Enseignant-chercheur en économie internationale à l’istom, école d’ingénieurs en agro-développement International, Cergy-Pontoise





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Conclusion 

 

Cette analyse semble donc aller à l’encontre du discours ambiant sur l’essor économique sans précédent de la Chine et du risque que pose l’émergence d’une telle puissance pour les pays du Centre. La baisse du taux de profit, à laquelle se confronte l’appareil productif de ce pays, risque d’être néfaste pour la poursuite de son processus d’accumulation. Afin de lutter contre les phénomènes de surproduction qui sont souvent pointés du doigt, il est pourtant avancé de nombreuses solutions par les spécialistes de la Chine. Néanmoins, le ralentissement du processus d’accumulation engendré par ces solutions risquerait de faire ressortir des causes bien plus profondes à la crise que ces capacités de production oisives. Alors que la théorie du découplage est aujourd’hui largement acceptée par de nombreux économistes, il est probable que la crise mondiale révèle dans les prochaines années les contradictions du modèle économique chinois.

Le plan de relance de 4000 milliards de yuans (450 milliards d’euros) mis en place par le gouvernement chinois en novembre 2008 n’est probablement pas le mieux adapté aux problèmes rencontrés par l’appareil productif. Il vise à stimuler l’investissement, et accélère donc, de par cette stimulation, la baisse du taux de profit et les phénomènes de surproduction. Une relance plus directe et plus intense de la consommation aurait au moins eu le mérite d’accroître la taille du marché intérieur et de remédier en partie aux capacités de production oisives. Une consommation nationale insuffisante demeure ainsi l’un des problèmes principaux du pays, et ce d’autant plus que la crise mondiale pèse fortement sur la croissance chinoise en raison de la chute des échanges mondiaux.

 

 

 

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[1] Krugman P., Pourquoi les crises reviennent toujours, Seuil, Paris, 2000, pp. 39-57

[2] La productivité globale des facteurs (PGF) est l'accroissement de richesse qui n'est pas expliqué par l'accroissement d'un usage des facteurs de production, capital et travail. L'élément principal de la PGF est le progrès technique qui, avec une combinaison donnée de facteurs de production, permet de créer plus de richesse. La PGF correspond à la différence entre la croissance de la productivité du travail et celle de l’intensité capitalistique, différence ensuite multipliée par 0,4 pour prendre en compte la baisse systématique de la part du travail dans le processus d’accumulation (Aglietta et Landry, 2006, p. 26). Evidemment, le calcul de cette productivité globale, en raison de son aspect extrêmement complexe, soulève de grandes divergences non seulement dans les résultats obtenus mais également dans le simple fait de s’interroger sur la possibilité et la pertinence d’effectuer un tel calcul. Bien qu’acceptant les reproches qui sont adressés à ces études, nous présentons ici les analyses les plus importantes qui furent réalisées sur cette productivité globale, car elles permettent d’introduire notre étude sur le taux de profit. Dans le cas de la Chine, la majorité de ces études concluent sur l’observation d’une productivité du capital de plus en plus faible, ce qui rejoint ce que nous exposerons par la suite.

[3] Ces pertes correspondent à un revenu brut d’exploitation négatif, dû essentiellement à une marge insuffisante (liée à la présence de phénomènes de surproduction dans les secteurs les moins monopolistiques.)

[4] Selon Justin Lin, 1 milliard de yuans investis dans les entreprises d’Etat créent 100 000 opportunités d’emplois, alors que cet investissement engendre 5 fois plus d’emplois dans les entreprises non étatiques (Lin, 1996, p. 55).

[5] Néanmoins, depuis juillet 2005, date de la réévaluation du yuan et de l’abandon du change fixe avec le dollar, la hausse du yuan s’est accélérée régulièrement, passant de 2,6% en 2005 à 3,4% en 2006 et 6,9 % en 2007. Ainsi, depuis juillet 2005, la monnaie chinoise a poursuivi son appréciation face à la devise américaine gagnant quelque 15%, en particulier ces derniers mois. Depuis le point bas de novembre 2007, le yuan s’est également apprécié de 4,5% face à l’euro.

[6] La dette publique chinoise ne cesse pourtant pas d’augmenter. Officiellement, elle atteint seulement 20 % du PIB, mais selon le gouverneur de la banque centrale chinoise, Dai Xiaolong, en 2002, elle correspondait déjà à plus de 60 % du PIB si l’on prenait en compte les créances douteuses et les dettes des gouvernements locaux (Nhu Nguyen Ngo, 2004)

[7] Par ailleurs, comme le rappelle Michel Aglietta (in Artus, 2008, p. 38), une grande partie de la valeur ajoutée des produits exportés par la Chine n’est pas chinoise, et ce en raison de l’importance du commerce d’assemblage. Ainsi, « si un bien électronique grand public exporté par la Chine n’a que 15 % de valeur ajoutée chinoise dans le prix, une réévaluation du yuan de 20 % n’élèvera le prix de vente que de 3 %. »

[8] Cette théorie est située dans le prolongement des thèses « stagnationnistes » des économiques classiques (de Smith à Ricardo), et fut développée par Karl Marx. Elle fut critiquée sur le plan théorique, mais il ne s’agit pas ici de faire un bilan de ce débat théorique. La thèse de Marx nous sert seulement de cadre d’analyse pour comprendre certains phénomènes économiques qui étaient restés jusque là inexpliqués.

[9] Cette donnée doit néanmoins être relativisée, car la dette nette de la Chine (différence entre la dette brute et l’ensemble des créances détenues par les Chinois à l’étranger) est négative en raison de l’accumulation d’importantes réserves de change.

[10] Une telle hausse des taux d’intérêt s’expliquerait par la pression exercée à la fois par les Etats-Unis et des instances internationales comme le FMI pour lutter contre une « concurrence déloyale » de la Chine liée à la sous-évaluation de sa monnaie. Par ailleurs, jusqu’à la fin de l’année 2008, le gouvernement chinois évoquait de plus en plus souvent la possibilité de jouer sur les taux d’intérêt pour freiner l’inflation qui atteignait 8,7 % en février 2008 (notamment en raison de la hausse du prix des denrées alimentaires). Mais les risques de déflation actuels, liés à la baisse du cours des matières premières et à la chute de la consommation mondiale, rendent aujourd’hui cette politique économique peu probable.

[11] Township and Village Enterprises
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