Rapport moral 2015





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ASSEMBLEE GENERALE
Jeudi 28 avril 2016
RAPPORT MORAL 2015
A Madagascar, 92% de la population vit sous le seuil de pauvreté (revenu d’environ € 0,90 par jour) dont 30% dans une pauvreté extrême.

Les enfants payent aussi un lourd tribut : 47% des moins de 5ans souffrent de malnutrition chronique. Six grands hôpitaux ont été construits, un dans chaque région. Le financement était prévu par des taxes prélevées sur les extractions minières. Ces fonds perçus ont disparu. Pour compenser on ampute sur les budgets des centres de base et sur les petits hôpitaux de campagne. Les centres de soins ferment les uns après les autres. On est face à une carence totale du système de santé malgache, réputé il y a une quinzaine d’années pour être le meilleur de toute l’Afrique. La tuberculose et les causes de décès liés au paludisme sont en progression.

Le système scolaire est en pleine déliquescence : 60% des enfants sont scolarisés et seulement 11% accèdent à l’enseignement secondaire.

La croissance économique est pratiquement nulle.

Selon un rapport du FMI, Madagascar est au 5éme rang des pays les plus pauvres du monde. C’est l’unique pays en paix à avoir régressé depuis 1960. La Grande Ile est même classée dernière (189éme) concernant les raccordements à l’électricité.

La classe politique persiste dans ses querelles affligeantes.

Au mois de mai, les députés ont voté la destitution du président Hery RAJAONARIMANPIANINA, avec pour seule raison un refus de celui-ci « de faire bénéficier tous les députés d’un véhicule 4X4 » ! La Haute Cour Constitutionnelle doit désormais se prononcer sur la pertinence de la déchéance votée par le parlement. Nous sommes toujours dans l’attente d’une décision. Prendre un arrêté n’est pas facile.

Et pendant ce temps tout part à la dérive.

Madagascar fait partie des pays les plus corrompus du monde. La corruption est coupable de la dégradation de l’économie et du développement social. La population, de plus en plus pauvre, est de plus en plus vulnérable à la corruption. C’est à elle qu’on demande le plus d’offrir de l’argent ou des cadeaux pour éviter un problème, pour obtenir un service. Plus grave encore, la corruption touche les élites, et gagne du terrain jusqu’au plus haut niveau des autorités. La corruption à grande échelle s’est aggravée ces dernières années. Les secteurs les plus touchés sont dans le service public : la justice, la gendarmerie, la police, la douane, le service foncier, les services vétérinaires, les domaines de la santé et de l’éducation. Au mois de décembre, juste avant mon retour, le service des douanes au port de Tamatave avait augmenté les droits et taxes de 100% à l’importation. Aucun texte, aucun décret ne venait justifier cette décision : on approchait de Noël et il fallait préparer les fêtes.

La liberté de la presse commence à connaître quelques problèmes. Un journaliste peut facilement se retrouver en prison toujours pour le même motif, « atteinte à la sûreté de l’Etat ». La critique passe de plus en plus mal.

Le trafic de bois de rose connaît un répit … faute de matière première ! La péninsule de Masoala a été complétement dévastée.

Autre problème majeur, la sécurité. À Madagascar, les risques liés à la criminalité de droit commun sont en nette augmentation. Dans les principales agglomérations, les conditions de sécurité suscitent de vives inquiétudes en raison de la délinquance sur la voie publique (vol à la tire, vols dans les véhicules) et des cambriolages de résidences. On commence à rencontrer des problèmes dans les parcs nationaux et même sur les plages. Dans le Sud les « dahalo » font toujours parler d’eux. Des bandes armées volent le bétail en toute impunité. Rouler de nuit devient problématique, au départ de Tana pour Mahajanga ou Morondava, les gendarmes attendent qu’il se forme une colonne d’une vingtaine de véhicules pour les laisser partir.

Il y a toujours autant de délestages d’’eau et d’électricité. La Jirama, malgré de gros investissements, n’a pas le budget nécessaire au bon fonctionnement des centrales thermiques. La compagnie nationale aérienne Air Madagascar est au bord de la faillite.

Rien n’est fait pour encourager et développer le tourisme. Au mois de novembre, le prix des tickets d’entrée dans les parcs est passé de 8 € à pratiquement 20 €. Le salaire des guides a augmenté dans les mêmes proportions. Plus de 60 % des touristes à Madagascar visitent les parcs nationaux. L’attitude et l’incompétence de Madagascar National Park risque de faire blocage au développement du tourisme. Par contre le tourisme sexuel se porte bien. A Nosy Be, justice, gendarmerie et police semblent ignorer totalement ce problème qui est en train de ronger cette île. On s’étonne que la justice soit rendue par la population et que de la vindicte populaire résultent des exactions.

L’insalubrité et les embouteillages sont toujours présents à Antananarivo, la peste aussi. Les maladies respiratoires dues à la pollution sont de plus en plus fréquentes.

Chômage et inflation sont toujours d’actualité et ne sont quasiment pas abordés par les autorités.

Investisseurs et bailleurs de fonds sont toujours absents. Tous ces problèmes ne les incitent pas à revenir dans le pays.

Autre problème récurrent, la déforestation : c’est l’une des plus alarmantes du monde tropical. Une population en pleine croissance et des saisons sèches de plus en plus longues en sont les principales raisons. Les feux de brousse n’arrangent rien à l’affaire. Bien que les auteurs encourent jusqu’à 10 ans de prison, à partir de septembre tout le pays se retrouve sous une épaisse couche de fumée.
Dans tout cela, rien de vraiment positif. En fait, tout a empiré depuis un an. Le pays est à un tournant de son histoire. Si des mesures énergiques ne sont pas prises et appliquées, ça sera le chaos.
Heureusement, nous avons tous nos projets sur le terrain, du concret et du solide dont nous sommes toujours largement satisfaits. Nous n’avons jamais connu autant de bons résultats des élèves de notre petite école d’Ankazomaranitra et de ceux qui suivent un enseignement secondaire ou supérieur. Malgré les difficultés grandissantes et les malheurs qui frappent ce pays, tous nos amis malgaches, parents et enfants restent solidaires et motivés et s’accrochent à la petite lueur d’espoir que nous leur offrons.

Nous avons passé un mois et demi à leurs côtés. Nous avons pu partager les bons et mauvais moments de leur vie quotidienne.

ANTANANARIVO
Nous continuons à soutenir la petite association « Commission pour les Orphelins et les Nécessiteux ». Nous avons renouvelé l’achat du matériel scolaire nécessaire à une bonne rentrée pour l’année 2015/2016. Nous avons équipé 59 enfants (le même nombre que l’année dernière).

Sariaka, à notre grand désespoir, a fugué et abandonné ses études. Elle était le porte-drapeau de cette petite association et sa réussite au bac aurait été le symbole pour tous les autres enfants d’une possible réussite dans les études. Nous étudions la possibilité d’aider six d’entre eux l’année prochaine, de la seconde à la terminale, mais pour l’instant leurs notes ne sont guère brillantes.
Joël a bien repris la direction du « Centre NRJ ». Après avoir passé les consignes concernant les dossiers et les financements, Éphrem a quitté le Centre pour une nouvelle aventure auprès des jeunes à Diego-Suarez. Joël est loin d’être un administratif, nous attendons toujours sa sollicitation pour participer au fonctionnement du centre pour cette année. En revanche, il reste un excellent homme de terrain.

Après les pluies diluviennes de printemps qui ont partiellement inondé les bâtiments, il a fallu remettre en état une partie de la maison principale.

Trente-deux jeunes ont rejoint l’internat. Ils ont entre 12 et 22 ans. Selon les activités, ils sont 3 à faire de l’ouvrage métallique, 3 en poterie céramique, 2 en menuiserie bois, 4 suivent le cursus ASAMA au sein du CDA (projet de scolarisation), 9 à l’école primaire, 7 au collège, 2 en stage à l’hôtel Colbert (pâtissiers), 1 en recherche d’emploi après la formation de plomberie, 1 en formation de bâtiment. Nous accueillons également 5 jeunes venus des centres qui travaillent en partenariat avec le Centre. Ils bénéficient de la formation en ouvrage métallique et bois ainsi qu’en poterie céramique.

Les travaux de construction d’une salle polyvalente sur le terrain du gîte de nuit ont commencé. Le projet consiste à améliorer l’accueil des enfants qui viennent le soir pour développer une animation, l’accueil des fêtes et rencontres des enfants pour qu’elles se déroulent à l’abri et non plus dehors, ainsi que pour les rencontres également avec les parents.

Le gîte de nuit recueille en moyenne une trentaine d’enfants par nuit.

Les ateliers de formation, poterie, maçonnerie, etc. fonctionnent toujours au mieux. L’atelier menuiserie est à nouveau opérationnel. Il a été agrandi, rehaussé (à cause des inondations) et remis aux normes pour l’électricité.

Les activités atelier de musique et vidéo sont toujours en place : classe de chant, cours de guitare, de danse et de musique avec un orgue électronique.

Les récoltes se suivent dans le petit jardin potager du centre et l’élevage de canards assure un petit plus aux repas des fêtes… malgré des vols répétitifs.

Les jeunes ont pu, grâce à notre aide (virement effectué fin 2014), effectuer quelques visites dans des structures identiques à celle où ils vivent et d’autres un peu plus touristiques.

Toutes les fournitures scolaires leur ont été offertes, ainsi qu’à ceux qui suivent une formation professionnelle hors du centre.

Nous avons participé à l’entretien et à la réparation du matériel du centre et à l’achat de nouveaux outils.
MAHITSY
Comme prévu dans notre dernier compte rendu, aucune aide financière n’a été octroyée au centre de formation pour l’année 2015.

Aucune initiative n’a été prise pour nous inciter à un nouveau partenariat.
KAONKAOLA
La 4ème promotion (2014-2015) a quitté les lieux en juin pour Antakavana. Tous ont résisté à l’apprentissage et à la remise à niveau du dur métier d’agriculteur. Une seule personne nous a quittés. Tojo n’a pu s’adapter à ces nouvelles conditions de vie, il était informaticien de formation. Pour les avoir rencontrés à Antakavana, ils s’étaient parfaitement adaptés à leurs nouvelles conditions de vie

La 5éme promotion est en place. Elle regroupe cette année 6 célibataire, 11 couples, 2 veufs et 30 enfants. Au total nous avons 60 personnes.

Leurs conditions de vie dans ce centre de formation deviennent de plus en plus difficiles.

Ils ont faim, ils sont au bord de la famine. Chaque promotion a pour rôle de semer et récolter pour nourrir la suivante. Autre cause de grand désespoir : depuis quatre ans, la saison des pluies qui, normalement, commence début octobre, ne voit tomber les premières averses qu’au début de décembre. Un véritable désastre. Les récoltes sont de plus en plus réduites et bientôt, ne suffiront plus à nourrir les stagiaires.

Et pourtant, tout comme l’année dernière, selon les directives de Nono, le directeur du Centre, un lourd travail de préparation des terres est effectué. Ils défrichent et travaillent de plus en plus de terre pour pallier le manque de productivité dû à la faiblesse et au retard des chutes de pluie. Il fallait voir les jardins au mois de novembre : tout était prêt avant l’arrivée de la saison des pluies.

Nous avons eu beaucoup de chance. A la demande de quatre élèves, Olivia, Charlotte, Lucille et Arthur, nous sommes allés faire une intervention avec pour thème : « La pauvreté à Madagascar » au Lycée Savary de Mauléon aux Sables d’Olonne. Afin de sensibiliser les jeunes de ce lycée, ils avaient décidé de mener une « Opération Bol de Riz ». Une collecte a été organisée et avec les initiateurs de ce projet, il a été décidé que le montant récolté serait entièrement consacré à l’achat de PPN (Produits de Première Nécessité : riz, farine, huile et sucre) en faveur des stagiaires actuellement à Kaonkaola.

Ce principe n’est pas dans notre déontologie mais l’initiative de ces jeunes gens ne pouvait pas mieux tomber. La somme récoltée a été de 500 EUROS. Elle nous a permis d’acheter 2 500 kg de paddy.

Parallèlement, Gaël, Vice-président du Conseil des délégués pour la vie lycéenne du Lycée Savary de Mauléon a mis en place une collecte de matériel scolaire : crayons, gommes, stylos, règles, compas, équerres, etc.…. des livres pour enfants et des dictionnaires. Nous avons bien réceptionné tout ce matériel et l’avons acheminé en octobre à Madagascar. Il a été le bienvenu et rendra encore plus performante notre école d’Ankazomaranitra.

Nous ne pouvons que remercier les 850 élèves de ce lycée pour leur motivation à nous avoir aidés.

Nous n’avons toujours pas résolu notre problème d’adduction d’eau pour alimenter le Centre. Nous avons rencontré sur le terrain des spécialistes de l’association « Aquassistance ». Ils nous ont fortement déconseillé l’installation d’une pompe à effet de bélier. Ils sont partisans d’un équipement par une pompe électrique alimentée par un système photovoltaïque. Mais comme cette installation serait assez éloignée du Centre nous craignons de nous faire voler les panneaux photovoltaïques. Nous réfléchissons à la mise en place d’une pompe thermique que nous pourrions descendre et remonter de la source en fonction des besoins du Centre. Cela nécessiterait la construction d’une réserve de 20 m3. Notre ami Gérard est toujours en charge du dossier.

Nono, toujours égal à lui-même, remplit bien son rôle de directeur, calme, serein mais diablement efficace. Les jardins potagers, les rizières, les champs de maïs et autres sont vraiment un exemple du sérieux de la formation donnée dans le Centre. Remise à niveau, apprentissage de nouvelles techniques : tous nos paysans repartent avec un sérieux bagage. Il a su s’entourer de personnes très compétentes qui ont donné à tous ces jardins un brin de poésie : plantation de bananiers, fleurs, etc. De plus, Nono est excellent gestionnaire et toujours à l’écoute de ses stagiaires. Depuis quelques années, un caméléon installé sur les branches basses d’un arbre contemple avec beaucoup de sérénité tout ce remue-ménage !

J’ai complètement oublié d’aller vérifier l’état du petit jardin communautaire pour les enfants de la cantine scolaire créé à l’initiative de notre amie Patricia. Heureusement, celle-ci doit se rendre à Mada, au mois d’avril. Je lui laisse bien volontiers le loisir d’aller contempler son petit projet ! C’était une sage et heureuse décision, il vaut mieux que les parents assurent en autarcie la nourriture des enfants plutôt que de recevoir un budget de fonctionnement chaque année.

Nous avons dans le Centre une école, qui regroupe environ 131 élèves, dont vingt-huit enfants de nos stagiaires. Elle va bientôt rencontrer d’énormes problèmes. Petit rappel : les salaires des enseignants versés par le Secours catholique vont prendre fin en 2016. L’école deviendra semi-publique durant une période de trois ans avec les salaires versés par le Ministère de l’Education nationale. Au-delà, elle devient publique, mais pour cela, l’Etat malgache doit devenir impérativement propriétaire des bâtiments. Or, le Zoma (association malgache qui supervise la gestion du Centre et le fonctionnement des villages d’Ankazomaranitra et d’Antakavana) ne veut pas les céder et projette de les reconvertir en ateliers. Il faut donc construire de nouveaux bâtiments pour en faire une école, à la charge évidemment des habitants des villages environnants. Malgré l’extrême dénuement dans lequel ils vivent, ils ont déjà réussi à construire un premier bâtiment. Nous avons eu une réunion avec l’association des parents d’élèves. Ils m’ont demandé de participer à la finition de ce bâtiment et à la construction d’un second. Mon refus a été catégorique. Tant que l’État malgache n’aura pas participé à la construction et à l’achèvement partiel de ces travaux, nous ne pourrons leur apporter notre aide. C’est une question de principe. Cinq EPP (Ecoles Primaires Publiques) sont dans le même cas dans la région. A eux de faire pression pour obtenir des subventions du ministère de l’Education nationale. Nous ne ferons pas le premier pas. Nous n’interviendrons qu’après une participation de l’Etat. Et qui plus est, il faut savoir que bien souvent les enseignants sont des maîtres FRAM, les salaires étant versés par les villageois. On se souvient des promesses présidentielles et ministérielles qui garantissaient un recrutement en tant que fonctionnaires de ces maîtres et la gratuité de l’enseignement public. Pour l’instant, les parents payent un écolage pour que leurs enfants puissent aller à l’école. L’enseignement public n’est toujours pas gratuit.

Pour autant, le directeur régional de l'Éducation nationale, le chef de la circonscription scolaire locale (CISCO), le chef de district, le maire et autres députés sont toujours là pour les inaugurations.

Nous interviendrons et ferons pression auprès du ZOMA pour que tout le matériel scolaire (tables, bancs, etc.) soit transféré dans les nouveaux locaux.

Nous avons laissé une porte ouverte à l’association des parents d’élèves en leur promettant de financer un élevage de poules pondeuses pour aider à payer le salaire des enseignants. Il leur faudra d’abord construire le poulailler.
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