Apport des autres disciplines à la theorie des organisations





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  1. APPORT des AUTRES DISCIPLINES à la THEORIE des ORGANISATIONS




    1. APPORTS de l’ÉCONOMIE


Depuis les années 1970 des courants théoriques de l’économie organisationnelle proposent de nouvelles grilles de lecture de la firme capitaliste. Ils admettent la nécessité de rompre avec la représentation de la firme de la microéconomie standard et de reconnaître à la firme sa réalité d’organisme complexe original. Cette nécessité admise la théorie de la firme est confrontée à deux questions fondamentales :

  1. Pourquoi la firme existe-t-elle ?

  2. Qu’est-ce qu’une firme, quelle est sa nature ?

A la première question deux réponses sont proposées :

- d’un côté la firme s’explique par les défaillances du marché [cette vision est centrée, dans la lignée néo-classique, sur une économie de l’échange, la firme se caractérisant comme un mode particulier d’allocation],

- d’un autre côté la firme est vue comme un espace de production et un lieu de création de richesse et d’innovation [cette vision subit les influences de Marx, de Schumpeter et de Chandler].

A la deuxième question deux dimensions de la firme peuvent être mises en évidence,

- d’un côté la firme (organisation) est envisagée comme lieu de coordination d’agents, [la firme organisation trouve son origine avec H.A. Simon et les de March : « Les organisations sont des systèmes d’actions coordonnées entre individus et groupes dont les préférences, l’information, les intérêts et les savoirs différent. Les théories de l’organisation décrivent la conversion délicate du conflit du conflit en coopération, la mobilisation des ressources et la coordination des efforts qui facilitent la survie simultanée d’une organisation et de ses membres. »]

- d’un autre côté la firme est considérée comme lieu de gestion des conflits et des intérêts de ces mêmes agents et la conception de la firme institution va alors au delà dans deux directions complémentaires : par la prise en considération des dimensions sociales (comme expression du système légal et juridique dans laquelle est elle est insérée et qui pose les limites de son activité), et par la recherche d’une mise en perspective historique des formes organisationnelles de leur métamorphoses et de leur processus d’évolution. Une telle conception trouve ses racines chez les institutionnalistes américains (Weblen, Commons, Berle, Means…).


      1. L’économie des coûts de transaction (ECT)

Cette théorie est élaborée, depuis les années 1970, par O.E. Williamson professeur à la Law School de l’université de Berkeley. Né en 1932, il a obtenu en 1963 son PHD à l’université Carnegie Mellon ; H. A. Simon a été son professeur.

Seront examinés les points suivants : les fondements originels de la théorie, l’architecture du corpus de l’ECT, l’Analyse des coûts de transaction et enfin la portée de cette théorie.


  1. Fondements originels

Deux économistes anglais ont préparé le questionnement qui conduira O. E. Williamson à l’élaboration de l’ECT.

D. H. Robertson (1890-1963) a été professeur à Cambridge, il a soulevé la question de l’existence des firmes : « Pourquoi ces flots de pouvoir conscient émergent-ils dans l’océan de la coopération inconsciente ? ».

R. H. Coase (1910) a enseigné à l’université de Liverpool et à la London School of Economics ; il a émigré aux U.S.A. en 1951, enseigné dans différentes universités américaines ; il est depuis 1966 professeur à la Law School de l’université de Chicago. Il a poursuivi la réflexion initiale de Robertson en distinguant deux formes alternatives de coordination économique :

- sur les marchés la coopération est réalisée de façon inconsciente par le système des prix,

- à l’intérieur de la firme la coopération est réalisée de façon consciente par l’autorité de l’entrepreneur.

Coase démontre aussi que la coordination par les prix entraîne des coûts.


  1. L’architecture du corpus théorique de L ‘ECT

O. E. Williamson s’appuie sur le raisonnement de Coase en intégrant cinq autres sources :

    1. il emprunte à J. R. Commons (une figure de l’institutionnalisme) la notion de transaction, unité fondamentale de l’analyse économique,

    2. il retient le concept de rationalité limitée et procédurale de H. A. Simon,

    3. il reconnaît le rôle fondamental de l’information pour la compréhension du fonctionnement des marchés (K.J. Arrow),

    4. de Chandler il retiendra la notion d’innovations organisationnelles,

    5. enfin il s’inspire aussi du droit de propriété et des contrats.

Son corpus se complète de trois hypothèses sur le comportement des agents :

H1 Le comportement en situation de rationalité limitée implique l’incomplétude des contrats

H2 La rationalité procédurale implique la recherche par adaptabilité de l’efficience, enfin

H3 Le comportement des agents est vu comme étant essentiellement opportuniste : ils recherchent leur intérêt personnel à travers notamment la manipulation de l’information.

L’opportunisme se manifeste aussi bien avant la signature du contrat (pré contractuel) qu’après la signature du contrat (post contractuel).

L’opportunisme pré contractuel se manifeste :

  • chez le vendeur, par des informations falsifiées ou tronquées (par exemple un vendeur de voiture d’occasion dissimulera les pannes qu’a connu un véhicule) ;

  • il se manifeste aussi du côté de l’acheteur qui peut cacher des informations privées à travers la « sélection adverse » ; ce terme est issu du vocabulaire des compagnies d’assurance qui ont mis à jour le phénomène, ainsi une jeune femme souhaitant avoir de nombreux enfants choisira une police d’assurance favorable à la maternité sans exposer la raison de son choix à l’assureur.

L’opportunisme post contractuel concerne deux phénomènes :

  • « le risque moral » : le fait qu’un agent ne respecte pas ses engagements et qu’il soit impossible ou trop coûteux de pouvoir le démontrer,

  • « le hold up » : c'est-à-dire une modification désavantageuse pour l’une des parties des termes du contrat.




  1. L’analyse des coûts de transaction

K. J. Arrow a donné une définition des coûts de transaction : ce sont « les coûts de fonctionnement du système économique ».

    1. Les types de coûts de transaction

Coûts de coordination (visant à rapprocher vendeurs et acheteurs)

Coûts de motivation (au comportement opportuniste)

Sur le marché :

  • Etudes de marché, publicité (supportés par le vendeur)

  • Recherche d’un fournisseur (supporté par l’acheteur)

Coûts associés à l’asymétrie et à l’incomplétude de l’information

A l’intérieur de la firme :

- coûts de transmission des informations collectées,

- coûts d’analyse des informations collectées et d’élaboration d’un plan d’action,

- coûts de transmission des informations sur le plan d’action (pour sa mise en œuvre)


Coûts associés à l’obligation imparfaite c'est-à-dire de l’incapacité des parties à s’en tenir à leurs exigences premières et à respecter leurs engagements




    1. Les caractéristiques des transactions

Définition

Exemples

Impact

Spécificité des actifs : elle concerne la nature de l’investissement sur lequel porte la transaction.

Elle est mesurée par la redéployabilité de l’actif.

Un actif est spécifique si son utilisation est restreinte

  • un four à pain




  • un équipement d’assemblage des ailes d’un avion Boeing

Le boulanger peut contenter de nombreux clients différents.

Le sous-traitant ne peut servir que Boeing

Fréquence de la transaction :

unique,
occasionnelle,

récurrente




  • Construction du Tunnel sous la Manche

  • Mise en œuvre d’un progiciel

  • Achat de fournitures de bureau




La fréquence associée à l’envergure de la transaction détermine la forme choisie : marché ou internalisation


Complexité et incertitude des transactions

  • achat de blé [on spécifie la quantité, la qualité (blé de la Beauce), la date et le lieu de livraison, le prix]

  • construction d’une centrale électrique (spécifications plus complexes)

Offrent la possibilité d’un comportement opportuniste

La connexité des transactions

Liaison avec d’autres transactions

- achats de logiciels liés à l’achat d’ordinateur et de systèmes d’exploitation

Quand la connexité forte on a plusieurs possibilités de riposte :

  • coordination centrale par des instances de normalisation (ISO, AFNOR)

  • intégration


En croisant degré de spécificité de l’actif et fréquence de la transaction on peut distinguer 4 cas :

  • actif non spécifique ; on a recours au marché par un contrat classique,

  • actif spécifique et fréquence élevée : on ne recourt pas au marché on à l’internalise (structure hiérarchique)

  • actif mixte et fréquence élevée : on a recours à un contrat personnalisé et à une structure bilatérale : le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre par exemple

  • fréquence faible et actif mixte ou spécifique : on recourt au marché avec un contrat « néoclassique » (à mi chemin entre contrat classique et contrat personnalisé) et à une structure trilatérale (un tiers authentificateur ou une ré assurance).

    1. Le débat en cours sur l’évolution des coûts de transaction

Il se focalise sur deux points : les effets des TIC et notamment d’Internet et la sécurisation des transactions.

  1. Les effets des TIC

    1. Baisse du coût des transactions : effet largement répandu notamment avec l’e-achat

    2. Déplacement vers le marché (externalisation) : oui mais on observe aussi des retours à l’internalisation après externalisation

  2. Sécurisation des transactions

D.C. North (économiste institutionnaliste) a signalé que la quasi perfection d’une concurrence est liée à l’établissement d’un système complexe de règles.

Il a conduit des recherches sur l’évolution de la part du secteur transactionnel (assurance, finance, secteur immobilier, commerce de gros et de détail) par rapport au PNB : elle est passée de 18 % à 41 % entre 1870 et 1970.


  1. La portée de l’ECT

    1. Le bilan des études empiriques

Ces recherches ont réussi à expliquer l’intégration verticale par les facteurs suivants :

  • la spécificité des actifs,

  • l’incertitude et la complexité des produits.

Ce sont deux facteurs identifiés par l’ECT comme étant susceptibles de d’influer sur les coûts de transaction. Ces résultats semblent donc corroborer l’ECT.

    1. Les insuffisances de certains aspects de la théorie

  1. Il est rare que les coûts totaux d’une activité économique puissent être exprimés comme la somme de coûts de production et de coûts de transaction, où les premiers dépendraient seulement de la technologie et des inputs utilisés, et les seconds de la façon dont les transactions sont organisées. En général les coûts de production et de transaction dépendent à la fois de l’organisation et des moyens technologiques mis en œuvre ; il est donc gênant d’établir une distinction conceptuelle entre ces deux coûts; ainsi lorsqu’une production est perdue en raison d’un retard dans la planification, faut-il incriminer la lenteur du processus de planification ou bien des moyens technologiques inappropriés empêchant une adaptation rapide aux modifications tardives du plan.

  2. La transaction peut être envisagée non pas comme un coût mais comme un investissement dans une relation.

  3. Implicitement le choix d’internaliser ou d’externaliser sur la seule base des coûts de transaction surestime la capacité de changement structurel des firmes.

  4. Le fonctionnement de la rationalité limitée s’interrompt aux portes de la gouvernance ; dans le choix entre hiérarchie ou marché le manager de l’ECT recourt à la rationalité substantive.

    1. La critique radicale de l’opportunisme

Tout d’abord le comportement opportuniste est surestimé dans l’ECT ; les comportements managériaux sont plus variés et ne se limitent pas au seul opportunisme. La confiance est ainsi apparue comme une des conditions du bon fonctionnement des entreprises en réseau.

Ensuite, privilégier le comportement opportuniste revient à avoir une conception régressive de l’être humain et des managers.

De plus l’étude empirique de la déviance ne semble pas évidente à réaliser.

Enfin et surtout l’ECT admet implicitement que comportement et attitude opportuniste correspondent au même concept. Or il a été démontré en psychologie que cela n’était pas vrai, même si il existe une relation positive entre les deux concepts. Dans l’ECT il n’y a pas de distinction entre l’attitude (opportuniste) qui est une inclinaison et l’opportunisme qui est un comportement.

En fait le modèle d’un comportement opportuniste est beaucoup plus complexe que l’hypothèse simpliste et trop radicale de l’ECT.

  • Le comportement opportuniste est positivement influencé par l’attitude opportuniste. (a)

  • Les valeurs influencent l’attitude opportuniste. (b)

  • L’attitude opportuniste est influencée par le jugement que l’on se fait du partenaire avec lequel on effectue la transaction ; une opinion positive réduit l’opportunisme, alors qu’un jugement négatif l’augmente. (c)

  • Plus les bénéfices attendus d’un comportement opportuniste sont importants et plus on tend à adopter un comportement opportuniste. (d)

  • Le comportement opportuniste augmente l’attitude opportuniste. (e)

  • Le contrôle par la hiérarchie augmente le coût du comportement opportuniste comme l’a précisé Williamson. (f)

  • Le coût du comportement opportuniste diminue le comportement opportuniste. (g)

  • Enfin comme la littérature sur la motivation l’a montré les contrôles ont une influence négative sur la disposition envers le partenaire. (h)


Ce modèle suggère donc une relation plus complexe entre le contrôle hiérarchique et le comportement opportuniste matérialisé par deux effets dont les forces sont opposées. Les mécanismes de contrôle

  • augmentent le coût du comportement opportuniste (f) qui réduisent le comportement opportuniste (g),

  • créent une appréciation négative du partenaire (h) qui augmente la propension à l’opportunisme (c) qui augmente le comportement opportuniste (a).

Une autre conséquence de la focalisation sur l’opportunisme est l’augmentation des coûts de coordination qui affaiblirait la compétitivité des organisations qui devraient alors succomber au profit du marché. En quoi résiderait alors la supériorité des hiérarchies par rapport au marché ?

Aussi les critiques de l’ECT en viennent-elles à considérer que ce ne sont pas les organisations qui supplantent le marché quand celui-ci est défaillant. Les organisations sont en fait supérieures au marché, ce dernier commence quand les organisations échouent. En effet la logique institutionnelle des organisations [c'est-à-dire l’adaptation intentionnelle vers un but commun partagé par les membres de l’organisation] leur permet de supplanter l’adaptation autonome du marché pour trois raisons :

    1. la défaillance du marché : les organisations fonctionnent même en l’absence de prix et de marché,

    2. l’efficience dynamique : ce qui est efficient à court terme ne l’est pas forcément à long terme,

    3. le facteur moral permet aux organisations de créer un contexte institutionnel qui influence les valeurs et les ambitions des membres de l’organisation ; c’est cette transformation du contexte institutionnel dans lequel les relations sociales sont scellées et à travers lesquelles les préférences des individus changent, qui permet au processus d’adaptation organisationnel de se déployer de manière quasi-autonome.

L’avantage des firmes par rapport au marché ne consisterait pas à venir à bout de pathologies humaines à travers la hiérarchie, mais à canaliser les capacités humaines vers l’initiative. Les organisations échouent quand elles se révèlent incapables de créer le contexte social (confiance et engagement) nécessaire à la coopération. C’est par conséquent le but commun qui constitue la source ultime de l’avantage organisationnel sur le marché : le marché serait le début de la défaillance des organisations.

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