Histoire – Thème 2, question 1, cours 2





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LMA, 1ere S, 2011-2012

HISTOIRE – Thème 2, question 1, cours 2

La Seconde Guerre mondiale : guerre d’anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes.
I. Une guerre totale
1. Un conflit mondial





  • En septembre 1939, Hitler déclenche la guerre-éclair contre la Pologne, puis contre la France et les Pays-Bas. La tentative d’invasion du Royaume-Uni échoue, mais l’Allemagne et l’Italie prennent le contrôle des Balkans et de l’Afrique du Nord. En juin 1941, l’Allemagne ouvre un nouveau front à l’est en attaquant l’URSS.




  • Entre 1942 et 1943, le cours de la guerre bascule en faveur de la Grande Alliance. Les Etats-Unis, engagés dans le conflit depuis décembre 1941, deviennent « l’arsenal des démocraties » contre les dictatures. L’armée américaine débarque en Afrique du Nord et en Italie. A l’est, les Allemands sont bloqués à Stalingrad. Dans le Pacifique, les Alliés entreprennent la reconquête des îles après les victoires de Midway et de Guadalcanal. Les villes japonaises, comme les villes allemandes, sont bombardées.



  • A partir de 1943, le « rouleau compresseur » soviétique libère progressivement l’Europe de l’est. L’année suivante, les débarquements américains en Normandie et en Provence, ainsi que le développement des résistances, provoquent le recul des armées allemandes. Pris en étau, le Reich capitule le 8 mai 1945. La guerre contre le Japon prend fin après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki (6 et 9 août 1945).


2. L’économie de guerre

  • La mobilisation économique est considérable chez les Alliés. Les Britanniques sont les premiers à mettre sur pied une économie de guerre. Entre juin 1940 et décembre 1941, les usines d'armement mobilisent 2 millions de travailleurs supplémentaires, essentiellement des femmes. - L'URSS développe ses usines de l'Oural et de Sibérie. La population est mobili­sée ; des prisonniers des camps de concentration soviétiques sont envoyés au front, dans les secteurs les plus exposés.




  • L'effort de guerre le plus important reste celui des États-Unis. Onze millions de GI's sont sous les armes. Grâce au Victory Program, lancé le 6 janvier 1942, les usines américaines produisent en trois ans 275 000 avions, 634 000 véhicules légers (la Jeep), 90 000 chars, 65 millions de tonnes de navires. La standardisation permet de fabriquer en série des cargos à un rythme plus rapide (1 tous les 12 jours) que la capacité de destruction des sous-marins allemands. Toutes les armées alliées, y com­pris les troupes soviétiques, reçoivent du matériel américain.




  • Les efforts de l'Axe sont plus inégaux. En Allemagne, le pillage économique des pays vaincus est complété en 1942 par la mise en place d'un ministère de l'Arme­ment et de l'Économie de guerre, dirigé par Albert Speer. Celui-ci réorganise entiè­rement l'économie allemande. Malgré les bombardements alliés, la production de guerre triple entre 1942 et 1944. Elle utilise alors 7 millions de travailleurs étrangers en Allemagne, déportés, volontaires, ou requis au titre du STO, et 7 autres millions dans l'Europe occupée. Le Japon s'organise plus difficilement. La production n'augmente que de 44 % de 1937 à 1944 et la marine américaine réussit à couler 95 % de la marine marchande japonaise. Après 1943, le ravitaillement des usines japonaises en matières premières devient de plus en plus problématique.


3. La mobilisation des populations : propagande et conflit idéologique

  • La Seconde Guerre mondiale, plus encore que la Première, se caractérise par une mobilisation totale des hommes et des ressources. Les bombardements straté­giques sur les villes et les usines font disparaître toute distinction entre « front » et « arrière » ; ils plongent les civils au coeur de la bataille. Dans tous les pays, une inten­se propagande vise à mobiliser toutes les énergies. Les populations civiles participent à l'effort de guerre : tous les pays enrôlent des femmes dans les services auxiliaires de l'armée ; on demande aussi aux civils de payer la guerre par l'augmentation des impôts ou la souscription d'emprunts de guerre. Le chiffre des victimes du conflit témoigne de cette mobilisation (près de 60 millions de morts au total).




  • La radio et le cinéma jouent un rôle croissant. Partout, bandes d'actualité, chan­sons ou affiches exaltent le patriotisme et incitent à la lutte contre l'adversaire. Par exemple, le cinéma allemand exalte les héros des légendes (Siegfried) ou de l'histoi­re (Bismarck). Le cinéma soviétique exalte lui aussi la patrie et les héros de l'histoire russe. Aux États-Unis, des réalisateurs de renom comme Franck Capra réalisent Pour­quoi nous combattons, une série de films d'actualités expliquant les raisons de l'enga­gement américain. Des cinéastes filment les opérations. Des acteurs connus s'engagent, tels Marlène Dietrich ou James Stewart, qui devient colonel dans l'avia­tion américaine. Les oeuvres de fiction exaltent la lutte contre l'ennemi.



  • La guerre prend une dimension idéologique primordiale. À l'Est, les Allemands veulent conquérir un « espace vital » face aux Slaves et abattre le communisme. C'est pourquoi ils essayent d'entraîner les peuples d'Europe dans une « croisade contre le bolchevisme ». De leur côté, les Alliés veulent annihiler le fascisme et le militarisme. Ils mènent un combat pour la démocratie, même si le mot n'a évidemment pas le même sens pour les Occidentaux et pour les Soviétiques. C'est pourquoi le 1er janvier 1942, les 26 pays en guerre contre l'Axe signent la Déclaration des Nations unies. Celle-ci se réfère à la charte de l'Atlantique et proclame l'union de la Grande Alliance jusqu'à la victoire totale, refusant toute idée de paix séparée.



II. Une guerre d’anéantissement
1. Des armes de plus en plus meurtrières

  • La mobilisation se retrouve aussi dans le domaine scientifique. Dès le début du conflit, Britanniques et Américains accordent une grande importance à la recherche et à ses applications militaires : apparaissent ainsi de nouveaux moyens de détection, comme le radar ; les Américains inventent de nouvelles armes, comme le bazooka, qui tire des roquettes antichars, et ils mettent au point en 1944 le pre­mier calculateur automatique, ancêtre des ordinateurs. Surtout, ils sont les premiers à faire exploser la bombe atomique en 1945, grâce au travail de chercheurs euro­péens ayant fui le fascisme ou le nazisme.




  • Les Allemands ne sont pas en reste. Ils ont même pris une avance décisive dans la recherche concernant les mines magnétiques, les avions à réaction ou les fusées. Mais ils n'accordent une priorité à ces armes nouvelles qu'à partir de 1943. Avions à réac­tion, fusées V1 et V2 interviennent trop tard dans les combats et en trop petit nombre pour changer le cours de la guerre.



  • Les combats se transforment eux aussi. Sur terre, ils concernent des millions d'hommes, organisés en unités qui regroupent artillerie, blindés et infanterie. La guerre devient aussi une guerre de matériel : en juillet 1943, la bataille de Koursk, en Russie, est la plus grande bataille de blindés du conflit. Elle met aux prises 2 mil­lions d'hommes, 30 000 canons, 6 300 chars et 4 400 avions des deux camps.


2. Les souffrances des populations civiles

  • Les bombardements stratégiques cherchent à détruire le potentiel éco­nomique de l'ennemi, mais ils prennent ensuite pour cible les populations civiles elles-mêmes. Les Allemands bombardent les villes anglaises pendant le Blitz (septembre 1940-mai 1941). Mais la Luftwaffe perd la « bataille d’Angleterre » et l’aviation allemande, qui ne possède aucun bombardier lourd, est surclassée par les Anglo-Américains, qui mènent à partir de 1941 des raids mas­sifs sur l'Allemagne avec leurs bombardiers (comme la Forteresse volante B-17), plon­geant ainsi les civils au cœur des combats.




  • Les populations subissent également des massacres de masse, comme celui de Nankin en Chine (1937) ou ceux perpétrés par les Einsatzgruppen (groupes d’intervention) en Europe de l’Est. Les exécutions d’otages sont courantes ainsi que les représailles contre les populations civiles : le 10 juin 1944, une division SS extermine les 642 habitants du village d’Oradour-sur-Glane, dans le Limousin.



  • Le travail forcé est imposé aux civils comme aux prisonniers de guerre, à l’encontre de toutes les lois internationales. Aggravé par les pénuries, il entraîne une forte mortalité parmi les populations.


3. Le bilan humain

  • Le coût humain de la Seconde Guerre mondiale s’élève à plus de 50 millions de morts (35 millions pour l’Europe). L’URSS a payé le tribut le plus lourd, avec plus de 20 millions de victimes. En Pologne, 6 millions de personnes ont péri. Les pertes s’élèvent à plus de 5 millions pour l’Allemagne. A l’Ouest de l’Europe, les pertes humaines sont moins importantes.




  • La guerre a coûté la vie à plus de civils que de soldats. Les populations sont traumatisées par le souvenir des bombardements massifs, mais aussi par les massacres et les exécutions d’otages perpétrés par les SS et la Gestapo. Les survivants des camps de concentration, en particulier les résistants déportés en Allemagne, racontent à leur retour leurs conditions de vie effroyable.




  • La découverte du génocide des Juifs et des Tziganes et de l’horreur des camps d’extermination provoque un choc considérable. Le procès de Nuremberg (1945-1946) au cours duquel sont jugés les criminels de guerre nazis introduit dans le droit international la notion de « crime contre l’Humanité ».



III. Le génocide des Juifs et des Tziganes
1. La « solution finale »

  • L’antisémitisme est au cœur de la doctrine nazie : Hitler expose sa vision raciale dès 1925, dans Mein Kampf. Et la persécution des Juifs allemands commence dès les débuts du régime. En 1933, les nazis organisent le boycott des magasins juifs, et les Juifs sont exclus de la fonction publique. Les lois de Nuremberg (1935) privent les Juifs de la nationalité allemande, interdisent mariages et rapports extraconjugaux entre Juifs et non-Juifs. Et lors de la « Nuit de cristal » (1938) des pillages et des assassinats sont perpétrés.




  • Avec la guerre et l’invasion de l’Europe, la politique d’extermination commence. Les Einsatzgruppen suivent l’avancée de la Wermacht et massacrent systématiquement les Juifs. En janvier 1942, la conférence de Wannsee programme l’extermination des Juifs à l’échelle de l’Europe. Entreprise avec des moyens industriels, la « solution finale » est mise en route et sévit jusqu’à l’écroulement du régime, en avril 1945. En Pologne, les Juifs sont regroupés dans des ghettos, où la mortalité est très élevée : sur les 400 000 Juifs du ghettos de Varsovie, 100 000 meurent de famines ou d’épidémies jusqu’en 1943.



  • On estime que six millions de Juifs européens sont exterminés dans les ghettos, par balles, puis dans les camps d’extermination (Auschwitz-Birkenau, Mathausen, etc. – voir carte ci-dessous.). L’estimation du nombre de Tziganes exterminés varie entre 250 000 et 500 000, pour une population totale estimée à environ 700 000 en Europe, en 1939.





Le tableau suivant dresse un bilan statistique du génocide. Il montre clairement que l’extermination des Juifs d’Europe commence bien avant que le système des camps entre en fonctionnement :

2. Le système concentrationnaire : l’exemple du camp d’Auschwitz-Birkenau

  • Le camp d’Auschwitz (Oswiecim en polonais) est construit à partir de 1940, près de la voie ferrée reliant Katowice et Cracovie. Les installations comportent tout d’abord une caserne et un camp de concentration, vers lesquelles sont déportés des prisonniers politiques polonais. La direction du camp est confiée au commandant SS Rudolf Hoess. En 1941, Heinrich Himmler ordonne l’agrandissement du camp. Il s’agit d’attirer de grandes entreprises allemandes en leur offrant une main-d’œuvre gratuite. Ainsi, les groupes I-G Farben et Krupp se montrent intéressés. Le camp de Birkenau (Auschwitz II) est construit en 1942. La même année, l’usine de caoutchouc synthétique de l’I-G Farben, Buna, est bâtie près du nouveau camp de Monowitz (Auschwitz III). Auschwitz n’est plus un simple camp, mais un véritable complexe concentrationnaire et industriel, comme les camps de Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka.




  • Dès la fin de l’année 1941, les premières opérations de gazage au Zyklon B sont organisées sur des prisonniers soviétiques à Auschwitz. Dans le même temps, certains camps, comme celui de Treblinka, commencent à gazer les juifs polonais. De nouvelles chambres à gaz, plus grandes, et des fours crématoires sont construits à Birkenau. A partir de 1943, le camp reçoit les convois de déportés Juifs en provenance de toute l’Europe. A leur arrivée, les déportés sont triés sur la rampe d’arrivée. Ceux qui peuvent travailler sont alors séparés des plus faibles destinés au « traitement spécial », c’est-à-dire éliminés immédiatement. Les possessions de tous les déportés sont confisquées, triées et stockées. Un quart des déportés environ sont rasés, tatoués et utilisés comme main-d’œuvre dans les installations industrielles. Sous la surveillance des SS et des Kapos, ils travaillent dans des conditions épouvantables. Sous-alimentés et maltraités, leur espérance de vie est de quelques semaines, quelques mois tout au plus. Les morts sont sans cesse remplacés par de nouveaux arrivants. Certains détenus sont également utilisés par les médecins SS pour des expériences pseudo médicales ou torturés pour le simple plaisir de leurs bourreaux.




  • La majorité des déportés est conduite vers les chambres à gaz dès l’arrivée des convois. Les corps des victimes sont ensuite brûlés dans les crématoires. En 1944, le camp d’Auschwitz renferme 150 000 détenus et les chambres à gaz fonctionnent à plein rendement. Au total, un million de Juifs et 300 000 non juifs périssent dans le camp d’Auschwitz jusqu’à sa libération par l’armée soviétique en 1945.


3. La « mémoire » du génocide

  • Au lendemain du conflit, les camps d’extermination sont considérés comme une conséquence parmi d’autres de la barbarie nazie et des destructions massives engendrées par la guerre. Au cours des décennies suivantes, les travaux des historiens sur le génocide, le succès d’œuvres cinématographiques comme la série américaine Holocauste ou le documentaire français Shoah contribuent à montrer au grand public la spécificité du génocide. D’autre part, la persistance d’un antisémitisme en Europe et le débat concernant la politique d’Israël font de l’extermination des Juifs d’Europe un enjeu actuel.




  • Dans la plupart des pays, cette prise de conscience entraîne l’exigence d’un « devoir de mémoire ». Celui-ci s’exprime par des commémorations officielles, la construction de musées ou de centres de documentations consacrés à la période, et par la sensibilisation des jeunes générations à ce que fut le système concentrationnaire nazi, dont Auschwitz devient le lieu emblématique.

  • Mais les mémoires sont multiples : si les victimes du camp furent massivement des Juifs d’Europe, des non Juifs, Polonais, Soviétiques, Tsiganes, opposants politiques de toutes nationalités y ont également trouvé la mort. D’autre part, la mission des historiens et des enseignants n’est pas de transmettre une mémoire, mais d’expliquer des faits historiques, parmi lesquels la construction des différentes mémoires de la Seconde Guerre mondiale, et en particulier celle des victimes du génocide.






Jean-Christophe Delmas delmas_jc@yahoo.fr


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