RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0,





télécharger 112.43 Kb.
titreRÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0,
page1/3
date de publication13.02.2017
taille112.43 Kb.
typeRésumé
e.20-bal.com > documents > Résumé
  1   2   3
L’écosystème scientifique à l’heure de la participation sur le web

Evelyne Broudoux
Equipe de recherché DICEN-IDF

CNAM, Paris.

evelyne.broudoux@cnam.fr
RÉSUMÉ. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 2.0, le blogging et son intégration par les éditeurs scientifiques et les plateformes collaboratives de mise en relation des acteurs de la recherche, avec un nouvel entrant qui peut être appelé à collaborer : le public.

ABSTRACT. This article aims to make a progress report on changes in the communication science ecosystem in the age of participatory on the web. Three changes could be noted: the arrival of the citation 2.0, the blogging and its integration by scientific publishers and research collaborative platforms, with a new actor that may be required to work: the public.

MOTS-CLÉS : communication scientifique, blogging, participation, citation 2.0, science citoyenne, publication augmentée

KEYWORDS: scholarly communication, blogging, participation, citizen science, citation 2.0
1. L’écosystème de la communication scientifique

Selon la terminologie rappelée par (Rieger, 2008), la communication scientifique est un processus par lequel l’information scientifique est produite, certifiée, disséminée, préservée et utilisée. Comme tout processus se compose d’un début et d’une fin et d’une série de transformations visant une finalité, il apparaît relativement simple de décomposer linéairement le processus de la communication scientifique comme ont pu le faire en leur temps (Garvey et Griffith, 1965) dans leur modèle dont la sortie principale est la citation1. Depuis les formalisations se sont multipliées et bien qu’elles tiennent compte des différents modes de publication (articles de revues, monographies, actes de conférence, etc.) et des modèles électroniques de diffusion (libre-accès, archives en ligne, moissonneurs, etc.), elles restent basées sur la différenciation binaire entre étapes de création et étapes liées à la production-diffusion de la matière scientifique. Le modèle hiérarchique et détaillé du cycle de vie de la communication scientifique (Björk, 2005) n’échappe pas cette caractéristique.

Cette différenciation est historiquement située (Broudoux, 2003) et provient des secteurs de l’édition-imprimerie et de la diffusion audiovisuelle qui rendent public des objets achevés et non modifiables et dont la finalité est d’assurer la diffusion de contenus pérennes. Cependant, les caractéristiques d’instabilité dues à la vitesse des changements technologiques et au flux numérique rendent cette pérennité illusoire : les objets numériques sont destinés à la transformation et leurs manifestations observables sont susceptibles de varier. Rappelons que les « archives ouvertes » donnent à lire des preprint, des postprint, et qu’aujourd’hui sont accessibles et traitables les informations ayant donné matière à articles (feuille de calculs, jeux de données, etc.). L'ouverture des publications scientifiques vers les sources et les compléments d'informations aux articles est une étape franchie. Ceci est facilité par les masses de données dont les descriptions sont standardisées et interopérables et par l'hypertextualisation des revues électroniques. Les objets documentaires qui décrivent et appartiennent aux publications peuvent être récupérés et liés. On pourrait comparer cette augmentation de la publication à l'externalisation des annexes : images illustratives, informations bibliographiques sur les auteurs, données post-publiées, jeux de données, etc.

Les travaux de liaison du matériel supplémentaire réalisés par (Jankowski et al., 2013) pour des livres électroniques basés sur l'encodage en RDF, les technologies du web sémantique sont des prototypes emblématiques de la complexification de la notion de publication en même temps que de la dilution de ses frontières.

Nous assistons donc à une diversification des objets de connaissance portés par le web. Certes, des différences notoires structurent différemment les champs disciplinaires dans les modalités d’appropriation des TIC et de contrôle des recherches (Fry 2004, 2006). Cependant, une constante perdure : celle des systèmes d’évaluation qui restent largement dépendants des revues phares dans chaque discipline. L’industrie de la citation est inféodée à un système éditorial organisé autour d’un seul objet de connaissance : celui de la publication scientifique d’articles.

Aussi, nous préférons régler la focale sur une vue macro en réintégrant l’unité « article » dans un ensemble plus large. Nous reprenons la définition de l’écosystème comme un ensemble d’éléments dynamiques (les organismes vivants) qui interagissent avec le milieu dans lequel ils vivent (sol, climat, eau, lumière) pour tenter de comprendre les modifications en cours. Nous intégrons donc dans cette étude les pratiques de communication des communautés scientifiques vers l’extérieur.

L’écosystème de la communication scientifique se caractérise par la production d’objets de connaissances destinés à être discutés, évalués, diffusés, réutilisés et transformés. Ces objets se matérialisent sous la forme de résultats publiés, d’articles et billets de démonstration, de théorisation et de vulgarisation, et s’extériorisent dans de multiples inscriptions médiatiques. Pour filer la métaphore de l’écosystème, on peut diviser en grands composants ce milieu :

- les paradigmes d’interprétation et de décodage de la réalité observable et calculée,

- les instruments, les cadres d’examen, les terrains (ex : données brutes, populations étudiées, phénomènes observés, etc.),

- les technologies d’écrilecture et de diffusion numériques dont l'adoption et les usages sont fonction des contextes disciplinaires.

L’évolution de l’écosystème de la communication scientifique est marqué par la vague participative du web, la croissance des données interrogeables, l’interopérabilité des références scientifiques et la modification du paysage éditorial par l’accès libre aux résultats des recherches. Ces tendances qui perdurent façonnent trois types de modification dans la communication scientifique : la première est liée à la diversification des modalités de citation – cheville ouvrière de l’évaluation, la deuxième concerne la production scientifique en tant qu’activité publique d’écrilecture et la troisième concerne les conditions collaboratives de la production scientifique.

Le principal facteur que nous souhaitons prendre en compte dans cette étude est celui de la participation telle que sollicitée par les technologies liées à la publication-conversation et à celles de mise en réseaux sur le web dit 2.0. Avec le web2, l'architecture hypertextuelle qui construisait le web comme un réseau de documents a reçu une couche logicielle dont l’objectif est de faciliter les interactions entre internautes de manière captive, c’est-à-dire dans des plateformes privées dont l’accès est réservé à des membres dont le profil est enregistré. L’objectif est double :

- solliciter l’apport de contenus produits gratuitement et leur partage dans des groupes dont la taille et la visibilité peuvent être réglées par les individus eux-mêmes,

- enregistrer les traces de ces interactions pour en tirer des revenus (meilleure connaissance des audiences, recommandations publicitaires, échange de données-clients, revente de fichiers d’abonnés, etc.).

Cette participation - volontaire ou non - a pris le nom de « crowdsourcing » lorsqu’elle se distribue massivement et que les individus qui la réalisent ne se connaissent pas et n’entretiennent que rarement des relations interpersonnelles.

2. Des gestionnaires de références au réseautage social des chercheurs

2.1. Les gestionnaires de références en ligne

Les gestionnaires de références bibliographiques scientifiques ont connu plusieurs périodes en évoluant vers le réseautage de chercheurs. Leur développement est caractéristique de l’innovation logicielle qui empile les fonctionnalités. La première génération se centre sur la citation d'articles publiés dans des revues et des actes de conférences : CiteUlike (2005) rend possible le partage des bibliographies, voir la construction en commun : cela organise la découverte de nouvelles références par l'appartenance à des groupes qui thésaurisent ou exercent une veille de manière continue ou discontinue (Besagni et al, 2011). La deuxième génération s’ouvre à tout le web en autorisant l'enregistrement de n'importe quelle URL tout en préservant un accès dédié aux articles scientifiques : c’est Bibsonomy (2006) qui est aussi le premier service de ce type à tenter d’organiser les tags en hiérarchies de concepts. La troisième génération autorise la capture des métadonnées documentaires des « pages web » directement à partir du navigateur, il s'agit de Zotero (2007) qui propose une partie « client » tout en sauvegardant sur un serveur dédié la base de données d'articles de l'utilisateur. Zotero est aussi le premier gestionnaire de références bibliographiques à évoluer vers le réseautage social avec le renseignement disciplinaire du profil et le partage des références sauvegardées avec des « abonnés ». La quatrième génération est un logiciel de réseau social qui met sur le même plan l’accès à des références, des documents, des groupes et des individus : Mendeley (2008) tout récemment racheté par Elsevier, autorise le paramétrage fin du profil et la gestion de la visibilité des interactions avec les membres et leurs notifications.

2.2 Les réseaux sociaux scientifiques

Suivant la définition classique d’un réseau social numérique, ces dispositifs orchestrent la mise en réseau d’acteurs à partir de leur profil. Un réseau de contacts  se constitue à l’aide de connexions semi-automatisées établies à partir des informations publiées (cv, axes de recherches, articles, etc.).

Avec plus de 3 millions de chercheurs inscrits, ResearchGate est en train de construire le plus grand graphe de chercheurs jamais réalisé sur le modèle de Facebook (avec lequel un partenariat serait noué2) et dont il reproduit la caractéristique principale du fil d'actualités. Sa force réside dans l'exploitation systématique des citations et des réservoirs d'articles en accès libre ou en archives ouvertes (PuBMed, arXiv, etc.). Research Gate possède son propre index baptisé RG Score attribué à chaque membre, basé sur l’alimentation en contributions du profil et les interactions des membres avec celui-ci (téléchargements d'articles, questions, réponses à des questions). Plus une personne est en contact avec des chercheurs dont le score est élevé, plus son score augmente. Des moteurs de recommandations mettent en relation les personnes, les documents au sein des groupes et des institutions. Des services permettent d'identifier des publications et des co-auteurs et proposent des offres d’emplois ainsi que le suivi des statistiques de consultations des profils. Avec Academia.Edu qui s'oriente plutôt vers les SHS, ces deux réseaux visent à profiler massivement les chercheurs pour détecter les experts (comme Scival) tout en les géolocalisant (comme AuthorMapper).

    1. Mesurer la participation « sociale »

Si l'on considère les publications scientifiques numériques publiées sur le web, il est devenu aisé de prendre connaissance – pour certains domaines – de leur retentissement sans passer par les données détenues par les éditeurs. Google Scholar nous livre ses citations, les blogueurs délivrent leurs commentaires... Twitter, avec ses hashtags, renvoie en cascade des informations à de multiples sous-réseaux et permet de gérer sa présence en ligne (Merzeau, 2010). On est donc passé de la gestion documentaire à la promotion événementielle lorsque cela n’est pas de soi-même.

Enregistrés dans les gestionnaires de références, les publications peuvent être lues en ligne, annotées, téléchargées. Mesurer ce retentissement sur le web est venu à l'idée de (Priem et al. 2012) qui ont fondé la notion d'altmetrics en partant du principe que la citation traditionnelle ne révèle qu'un seul usage académique et ne concerne qu'un seul type de ressource : l'article qui sert à « renforcer » un autre article. La traçabilité potentielle actuelle des usages permet d'évaluer l'impact d'un article directement sur le lectorat. Sont mesurables la lecture, l'annotation, le bookmarking, la sauvegarde d'articles, la discussion et la diffusion. Il est ainsi possible de compter le nombre de clics, like, mentions, citations, commentaires, notations, pages vues, partagées et téléchargées sur des services comme Facebook, Wikipédia, CrossRef, Mendeley, etc. Au final, ce sont des formes nouvelles de reconnaissance par les pairs et amateurs qui sont tracées et comptées.

3. Blogging scientifique

Le blogging participe pleinement aujourd'hui à l'écriture scientifique sous sa forme autoritative et sous sa forme éditorialisée. S'il est difficile d'évaluer en nombre les blogs individuels publiés par les chercheurs de manière autoritative, c'est-à-dire par l'auteur en dehors de tout système éditorial institué, les exemples suivants montrent des différences notables dans le blogging d'auteur chez les éditeurs scientifiques.

3.1. Le blogging associé aux éditeurs et agrégateurs de revues

A partir de 2005, les éditeurs scientifiques ont installé des plateformes de blogs au sein de leurs dispositifs de publication dans l'objectif de proposer des bouquets de blogs thématiques, contribuant ainsi à fédérer le lectorat autour de leurs revues. Nous prendrons trois exemples emblématiques de cette intégration : Nature Publishing Group, PloS et Hypothèses.

3.1.1. Nature Publishing Group

En février 2008, Grace Baynes3 faisait le point dans la revue en ligne ResearchInformation sur l'orientation web2.0 de Nature, son groupe de presse. L’article présentait les ressources emblématiques de l’apparente volonté éditoriale de procurer des services aux lecteurs et auteurs de ses revues : le serveur de signets Connotea créé en 2004, l'agrégateur de news personnalisées Scintilla lancé en juin 2007, Nature Precedings (publication de preprints et d'articles non publiés) et le réseau « Nature network » lancé la même année comprenant des groupes, forums, blogs, calendrier d'événements et articles de presse. Autant de services qui se sont révélés sous-utilisés, investis par le spam et qui ont depuis fermé. Et si le réseau « Nature network » perdure aujourd'hui dans une version allégée, c'est séparé de ses blogs. En effet, en juillet 2012, NPG (Nature Publishing Group) a opéré une restructuration en ne gardant que les blogs de ses revues et en externalisant les blogs d'auteurs sur Scilogs. Il existe donc aujourd'hui :

  • le réseau de blogs attaché à la revue Scientific American,

  • celui des éditeurs et équipes éditoriales de Nature.com (25 blogs). Leur profil peut être décliné en trois type : blog de revue, blog de communauté scientifique ou blog attaché à une communauté « locale ».

  • le réseau de blogs attaché à Scitable de Nature Education, espace d’apprentissage collaboratif en sciences (15 blogs),

  • le réseau de blogs individuels Scilogs qui accueille 39 blogs actifs et 70 blogs archivés et on en compte autant sur chacune des versions espagnoles, allemandes et flamandes hébergées par les représentations de Nature dans les pays correspondants.

Cette restructuration marque la volonté d'une stratégie d'éloignement des blogs dits « personnels ». En effet, restent attachés au groupe les blogs attachés aux revues ou aux communautés scientifiques que le groupe cherche à fédérer pour marquer son implantation (Inde, etc.). Une récente étude réalisée avec 40 auteurs répondants sur les 60 Scilogs allemands – qui s’avèrent repris par l’éditeur scientifique de vulgarisation Spektrum der Wissenschaft – révèle une grande diversité dans les motivations de carrière et dans leurs motivations de communication (Puschmann, Mahrt, 2012) : 60% prétendent que présenter leur champ de recherche à une audience plus large est leur principal objectif tandis que pour la moitié exercer une présence thématique en ligne est important. Seulement 35% étaient intéressés par porter à la connaissance du public des controverses et 30% par l’expression créative personnelle. L’étude indiquait que pour la majorité des blogueurs, la motivation principale était l’éducation d’un large lectorat sur des questions scientifiques générales et non des activités d’auteur comme l’apprentissage de l’écriture, le fait de se positionner sur des problèmes ou de documenter la recherche – activités qui apparaissaient centrales dans les premières études sur le blogging (Broudoux 2003).

Enfin, si l'on examine les 25 blogs de Nature.com, on s'aperçoit que leur activité est réduite : 9 sont archivés et parmi les 16 actifs, 11 ont publié leur dernier billet dans les trois derniers mois et 5 dans les six derniers mois (voir Tableau 1 à la date du 30 janvier 2013).

3.1.2. Public Library of Science (PloS)

D'après Wikipédia4, la Public Library of Science (PloS) a été fondée en 2006 suite à un mouvement de chercheurs en biologie (biochimie et bioinformatique) qui souhaitait pousser les éditeurs à mettre à la disposition de tous une version complète et gratuite des publications de leur discipline six mois après leur sortie. De ce mouvement, nait la revue PloS One bientôt suivie par cinq autres revues en biologie, médecine, bioinformatique, génétique, pathogènes et maladies tropicales négligées.

PloS est un organisme à but non lucratif se positionnant comme éditeur en libre accès et dont l'objectif affiché est de conduire une transformation de la communication de la recherche. Le processus traditionnel d'évaluation est respecté et lorsque les articles des revues sont acceptés après évaluation, ils sont rendus disponibles gratuitement. Cependant, la publication s'inscrit dans le modèle auteur-payeur qui impute les coûts de publication et d'archivage aux laboratoires des organismes de recherche, des universités et des financeurs.

Le blog de PloS est lancé en 2006 dès l'installation de la plateforme Topaz/Fedora. En 2009, paraissent les blogs Everyone et Speaking of medicine. Aujourd'hui, deux groupes distincts composent le « PloS Blogs Network » : le blog officiel de PloS qui fait partie des 6 blogs attachés aux revues et les 23 blogs du réseau PloS. La page d'accueil révèle une aggrégation éditoriale de blogs animée par Victoria Costello, community manager. Un rubriquage (Eco, Neuro, Santé, Culture) rend directement accessible les derniers billets des blogs ainsi triés. La liste des derniers commentaires est publiée ainsi que les fils twitter des participants.

Si l'on examine la fréquence de publication de ces blogs, force est de constater qu'elle est proche de celle des blogs de Nature. 19 blogs sur 23 ont publié leur dernier billet dans les trois derniers mois et 4 dans les six derniers mois (voir Tableau 2). Les billets sont fouillés et documentés et leur fréquence réduite. Ils apparaissent être des billets de synthèse plutôt qu’approfondissement de questions. Les commentaires sont peu nombreux mais présents dans les sujets à controverses : quinze commentaires sur le dernier billet « From ice to high seas » dans le blog traitant du réchauffement cliamtique « All models are wrong »5.

Cependant, l'habillage éditorial, plus fin que celui de Nature, met en valeur les auteurs individuels ou collectifs, l'activité sur les réseaux sociaux, les commentaires et les liens externes, inscrivant en cela les blogs dans un maillage dense de liens hypertextuels.

3.1.3. Carnets de recherche d’OpenEdition

La plateforme de Carnets de recherche Hypothèses est une plateforme agrégatrice de blogs WordPress ajoutée en 2009 par OpenEdition qui est un portail francophone de ressources électroniques en Sciences Humaines et Sociales construit à partir du bouquet de revues Revues.org, lui-même fondé en 1999. En 2000, Calenda est lancé, il s’agit d’un Calendrier des événements en lettres et SHS alimenté directement par les lecteurs via un formulaire. OpenEdition Books est la dernière brique du dispositif ajoutée en 2013.

Hypothèses cherche d'emblée à créer une identité forte pluridisciplinaire et internationale au sein des SHS. L’ouverture d’un blog sur Hypothèses est soumise à la décision d’un comité scientifique qui émet un avis symbolique d’intégration basé sur la reconnaissance disciplinaire du blog identifié via le remplissage d’un formulaire. Déclinée aujourd'hui en cinq langues (français, allemand, espagnol, portugais et anglais), elle fédère des relations entre équipes, suscite des collaborations sur projets et poursuit une croissance dynamique tant en nombre de billets qu'en qualité des contenus publiés. En particulier, ces derniers mois, les liens entre historiens français et allemands sont sortis renforcés de ces collaborations.

Comme pour les deux autres plateformes, nous avons interrogé Hypothèses à la date du 30 janvier 2013. Pour cela, nous avons utilisé le moteur de recherche Isidore6, ce qui a donné les résultats suivants : les 553 blogs hébergés totalisent 27125 billets publiés depuis 2009. Ce résultat a priori excellent ne différencie cependant pas les blogs actifs de ceux ayant cessé toute activité.

En effet, la typologie des blogs (voir Infographie 1 en annexe) révèle que plus d'un blog sur quatre sert à accompagner un projet ou un programme de recherche et possède donc une durée de vie excédant rarement plus d'un an. Il s'agit d'une écriture d'accompagnement de projets, d'événements, de veille thématique, de thèses et de séminaires. On y trouve donc des blogs essentiellement rattachés à des phases précises de recherche.

27 domaines composent la représentation disciplinaire visible sur les Infographies 2 et 3 en annexe. Deux disciplines concentrent plus d'un tiers des billets : l'Histoire avec 5780 billets suivie par la Sociologie avec 3499 billets. Quatre disciplines en concentrent un peu moins d'un tiers : la Géographie (2129), l'Education (1991), l'Anthropologie (1933), l'Economie et Finances (1922). Le tiers restant est partagé par quatorze disciplines qui totalisent chacune moins de 5% des billets et six moins de 1%.

La tradition du blogging et l'origine disciplinaire des fondateurs de Revues.org et Hypothèses expliquent en partie le succès de la plateforme. Pierre Mounier et Marin Dacos écrivent ensemble dès 2000 sur Homo-Numericus7, une revue ouverte aux collaborations qui ne tardera pas à se transformer en blog quelques années plus tard.

Au contraire des dispositifs précédents Nature et PloS orientés Sciences, les blogs d'Hypothèses en SHS ne se rattachent pas spécifiquement à des revues (une vingtaine y est cependant attachée). Cependant, les blogs institutionnels sont bien représentés avec les carnets de laboratoire, d’associations scientifiques quand ce n’est pas les universités elles-mêmes (ex : angles Droit8), etc.

OpenEdition agrège des revues, offre un portail de livres et une plateforme de blogging mais l'entité agit en fédératrice et non pas en éditeur responsable de la qualité des contenus publiés et du maintien d'une ligne éditoriale précise. C'est peut-être la raison pour laquelle les blogs portés par Hypothèses sont d'une grande diversité, avec des contenus riches et variés, dont les auteurs apparaissent libres dans leurs propos. Il faut cependant noter que les commentaires sont quasiment absents de la plateforme.

3.2 Contenus et interactions sur les plateformes de blogging

Le blogging s’est imposé comme pratique de communication écrite intermédiaire chez les experts scientifiques. Nous avions identifié à Eutic trois types de projets (Broudoux, Chartron, 2008) : ceux s’inscrivant dans la forme de vulgarisation scientifique fortement liée à des enjeux et des débats de société (ex : biodiversité, climat, créationnisme, etc.), ceux tenant lieu de laboratoires d’idées ou bien relatant des travaux de groupe et s’adressant à des communautés plus circonscrites et ceux s’adressant aux chercheurs et dont la fonction est de critiquer la littérature déjà publiée (voir le système d’autocitation mis au point par Research Blogging). Nous retrouvons en 2013 ces formes distribuées entre les acteurs éditoriaux et les dernières études s’accordent pour remarquer l’hétérogénéité persistante des genres de contenus des blogs dans la communauté scientifique. Les blogs peuvent même être qualifiés de fenêtres de passage entre plusieurs mondes (Kjellberg, 2009).

Les études sur le lectorat sont encore émergentes et indiquent que la motivation principale est l’accès facile à un large spectre d’informations. Cependant, un lectorat composé de lecteurs académiquement cultivés, de journalistes scientifiques et de profanes a été identifié sur deux plateformes allemandes de blogs et le ton informel et quelquefois détendu des blogs apparaît aussi apprécié que leur pertinence et leur précision (Puschmann, Mahrt, 2012).

Les interactions entre blogs apparaissent plus consistantes que les commentaires laissés par de « simples » lecteurs. En témoigne l’étude menée par Sara Kjellberg sur la blogosphère académique de Suède, indépendante de toute plateforme institutionnelle. A partir d’un recensement réalisé de manière automatique puis filtré de manière manuelle, 401 blogs ont d’abord été sélectionnés sur 20 000. Seuls les 32 qui avaient été mis à jour dans l’année ont été retenus à partir desquels les « blogsrolls » ont été visités, ce qui donne pour l’étude qualitative des contenus 67 blogs retenus. A partir d’une carte générée par leurs liens, l’auteur retient que ces blogs ne remplacement pas une forme ancienne de communication mais agissent comme interface entre quatre plans : le domaine de recherche, le « grand » public, la vie privée et l’université. Le blog est donc un moyen de passer d’un contexte à un autre et agit comme intermédiaire.
  1   2   3

similaire:

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé : Cet article propose une synthèse des recherches empiriques...
«amoncellement plutôt disjoint»1 et l’objet de cet article est d’en proposer une synthèse. Nous dressons le bilan de ces contributions,...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé Les systèmes pastoraux et agropastoraux des régions marginales...
«bouleverser de fond en comble et mettre en désordre» (définition que le Petit Robert donne du «chambardement») l’organisation des...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé : Cet article propose une réflexion sociologique sur les «violences urbaines»
«mauvaise éducation» des familles est une cause majeure de la délinquance des enfants. IL serait donc sage de s’abstenir provisoirement...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé Cet article propose une analyse méthodologique et thématique...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé : Basé sur un échantillon large de huit pays, cet article...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé : a travers la revue de la littérature IL a été possible de...
...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconPrésentation de l’exposition «Mutations urbaines»
«Villes sous tensions» vous propose un autre regard sur la ville, son vécu et ses fonctionnements cachés… Un espace d’exposition...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé : Cet article aborde trois questions : comment se pose, dans...
«écologie sociale», c’est-à-dire fondée sur des conditions de travail et de vie décentes à tous les niveaux de la filière

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé On cherche ici à poser les bases conceptuelles et méthodologiques...
«naturelles» entre cette organisation X et les autres organisations d’édition ainsi que la capacité de l’organisation X à satisfaire...

RÉsumé. Cet article se propose de tirer un bilan d’étape sur les changements de l’écosystème de la communication scientifique à l’heure des dispositifs participatifs sur le web en parcourant trois modifications notables : l’arrivée de la citation 0, iconRésumé : Cet article se propose de mettre en perspective les théories...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com