Diapo 4, 5 et 6 : Qu'est-ce qu'une tonne abattue?





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Diapo 7 et 8 : Coût technique



Concrètement, il existe au moins trois méthodes pour construire une courbe de coût technique :


  • Approche partielle : chaque option technologique est évaluée séparément et les résultats sont comparés projet par projet soit à un projet de référence soit à un scénario de référence. L'absence de prise en compte des interdépendances entre les actions offre une technique d'évaluation simple mais insatisfaisante.




  • Approche rétrospective : on compare un scénario d'abattement à un cas de référence que l'on a construit préalablement. Le premier incorpore un cadre d'analyse des usages énergétiques qui autorise la prise en compte des interdépendances dans le système énergétique. L'approche partielle constitue une première étape à cette méthode puis les options sont inclues de manière incrémentale par ordre d'efficacité décroissant dans des exécutions successives d'un modèle qui permet la prise en compte de ces options entre elles. Cette approche ne permet cependant pas d'évaluer les coûts d'une option en tenant compte des options moins efficaces qu'elle, ce qui n'est pas forcément cohérent avec la réalité.




  • Approche intégrée : chaque point de la courbe de coût est la solution minimisant les coûts du système énergétique total en intégrant à la fois l'offre et la demande. L'ensemble des options technologiques sont classées comme précédemment, puis des paniers de technologies sont construits pour simuler un grand nombre de scénarios d'émission et calculer les coûts associés. Enfin, le scénario à moindre coût est retenu pour chaque niveau d'abattement et une courbe enveloppe des coûts d'abattement est ainsi construite. Cette approche peut aboutir à la conclusion qu'il existe plusieurs systèmes énergétiques permettant un même niveau d'abattement à des coûts similaires mais en présentant des différences techniques importantes, notamment en termes de source énergétique dominante. Cela génère la nécessité d'introduire d'autres critères de jugement pour effectuer les décisions d'investissement.


On peut cependant s'interroger sur la pertinence d'une démarche consistant à classer les coûts uniquement en fonction de leur valeur actualisée nette (VAN) qui ne fait pas intervenir la plus ou moins grande échéance du projet. Or, l'incertitude croissant avec l'échéance, à aversion du risque donnée et pour une même VAN, on préférera le projet dont le terme est le plus court. L'utilisation courante par les industriels de la durée de récupération (DR) comme critère de sélection de projets d'investissement alternatifs, notamment en avenir incertain (Babusiaux, 1990) illustre le caractère incomplet de la VAN pour construire une courbe de coût technique.
Weingartner (1969) cherche à déterminer les données du problème de choix qui restitueraient la rationalité de ce critère a priori irrationnel au regard d'un cadre standard. Il met en évidence que la combinaison d'hypothèses requises devrait comprendre :

- l'incertitude sur la taille et l'échéancier des résultats ;

- l'irréversibilité de l'investissement financier ;

- une contrainte de financement.

Il conclut que pour toutes ces raisons "un certain type d'information revêt une importance extrême pour le décideur. Il s'agit du taux de résolution escomptée de l'incertitude relative à un projet. Même si aucun indice unique ne peut synthétiser l'information nécessaire, la DR fournit une certaine idée des données pertinentes." Richard (1982) complète cet argumentaire en mettant en évidence qu'en avenir incertain, les lacunes du critère de la VAN peuvent être totalement corrigées par la prise en compte de l'effet d'irréversibilité. Autrement dit, précise Favereau (1989), le critère de la DR peut être rationalisé en supposant une très forte valeur d'option2 en faveur des projets à rotation rapide.

Diapo 9 : Potentiel sans regret



Les imperfections dans le fonctionnement des marchés peuvent expliquer pourquoi l'économie ne se situe pas sur la frontière d'efficience à un moment donné. Elles peuvent être liées à un manque d'informations, à des signaux-prix distordus, à un manque de compétition sur un marché ou à l'absence de marché pour le bien "environnement". A ces imperfections de marché peuvent s'ajouter des imperfections institutionnelles telles qu'une régulation inadéquate, un système fiscal distorsif ou des marchés, notamment financiers, incomplets. Pour pouvoir jouir du potentiel sans regret, il faut alors que les imperfections soient clairement identifiables et qu'il soit possible de mettre en œuvre une politique permettant de les supprimer, sans que le coût de cette politique dépasse le gain attendu.
Si les économistes ne nient pas le potentiel technique de réduction des émissions à bas coûts, il leur est difficile d'intégrer dans la logique de leur modélisation de tels potentiels. Comment expliquer en effet si les agents sont rationnels qu'ils n'adoptent pas ces technologies qui ont une valeur actuelle nette supérieure (si l'on intègre dans son calcul le trend de dépenses énergétiques futures) ? Il serait schizophrénique de leur part de ne pas expliquer cela par des imperfections de marchés. Aussi rétorquent-ils aux ingénieurs que si de tels potentiels existent, ils ne sont pas pour autant exploitables (du moins dans leur totalité) en raison (Jaffe et Stavins, 1994) :

- des coûts de transaction lorsqu'on lève les imperfections de marchés qui empêchent l'adoption des technologies les plus efficaces (réformes tarifaires, information, réforme des marchés de l’énergie) ;

- des coûts économiques externes d’une transformation des systèmes énergétiques et des systèmes d'incitation ;

- des coûts cachés ;

- de "l'effet rebond" qui fait qu'une amélioration de l'efficacité énergétique d'une technologie va certes se traduire par la baisse des émissions mais également par un accroissement de l'utilisation de cette technologie, ce qui vient limiter l'effet premier ;

- des préférences des consommateurs qui peuvent ne pas être compatibles avec l'exploitation de fort potentiel de réduction des émissions (véhicule individuel versus transports collectifs par exemple).
Cela explique en grande partie pourquoi les différences de résultats des modèles bottom-up et top-down sont moins importantes lorsque les premiers incorporent une approche plus comportementale (cf. infra). Néanmoins, on identifie ici une source d’incertitude forte liée à la compréhension des comportements d’adoption de technologie. Pour classer cette incertitude à l’aide de la typologie proposée au chapitre 1 (cf. tableau I.3), elle est , par nature, plutôt d’ordre théorique et porte sur la compréhension des comportements passés. Toutefois, rien ne prouve la stabilité des tenants de la décision d’équipement technologique. Alors, même une meilleure compréhension des raisons qui pourraient expliquer l’existence de potentiels sans regrets n’est pas forcément suffisante pour identifier les leviers qui en permettaient l’exploitation.
DeCanio (1993, 1998) utilise une approche de gestionnaire pour expliquer ce fossé entre coûts techniques et coûts économiques (efficiency gap). Il estime en effet que l'argument selon lequel les opportunités de profit inexploitées ne peuvent exister puisque les entreprises sont par définition des entités maximisatrices de profit n'est pas scientifiquement recevable3. Il se réfère pour justifier cette position à Popper (1934, 1962), selon lequel les hypothèses ou conjectures ne peuvent pas être scientifiquement recevables si elles ne sont pas confrontables à la réalité. L'hypothèse forte de maximisation du profit est contradictoire avec l'existence même des firmes. Si la maximisation du profit était la seule stratégie des entreprises, on pourrait l'automatiser et les fonctions de management disparaîtraient. DeCanio propose alors trois explications possibles à l'existence de l'efficiency gap :


  • Rationalité limitée : on choisit une solution satisfaisante basée sur une information approximative et incomplète plutôt qu'une solution optimale ;




  • Préférence pour des solutions de court terme (en partie en raison de la pression des actionnaires) ;




  • Peu d'intérêt porté aux projets réduisant faiblement les coûts.


Potentiel économique
On peut réinterpréter la frontière précédente comme étant une frontière d'efficience économique et non plus une frontière d'efficience technologique. Autrement dit, chaque point de cette courbe représente la grandeur maximale de l'activité économique pour un niveau de réduction des émissions données mais en tenant compte des éventuelles imperfections, de sorte que la courbe représentée sur la figure précédente peut être différente d'une frontière de production théorique des deux biens. En adoptant une telle position, on évite d'entrer dans le débat entre les deux "approches" : en choisissant d'interpréter ainsi la frontière précédente, on accepte implicitement l'argument des économistes selon lequel un potentiel technologique de stratégies sans regret ne va jamais être utilisé car les raisons économiques (imperfections diverses)1 qui justifient l'éventualité d'un tel potentiel empêchent son utilisation ; ou bien on évite de s'y confronter, et l'on regarde ce qui se passe en présence d'imperfections économiques irrévocables. Existe-t-il alors, même en présence de telles imperfections, un potentiel exploitable de stratégies sans regret ? En analysant les raisons qui conduiraient à l'existence d'un tel potentiel, problèmes informationnels de court terme (qui n'ont pas lieu d'être jugés comme pertinents à long terme mais qui brouillent les signaux économiques à court terme et font qu'on ne se situe pas à l'optimum à chaque instant du temps), économie en sous-emploi, cadre transitoirement imparfait dans lequel des agents prennent leurs décisions, complexité et volatilité de certains signaux économiques, on est amené à conclure à la plausibilité de cette hypothèse.
Potentiel sans regret et scénario de référence
Lors de l'élaboration des scénarios de référence, la question se pose de l'intégration des potentiels sans regrets mais également de l'évolution de ceux-ci au cours du temps selon qu'on les utilise ou non. Les déterminants d’un potentiel sans regret ou des conditions de son apparition future sont sensiblement les mêmes et le problème se retrouve alors posé non plus en des termes statiques mais dynamiques. Mais cette transposition des termes du débat n’est tout de même pas sans effet, notamment en ce qui concerne la nature des incitations qu’il convient de fournir. Les signaux économiques à envoyer ne sont naturellement pas les mêmes lorsqu’il s’agit de créer les conditions de l’apparition d’un potentiel sans regret et lorsqu’il s’agit d’exploiter un potentiel déjà existant.
On distingue en fait deux types de potentiels sans regret : à technologies données ou à technologie future. L'exploitation du premier type de potentiel pose le problème du renouvellement du stock de capital qui est d'autant plus coûteux que ce renouvellement se fait sur un capital dont l'amortissement n'est pas terminé. L'exploitation du second renvoie aux conditions de son apparition. Les politiques économiques visant à utiliser ces potentiels sont donc de natures très différentes.
Il est certain que les coûts et les réductions associés aux opportunités de long terme saisies persistent dans les périodes suivantes. Mais, concernant les opportunités de long terme à bas coût dans les périodes suivantes, il est légitime de se demander si de nouvelles possibilités de réduction de long terme bon marché vont émerger ou si les réalisations de la première période ôtent toute possibilité de long terme bon marché. La réponse nous semble assez tranchée en faveur du renouvellement des opportunités. En effet, nous nous situons à la marge d’un scénario de croissance BAU pour juger de l’abattement effectué. Dans ce scénario de croissance, le capital de long terme est renouvelé et augmenté selon une certaine dynamique et en fonction de certaines durées de vie. Les opportunités de réduction à bas coût sur ce capital correspondent à des choix plus "propres" au moment du renouvellement du capital ou à de nouvelles installations contenues dans le scénario BAU, car les modifications sur le capital de long-terme "en cours de vie" raccourcissent sa durée de vie et sont en général plus coûteuses. Or, à notre niveau d’agrégation, intégrant dans chaque courbe de coût marginal une quantité considérable de capitaux de long-terme renouvelés ou nouveaux, il est clair que chaque période de 5 ans apportera son flot de renouvellements et de nouvelles installations à effectuer, du fait de la croissance décrite par le scénario de référence. Par exemple sur la région Europe de l’Ouest, le scénario de référence suppose à chaque période un certain nombre de remplacements de centrales de production d'électricité en fin de vie, et apporte donc à chaque période de nouvelles opportunités de choix de technologies plus propres à bas coût.
Grubb et al. (1995) présentent plusieurs exemples, à des niveaux d'agrégation différents, qui semblent indiquer que de tels renouvellements sont envisageables. Ainsi, le Ministère de l'Energie britannique, à l'issue d'une évaluation du potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique, estimait-il en 1980 que l'intensité énergétique industrielle pourrait être réduite de 20% sur 20 ans à l'aide d'investissements rentables. Mais dix ans plus tard, il est apparu que presque tous les potentiels identifiés avaient été exploités. Cependant, la nouvelle étude concluait également qu'en dépit de la baisse des prix de l'énergie, des améliorations rentables de l'efficacité énergétique de l'ordre de 20% pouvaient de nouveau être identifiées.


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