Edouard Molinaro, Le Souper, 1992. Eve Suzanne, «Révolution informationnelle et révolution numérique», 08/10/2010, 7





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La civilité électronique, qui est très pauvre, ne finit-elle pas par déteindre sur la civilité réelle ?

Un autre contributeur à ce recueil3, le philosophe Alain Finkielkraut, pointe avec talent le problème du courriel. Le monde électronique introduit des changements tels qu’on ne peut pas s’y exprimer comme dans le courrier papier, et utiliser des formules aussi élaborées. On répond dans l’urgence. La correspondance Internet ne relève pas de l’écrit, il faut bien accepter la disparition de l’art épistolaire. Ce qui est dommage, c’est de penser que l’ordinaire du courrier électronique permettrait de s’abstenir de toute politesse au nom de l’efficacité et du gain de temps propres au monde du Web et de l’entreprise. Mais ne tombons pas dans le panneau : la civilité de l’écrit et la prévenance des formules de politesse sont des comédies sociales qui s’avouent comme telles. Pour Kant, l’affabilité n’est pas un mensonge. Quand vous terminez une lettre par « je suis votre très humble et très dévoué serviteur », celui à qui vous vous adressez ne va pas vous demander de faire le ménage chez lui. La politesse suppose une distance, donc une certaine finesse sociale. De surcroît, là encore, il ne faut pas croire que la pauvreté du courriel nivelle les rapports sociaux ou supprime les distinctions. Des habitudes électroniques se prennent déjà, et marquent des différences. L’expression latine tibi, pour « tout à toi », témoigne d’une certaine culture. Dans les courriels, les différences de niveau de langue réapparaissent forcément.
Séance 3 : du besoin de communiquer à la société de la communication : l’institutionnalisation d’un besoin.

  1. Serge Tisseron, Virtuel, mon amour, Penser, aimer, souffrir à l’ère des nouvelles technologies, Albin Michel, 2008.

  2. Pascal Lardellier, Le Cœur Net, Célibat et amours sur le Web, Belin, 2004.

  3. Alexandre Moatti « Le numérique, adjectif substantivé », in Le Débat, Gallimard, n°170, Mai-Août 2012.

  4. Équipement des ménages en multimédia selon la catégorie socioprofessionnelle, Insee, statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV-SILC 2010).

  5. David Gould, « La toile », TDC, n°1042, 15 octobre 2012.

Annexe : « Le rapport « Nora-Minc ». Histoire d'un best-seller », in Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°23, juillet-septembre 1989. pp. 35-48.
Document 1 : Serge Tisseron4, Virtuel, mon amour, Penser, aimer, souffrir à l’ère des nouvelles technologies, Albin Michel, 2008.

Si les fameuses technologies de l’information et de la communication (TIC) bouleversent chaque jour nos habitudes, nous étions préparés à ce nouveau monde de longue date. Par le téléphone d’abord, ce bon vieux téléphone que nous avons si bien intégré dans nos vies qu’il nous paraît naturel de nous parler sans nous voir. Par l’extraordinaire essor de la photographie ensuite, qui nous a fait accepter que des images sur lesquelles nous ne nous reconnaissons pas nous représentent, jusqu’à rendre notre identité flottante et multiple. Enfin, par notre chère télévision qui nous impose chaque jour des programmes où se mélangent si bien les documents et la fiction que nous renonçons souvent à distinguer les uns de l’autre…
Document 2 : Pascal Lardellier5, Le Cœur Net, Célibat et amours sur le Web, Belin, 2004.

Un discours ambiant nous enjoint de communiquer, coûte que coûte, laissant accroire qu’hors de cette communication, véritable religion postmoderne : point de salut. Depuis le début des années 1980, cette idéologie qui fait sentir ses effets (et parfois ses méfaits) à tous les niveaux de la société, est montée en puissance, pour s’imposer comme pensée dominante, conditionnant à ce titre nos manières d’être, notre rapport à la technique, au monde, et surtout aux autres ; tout en définissant et imposant ce que doivent être les personnalités épanouies, et les manières d’être sociales « normales ». Cette « idéologie de la communication » est d’une compacité extrême, avec son arsenal de technologies (les NTIC, précisément), son faisceau de valeurs, et les préceptes médiatiques de son « prêt-à-penser ».

Pour la situer historiquement et dater les conditions de son émergence, on pourrait dire que les choses existent quand on les nomme. L’âge contemporain de la communication débute en 1978, avec la parution du célèbre rapport Nora-Minc6 sur « l’informatisation de la société ». Ce document prophétique à certains égards, et dont l’écho dépassera de loin son caractère initialement politico-administratif, était en fait annonciateur d’un nouveau projet de société : selon ses deux auteurs, l’informatisation généralisée, révolution en marche, allait bouleverser toutes les facettes de la vie sociale, pour métamorphoser la vie de l’homme du XXIème siècle. La chose, vue de la France giscardienne, pouvait prêter à sourire, susciter en tout cas une certaine circonspection. Remémorons-nous que les médias audiovisuels français vivaient sous l’égide (ou la férule) du monopole d’Etat (trois chaînes de télévision et quelques radios dites « périphériques », cohabitant avec Radio-France), l’équipement en ordinateurs était infinitésimal, nos téléphones, seulement domestiques, étaient tous « à fil », quant aux mots « Minitel », « Internet », « cellulaire » et « mobiles », « câble », ils ne renvoyaient encore à strictement rien.

Arrivèrent les années 80. En période de panne des idéologies, de reflux des religions, de crises récurrentes, des paramètres convergents, tout à la fois politiques, technologiques, économiques, sociaux et médiatiques allaient concourir à consacrer la communication comme foi de la fin du siècle. Ainsi l’avènement de François Mitterrand au pouvoir (secondé dans sa route vers l’Elysée par la « Force tranquille » du publicitaire Jacques Séguéla), la création, dès 1981, du Ministère de la Culture et de la Communication, incarné par l’emblématique Jack Lang, contribuèrent à valider l’importance politique de la communication, et à en entériner sa dimension « pan-sociale ». Les « métiers de la communication » (journalistes, publicitaires, chargés de communication et de relations publiques, conseillers « en images » …) se trouvèrent nimbés d’un indéniable supplément d’âme, alors que les formations privées et publiques en « info-com » s’imposaient dans toutes les filières d’enseignement. La France, de « publiphobe », devint en peu de temps « publiphile », comme en témoigna l’engouement orchestré pour les mômeries comme la « Nuit des Publivores ». Soudain, la communication, hydre sociale protéiforme, était partout, et il était de bon ton de l’invoquer comme nouvelle panacée et « lubrifiant social », censés résoudre tous les problèmes relationnels (familles, couples, …) apaiser toutes les frictions. Manière de dépolitiser nombre de relations, pour les « psychologiser ». (…)

Mais si la communication accéda à une telle « visibilité » en quelques années, elle le doit d’abord à ses « techniques » : l’arrivée presque conjointe, entre 1960 et 1986, du Minitel, du câble, de la micro-informatique, des radios libres et des télévisions commerciales donna corps et substance à l’utopique « Village planétaire », cher au théoricien des médias Marshall Mc Luhan, qu’Internet et la vogue des téléphones cellulaires n’eurent qu’à parachever, dix ans plus tard.
Document 3 : Alexandre Moatti7, « Le numérique, adjectif substantivé », in Le Débat, Gallimard, n°170, Mai-Août 2012.

À l'origine, l'adjectif numérique relève du vocabulaire technique. Il désigne un mode de traitement automatisé du signal : en informatique, le signal numérique a remplacé le signal analogique. Le terme est utilisé dans d'autres domaines que l'informatique ou les télécommunications : ainsi la photographie numérique a-t-elle remplacé la photographie argentique, et la télévision numérique la télévision hertzienne. Par abus de langage, ou par raccourci, on dit que le numérique a remplacé l’argentique ou l’hertzien (adjectifs eux aussi substantivés pour l'occasion - lorsqu'ils sont confrontés au numérique). Jusque-là, considérons ces abus comme bénins, sans réelle signification sous-jacente ... Le substantif a aussi été mobilisé dans des slogans de type «Passez au numérique » (ou « Passez au tout-numérique »), lors de la migration de la télévision hertzienne à la télévision numérique en France entre 2009 et 2011. On peut voir là une transposition de slogans anglo-saxons de type Go digital! Le substantif a alors une forte valeur « marketing » : il fait vendre, en quelque sorte.

On voit néanmoins apparaître là un premier élément d'interprétation possible. C'est cette convergence, dans des champs d'usage très différents (l'informatique, les télécommunications, la télévision, la photographie ...), vers le support numérique qui exalte l'importance de ce dernier. Le numérique, substantivé, presque personnifié, envahit tout. Le concept est à ce point invasif qu'il en arrive à faire oublier ce à quoi il se rapporte (image photographique, enregistrement musical, traitement de l'information ...) : tout converge dans le numérique. L'adjectif numérique abolit le substantif qu'il est censé qualifier : raccourci symbole d'un monde pressé qui en vient à oublier le substantif, voire à le refouler, pour désigner plus rapidement le fait du numérique, quel qu'en soit le support. Un monde pressé par le numérique lui-même et la célérité de propagation et de vie qu'il induit.

Inversement, on évoquera l’ « ère du numérique » au lieu de la simple « ère numérique » (the digital age, en anglais). L'utilisation substantivée nécessite l'ajout de la préposition : comme souvent dans les dérives et fautes de vocabulaire ou de syntaxe, l'usage consacre une locution plus compliquée (en nombre de mots, par exemple) que la locution correcte. Ici la préposition ajoutée a valeur d'emphase et théâtralise l'expression : l'ère du numérique, c'est celle où trône en majesté le numérique. Au-delà, on peut y voir la prédilection du Français, et conséquemment du français, pour le concept (le substantif) au détriment du procédé (l'adjectif) - pour la théorie plutôt que la pratique.

Examinons successivement les usages de ce substantif dans deux domaines. D'abord, dans celui de l'économie, où le numérique semble avoir une vertu d'exaltation positive, sans doute exagérée - une sorte d'eldorado ou de Terre promise vers laquelle s'apprêterait à converger l'ensemble des activités industrielles. Ensuite, dans le domaine de la culture, ou à l’inverse le numérique semble être le révélateur (au sens … argentique du terme) de diverses craintes à exorciser, promettant sang et larmes et à propos desquelles les pouvoirs publics sont appelés à la rescousse.
Document 4 : Équipement des ménages en multimédia selon la catégorie socioprofessionnelle


En 2010, en %

Catégorie socioprofessionnelle

Téléviseur couleur

Magnétoscope ou lecteur DVD

Téléphone fixe

Téléphone portable

Micro-ordinateur

Connexion à Internet

Agriculteurs exploitants

100,0

87,0

89,1

90,2

74,5

64,3

Artisans, commerçants, chefs d'entreprise

96,5

86,1

86,1

94,3

88,3

80,7

Cadres et professions intellectuelles supérieures

94,9

91,3

96,7

97,1

98,8

95,7

Professions intermédiaires

97,0

91,5

90,8

97,7

93,9

87,9

Employés

98,4

90,2

85,3

95,2

81,9

75,2

Ouvriers (y c. ouvriers agricoles)

98,5

89,9

83,4

92,5

77,5

71,2

Retraités

99,3

73,0

94,9

66,6

40,6

37,2

Autres inactifs

97,2

68,6

83,3

73,5

49,7

44,2

Ensemble

97,8

82,1

89,3

84,5

69,7

64,6

Champ : ensemble des ménages en France métropolitaine.

Source : Insee, statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV-SILC 2010).

Document 5 : David Gould, « La toile », TDC, n°1042, 15 octobre 2012.


Annexe : « Le rapport « Nora-Minc ». Histoire d'un best-seller », in Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°23, juillet-septembre 1989. pp. 35-48.

En fait, c'est avant tout le développement de plus en plus rapide des moyens informatiques, à partir des années 1973-1974, qui fait naître une réflexion socio-politique sur le phénomène informatique. Les progrès continus et rapides de l'informatique depuis la mise au point du premier « vrai » ordinateur en 1946 par Eckert et Mauchly, ont permis, grâce à une suite d'innovations technologiques, d'augmenter considérablement la rapidité et les capacités du traitement de l'information en même temps que se miniaturisaient au maximum les éléments constitutifs de l'ordinateur. Le passage d'une génération d'ordinateur à une autre se traduit, à chaque fois, par l'apparition de machines de plus en plus petites, de plus en plus performantes, de moins en moins coûteuses. L'invention du micro-ordinateur en 1973, 300 000 fois moins volumineux, 1 000 fois moins cher et bien plus puissant que les ancêtres de la première génération, qui font figure de monstres préhistoriques, entraîne dès 1975 une généralisation rapide des applications professionnelles dans les entreprises, les banques, les services commerciaux et l'administration qui, par exemple, multiplie par quatre le nombre de ses ordinateurs entre 1970 et 1976. De ce fait, l'informatique perd de plus en plus son caractère mystérieux, fort complexe, qui la réservait à quelques spécialistes, « prêtres savants » de cette nouvelle invention technologique.

Mais, parallèlement, naît une prise de conscience des implications sociales qu'elle entraîne. Les débats sur les bienfaits ou les méfaits des technologies ont accompagné toute l'évolution de la société industrielle, mais l'informatique introduit une donné nouvelle. En permettant de saisir, de stocker, de traiter, de diffuser des informations d'origines multiples, biens immatériels, elle peut influer sur l'organisation et le fonctionnement même de la société, et devenir un instrument de pouvoir. Si elle limite les inconvénients d'une information incomplète ou erronée, elle menace en revanche la liberté de l'individu, en l'enfermant dans son passé et un réseau de données qu'il ne contrôle pas et dont il ne peut se dégager. […]

C'est, semble-t-il, cet éveil de l'opinion publique, dans un climat d'inquiétude, voire de passions, à l'égard d'une technologie dont le développement était devenu inéluctable, qui conduit le président de la République à s'interroger et à s'informer sur la dimension sociale de l'informatique, réflexion assurément indispensable pour qui entend promouvoir une «société libérale avancée». Sa lettre de mission stipule d'ailleurs expressément cette préoccupation: «Le développement des applications de l'informatique est un facteur de transformation de l'organisation économique et sociale et du mode de vie : il convient que notre société soit en mesure, à la fois, de le promouvoir et de le maîtriser, pour le mettre au service de la démocratie et du développement humain».

En outre, le rapport s'inscrit également dans le cadre de la volonté de Valéry Giscard d'Estaing d'établir un nouveau style de relations entre le président de la République et les Français, d'un souci, sincère on non, de se rapprocher de leurs préoccupations quotidiennes, d'un besoin impératif de se faire comprendre, d'expliquer les situations et les décisions politiques. Le rapport pouvait servir d'instrument d'information, voire d'orientation, de l'opinion publique à l'égard de cette technologie nouvelle, permettant de favoriser sa diffusion tout en la maîtrisant.
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