La difficile mise en place du Parc Amazonien Guyanais reflète-t-elle les difficultés du développement de la Guyane dans une perspective durable ?





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Le parc : un morceau d’Amazonie
L’Amazonie se compose du bassin hydrographique de l’Amazone, soit 7 850 000 km2, le 1/3 des forêts tropicales du monde, auquel on ajoute les pays du plateau des Guyanes dont les eaux se dirigent vers l’Atlantique et non vers l’Amazone. Elle regroupe en tout neuf pays :
Les pays amazoniens : dimensions forestières





Superficie du pays

km2

Superficie de forêt amazonienne km2

% du territoire en forêts tropicales

Brésil

8 512 000

5 003 000

59 % (90 % pour l’Etat d’Amapá)

Pérou

1 285 000

770 000

60 %

Bolivie

1 009 000

724 000

71 %

Colombie

1 139 000

399 000

35 %

Equateur

284 000

133 000

47 %

Venezuela

912 000

456 000

50 %

Guyana

215 000

160 000

74 %

Surinam

164 000

125 000

76 %

Guyane française

84 000

80 000

93 %

Total

13 606 000

7 850 000




M. Droulers

La complexité et la fragilité de l’écosystème amazonien se retrouvent au cœur de tous les grands débats sur le réchauffement climatique, le déboisement, la biodiversité, les ressources en eau douce.

La controverse sur l’effet de serre a sans doute été la plus médiatisée. L’Amazonie était régulièrement présentée comme le « poumon de la planète ». L’expression est doublement fausse, d’abord parce qu’un poumon rejette du CO2 et non de l’oxygène, et ensuite parce que la forêt rejette autant de CO2 qu’elle en absorbe. On a dit que l’Amazonie recyclait les ¾ de l’oxygène du monde, c’est sans doute faux car la forêt à maturité maintient un équilibre entre la production d’oxygène et la fixation du carbone.
C’est à partir des années 1990 que le problème du déboisement de l’Amazonie a pris une dimension internationale. Par sa superficie, l’Amazonie demeure le plus vaste massif forestier en milieu intertropical. La question du déboisement interfère aussi avec celle du réchauffement climatique dans la mesure où les incendies de forêts libèrent 150 à 190 tonnes de CO2 par hectare.
La biodiversité suscite aussi de nombreux débats scientifiques et politiques au moment où elle s’insère dans un cadre juridique international.
Les pays de plus grande diversité biologique





Nombre d’espèces à l’exception des poissons

Nombre d’endémismes

Colombie

3 374

634

Brésil

3 131

788

Indonésie

2 827

848

Equateur

2 606

282

Pérou

2 586

342

Mexique

2 501

802

Chine

2 404

484

Inde

2 222

393

Australie

1984

1350

M. Droulers, Source : Mittermeier et al., 1997.
La forte concentration d’espèces en Amazonie intrigue les chercheurs. Des explications biophysiques (qui s’appuient sur la latitude, la pluviosité, la luminosité, les sols) insistent sur les données naturelles tandis que des explications anthropologiques mettent en évidence le rôle des hommes qui ont contribué à favoriser la dispersion de certaines espèces aux dépens d’autres. Il semblerait cependant que la biodiversité ait chuté après la conquête.

La déforestation interfère aussi avec le problème de la biodiversité puisqu’elle ferait disparaître 4 000 à 6 000 espèces par an.
Le LBA (Large Scale Biosphère-Atmosphère Experiment in Amazonia) regroupe depuis 1998, 1 000 chercheurs de 40 pays autour de projets d’études des interactions entre l’atmosphère et la biosphère pour identifier le rôle de la forêt dans les grands équilibres climatiques. Les premiers constats montrent que les interactions du système amazonien sont complexes et qu’il faut se garder d’analyses simplistes.
Les enjeux écologiques en Guyane française.

Extraits du livret du parc, Mission pour la création du parc de Guyane, juin 2006
Le parc amazonien comprend deux zones. La zone « cœur de parc » s’étend sur 2.030.000 hectares de forêts primaires. Elle concerne 5 communes : Saül, Maripasoula, Papaïchton, Camopi, Sud de la commune de Saint Elie. L’« aire d’adhésion » aura une aire maximale de 3,39 millions d’hectares en continuité géographique et écologique avec le cœur. Voir carte.

D’un point de vue écologique, la création du parc répond à deux objectifs principaux :
Préserver un important massif forestier avec des milieux rares.

Il s’agit de protéger à long terme une part importante de la forêt primaire guyanaise ainsi que des milieux rares, comme les savanes-roches et inselbergs et les monts forestiers de plus de 500 m d’altitude, caractérisés par un grand endémisme. La densité des savanes-roches et inselbergs est particulièrement élevée dans le sud et le sud-est du département.

Il s’agit aussi de protéger un territoire enclavé, caractérisé par une diversité faunistique et floristique impressionnante. Plus de 5 400 espèces de plantes supérieures parmi lesquelles 750 espèces de grands arbres, 300 espèces d’orchidées, 186 mammifères dont 103 espèces de chauve-souris, 740 espèces d’oiseaux, environ 163 espèces de reptiles, 110 espèces d’amphibiens, 480 espèces de poissons d’eau douce et saumâtre et 350 000 à peut-être plus d’un million d’espèces d’insectes.

Le maintien de la forêt permet aussi d’éviter la libération du mercure contenu dans le sol. Les sols amazoniens stockent en raison de leur ancienneté et de leur composition une importante quantité de mercure et la destruction de la forêt libère ce métal qui passe dans la chaîne alimentaire.
Protéger les sources des fleuves de la Guyane.

Le parc englobera les sources des deux principaux fleuves-frontière : le Maroni et l’Oyapock (qui bénéficie de la présence du parc brésilien sur la majeure partie de son cours) ainsi que leurs affluents.

La partie sud de la Guyane constitue un « château d’eau » au croisement d’une ligne Nord/sud joignant les montagnes de la Trinité au Massif Tabulaire de la ligne Est/ouest. Les fleuves y constituent un réseau dense et chevelu caractéristique des milieux équatoriaux avec des criques couleur beige à marron et des sauts.

C’est aussi un moyen de garantir les futures ressources en eau du littoral et de préserver la riche faune piscicole, surtout sur les hauts cours où l’endémisme des poissons est plus fort.

Le parc protège donc :

- à Saül : les sources du Grand Inini, les Monts Belvédère et Monts Barruol,

- à Maripasoula : les sources du Maroni et de ses affluents (Waki, Tampock, Marouini), les montagnes Bellevue de l’Inini et le Mitaraka,

- à Papaïchton : les sources de la crique Grand Abounami, affluent du Maroni,

- à Camopi : les monts de la haute Camopi, les Monts tabulaires, les sources de l’Oyapock et de ses affluents,

- dans le Sud de la commune de Saint Elie : le prolongement de la réserve de la Trinité, les sources du Sinnamary et de la Courcibo

2.1.2 Les enjeux économiques

Extrait du livret du parc. Mission pour la création du parc de Guyane, juin 2006
Les enjeux économiques constituent un des trois pôles du « triangle du développement durable », à côté des préoccupations environnementales et sociétales. Dans le parc, la problématique de l’activité minière est centrale. En effet, les zones d’intérêt écologique et à fort potentiel aurifère se superposent notamment dans la chaîne Inini-Camopi.
En février 2006, dans la future zone du parc : 32 permis ou autorisation d’exploitation minière légale étaient en cours (18 à Maripasoula, 9 à Papaïchton et 5 à Saül) produisant 1/6 des trois tonnes d’or produites en Guyane. Malgré l’existence d’une charte environnementale, l’activité reste polluante (destruction de la forêt ripicole, turbidité des eaux, colmatage du lit, mercure…) et procure des revenus modérés aux communes. Les défenseurs de l’orpaillage légal réclament le droit de travailler sur la plus grande partie du territoire. Ils font valoir que l’or représenterait le deuxième secteur industriel (30 % du secteur industriel guyanais) après le spatial et devant la pêche. Il représentait 85 établissements, 50 entreprises et 368 emplois en 2003. La production d’or déclarée était de 3 167,70 kg en 2003, mais ces chiffres officiels sont bien en dessous de la réalité, une grande partie de l’or produit étant vendu dans des circuits parallèles pour éviter les taxes (salaires versés en or, exportation clandestine, achats payés en or…) (Collectif-or 2005). Il faut également tenir compte de toutes les activités secondaires liées à l’or : commerces, transports, comptoirs, bijouteries… Activités non négligeables et qui touchent une tranche importante de la population, on estime que 2 000 personnes vivent de l’orpaillage légal.
L’activité minière clandestine a connu un regain avec la flambée des cours de l’or et elle se trouve facilitée par la porosité des frontières. Outre les problèmes environnementaux, l’orpaillage clandestin est aussi générateur de problèmes sanitaires et sociaux. Son éradication apparaît essentielle pour le parc. Cependant, 8 000 personnes vivraient de l’orpaillage illégal.
Dans une zone où les transferts sociaux et l’économie informelle sont prépondérants, le parc devrait contribuer à développer des activités économiques durables, souvent peu compatibles avec l’activité minière. C’est le cas de l’écotourisme qui se heurte cependant aussi au coût trop élevé des transports, au manque de structures et de formation. L’artisanat est un secteur prometteur. Les objets traditionnels ont en effet acquis une valeur artistique. Mais les initiatives restent isolées et la filière n’est pas encore structurée. Dans le secteur agricole, la volonté de faire émerger une filière commerciale se fait jour. Une démarche est déjà engagée sur Maripasoula dans le cadre du PEAFOG, Programme d’Encadrement de l’Agriculture familiale dans l’Ouest guyanais, mais il se heurte aux problèmes du foncier et de l’enclavement. D’autres projets novateurs sont apparus : l’élevage d’espèces sauvages ou domestiques et la pisciculture qui constituent une alternative à la pression sur le milieu.
Le parc devrait aussi être pourvoyeurs d’emplois : layonneurs, guides, piroguiers, médiateurs. Enfin une coopération avec l’éducation nationale permettra de développer certaines filières de formation.
2.1.3 Les enjeux humains

Extraits du livret du parc
Le projet du parc a fini par intégrer les populations dans une optique de développement durable. Cette démarche s’est effectuée dans un contexte de renouveau d’intérêt pour les populations du fleuve. Amérindiens et Bushinengés sont souvent présentés comme les premiers écologistes. L’agriculture itinérante qu’ils pratiquent semble plus respectueuse des écosystèmes forestiers. Leurs connaissances sont de plus en plus perçues comme une référence par les scientifiques. Pourtant dans l’ensemble, ces populations aspirent au standard de vie occidental. La pression démographique augmente même si elle reste faible, et l’évolution des modes de vie pourrait entraîner une surexploitation des ressources (nivrées trop nombreuses, chasse excessive).
Dans l’espace du parc la densité humaine reste très faible, de 0,1 à 1 hab/km². Et l’on trouve différentes communautés :

- à Saül : Créoles, Hmongs, Saramaka, Métropolitains ;

- à Maripasoula et Papaïchton : Créoles et Aluku dans les bourgs ; Wayana et Emerillon dans les écarts en amont de Maripasoula et sur les affluents du Maroni : rivières Waki et Tampock ;

- à Camopi : Wayãpi et Emerillon au bourg et dans les écarts en amont de la rivière Camopi ; Trois Sauts, constitué de 4 villages, est un écart très en amont sur l’Oyapock, exclusivement Wayãpi.
La prise en compte des populations revêt plusieurs formes :

-L’association des autorités coutumières à la gestion du territoire se concrétise par leur participation au conseil d’administration du parc.

-L’amélioration des conditions de vie des populations passe par une meilleure intégration sanitaire et sociale. Il faut à la fois développer les structures sanitaires et la prévention. Les diarrhées, le paludisme, les parasitoses, les MST, la contamination au mercure sont autant de problèmes de santé publique tandis que l’alcoolisme, la toxicomanie et le suicide sont des marques du malaise social. Face à l’enclavement, un rattrapage du retard des infrastructures doit être programmé.

-La reconnaissance des identités culturelles doit favoriser la valorisation des cultures matérielles et immatérielles. Il s’agit de préserver les activités artisanales : vannerie aluku, céramique wayãpi, archerie, de maintenir les pratiques d’autosubsistance dans le cadre de l’autoconsommation et de protéger les anciens sites cultuels, situés dans l’extrême sud du département sur les rivières Tampock, Waki, Wanapi et Litany.
Le parc devrait donc être le fruit d’un compromis entre les enjeux écologiques, économiques et sociaux.
2-2 : Le fonctionnement du parc amazonien de Guyane 

DVD du parc
Même si ses contours sont désormais tracés, le parc reste un projet dans la mesure où il est en devenir. Il sera ce qu’en feront ses acteurs.
2.2.1. L’organisation administrative et les moyens de gestion du parc

Cf. Synthèse du projet
La loi du 14 avril 2006 sur les parcs nationaux confie la gestion du parc amazonien à un Etablissement public national à caractère administratif (EPA).

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