Fondée par Theodore Schultz (1902-1998, prix Nobel d’économie en 1979) et développée par Gary Becker (né en1930, prix Nobel d’économie en 1992 pour ses travaux





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date de publication07.07.2017
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Le capital humain

Fondée par Theodore Schultz (1902-1998, prix Nobel d’économie en 1979) et développée par Gary Becker (né en1930, prix Nobel d’économie en 1992 pour ses travaux qui élargissent l’analyse économique à celle des comportements humains), la théorie du capital humain constitue une extension de la théorie néo-classique de l’investissement au domaine de la formation des hommes. Elle ambitionne d’expliquer des phénomènes comme les écarts de salaires, les politiques de gestion du personnel des entreprises, ou encore les comportements des jeunes face aux études.
définition : capacités physiques ou intellectuelles d’un individu ou d’un groupe d’individus favorisant la production d’un revenu (monétaire ou extra-monétaire). La formation constitue une forme d’investissement en capital humain.
Le Capital humain, une analyse théorique et empirique (Human Capital, A theoretical and Empirical Analysis), Gary Stanley Becker, 1964
Becker définit le capital humain comme un stock de ressources productives incorporées aux individus eux-mêmes, constitué d’éléments aussi divers que le niveau d’éducation, de formation et d’expérience professionnelle, l’état de santé ou la connaissance du système économique. Toute forme d’activité susceptible d’affecter ce stock (poursuivre ses études, se soigner, etc.) est définie comme un investissement.

L’hypothèse fondamentale de Becker est que les inégalités de salaires reflètent les productivités différentes des salariés. Ces dernières sont elles-mêmes dues à une détention inégale de capital humain. Un investissement en capital humain trouve donc une compensation dans le flux de revenus futurs qu’il engendre. L’analyse de la formation du capital humain passe par l’étude d’un choix intertemporel : l’individu détermine le montant et la nature des investissements qu’il doit effectuer pour maximiser son revenu ou son utilité intertemporels.

De cette analyse théorique, Becker tire plusieurs séries de conclusions. D’une part, les différences de salaires dans l’espace, dans le temps et entre les individus sont expliquées et justifiées puisqu’elles sont le fruit d’investissements individuels différents effectués au cours des périodes antérieures. D’autre part, l’analyse pose indirectement la question des modalités de financement des investissements en capital humain par les individus. Certains investissements efficaces peuvent ne pas être effectués, en raison de l’impossibilité pour « l’individu-investisseur » de trouver des fonds (c’est le cas lorsque le marché des capitaux fonctionne mal par exemple).
La seconde partie de cet ouvrage, fondée sur des données américaines des années 1940, est une application empirique de ce cadre théorique au domaine de l’éducation. La principale difficulté est d’évaluer le taux de rendement monétaire des investissements en éducation et donc de faire apparaître empiriquement la liaison entre capital humain et revenus futurs (chapitre IV et VI). Becker tente alors de déterminer s’il y a un sous-investissement en éducation, qui entraîne une perte pour la société dans son ensemble, du fait de difficultés à financer ces investissements. Il s’attache ensuite à l’explication des différences de salaires entre groupes d’individus en termes de capital humain ; pour ce faire, il compare les profils intertemporels de revenu de catégories d’individus différemment pourvus en capital humain, évalué au nombre d’années d’étude.
L’analyse de Becker est fondée sur deux postulats. D’une part, les inégalités salariales résultent des inégalités en capital humain. Des développements théoriques ultérieurs remettront en question cette détermination du salaire par le seul capital humain. Les théories du signal, par exemple, insistent sur les difficultés pour le salarié à faire reconnaître la vraie valeur de son capital humain. D’autre part, les inégalités en capital humain résultent elles-mêmes des comportements individuels. Mais cette justification des inégalités repose sur une hypothèse forte : les individus ont une information parfaite et anticipent donc parfaitement les rendements futurs de leurs investissements. Par ailleurs, les tentatives d’application empirique de la théorie butent sur des difficultés à évaluer le capital humain, en raison notamment de l’inexistence d’un marché où ce capital s’échangerait directement.
L’une des applications de la théorie du capital humain fut la distinction entre l’éducation générale, qui élève le niveau de compétence des individus dans de nombreux secteurs d’activités, et la formation professionnelle, qui augmente la productivité de l’individu surtout au bénéfice de son employeur. Becker considère alors l’éducation générale comme un bien collectif fourni par l’État ou directement payé par l’individu, alors que la formation professionnelle peut être procurée par l’entreprise puisque celle-ci pourra récupérer le fruit de l’investissement que constitue la formation. Cette théorie, bien que critiquée, a permis de mettre au point des outils de gestion des ressources humaines au niveau de l’entreprise et de la nation.
Le capital humain et le capital technique
Le capital humain constitue un facteur de production cumulable. Son stock est essentiellement immatériel, composé d’acquis mentaux, indissociable de son détenteur. Il doit donc être distingué du progrès technique, même si ces deux facteurs de la croissance entretiennent des liens étroits.
Le progrès technique fournit d’une certaine façon la matière première à l’accumulation de capital humain. Mais l’apparition et la diffusion du progrès technique semblent de plus en plus dépendantes d’un haut niveau de capital humain. Au départ, les innovations relevaient de modifications mineures opérées par des artisans sans formation spécifique ; elles ne requéraient aucune qualification de la part des travailleurs qui étaient, le plus souvent, illettrés. La sophistication croissante des biens d’équipement exige dorénavant une qualification de plus en plus importante de la part des travailleurs, à la fois pour produire de nouvelles connaissances dans le secteur de la recherche et pour utiliser ces nouveaux biens d’équipements dans le secteur productif traditionnel.
Le capital humain et la croissance
Accumulation du capital physique et accumulation du capital humain produisent des effets entraînants l’un sur l’autre, chacun augmentant les ressources nécessaires aux investissements de l’autre. Robert Lucas montre ainsi théoriquement (en 1988) que la croissance peut être soutenue uniquement par l’accumulation de ces deux types de capital. Il suffit que les rendements d’échelle soient constants en ce qui concerne ces deux stocks : leur accumulation en parallèle permet d’augmenter de façon proportionnelle la production. Dans ce cas, il ne serait pas nécessaire de prendre en compte l’existence du progrès technique pour expliquer la croissance de la production par tête. Mais les faits invalident cette vision de la croissance. En effet, l’augmentation de la part des ressources consacrées à l’accumulation du stock de capital humain au cours du XXe siècle ne s’est pas traduite par une augmentation du taux de croissance moyen.
En revanche, Mankiw, Romer et Weil (1992) montrent qu’une augmentation du taux d’investissement dans le capital humain (part de la production consacrée à son accumulation) peut expliquer une élévation permanente du niveau du revenu par tête et une augmentation temporaire de son taux de croissance. Les disparités entre pays dans le monde peuvent donc s’expliquer en partie par des niveaux de capital humain différents. Même si les innovations technologiques sont librement disponibles ou transférables dans les pays pauvres, le niveau moyen des qualifications des travailleurs est certainement insuffisant pour les utiliser pleinement. Si les pays asiatiques ont su élever leur niveau d’accumulation, c’est qu’ils jouissaient aussi d’un niveau d’éducation relativement élevé.

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