Table ronde 1 : La découverte des études universitaires





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I. Les caractéristiques de la population enquêtée



1. La mixité des filières
L'analyse de la différenciation sexuelle des pratiques de travail dans les filières d'une Université implique en effet que soit réalisée une mixité, même imparfaite et non paritaire, des formations. Or sous le rapport du sex-ratio, l'Université, et à fortiori l'ensemble de l'enseignement supérieur, se caractérise par une inégale répartition des étudiantes et des étudiants dans les formations. Cette inégalité sexuelle s'observait déjà en amont des études supérieures puisque les filles représentent 41,9% de l'effectif de la filière scientifique des lycées contre 81,5% dans la filière littéraire. Dans les formations aux Sciences et Technologies Industrielles de l'enseignement secondaire (STI), elles ne représentent que 5,3% des élèves alors que dans la série des Sciences et Technologies Tertiaires (STT) leur part s'élève à 63,8% et que, dans les enseignements secondaires des Sciences Médico-Sociales, 94,9% des élèves appartiennent au sexe féminin15.
A l'Université cette division sexuelle se perpétue avec un taux de 78,3% d'étudiantes dans les formations de Langues ou de 74.6% dans celles de Lettres et Arts contre une féminisation de 38,1% en Sciences et Structures de la Matière et de 21,7% dans les Sciences et Technologie ou les Sciences de l'ingénieur16. Cette dominance sexuelle peut même prendre localement les aspects d'une véritable ségrégation. Dans l'établissement enquêté on dénombre 7,7% d'étudiantes parmi les diplômés de la Licence en Electronique et Automatique et seulement 5,4% parmi les lauréats de la Licence d'Informatique et aucune dans la Maîtrise correspondante. L'orientation sexuée au sein de l'université peut ainsi générer une l'exclusivité d'une appartenance disciplinaire à un genre particulier.
La comparaison des conduites de travail des étudiants et des étudiantes nous impose donc de travailler sur des filières qui se caractérisent par la mixité sexuelle de leur public. Pour les besoins de l'analyse nous avons choisi d'étudier les pratiques de travail des étudiants de première année de trois filières suffisamment mixtes pour permettre à la fois une comparaison sexuée des manières d'étudier et un certain pluralisme disciplinaire, à savoir : l'Economie, l'Histoire et les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT).

2. La composition socio-démographique et scolaire des filières
Au total, 101 étudiants ont répondu à notre enquête en Economie, 217 en Histoire et 167 en SVT. Dans les trois formations, l'effectif des étudiantes enquêtées pendant les cours ou les travaux dirigés est toujours supérieur à celui des étudiants. En Sciences de la Vie, le rapport numérique est d'ailleurs nettement en faveur des femmes, puisqu'on décompte presque 63% d'étudiantes. A ce stade de la présentation des résultats, il est important de rappeler que ces données représentent les caractéristiques du public qui assistait aux enseignements le jour de l'enquête et non pas celles de la population des inscrits dans les formations respectives.

Tableau 1 : Les principales caractéristiques socio-démographiques et scolaire du public enquêté








Economie

Histoire

Sciences de la Vie

Sexe :










Femmes

51,5

58,1

62,9

Hommes

48,5

41,9

37,1

Les deux sexes

100

100

100

Origine Sociale :










Cadre et profession sup.

28,7

26,7

38,3

Autres catégories sociales

71,3

73,3

61,7

Ensemble

100

100

100

Baccalauréat :










L

0,0

37,8

0,6

ES

62,0

34,6

1,2

S

32,0

9,7

97,0

Tech. Et Prof.

6,0

18,0

1,2

Ensemble

100

100

100

Mention au baccalauréat










AB,B,TB

40,6

23,5

40,1

Aucune mention

59,4

76,5

59,9

Ensemble

100

100

100



Toujours en Sciences de la Vie on remarque une sur-représentation des étudiants issus d'un milieu social apparenté aux cadres et professions supérieures puisque la part de ce groupe social dépasse de 10 points celle que l'on observe en Histoire (38,3% contre 26,7%). Sur le plan scolaire, la distribution selon la série du baccalauréat atteste que l'homogénéité ou l'hétérogénéité scolaire des publics reste variable selon les formations. Sous ce rapport, on peut opposer la composition des Sciences de la Vie, qui ne recrutent que des étudiants originaires de la filière scientifique du secondaire (97%) et qui donc se caractérisent par une extrême homogénéité de leur public, à l'Histoire. Cette dernière formation semble accueillir tous les types de bacheliers avec à part presque égale des lauréats des séries L (37,8%) et ES (34,6%), mais aussi une forte minorité de bacheliers de l'enseignement technologique qui théoriquement devraient plutôt se diriger vers les études supérieures du technique court (BTS, DUT) que vers l'enseignement général long. La sélectivité scolaire du recrutement des Sciences de la Vie ou même de l'Economie indiquée par l'origine des bacheliers est confirmée et confortée par la mention à ce diplôme. Cette fois encore les Sciences de la Vie et l'Economie s'opposent à l'Histoire puisque les deux premières affichent un taux d'étudiants titulaires d'une mention au baccalauréat (40.1% et 40.6%) presque deux fois supérieur à celui d'Histoire (23,5%). Au-delà des différences de contenu d'enseignement, la diversité des formations est associée à une profonde disparité du public étudiant.

3. Une sélection différentielle des deux sexes
L'analyse sexuée de la composition des filières montre-t-elle une homogénéité du recrutement selon le sexe ou bien au contraire une profonde différenciation de la sélection des sexes?
Selon le milieu social d'origine, les étudiants et les étudiantes d'Histoire ne s'opposent pas. En revanche en Economie comme en Sciences de la Vie, on observe une distance sociale entre hommes et femmes. Dans ces deux formations les étudiants sont plus fréquemment issus d'un milieu social supérieur que les étudiantes. Sous le rapport du passé scolaire ou des performances au cours de la scolarité antérieure, un clivage entre les deux sexes apparaît également. Hormis les Sciences de la Vie dans lesquelles les filles apparaissent comme nettement plus méritantes au baccalauréat que les garçons, la différence entre les sexes s'objective plus nettement dans les indicateurs de parcours scolaire (redoublement, retard scolaire, etc.).

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