2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou





télécharger 135.76 Kb.
titre2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou
page1/5
date de publication07.12.2019
taille135.76 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > documents > Documentos
  1   2   3   4   5
2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou

Comunication au colloque de l’AFS à Bordeaux pour la RTF 11s

Éric REMY, Maître de Conférences

Université de Rouen – CREGO

3, avenue Pasteur, 76000 Rouen

e-mail : remy.e@wanadoo.fr
« Les pauvres ont besoin des prix bas, les riches adorent les prix bas ! » Trujillo
Le titre de l’article, volontairement provoquant, fait référence à plusieurs niveaux d’interrogations. « Porter au pays des merveilles », c’est tout d’abord l’idée de continuer d’apposer un regard expérientiel sur la détermination des avantages concurrentiels (Filser, 2004). Le pays des merveilles, sera celui des magasins populaires. Par magasins populaires, nous entendrons des magasins qui par leur positionnement sont, a priori, destinés à la classe populaire. Dans ces magasins populaires nous mettrons de côté les hard et soft discounters alimentaires (Lidl, Aldi, Leader Price, Netto…) pour nous intéresser plus particulièrement au développement des distributeurs textiles et/ou bazar bas de gamme (Babou, Gifi, Tati, Fabio Lucci ainsi que différentes solderies plus localisées). Avec ces formes de distribution, nous souhaitons nous intéresser à d’autres sources d’avantages concurrentiels, situées autour de la référence prix. Car à la base de ce travail, il y a le sentiment que toute une partie de la distribution actuelle est plus ou moins cachée derrière les nouveaux parapets de la thématisation, de l’offre d’expériences extraordinaires, de la théatralisation et de la sensorialité.
Cette intention de travailler sur le populaire dans une optique expérientielle nous amène à un second niveau d’interrogation. Ainsi, « Porter au pays des merveilles » c’est également, par transfert métaphorique, soulever la question de la posture d’un chercheur travaillant sur une culture qui, normalement, lui est extérieure. C’est, peut-être, en ce sens que l’on peut lire le manque d’intérêt pour ce type d’offre populaire. Dans une logique critique, on pourrait même dire que ce manque d’intérêt n’a d’égal que le sur-intérêt pour les offres réenchantées et extraordinaires. L’idée que le chercheur cherche ainsi à mettre au jour une consommation et des formes de distribution qui lui soient proches sociologiquement n’est donc pas à exclure. Elle sera d’ailleurs discutée en filigrane tout au long de cette communication. La plupart du temps, tout ce passe comme si le chercheur tentait de valoriser des techniques de réenchantement dont il se sent le plus proche, ce qui n’est pas sans poser des problèmes méthodologiques comme nous le verrons dans la première partie.
Il faut dire que les stéréotypes sur le populaire et les a priori sur ses magasins vont bon train. Ainsi, est-il généralement présupposé que les magasins populaires :

  • sont aux antipodes du réenchantement de la consommation par l’expérience extraordinaire et se cantonnent, a contrario, à du vernaculaire quand ce n’est pas à des destins ordinaires ;

  • sont des offres par essence minimalistes et triviales, qui ne manipulent guère les variables d’atmosphères avec les techniques novatrices d’un marketing devenu sensoriel.

Et pourtant, il suffit de fréquenter un temps soit peu ces magasins pour s’apercevoir, que l’expérience, via les émotions et l’affectif, y est omniprésente ; que l’atmosphère, en ce qu’elle a de spécifique, y est un élément essentiel. Prenant appui sur le travail de Badot sur Wal Mart (2004), la thèse proposée reprendra l’idée que le positionnement en terme de prix bas suppose également une offre thématisée ou théâtralisée autour de thèmes qui pourraient être le bazar, la foire, le bric-à-brac, le souk…En ce sens, pour ces magasins, il ne s’agit pas simplement d’être moins cher, mais de proposer une expérience de « c’est moins cher »1.
Ceci nous amène au troisième niveau d’interrogations, quels sont les ressorts de cette expérience de « c’est moins cher » ? Comment se déroule-t-elle ? Est-elle uniquement destinée à la classe populaire ? Car, de fait, on trouvera dans ces magasins la présence de cette classe populaire mais également de toute une catégorie de personnes qui a priori n’appartiennent pas, et ne souhaitent pas être catégorisées, comme appartenant à la classe populaire. Et il va sans dire que l’expérience vécue sera différente selon que l’on est de ceux à qui cette offre est presque naturellement destinée (la classe populaire) ou de ceux à qui cette offre n’est pas vraiment destinée (la classe moyenne). Derrière ces interrogations, il y a la résurgence de la problématique des classes sociales et de ses rapports.
C’est pour soulever et aborder cette problématique, que nous proposerons, par analogie avec l’homogamie et l’hétérogamie, les notions d’homoshoppie et d’hétéroshoppie. Elles correspondent, à notre sens, à deux grands types de comportements dans le cadre de la fréquentation de ces magasins où il apparaît que les discours et les pratiques ne sont pas les mêmes selon que l’on appartienne ou non à la classe populaire. Dans l’homoshoppie, l’individu se situe dans son environnement social, nul besoin de justifier de sa présence, il est dans le cadre d’une « consommation heureuse » pour reprendre les termes de Begout sur la fréquentation de Las Vegas (2002). Dans l’hétéroshoppie, l’individu, soit cherchera de bonnes raisons à sa présence, au travers notamment d’un travail de distanciation avec l’offre, soit s’appuiera sur cette culture populaire pour vivre des émotions différentes de sa consommation naturelle. Dans le cadre de ce travail de recherche qui n’en est qu’à ses balbutiements, nous focaliserons essentiellement notre réflexion et la présentation de nos premiers résultats sur cette dernière situation : les tribulations d’un petit bourgeois en magasin populaire…

  1   2   3   4   5

similaire:

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconRechercher, extraire, organiser des informations utiles
...

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconAcademie de montpellier
«Erasmus Plus», et en général, la baisse de la motivation constatée chez les professeurs et chez les élèves, actuellement

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconSous le tabouret. Ainsi le mot insecte désigne-t-il un animal si...
«Ce qui est étrange, chez la libellule, c’est qu’elle respire par où elle pète», Maurice Genevoix, Humus

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconRapporteurs : Guy remy et Richard rousseau
...

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconOn note que ces deux propriétés n'ont rien à voir avec les pourcentages...
«pourcentage» avec des sens divers, ce qui entraîne bien souvent confusions et incompréhensions chez les élèves comme chez beaucoup...

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconLes installations dédiées à des bâtiments neufs ou en construction...
«pré-diagnostic du bâtiment». Ainsi, petit à petit, dans chaque étude de faisabilité pour la mise en place d’une énergie renouvelable,...

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconTitre : Conflits d’intérêts et connivences médiatiques
«Economiste chez Goldman Sachs» (citée trois fois). Jésus Castillo ? «Economiste chez Natixis.» Sans compter «les experts d’ubs»....

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconLa notion de probabilité chez Aristote
...

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconProfesseur des universités, première classe
«Guerre conflit, société, xvie-xviiie siècles» pour les années 2006-2007, 2007-2008, Paris I

2007, Eric Rémy, Les Tribulations d’un petit bourgeois chez Babou iconReich, L’économie mondialisée 10
«Considérer l'avenir non plus comme une chose décidée et qui petit à petit se découvrirait à nous, mais comme une chose à faire»....






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com