Diapo 4, 5 et 6 : Qu'est-ce qu'une tonne abattue?





télécharger 271.51 Kb.
titreDiapo 4, 5 et 6 : Qu'est-ce qu'une tonne abattue?
page13/13
date de publication02.08.2017
taille271.51 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > économie > Documentos
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   13

Diapo 31 : Where Flexibility



Dans le cadre du protocole de Kyoto, l'interface entre les politiques nationales et le régime international passe par trois principaux canaux : l'impact du commerce international des PEN (Article 17), le mécanisme de développement propre et de mise en œuvre conjointe et, enfin, les effets d'entraînement internationaux (spillovers effect).
Le tableau présente les coûts marginaux d'abattement selon la taille du marché des PEN pour quatre régions du monde : les USA, le Japon, les pays européens membres de l'OCDE (OCDE-E) et les autres pays de l'OCDE que sont le Canada, l'Australie et la Nouvelle Zélande (CANZ). Ces coûts ont été calculés par 13 modèles top-down coordonnés dans le cadre de l'Energy Modeling Forum (EMF-16, 1999). Les résultats du modèle POLES, un model multi-régional d'équilibre partiel du secteur énergétique et de deux études des impacts économiques du protocole de Kyoto menées par le gouvernement américain sont également présentés dans ce tableau.
En dépit des larges différences de résultats selon les modèles, un certain nombre d'informations robustes peuvent être tirées de la lecture de ce tableau : les coûts marginaux sont plus élevés au Japon que dans les pays d'Europe, les USA et CANZ ont des résultats comparables avec des coûts marginaux approximativement égaux aux 2/3 de ceux observés en Europe.
Ces chiffres traduisent le caractère potentiellement inéquitable du protocole de Kyoto. Toutefois, on est frappé à la lecture de ce tableau par la grande incertitude qui pèse sur l'évaluation des coûts du respect des engagements du protocole de Kyoto : de 85 $ à 410 $ pour les USA, de 20 $ à 966 $ pour l'Europe, de 122 $ à 1074 $ pour le Japon et de 46 $ à 423 $ pour CANZ, soit des variations du simple au quintuple dans le meilleur des cas. On note cependant que la taille des intervalles d’évaluation des coûts est partie due à certaines valeurs extrêmes produites par des modèles spécifiques (WorldScan et Oxford).
Lorsque le commerce est limité aux pays de l'annexe I, le prix moyen des permis s'étale entre 20 $ et 224 $ par tonne de carbone, ce qui correspond à la fois à des niveaux plus élevés que ceux observés en commerce total, mais également à une plus grande dispersion des résultats. La forte baisse du prix du carbone par rapport à une situation sans commerce s'explique en grande partie par le phénomène de hot air14 : certains pays à économie en transition se sont vu attribuer lors du protocole de Kyoto des droits d'émissions pour un montant supérieur à ce que seront réellement leurs émissions en raison de la récession connue par ces pays depuis 1990, la différence entre les deux niveaux constituant le hot air. En cas de mise en place d'un système de PEN entre les pays de l'annexe I, ces excédents de quotas d'émissions vont faire chuter fortement le prix auquel les PEN vont s'échanger. Les hypothèses concernant le hot air sont donc fondamentales pour expliquer les différences entre les modèles : son montant va dépendre de la rapidité du rattrapage économique dans ces pays de même que des éventuels changements dans le système énergétique qui l'accompagneront.
Les impacts en termes de PIB, présentés dans le tableau, diffèrent selon les structures préexistantes de l'économie et de l'offre et de la demande d'énergie. Les pertes de PIB (en pourcentage de celui-ci) en 2010 liées à l'application de protocole de Kyoto s'étalent de 0,45% à 1,96% pour les USA, entre 0,31% et 2,08% pour l'Europe, et entre 0,25% et 1,88% pour le Japon.
Comme cela a déjà été précisé dans la section précédente, la relative étendue de ces intervalles résulte des différences de jugement des modélisateurs concernant certains paramètres clés tels que le progrès technique, les émissions de références, la nature de l'éventuel recyclage, et la représentation des chocs à court terme. L’incertitude est donc de nature essentiellement pratique et porte sur la compréhension des comportements économiques. Une autre source importante d'incertitude sur les résultats est constituée par l'effet retour sur le marché du pétrole d'une contrainte sur les émissions de carbone : une chute dans les prix du pétrole liée à une baisse de la demande consécutive à l'introduction d'une contrainte sur les émissions de carbone peut limiter l'impact d'une taxe donnée. L'ampleur de cette réponse des prix du pétrole à une contrainte carbone constitue donc une source d'incertitude majeure et une limite à l'utilisation d'un instrument prix pour l'application du protocole de Kyoto.
Le scénario de commerce global suppose un commerce non restreint entre les pays de l'annexe I et un mécanisme de développement propre idéal qui permet d'exploiter toutes les options de réduction à moindre coûts dans les pays en développement sans restriction. L'extension de l'échelle géographique sur laquelle on se situe aux pays n'appartenant pas à l'annexe I devrait se traduire mécaniquement par une hausse des incertitudes en raison, premièrement, de la reproduction des incertitudes qui prévalait dans l'étude des phénomènes pour les pays de l'annexe I, deuxièmement, de possibles jeux croisés entre les incertitudes qui pèsent sur les pays développés et celles qui pèsent sur les pays en développement et, enfin et surtout, de la médiocre qualité des données statistiques dont on dispose pour les pays non-annexe I (quand on en dispose). Or, et c'est là un résultat particulièrement frappant, cette extension aboutit finalement à une réduction apparente des incertitudes sur l'intervalle dans lequel à la fois le prix du carbone et les pertes de PIB vont se trouver. Ainsi, les pertes de PIB pour les Etats-Unis ne s'étalent plus qu'entre 0,31% et 1,03% du PIB en 2010, pour l'Europe entre 0,13% et 0,73% et pour le Japon entre 0,05% et 0,52%. Ceci traduit, au-delà des divergences dans les évaluations des potentiels de réduction dans les pays ne s'étant pas engagés qualitativement lors du protocole de Kyoto, la formidable convergence d'opinions sur le fait qu'un très important potentiel de réduction des émissions à bas-coût existe dans ces pays et que son exploitation permettrait de remplir les objectifs de Kyoto à des coûts considérablement amoindris. On comprend pourquoi le mécanisme de développement propre constitue une piste politiquement et économiquement très attrayante.
Même les modèles les plus optimistes dans l'évaluation des coûts en l'absence d'un mécanisme de flexibilité internationale (Worldscan par exemple) concluent à la pertinence d'offrir aux pays dont le coût marginal d'abattement est le plus élevé de réaliser leur abattement dans des pays aux coûts marginaux plus faibles, minimisant ainsi le coût d'abattement total et réduisant fortement le caractère possiblement inéquitable du protocole.



1 Cet exemple est issu de la thèse de V. Gitz (2004).

2 Lorsque l'on doit effectuer un choix sur plusieurs périodes entre une décision irréversible et une décision flexible, la valeur d'option représente le surplus maximum moyen supplémentaire que l'on peut espérer retirer d'une décision initiale réversible lié au fait que la flexibilité permettra d'exploiter les gains ultérieurs d'information. Elle s'ajoute au prix d'option, qui est le surplus maximum moyen que l'on peut espérer retirer d'une décision initiale réversible par rapport à une stratégie de référence totalement rigide, pour mesurer l'authentique coût d'opportunité de la non flexibilité (Henry, 1974).

3 On appelle généralement cette hypothèse l'hypothèse forte de maximisation du profit.

4 L'annexe B du protocole de Kyoto regroupe l'ensemble des pays s'étant engagés à réduire quantitativement leurs émissions de GES d'ici 2008-2012 (cf. encadré IV.1 du chapitre 4).

5 On parle de fuite des émissions lorsque les émissions s'accroissent dans les pays ne subissant pas de contrainte environnementale à la suite des modifications dans la répartition internationale de la production consécutives à l'adoption par certains pays d'une contrainte environnementale. Elles modèrent l'effet des réductions par les pays subissant la contrainte.

6 Car, dans le scénario de référence, il n'y a aucune raison pour que les ampoules efficaces qui n'étaient pas adoptées à la première période le deviennent à la seconde, sauf à considérer qu'il s'agit d'une technologie émergente qui va se diffuser progressivement, ce qui implique implicitement un progrès technique lié à cette technologie (cf. infra).

7 On parle de projets end of pipe pour qualifier une mesure d'abattement qui ne modifie pas le processus de production mais se place à l'issue de ce dernier pour capturer et/ou limiter les émissions.

8 Cependant, bien que le coût direct d'abandon du charbon puisse être faible, les coûts indirects (y compris les coûts politiques) peuvent être importants.

9 Asian Least-Cost Greenhouse Gas Abatement Strategy (stratégie d'abattement à moindre coût pour l'Asie)

10 Taxe sur la Valeur Ajoutée

11 La Norvège constitue à ce titre un contre-exemple dans la mesure où les pétroliers et le gaziers s'y voient appliquer le taux maximum.

12 Une régression dans laquelle seul le pourcentage de réduction des émissions de CO2 nécessaire pour atteindre les objectifs de Kyoto est retenu comme variable explicative permet d'expliquer environ 50% de la variance des résultats entre les modèles (cf. également, tableau V.1)

13 Il n'y a que deux modèles macroéconomiques (DRI et LINK) parmi les 16, ce qui tend à rendre surexplicative la variable MACRO dans l'analyse des différences des résultats de ces modèles avec ceux des autres. En outre, certains modèles sont sur-représentés (24 simulations pour le modèle Jorgenson-Wilcoxen contre 3 pour le modèle MARKAL-MACRO).

14 Le terme anglais n'est pas traduit ici par air chaud comme on le lit parfois car cette traduction littérale ne rend pas compte du jeu de mot original (hot air signifie baratin en anglais) qui justifie cette appellation en anglais.



1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   13

similaire:

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\Cours diapo 4

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\Comores / Economie
«risque d'être préjudiciable à l'entreprise» car le manque à gagner actuellement évaluée à 27. 498 fc par tonne serait «financièrement...

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\Ecophyto II – Réunion de la Commission Agro-Ecologie (cae) du 19 janvier 2017
«multi-culture» : prosulfocarbe et pendimethaline/ maïs : s-metolaclore, dimethenamide, mesotrione / céréales : ipu, 2,4-mcpa. Voir...

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\Rapport d’un sous-ensemble à son ensemble ramené à 100. Un est une...
«le taux est de x%», «la part est de X on doit faire une phrase significative afin de donner le sens de ce pourcentage

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\Diapo 1 : La normalisation, moyen de progrès
«Conforme à la norme xy» peut être affichée sur un produit par un fabricant, s’il juge que les caractéristiques de son produit satisfont...

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\Qu’est-ce qu’une carte ? Quelle est son utilité ? Est-ce un document objectif ?
«apporteront plus de ressources au fmi une fois que les Européens auront renforcé leur propre pare-feu», a-t-il affirmé

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\L’individualisme méthodologique
«Une action est rationnelle quand l’individu a de bonnes raisons d’agir». Tout acte rationnel est situé par rapport à un contexte,...

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\En quoi l’Union européenne est-elle un territoire d’intégration original?
«L’influence est une géopolitique. […] L’enjeu n’est plus, comme la France l’a trop longtemps fait, de dispenser des leçons aux autres...

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\Cours de philosophie ? «Philosopher, c’est résister !»
«distinguer» dans la société. Le baccalauréat institué sous Napoléon, est indissociable d’une culture philosophique. Ce n’est pas...

Diapo 4, 5 et 6 : Qu\1)- l’agence de la biat (Banque Internationale Arabe de Tunisie)...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com