sur 40 ans de Zone franc », qui va se pencher à la fois sur l’histoire mais aussi l’avenir de la Zone franc, sera ouvert par Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) et actuel président de République la Côte d’Ivoire, en présence notamment de Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et des Finances. Plusieurs tables rondes sont prévues dont une sur la Zone franc et le tournant des accords de coopération monétaire des années 1970 et une autre sur Le passage de l’intégration monétaire à l’intégration économique.

Les sites officiels du ministère des Finances et de la Banque de France rappellent les quatre principes fondamentaux sur lesquels reposent les mécanismes de coopération monétaire entre la France et les Etats africains membres de la Zone franc : la garantie de convertibilité, des parités fixes, la libre transférabilité et la centralisation des réserves de change.
Une nouvelle dévaluation n’est pas à l’ordre du jour
La création de la Zone franc remonte au 9 septembre 1939, date à laquelle un décret a instauré un régime des changes commun pour tous les territoires de l’Empire colonial français. Le franc CFA a été créé le 25 décembre 1945, sa valeur étant portée à 2 francs français à compter du 17 octobre 1949, avant le lancement du nouveau franc français, le 1er janvier 1960, et sa dévaluation de 50 %, le 11 janvier 1994. Depuis 1945, la Zone franc n’a donc connu que deux changements de parité (1948 et 1994) auxquels s’ajoutent les conversions en 1960 et lors de l’entrée en circulation de l’euro en 1999 - des opérations ne sont pas des changements de parité.

Aujourd’hui, même si une nouvelle dévaluation n’est pas à l’ordre du jour, plusieurs Africains l’évoquent toujours, critiquant la dépendance monétaire des pays africains par rapport à la France et à l’Europe avec l’adoption de l’euro à la place du franc ou des monnaies locales. Ainsi, pour un professeur comorien de mathématiques, Bashrahil Mohamed Farid, la monnaie est devenue la bête noire du développement. A titre d’exemple, le conférencier indique que sur 10 milliards de francs qui se trouvent à la Banque de France, Paris prend 65 %, ce qui signifie à ses yeux qu’il y a 100 millions d’Africains qui sont privés de leur économie et qui n’ont pas d’argent : « C’est pourquoi il faut quitter la zone franc ».

Les banques de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) ont enregistré à la mi-avril 2012 un excédent de trésorerie de 4,5 milliards d’euros (3 000 milliards de FCFA). Mais, commente Sanou Mbaye, économiste sénégalais et ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD), « avoir des réserves qui augmentent, mais quand on y regarde de plus près, ce qui semble être positif ne profite pas aux économies africaines ». Selon l’auteur de L’Afrique au secours de l’Afrique, qui réside à Londres, « les pays de la zone franc sont en train de rater le coche du renouveau économique », à la différence de leurs pays voisins qui disposent de plus d’autonomie monétaire.

Il est vrai que ce n’est pas la première fois que la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) ainsi que la BCEAO affichent de tels résultats. Les banques centrales dégagent des recettes mais il n’existe pas de projet « bancable ». Les habitants d’Afrique sub-saharienne n’ont pas accès au crédit. A peine 10 % ont un compte bancaire. Quant aux banques commerciales, elles favorisent l’accès aux crédits pour les biens de consommation, voitures, etc., mais lorsqu’il s’agit d’investir dans les projets sur le long terme, comme l’éducation ou la construction, il n’y a plus rien.

« Or, aujourd’hui, ce sont ces secteurs qui portent les pays émergents, affirme l’économiste. Pour que ces excédents puissent vraiment servir aux Africains, il faut accéder au secteur informel, qui représente entre 80 et 90 % des emplois en Afrique. Il faut une politique d’expansion du crédit », ajoute-t-il. La Zone franc doit faire des réformes fondamentales pour obtenir la totalité de son autonomie financière. Il ne suffit pas d’avoir des institutions communes, mais aussi une réelle politique monétaire commune ».
Trois sujets qui inquiètent à court-terme
Selon Vera Songwe, directrice des opérations pour la Banque mondiale en Afrique de l'Ouest, et Ludovic Subran, économiste, il existe trois principaux canaux de transmissions qui inquiètent à court-terme. Le premier est le commerce extérieur. Les exportations en direction de l'Europe représentent plus d'un tiers des exportations totales de la Zone Franc et une contraction de la demande européenne commence déjà à se faire sentir sur les revenus d'exportations de ces pays. Le deuxième concerne les transferts de fonds de migrants : la consommation atone, et les hausses de chômage record (notamment en Espagne) devraient réduire les montants transférés significativement. Au Mali par exemple, ceux-ci représentent jusqu'à 10 % du PIB et sont essentiels à l'équilibre de la balance des paiements. Ils représentent la deuxième source de financement externe derrière l'Aide publique au développement et devant les investissements directs étrangers. Enfin, une autre courroie de transmission est en marche : nombre de banques françaises sont présentes dans la zone et les resserrements des conditions de crédit et le renchérissement de son coût se font déjà sentir, compromettant le développement du secteur privé, déjà limité par trop peu de disponibilité de crédit.

La dépréciation de l'euro et le montant élevé des importations en matières premières compliquent l'équilibre macroéconomique des pays de la Zone. Elle rehausse aussi la dette extérieure des Etats, souvent peu diversifiée, et dont, pour un pays comme le Cameroun, par exemple, près de la moitié est libellée en monnaie étrangère autre que l'euro (dont le dollar, le yuan ou le yen, toutes appréciées contre l'euro sur un an), ce qui alourdit mécaniquement le service de la dette des pays de la zone, déjà élevé. Un service de la dette d'autant plus en danger que le risque d'appréciation des taux offerts aux bonds des pays de la zone CFA s'intensifie, avec des bonds européens qui s'échangent à des taux très élevés. En parallèle, et malgré le ralentissement économique mondial, les prix des matières premières peinent à se replier et de nouvelles accélérations pourraient alourdir davantage la facture pétrolière et énergétique des pays de la Zone qui sont importateurs-nets de pétrole et de produits céréaliers, comme le Sénégal ou la Centrafrique par exemple. Mais disposer d’une monnaie indépendante ne semble pas être facile. Région par région, les pays du continent dépendent plus du commerce avec la Zone euro : certains pays envoient presque les trois-quarts de leurs exportations vers l’Europe, ce à quoi s’ajoutent des liens économiques et monétaires profonds qu’ils ont avec les marchés européens.
Marie Joannidis

Les grands argentiers au chevet de la Zone franc
(MFI / 02.10.2012) Au colloque de Paris intitulé « Regards croisés sur 40 ans de Zone franc », qui se tient à Paris le 5 octobre prochain et qui sera ouvert par Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) et actuel président de République la Côte d’Ivoire, présent également Pierre Moscovici, le ministre français de l’Economie et des Finances. Il sera rejoint par le ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin, de retour du Liban où il s’est rendu les 1er et 2 octobre pour assister aux Assises de la coopération décentralisée franco-libanaise. Parmi les autres grands argentiers attendus, on attend Casimir Oye Mba, ancien gouverneur de la Banque des États d’Afrique centrale de 1978 à 1990, Saïd Mohamed Mshangama, directeur général de l’Institut des Comores de 1977 à 1981, Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest de 1990 à 2005, Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France de 1993 à 2003 puis de la Banque centrale européenne, ainsi que le professeur Olivier Feiertag, Michel Camdessus, gouverneur de la Banque de France de 1984 à 1987, directeur général du FMI de 1987 à 2000 et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France. La liste n’est pas exhaustive.
M.J.

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