Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?





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Un dossier documentaire pour le chapitre 2.2

Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?

Liste des documents :

Document n°1 : extrait d’un article extrait du HS 105 d’Alternatives économiques (avril 2015) : la monnaie et ses mystères, page 48 : article écrit par Agnès Bénassy-Quéré : « Coûts et avantages de la monnaie unique »

Document n°2 : Sophie Brana, « Les défauts de construction de l’union monétaire : ce que la crise a révélé », in Cahiers Français n ° 387 (Crise de la zone euro : où en sommes-nous ?), La Documentation française, Juillet-août 2015.

Document n°3 : extraits de Michel Dévoluy, Comprendre le débat européen, Petit guide à l’usage des citoyens qui ne croient plus à l’Europe, Points, Essais, 2014.

Document n°4 : extraits de Michel Dévoluy et Gilbert Koenig (dir.), Les politiques économiques européennes, Seuil, coll. Points, 2015 (2ème édition)

Document n°5 : extraits de : Aujourd’hui l’Union européenne, Questions ouvertes, Scérén, CNDP et CRDP de l’académie de Montpellier, Jean-Pierre Comert (dir.), 2012.

Document n°6 : David Siritzky, Parlons Europe en 30 questions, La Documentation française, Doc’en poche, 2014 (2ème édition).

Document n°7 : Jézabel Couppey-Soubeyran, Marianne Rubinstein, L’économie pour toutes : un livre pour les femmes que les hommes feraient bien de lire aussi, La Découverte, 2014. (Chapitre 9)

Document n°8 : extraits de Patrick Artus, Isabelle Gravet, La crise de l’euro, Comprendre les causes. En sortir par de nouvelles institutions, A Colin, 2012.

Document n°9 : extraits de Laurent Braquet, David Mourey, Comprendre les fondamentaux de l’économie, De Boeck, 2015
NB : autres articles du numéro d’Alternatives économiques sur la monnaie et ses mystères (HS 105) :

  • Pages 38 à 41 : « Pourquoi on a fait l’euro » (Sandra Moatti)

  • Pages 42-43 : « Il n’y a pas de monnaie sans souveraineté » (entretien avec André Orléan)

  • Pages 44-47 : « L’euro, une crise annoncée, une crise dépassée ? » (Sandra Moatti)

  • Pages 49-51 : « Comment la BCE a géré la crise » (Emmanuel Carré et Edwin Le Heron)

  • Pages 53-54 : « Défaire ou réparer l’euro ? » (présentation par Sandra Moatti)

  • Page 54 : entretien avec Jacques Sapir : « Il faut dissoudre la zone euro »

  • Pages 55-56 : entretien avec Hans-Werner Sinn : « Laisser les États endettés faire faillite et sortir de l’euro », entretien avec Thomas Coutrot : « Une sortie de l’euro renforcerait la guerre économique entre les peuples européens »

  • Page 55 : entretien avec Paul de Grauwe : « Toute union nécessaire une forme de solidarité »


NB : autres articles du numéro des Cahiers français sur la crise de la zone euro (n° 387) :

  • Crise de la dette en zone euro : quelles réformes pour quels résultats ? (Bruno Ducoudré)

  • Les trajectoires post-crise des pays de la zone euro : vers une dualisation sociale et économique de l’Europe (Bruno Palier, Marine Boisson-Cohen)

  • Le couple franco-allemand à l’épreuve de la crise (Claire Demesmay)

  • Le risque déflationniste dans la zone euro (Jérôme Creel)

  • Sortir de l’euro : quels coûts, quels avantages ? (Anne-Laure Delatte)

  • La dette grecque : le tonneau des Danaïdes ? (Jean-Marc Figuet)

  • La réforme de la surveillance et de la gestion des déséquilibres (Franck Lirzin)

  • La réforme de la gouvernance bancaire et financière Yamina Tadjeddine

  • La politique de la Banque centrale européenne depuis 2007 (Jean-Pierre Patat)

  • Bilan de l’austérité budgétaire dans la zone euro (Gilbert Koenig)


Document n° 1

Article extrait du HS 105 d’Alternatives économiques (avril 2015) : la monnaie et ses mystères

Page 48 : article écrit par Agnès Bénassy-Quéré : « Coûts et avantages de la monnaie unique »
La monnaie unique a permis des économies et une coordination des politiques monétaires. Mais en cas de crise, les pays en difficulté perdent un instrument central de la politique économique.
Faire l’euro en valait-il le coût ? La question s’invite régulièrement dans les débats sur la crise que traverse la zone euro depuis plusieurs années. La théorie économique la plus souvent convoquée pour y répondre est celle de la zone monétaire optimale, développée en 1961 par l’économiste Robert Mundell. Selon ce dernier, deux pays peuvent avoir un intérêt à partager la même monnaie si les gains l’emportent sur les pertes.
Un avantage micro et macroéconomique

Du côté des avantages, on trouve deux arguments. Le premier est microéconomique : la monnaie unique supprime à la fois les coûts de conversion liés au change et l’incertitude liée au taux de change. Elle permet donc de réaliser des économies, surtout dans les pays les plus ouverts. Elle encourage les échanges de biens et de services, et facilite les investissements dans d’autres pays de la zone, améliorant l’allocation des ressources. Enfin, la monnaie unique accroît la transparence des prix, ce qui accentue la concurrence. En bref, la monnaie unique complète le marché unique.

Le second argument en faveur de la monnaie unique est macroéconomique : dans une zone très intégrée comme l’Europe, une coordination des politiques monétaires est de toute façon nécessaire pour éviter les politiques déloyales consistant à « exporter » son chômage par la dévaluation. Le mécanisme de change européen, qui empêchait les monnaies européennes de trop diverger entre elles, a pu constituer une réponse pendant un temps. Mais la liberté de mouvement de capitaux, qui complète elle aussi le marché unique, a rendu ce mécanisme impraticable de manière durable en faisant varier les monnaies européennes entre elles en dehors de tout contrôle. L’euro, en tant que monnaie unique, est une réponse coordonnée de l’Europe à la volatilité des capitaux : quelle que soit la pression des marchés, il est désormais impossible à un État membre de se désolidariser de la zone en dévaluant sa monnaie pour limiter l’effet d’une dégradation de la conjoncture mondiale sur son activité, au détriment de ses partenaires européens.
Divergences d’intérêts

Face à ces avantages, un inconvénient essentiel : la perte, pour chaque pays, d’un instrument central de la politique économique, la monnaie, qui permet pourtant de faire face aux crises. Dans l’union monétaire que forme la zone euro, chaque pays participe aux décisions sur la politique monétaire, ce qui représente un progrès par rapport au mécanisme de change européen. Mais il n’est pas seul à prendre les décisions, et celles-ci peuvent ne pas aller dans le sens de ses besoins.

Or, ces divergences peuvent être responsables de catastrophes. En effet, lorsqu’un pays a besoin d’une politique monétaire expansionniste, un autre peut avoir besoin au contraire d’un resserrement des taux. En provoquant la convergence des taux d’intérêt à court et à long termes, la monnaie unique a créé l’illusion d’une convergence du coût du crédit dans toute la zone euro. En réalité, il y avait bien distorsion des taux réels. De fait, dans les pays périphériques de la zone, là où l’inflation était la plus importante, le taux réel était particulièrement faible, incitant notamment le secteur privé à s’endetter au-delà du raisonnable jusqu’à ce que la bulle éclate.

La crise financière de 2007-2008 illustre la force tant des coûts que des avantages de la monnaie unique. D’un côté, l’euro a protégé les pays membres de la volatilité des marchés mondiaux et la Banque centrale européenne est intervenue de manière centralisée et efficace pour assurer la liquidité des marchés financiers de la zone. De l’autre, un pays comme l’Espagne n’a pas disposé d’instrument autre que budgétaire pour relancer une économie gravement affectée par le retournement du marché immobilier, plongeant l’État à son tour dans la crise.

Document n° 2

Sophie Brana, « Les défauts de construction de l’union monétaire : ce que la crise a révélé », in Cahiers Français n ° 387 (Crise de la zone euro : où en sommes-nous ?), La Documentation française, Juillet-août 2015.
Pages 5-6

La crise a révélé les défaillances de la gouvernance européenne.

Un défaut de surveillance des déséquilibres macroéconomiques

Tout d’abord, les institutions européennes ont négligé la surveillance et la correction des déséquilibres. Dans une union monétaire, il n’est plus possible de répondre aux divergences de compétitivité-prix par des dévaluations. Pourtant, les divergences d’évolution des coûts de production et des prix nationaux n’ont pas fait l’objet d’une surveillance particulière. Les écarts se sont creusés, notamment en termes de compétitivité, la rigueur salariale en Allemagne ou aux Pays-Bas contrastant avec la dégradation de la compétitivité-prix dans les pays périphériques. L’afflux de capitaux dans ces pays a permis la hausse des dépenses, notamment dans les secteurs abrités de la concurrence à faibles gains de productivité (tels que la construction), alimentant les hausses des prix et des salaires. Ces capitaux, non contraints, ont favorisé les bulles et non les gains de productivité.
Un manque de coordination des politiques budgétaires

La crise a ensuite révélé le coût du manque de coordination des politiques budgétaires, seul instrument conjoncturel permettant de réagir aux chocs asymétriques au sein de la zone euro. Malgré les règles du Pacte de stabilité et de croissance, les États n’ont pas adopté un jeu coopératif. La coordination des politiques économiques n’a jamais été effectivement pratiquée, bien que l’article 121 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne indique que « les États membres considèrent leurs politiques économiques comme une question d’intérêt commun, et les coordonnent au sein du conseil ». Au cours des années 2000, la Commission européenne a adressé des recommandations d’ajustement via les GOPE (grandes orientations des politiques économiques), dont la plupart ont été ignorées par les gouvernements, en plus grande proportion au sein de la zone euro. Selon une étude faite par le Parlement européen, moins de 10 % des recommandations par pays ont ainsi été mises en œuvre en 2013. Comme le notent Bénassy-Quéré et Coeuré (2014), plutôt que d’être un aiguillon, l’euro a permis à certains pays de surseoir aux réformes indispensables.
Une sous-estimation des interdépendances entre les États membres

Ensuite, la crise a révélé une sous-estimation profonde des interactions entre États membres. Le manque de réformes ou les difficultés économiques d’un pays peuvent avoir des implications considérables pour l’ensemble de la zone. La vulnérabilité des membres de l’union monétaire à des crises de liquidité ou de solvabilité a été largement sous-estimée au moment de sa création, en dépit de l’intégration financière croissante. La crise a mis à jour des failles du système. Quand un pays connaît des difficultés budgétaires, les investisseurs surréagissent en relevant les primes de risque, ce qui provoque une hausse des taux, creuse davantage le déficit budgétaire, qui devient de plus en plus difficile à financer. Les crises de solvabilité sont auto-réalisatrices. Les banques sont exposées aux crises de la dette souveraine dans la mesure où elles détiennent des obligations publiques nationales –ainsi, le pourcentage de dette souveraine au bilan des banques atteint 94 % en Grèce, 90 % en Espagne, 79 % au Portugal ou 78 % en Italie. Dans le même temps, les États étant les seuls responsables du sauvetage des banques nationales, sont eux-mêmes très vulnérables au coût des crises bancaires. Compte tenu de l’intégration financière dans la zone euro et des interdépendances bancaires, les difficultés financières d’un pays peuvent se propager aux économies les plus vulnérables. Dans un contexte de marchés financiers intégrés, l’absence de filets de sécurité communs (régulation et supervision bancaire, assurance de dépôts, mécanismes de résolution des crises organisés à un niveau supranational) rend difficiles la détection et le contrôle des problèmes bancaires, et encourage la contagion. Ces risques ont été sous-estimés, et l’Union européenne ne possédait alors pas de mécanismes de résolution des crises, qu’elles soient souveraines ou bancaires.

Ainsi, en définitive, alors que la Grèce, l’Irlande ou l’Espagne ont connu un choc économique d’ampleur similaire à certaines régions américaines, telles que la Floride, l’Arizona ou le Nevada, la crise a persisté du fait de la vulnérabilité des finances publiques de ces pays, du défaut de mécanismes de transferts contracycliques et du lien entre risque bancaire et risque souverain. En l’absence de politiques budgétaires et financières communes, il n’a pas été possible de compenser la faible mobilité du travail, les rigidités nominales et la faible coordination budgétaire.

Document n°3

Comprendre le débat européen, Petit guide à l’usage des citoyens qui ne croient plus à l’Europe, Michel Dévoluy, Points, Essais, 2014.
Pages 89-90 :

Une monnaie unique

Les gains escomptés de la monnaie unique étaient doubles : dynamiser l’activité économique et favoriser la création d’une identité européenne. Seule nous intéresse ici la monnaie comme vecteur d’identité.

Chacun d’entre nous se reconnaît dans sa monnaie. Elle est une forme de bien public dans le sens où sa présence permet à tous les acteurs qui utilisent la même monnaie de compter et de penser dans la même unité, d’échanger commodément des biens et des services, et d’épargner. La monnaie est une forme d’institution politique et sociale. Pour être acceptée par tous, aujourd’hui et demain, elle demande un consensus et une confiance collective. La monnaie exige la présence d’un pouvoir souverain.

La perte des monnaies nationales au profit d’une monnaie européenne est donc un acte fondateur et symbolique puissant. En suivant cette logique, il est légitime de penser que l’euro représente un vecteur d’identité et donc un vecteur d’intégration politique. Le lancement de l’euro en 1999 fut un moment d’enthousiasme pour tous les partisans d’une Europe fédérée. À l’inverse, le refus de l’euro exprimait une volonté de préserver l’identité nationale. Le Royaume-Uni a été de ce point de vue d’une très grande clarté. Il a rejeté la monnaie unique car il ne voulait pas d’une souveraineté monétaire qui allait entraîner, immanquablement, le besoin d’une souveraineté politique. Pour Mme Thatcher, qui était la Première ministre à l’époque, refuser l’euro était synonyme de refuser toute perspective d’union politique. Nous voilà ainsi face à une conclusion bien singulière : c’est la cohérence monétaire des Britanniques qui devrait nous persuader qu’une monnaie unique implique un pas significatif vers une union politique.
Pages 92 à 94 : des impôts européens pour un vrai budget commun

La formation de l’identité passe pour chacun d’entre nous par le paiement de l’impôt. De même, nous nous identifions à une collectivité à travers les caractéristiques de son budget. La preuve : c’est sans doute parce que nous ne payons pas d’impôts à l’Europe et parce que son budget est négligeable que l’Europe nous apparaît encore assez lointaine.

Renforcer le budget

Les politiques publiques représentent toutes les actions des États. Pour les définir, il suffirait de consulter la liste des dépenses de toutes les administrations. On se contentera ici de citer leurs axes principaux : les mécanismes de répartition et de couverture des risques, la gestion des services publics, l’éducation, la sécurité intérieure et extérieure, le soutien de la conjoncture, la création et l’entretien des infrastructures.

Les politiques publiques améliorent notre bien-être, favorisent les solidarités et préparent notre avenir commun. Elles constituent par conséquent de puissants vecteurs de formation de notre identité. Ces politiques nécessitent beaucoup de ressources financières. Jusqu’à présent, elles dépendent quasi exclusivement des États. En Europe, sur 100 euros dépensés par les administrations publiques et sociales, 2 euros sont payés par l’UE tandis que 98 euros proviennent directement des États membres. Présenté autrement, le budget annuel de l’UE atteint au maximum 1,2 % du PIB de l’Union. Il s’agit de beaucoup d’argent en absolu (environ 140 milliards d’euros en 2013). Mais cela reste bien modeste en termes relatifs (moins de 1 euro par jour et par habitant).

Sachant que l’Europe est partie de rien, les dépenses de l’UE traduisent déjà une belle avancée. Mais elles restent faibles au regard de la constitution d’une identité européenne. Rien d’étonnant alors que nos identités nationales restent saillantes.
Payer un impôt à l’UE

Nous, citoyens européens, ne payons aucun impôt à l’Europe. En première analyse, cette absence de participation financière peut nous réjouir. En réalité, il faut la déplorer. Qu’on le veuille ou non, payer l’impôt est un acte fondateur de l’appartenance à une communauté (nation, région, commune). Aussi longtemps que nous ne payerons pas directement un impôt bien identifiable, nous ne serons pas citoyens de l’Union à part entière. Et l’Europe restera lointaine.

Naturellement, cet impôt ne devrait pas a priori alourdir la somme globale de nos contributions individuelles. Ce que l’Europe prendrait en charge n’incomberait plus aux États membres.
Pages 101 : Europe sociale, un bilan décevant

L’intégration européenne produit un résultat très mitigé en matière sociale. Elle impose des normes minimales, mais elle défend l’idée que trop de social fragilise la compétitivité dans un monde globalisé où doit régner la concurrence. De ce point de vue, l’Europe a participé à une rétractation du social et au recul de l’État-providence.

La démonstration d’un bilan globalement décevant de l’Europe en matière sociale ressort des agendas sociaux proposés par l’UE. L’agenda social est un document préparé par la Commission et adopté par le Conseil européen. Chaque agenda couvre une période de cinq années. L’enjeu est de soutenir les stratégies européennes telles que définies dans la stratégie de Lisbonne puis Europe 2020. L’accent est systématiquement mis sur la nécessité de construire une politique sociale qui accompagne le mouvement d’innovation, de création d’emploi, de formation tout au long de la vie et de hausse de la compétitivité. Sur le fond, ces agendas sociaux poussent à la dérégulation du marché du travail et à l’allègement des charges salariales. Ils sont ainsi en parfaite résonance avec la doctrine libérale défendue par la Commission au nom des choix politiques des États membres.
Pages 104-105 : les bénéfices provenant de l’euro

L’euro a été conçu pour couronner le marché unique. L’enjeu était d’éliminer les coûts liés à l’utilisation de plusieurs devises et de favoriser l’efficience économique. Effectivement, la monnaie unique apporte des bénéfices tangibles. Les principaux sont aisés à identifier :

  • disparition des crises de change au sein de la zone monétaire ;

  • élimination des frais et commissions de change nécessaires pour échanger les anciennes monnaies nationales, ce qui permet de voyager et de commercer plus facilement ;

  • comparaison plus facile des prix pratiqués sur l’ensemble de la zone euro ;

  • acquisition par l’euro du statut de monnaie internationale au même titre que le dollar.

Tous ces gains sont indéniables. D’ailleurs, ils furent systématiquement mis en avant dans les discours officiels destinés à soutenir le traité de Maastricht. Mais le bilan ne s’arrête pas à ces seuls aspects positifs.
Quelques extraits du passage sur « le délicat abandon des taux de change »
Page 109 : la réussite de la monnaie unique doit passer par une homogénéisation des économies nationales.

Page 111 : Un déficit public important et une dette publique trop grande peuvent peser sur le taux d’inflation et sur le taux d’intérêt long. Il est donc tout à fait cohérent d’accorder une attention spéciale à l’impact des finances publiques sur les taux de change.

Page 113 : Clairement, le Traité [de Maastricht] a sous-estimé l’immense question de l’hétérogénéité des économies. Le test de la convergence, à partir des quatre critères de Maastricht était nécessaire, mais il n’est pas suffisant.

Pages 113-114 : Les mécanismes de substitution aux taux de change

En prenant les propos précédents au pied de la lettre, toute unification monétaire semble déraisonnable. La parfaite homogénéité entre les États est impossible. Ainsi, aucun État souverain ne devrait renoncer à son taux de change. En poussant ce raisonnement plus loin encore, on peut se demander si deux régions d’un même État remplissent vraiment tous les critères listes plus haut. Ne faudrait-il pas alors une monnaie pour chaque région ? Une observation attentive d’une économie politiquement intégrée montre que des différences entres les économies des régions d’un État existent. Mais certains mécanismes sont à l’œuvre pour compenser ces écarts. La mobilité des travailleurs est l’un d’eux. Mais ce n’est pas essentiel. Le mécanisme le plus puissant en la matière est l’intégration fiscale. Avec un budget fortement centralisé, une région en difficulté n’a pas besoin de se relancer par une évaluation de sa monnaie. Elle est aidée par les autres régions grâce au budget central et aux budgets sociaux. C’est exactement ce qui se passerait si la zone euro était fédérée. Mais l’absence d’union politique et l’extrême faiblesse du budget européen, dont l’enveloppe globale est, rappelons-le, de 1% du PIB de l’UE, rendent le mécanisme d’intégration fiscale totalement inopérant. La zone euro semble donc dans une impasse.
Pages 114-115 : Comment se passer des taux de change

Trois mécanismes standards

Si un État (ou une région) possédant sa propre monnaie est en récession, une dévaluation sur les marchés des changes relancera son économie. Si cet État (ou cette région) appartient à une fédération avec une monnaie unique, d’autres mécanismes sont à l’œuvre pour combler une récession.

-La mobilité des travailleurs est souvent mise en avant. Elle permet aux chômeurs d’une région en dépression de se déplacer vers les régions prospères. Mais cela semble plus aisé aux États-Unis qu’à l’intérieur de la zone euro. Encore que même les États-Unis n’échappent pas au chômage.

-L’intégration financière joue également un rôle positif en permettant la mobilité des placements des régions excédentaires vers les régions déficitaires. La zone euro offre cette possibilité grâce à la libre circulation des capitaux.

-La flexibilité des prix et des salaires à la baisse permet elle aussi de relancer la compétitivité d’une région. En conclusion, il peut être optimal de choisir une monnaie unique pour une zone économique si les conditions énoncées ci-dessus sont remplies. Mais l’essentiel n’est pas là.
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