Peut-on définir précisément la socio-économie ? Non, ce n'est une discipline mais plutôt un ensemble de méthodes destinées à traiter de l'économie. La





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Economie du travail


Peut-on définir précisément la socio-économie ? Non, ce n'est une discipline mais plutôt un ensemble de méthodes destinées à traiter de l'économie. La socio-économie va combiner les apports des thèses néo-classiques et les théories sociologies, anthropologiques et science politique. C'est donc une approche plurielle.

Dans le champ de la socio-économique, les variables économiques côtoient les variables non-économiques. Par exemple, la qualification et les valeurs sociales, la norme... L'apport sociologique s'applique particulièrement bien avec le monde du travail.

3 axes majeurs sont développés :

  • La rationalité mobilisée par les acteurs est diverse

  • Cette rationalité est limitée (information imparfaite)

  • les rationalités sont encastrées, socialement situées

La socio-économie possède une posture méthodologique proche de la sociologie : elle privilégie l'analyse empirique (étude statistique, monographie, étude de terrain).

Les pères fondateurs sont Max Weber, Mars, Karl Polanyi, ou Veblen. Aujourd'hui, elle tente de se structurés d'un point de vue institutionnel avec le SASE (Society for the Advancement of Socio-Economics. ou association du développement de la socio-économie). Différents courants débattent des sujets et questions. Les revues les plus célèbres sont Economies et sociétés et Travail et emploi.

Pour bibliographie, il est conseillé de lire :

  • B. Burgenmaier, Economica

  • Levesque, la nouvelle sociologie économique

  • Revue MAUSS, n°9, la sociologie économique, nouvelle discipline?


Plan du cours :

I) Éléments de cadrage

  1. L'utilité d'une démarche socio-économique pour étudier le travail et l'emploi

  2. Le marché du travail et l'emploi : grandes tendances et sources d'information


II) Parcours théoriques

  1. Rôle du cadre institutionnel

  2. Pouvoir et rapports de force

  3. Valeurs et pluralité des formes de rationalité

  4. Réseau et encastrement : la notion de "l'embeddedness"


III) Parcours thématique

  1. Marché du travail et question de genre

  2. Réflexion sur le temps de travail

  3. Emplois non-qualifiés et conditions de travail.



PREMIERE PARTIE : ELEMENTS DE CADRAGE

Chapitre 1 : L'utilité d'une démarche socio-économique pour étudier le travail et l'emploi
I)                    La vision économique traditionnelle du marché du travail.

 

a)       Cadre logique et hypothèse de départ

Nous allons ici définir une vision théorique ; ce n'est donc pas un but premier à réaliser. La vision théorique modélise une situation avec une logique d'ensemble, une sorte « d'idéaltype ».

Sur le marché du travail, les offreurs sont les travailleurs et les demandeurs sont les entreprises. Au contraire, sur le marché de l'emploi, les demandeurs sont les travailleurs et les offreurs, les entreprises.

On pose un cadre logique. On fait une analyse en terme de marché partiel, c'est-à-dire qu'on isole le marché du travail et qu'on l'étudie indépendamment des autres marchés.

La théorie classique et néo-classique pose trois hypothèses principales :

  • Le travail est un bien (ou un facteur de production) comme un autre. Il y a donc une marchandisation du travail. Il peut être divisé, remplacé (par du capital). On peut également substituer le travail au loisir.

  • Les agents sont rationnels, il a une information parfaite. De plus, il cherche à maximiser son profit.

  • Les acteurs sont symétriques c'est-à-dire qu'il n'y a pas de pouvoir sur le marché du travail.

 

b)       L'offre du travail en microéconomie

Les théories microéconomiques étudient l'arbitrage entre revenu et loisirs.

[VOIR SEMESTRE 4] http://en.wikipedia.org/wiki/Labour_economics#The_classical_microeconomics_of_labour_markets pour les courbes

 

Ce modèle peut paraître simpliste ici, mais il s'est complexifié pour intégrer de nouveaux éléments. Becker a introduit le rôle du ménage en adaptant la théorie des avantages comparatifs à la spécialisation des individus au sein d'un ménage. La notion de cycle de vie a également été intégrée.

 

Ces théories ont des implications concrètes dans les politiques de l'emploi, notamment la droite libérale. Pour les néo-classiques, le chômage ne peut pas être involontaire. De plus, beaucoup de libéraux militent pour la suppression du SMIC car fixé un revenu minimum est contre-productif dans le marché.

 

Lire : Bernard Gazier, Economie du travail et de l'emploi.

 

II)                  Le travail comme marchandise ?

 

a)       invention du travail abstrait

 

Pour les classiques et le néo-classiques, le travail est homogène et divisible. Pourtant, il a existé et il existe encore des sociétés sans travail (le travail définit au sens d'Hannah Arendt, c'est-à-dire celui qu'on vend : « vendre sa peine »). Sahlins a notamment étudié les sociétés d’abondance. Dans la Grèce antique, le travail est assimilé à l'esclavage ; travailler c'est ne pas participé aux activités démocratiques de la cité. Pour le dogme catholique, le travail n'est pas une vertu.

Ainsi, la Réforme protestante va faire une rupture nette avec le catholicisme. En effet, le concept de Beruf (la vocation) va progressivement imposer le travail comme accomplissement de la volonté de Dieu. Réussir ses affaires temporelles signifie alors que l'on est un élu de Dieu.

Au 18° siècle, l'industrialisation organise ce travail abstrait. On mesure désormais le travail avec le temps. John Locke base la richesse sur le travail et le temps. Smith parle de valeur « travail » car le travail est divisible. Le travail est également pour Smith la base de la richesse des nations.

 

b)       marchandisation du travail

« Travailler plus pour gagner plus ». Outre une proposition de Nicolas Sarkozy, il s'agit du fondement de la théorie classique. Le travail est un bien que le travailleur offre sur le marché du travail. Chaque travailleur a le même capital temps (24h par jour) et doit le gérer comme un patrimoine individuel.

L'équation du travail hédonique (théorisé par Rosen) rend compte de cette marchandisation du travail. Le salaire est le résultat de plusieurs coefficients : pénibilité, complexité, qualification, prise de risque… Par exemple, le salaire d'un peintre en bâtiment est le travail multiplié par 1.5 de pénibilité et 2 de prise de risque.

 

c)       vision insatisfaisante

Ces théories sont loin de la réalité. Le salarié aujourd'hui ne considère pas le travail comme un arbitraire entre le temps et l'argent.

Un sondage pose la question « Acceptez-vous un horaire différent si le salaire est plus élevé ? », cet horaire différent est le dimanche. Au Pays-Bas, 99% ont répondu « Non ». Au Royaume Uni, 61% ont répondu « non » et 66% en France. Le temps du dimanche n'est pas à vendre, donc il n'y a pas d'arbitrage temps/argent possible car il y a d'autres raisons plus importantes que l'argent.

Cela pose la question de la signification du temps : il y a d'autres valeurs que l'argent, d'autres formes de rationalité. Ainsi, la pluralité de conception de temps et du travail est nécessaire pour comprendre la société.

 

d)       Conclusion

La relation de travail est encastrée au sein de relations sociales. Etudier l'environnement sociologique et institutionnel est donc primordial.

 

Voir :

Karl Polanyi, La Grande Transformation

Dominique Méda, Le travail, une valeur en voie de disparition

 

 

III)               L'individu est rationnel ?
a)       l'information est parfaite ?

Sans information, les relations entre individus (au sein d'un marché ou non) sont changées, faussées, biaisées… L'hypothèse de l'information pose plusieurs problèmes :

  • L'asymétrie (pas les mêmes infos en main)

  • L'aléa moral (tricheries…)

Ces deux hypothèses ont été résolues par les économistes avec la théorie des contrats implicites : les agents n'ont pas le même rapport au risque. Ex des dés : préférez risquer de gagner beaucoup mais de tout perdre en misant tout ou préférez assurez en misant moins. Le risque est une caractéristique de l'entrepreneur. Le salarié ne prend pas de risque : il a un salaire stable. En embauchant le salarié, l'entrepreneur prend un risque. Le salaire est fixé à 1000€. En période de crise, le salarié doit être payé 750€ et en période de croissance, il peut être rémunéré 1300€. Pourtant, le salarié ne prend pas de risque même s'il peut gagner plus. Toutefois, c'est un comportement rationnel malgré tout.

Une autre théorie est le salaire d'efficience qui lie le salarié à la productivité.

 

  • L'interdépendance

Par exemple, un salarié A travaille 35h alors qu'un salarié B travaille 45h. Le A va choisir une autre durée de travail (travailler autant que B) car il a peur de rater une promotion ou d'être mal vu dans son entreprise.

Les problèmes d'information empêchent les acteurs de prendre une décision correcte.

 

b) De plus, le calcul de rationalité est biaisé et ne s'observe pas toujours

 

La logique individuelle de maximisation est inefficace.

La rationalité est limitée car les solutions satisfaisantes ne sont pas forcément optimales. (voir analyse de Simon sur la rationalité limitée : l’acteur est rationnel. Cependant, lors d'un choix complexe, il ne cherche pas à étudier l'ensemble des possibilités et donc être pleinement rationnel. Au contraire, il va s'arrêter sur la première option qui lui semble juste, la rationalité consistant pour lui à ne pas consommer trop de temps à effectuer son choix. On parle également d'Effet Tetris).

Il existe également une pluralité des formes de rationalité : Etzioni parle de rationalité affective. L'école des conventions (Luc Boltanski et Laurent Thévenot) étudiera également le sujet : pour la sociologie pragmatique, l'homme fait la « société » et les acteurs sont compétents pour prendre position, juger, dénoncer, critiquer, en rendre compte

 

c) conclusion

Dans un environnement incertain, les individus agissent selon les logiques diverses et se référent à des critères de jugements pluriels.

 

Voir :

Laurent Cordonnier, Pas de Pitié pour les Gueux

 

IV) Les acteurs sont égaux ?

 

a)       Cette hypothèse n'a pas été seulement théorique

Pareto en fait un fondement de la pensée libérale. Ainsi on ne peut pas comparer les situations. Cela a servit de base à l'absence de droit du travail jusqu'à 1898 (Loi Le Chapelier, fin des corporations). Avant 1898, quelques lois ont régulées l'activité des enfants et des femmes. Un droit du travail remettrait en cause l'intégrité de l'ouvrier : en effet, il serait protégé par une loi et donc supérieur aux autres.

 

b)       Cette hypothèse reste peu réaliste

Les juristes ont apporté plusieurs notions importantes. Le contrat est une relation de dépendance. On peut parler de subordination à un employeur.

Le maintien des positions statutaires amène une inégalité nette :

·        Il faut prendre en compte l'autorité (et donc les rapports de force qui y découlent)

·        Le statut des personnes engagées (CDI, contrats atypiques) ?

·        Rôle des acteurs collectifs avec les syndicats et les conventions collectives. Certains secteurs sont mieux protégés que d'autres.

 

c)       Conclusion

La relation de travail est conflictuelle et met face à face des acteurs au intérêt divergeant, en dépit que tout cela s'inscrit dans une même communauté. Il y a également la question de la personnalité : les acteurs ne sont pas anonymes.

 

V) Conclusion

 

 

Hypothèses de l'économie néoclassique

Hypothèse de la socio-économie



Le travail est une marchandise

Le travail est le support de relations économiques au sein de relations sociales


L'individu est rationnel et l'information est parfaite

L'environnement est incertain, la rationalité est limitée, obéissant à une pluralité de logique

Absence de pouvoir et situation symétrique des offreurs et des demandeurs

Relation hiérarchisée socialement et au sein des organisations


Chapitre 2 : Approche empirique du marché du travail : définitions et éléments statistiques.

 

1.      De la population active à l'emploi : définitions et points de repère

 

1.1   Activité, chômage, emploi : des frontières floues

 

Le terme activité renvoie à plusieurs significations. L'activité c'est le fait d'avoir un travail ou être à la recherche d'un travail. Parmi les actifs, on compte donc les occupés (qui ont un emploi et les chômeurs).

 

Depuis 2000, la notion d'activité est utilisée comme un substitut à la notion de travail car il permet d'être plus large en englobant le travail domestique, associatif et militant. (Voir Dominique Méda).

Ce n'est pas à confondre avec la définition traditionnelle de l'activité (c'est-à-dire tous les actifs).

 

En décembre 2005, on compte 2.6 millions de chômeurs en France. Selon le Bureau International du Travail, un chômeur est quelqu'un qui n'a pas travaillé la semaine précédent et qui est en recherche effective d'emploi. C'est donc une limite très floue. Qu'est ce que la recherche d'emploi ? : s'inscrire à l'ANPE suffit pour le BIT et pour l'INSEE mais pour Eurostat, l'ANPE ne suffit pas.

 

Il y a 2.3 millions de demandeur d'emploi fin de moi (DEFM, catégorie 1), c'est-à-dire les personnes qui ont travaillé moins de 78h le mois précédent immédiatement disponible pour un emploi à plein temps. Il y a 3.6 millions de DEFM catégorie 1 à 6 c'est-à-dire les chômeurs qui ne cherche plus d'emploi (comme les plus de 57 ans).
Les statisticiens de l'INSEE prennent le chiffre des données puis pondère le chiffre en fonction de l'évolution des DEFM. Cette méthode se trompe souvent.
Le chômage n'est pas naturel. Il a été inventé à un moment ou un autre. A la fin du 19° siècle, la relation d'emploi salariale prend de l'ampleur; le concept de chômage prend donc son sens. En 1896, on compte 250.000 chômeurs, donc 1.4% des actifs (Difficilement vérifiable; pour être proche de la réalité de 1896, il faudrait multiplier par deux ce chiffre).
On commence à faire une distinction entre le bon et le mauvais. Il faut aider le bon pauvre, c'est-à-dire le vieillard, l'infirme... Ceux qui sont disponibles pour travailler et qui ne veulent pas travailler sont des mauvais pauvres.
Comment articuler taux d'emploi, taux d'activité et taux de chômage ?

Le taux d'emploi est la proportion de personnes disposant d'un emploi parmi celle en âge de travailler (15 à 64 ans).

Le taux d'activité comprend les chômeurs et les employés.

Le taux de chômage compte uniquement les chômeurs.

Les frontières restent floues car les chiffres peuvent être manipulés
Plusieurs exemples :

  • On peut transformer des femmes chômeuses en femmes inactives :
    En France, le taux de chômage des femmes est de 9.8% alors que le taux d'activité est de 59%.
    En Allemagne, le taux de chômage des femmes est de 9.7% (donc plus bas qu'en France) alors que le taux d'activité des femmes est de 57.5%
    Ainsi les femmes allemandes ne sont pas à la recherche d'un emploi et donc sont comptées comme inactives




  • L'accès aux études peut également jouer.
    L'étudiant est considéré comme inactif. Le taux d'activité des jeunes en Seine Saint-Denis est plus élevé que le taux d'activité en Hauts-de-Seine. Les jeunes des Hauts-de-Seine font plus d'études et donc rentre plus tardivement dans le monde du travail.


Jacques Freyssinet souligne ces frontières floues.
 

1) Emploi et inactivité : temps partiel volontaire

2) Emploi et chômage : temps partiel involontaire

3) Chômage et inactivité : pré-retraités, chômeurs "découragés"

4) Emploi, chômage et inactivité : travail clandestin (ce dernier point n'a aucun sens !)
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