Table ronde 1 : La découverte des études universitaires





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COLLOQUE 11


L'APPRENTISSAGE CHEZ LES ETUDIANTS

La découverte des études universitaires……………………………………………………………………………………..

Les manières d'étudier…………………………………………………………………………………………………………………..

Conditions de réussite et poursuite d'études……………………………………………………………………………..



TABLE RONDE 1 : La découverte des études universitaires

R. BOYER

Les contextes de l'apprentissage chez les étudiants débutants…………………

C. CORIDIAN

La découverte des situations pédagogiques universitaires

par les étudiants débutants………………………………………………………………………………

M. YAMANI DOUZI SORKHABI

Réflexions sur la complexité de l'enseignement supérieur :

points de vues sur le pouvoir de l'enseignant…………………………………………………

J.-L. LEGRAND

Accueil, enseignement et pédagogie universitaire…………………………………………


LES CONTEXTES DE L’APPRENTISSAGE CHEZ LES ETUDIANTS DEBUTANTS
Régine BOYER

INRP

29, rue d’Ulm, 75230 Paris cedex 5

mel : rboyer@inrp.fr


L’entrée réussie à l’université, selon Alain Coulon (1997), passe par un apprentissage du métier d’étudiant c’est-à-dire une affiliation institutionnelle et intellectuelle à l’université. Il s’agit d’apprendre des codes et des routines en termes de contenus intellectuels, de méthodes d’exposition et de comportements. Il s’agit d’appréhender les règles qui organisent la vie sociale et intellectuelle de l’université, c’est-à-dire comprendre les dispositifs institutionnels qui régissent la vie quotidienne, comprendre ce qui est attendu sur le plan intellectuel et le mettre en pratique.

Alain Coulon centre ainsi sa démonstration sur la mise en évidence d’une culture universitaire dont il faut devenir les indigènes pour réussir.

Sans repousser aucunement cette approche, nous adopterons ici un point de vue différent sur l’entrée à l’université. Nous choisissons, en effet, un point de vue transversal tentant de prendre en compte l’ensemble des domaines de vie des étudiants et non seulement le pôle des études.

Tout étudiant débutant appartient simultanément à plusieurs conditions et statuts. Nous chercherons à identifier les domaines d’expérience signifiants pour les uns et les autres et privilégierons les interrelations instaurées entre eux de manière à rendre compte des formes d’entrée à l’université et de leur probable diversité.
Notre propos s’appuiera sur une enquête récente (1998) menée par entretiens semi-directifs auprès de 80 étudiants de première année, répartis dans quatre filières contrastées et à recrutement massif : Droit, Administration économique et sociale (AES), Psychologie, Sciences de la vie et de la terre. Ces entretiens ont été effectués après un semestre d’université, c’est-à-dire en février et mars et ils ont été réalisés pour moitié à Paris, et pour moitié à Nice. On souhaitait ainsi tester l’hypothèse d’une différence Paris/province dans les modalités d’entrée à l’université. L’interrogation portait sur les changements et difficultés éprouvées lors du passage du lycée à l’université, les études et formes d’apprentissage ainsi que sur les conditions, modes de vie et projets d’avenir (1).

1 L’entrée à l’université : un temps de ruptures conjuguées
Les récits étudiants font état d’une multitude de changements que nous essaierons de ramasser sous trois thèmes forts.

11 un temps de déstructuration du cadre spatio-temporel

L’entrée à l’université engage une rencontre avec un nouvel espace urbain dans lequel il faut d’abord se repérer, Presque tous les parisiens découvrent un nouveau quartier, les habitants de banlieues deviennent des usagers d’une ville souvent bien peu familière, les « niçois », originaires de toute une académie, rencontrent souvent la « grande ville ». Ce premier changement implique encore l’usage nouveau de moyens de transport.

Pour les provinciaux notamment (la moitié de ceux que nous avons rencontré), l’entrée à l’université est aussi synonyme de déménagement. Ils doivent s’adapter à un nouvel habitat, qui plus est indépendant, et à son cortège de changements : vivre seul, gérer un budget, assurer sa subsistance...

A ces petits ou grands bouleversement s’ajoute pour tous la rencontre avec un nouvel espace scolaire, souvent très vaste, dans lequel il faut apprendre à s’orienter et la familiarisation avec un lieu étrange de rassemblement de dizaines ou même de centaines de personnes, l’amphithéâtre.
L’entrée à l’université est vécue aussi comme un moment de déréglement du cadre temporel. Au temps plein et régulier du lycée se substituent l’irrégularité et la discontinuité des horaires universitaires qui organisent la vie quotidienne. Aux rituels familiaux d’heures de lever, de repas, de coucher, se substituent de nouveaux horaires irréguliers définis par les cours, les horaires des transports et temps de déplacement. Un jour, on doit se lever à 6h, un autre on rentre à 20 h. alors qu’on a des plages libres dans la journée. Les équilibres établis entre temps de loisir et temps scolaire en sont défaits.

L’entrée à l’université est donc contemporaine d’ une perte de la régularité journalière et hebdomadaire du lycée, de l’organisation en trimestre aussi. On soulignera encore la perte de la régularité horaire du lycée. Chaque journée du lycée est faite d’une succession de cours de 55minutes, Là on passe à des séquences variables, d’1h, de 1h1/2, 2h ou plus pour les travaux pratiques des scientifiques, par exemple.
On soulignera encore un dédoublement du cadre spatio-temporel spécifique aux provinciaux qui résident indépendamment de leur famille : ils vivent, en effet, du lundi au vendredi à Nice et rejoignent quasi-systématiquement, à ce stade de leur expérience universitaire, le week-end leur famille (Galland, 1995, Erlich, 1998)


12 un temps de désorganisation des réseaux relationnels

Les étudiants débutants décrivent, avec régularité, l’effritement des réseaux de relations avec les pairs du lycée et du quartier par éclatement géographique et orientations diversifiées et résument leur expérience en disant « au lycée tout le monde se connaissait, ici personne nous connaît et on connaît personne ».

De nouvelles relations sont, certes, nouées sur le lieu d’études mais elles apparaissent encore fragiles et liées à l’organisation des enseignements : on rencontre telle ou telle personne toutes les semaines en s’installant dans la même partie de l’amphithéâtre et en fréquentant tel ou tel TD (séance de Travaux Dirigés). Des contacts reviennent donc régulièrement mais ils sont éphémères et concernent presque chaque fois des personnes différentes.

Les points d’ancrage restent alors la famille, très importante dans les discours de ces étudiants débutants, et le ou la petite amie qui datent le plus souvent du lycée. Eux constituent des points stables dans cet ensemble de changements ou bouleversements.


1.3 un temps de perte des repères proprement scolaires


A l’université on rencontre de nouvelles formes d’enseignement, notamment le cours magistral et de nouvelles formes de relations Professeur/Elève, Ces aspects ne seront pas développés ici puisqu’ils font l’objet d’une autre communication issue de l’analyse de la même enquête (cf. C. Coridian, la découverte des situations pédagogiques universitaires par les étudiants débutants). Mais surtout on rencontre la « liberté » c’est-à-dire l’absence de contrôles tant au niveau de la présence que du travail effectué. Plus encore, il y a peu ou pas de travail à faire explicitement. Au lycée, on travaillait sous la contrainte et au rythme des contrôles enseignants. Ici, il faut travailler seul, personnellement, c’est-à-dire en dehors de l’assistance au cours, mais sans demande très explicite, ni contrôles réguliers. Toute la difficulté est pointée là et la quasi-totalité des étudiants interrogés l’ont identifiée après un semestre d’université. La confrontation avec cet univers apparemment sans contrainte les déstabilise néanmoins. La « liberté » est qualifiée de « fausse » liberté ou de liberté « piège » Ils répondent à cette situation en déclinant des préceptes : il faut « s’auto-motiver », «  s’auto-contraindre  », « s’auto- discipliner » et « s’auto-organiser ». Il faut faire l’effort d’aller en cours sans contrôle, se définir des tâches, les réaliser en les planifiant, se définir soi-même des échéances, un agenda au sens littéral du terme.

On retrouve là la question de la perte de ces repères temporels qui constituent, selon le terme de B. Lahire (1997), une matrice de socialisation silencieuse : il faut prendre conscience de son temps, le construire et le maîtriser en l’organisant . Au temps plein régulier du lycée, aux rythmes incorporés de la vie scolaire et familiale, aux plages définies décernées au travail et aux loisirs, se substituent l’irrégularité, la discontinuité, les ouvertures multiples. Au défini et au contraint se substitue, à l’entrée à l’université, une diversité de possibles.


2 Quelques portraits de débutants

Le passage du lycée à l’université, on le voit, ne met pas seulement en jeu des nouveaux dispositifs et procédures institutionnels ou de nouvelles formes de travail intellectuel. Les récits désignent bien d’autres domaines d’expérience signifiants pour les étudiants débutants et les investissements affectifs et intellectuels dont ils sont les supports. Ils montrent aussi les perturbations qui affectent ces différents domaines et les nouvelles articulations à construire entre eux.
Le récit de l’entrée à l’université prend donc sa coloration selon les domaines de sa vie nouvelle que va privilégier l’étudiant et la place qu’il donne à chacun.
On essaiera de présenter la variété des agencements construits par les étudiants au travers de trois portraits, nécessairement schématiques.

21 Fanny étudiante en Psychologie à Nice (bac L, 19 ans 1/2)

Fanny fait partie de la petite dizaine d’étudiants (sur 80) qui présente un récit plutôt négatif de son entrée à l’université.

Aînée de deux enfants, de milieu populaire (son père est facteur, sa mère ne travaille pas), elle arrive d’une petite ville du Var et découvre la grande ville en vivant à Nice. Elle est donc séparée de ses parents, et habite en cité universitaire. Ce changement l’amène à vivre de manière bien différente qu’au temps du lycée. Elle a de longs déplacements à effectuer dans la ville entre la cité et les deux sites universitaires où sont répartis ses enseignements, mange moins souvent et moins bien que chez elle, estime-t-elle, est gênée aussi par la promiscuité et le bruit de la cité universitaire. Elle est, de plus, confrontée avec la gestion de l’argent de sa bourse, exercice qui lui était totalement inconnu. En ce qui concerne proprement l’université, ses plaintes augmentent encore. Elle manque d’informations : comment choisir des modules en début d’année, indique-t-elle, alors qu’on ne sait même pas ce qu’est un module, à quoi renvoie son titre? Comment se préparer aux examens alors qu’on en connaît la date que très tard, que tout tombe en même temps, qu’on ne sait pas ce qu’on attend de vous, ni même la forme des épreuves? Les cours lui paraissent aussi difficiles à suivre car les enseignants ne tiennent pas compte du niveau de connaissances des élèves, « ils parlent tout de suite avec un vocabulaire qu’on ne comprend pas », dit-elle. Elles pense même que les profs ont tendance à casser les étudiants en ne s’occupant pas d’eux, et en notant en fonction des bonnes copies. Le manque d’encadrement la consterne, quel travail a-t-elle à faire puisqu’on ne lui dit rien?

Fanny estime s’effondrer sous l’accumulation des changements qui touchent tant son univers scolaire qu’extra-scolaire. Elle se réjouissait pourtant d’en finir avec le lycée et de venir à Nice. « j’en avais marre, raconte-t-elle, je me disais, je fais la fac, ça va être tranquille, plus les parents, les profs derrière, mais c’est vrai qu’on est déçus parce qu’on est livrés à nous-mêmes, qu’on doit se débrouiller tout seul ».

Le contenu central de l’entrée à l’université s’exprimait pour Fanny en termes de libération des contrôles des parents et des enseignants. C’est précisément l’aspect positif de ces contraintes qui manquent maintenant à Fanny : l’encadrement, le soutien et la prise en charge des enseignants et des parents.

22 Sophie, étudiante en SVT à Paris (bac S -mention AB-, 18 ans )

Sophie vient d’avoir 18 ans, elle a une soeur aînée en école d’ingénieurs et ses parents sont dentistes. Elle vient d’une ville située à une centaine de kilomètres de Paris et a su faire les démarches nécessaires pour obtenir une inscription dérogatoire à Paris, parce qu ’elle estimait cette université d’un niveau supérieur à celle proche de chez elle. Ambitieuse et déterminée, elle envisage des études longues, « un DEA ou un DESS », dit-elle et a déjà un projet professionnel, Passionnée « depuis très longtemps » par la biologie, ellle souhaite se spécialiser en océanographie. Sophie est très satisfaite de son entrée à l’université. Elle étudie ce qu’elle aime et qu’elle a choisi, elle travaille pour elle et pour faire quelque chose de sa vie.

Sa vie actuelle est précisément centrée sur ses études. Elle perçoit cet état de fait comme, peut-être, un peu réducteur mais les études méritent, selon elle, le sacrifice de quelques sorties car la récompense devrait être le travail espéré et passionnant. De toutes manières, Sophie adore apprendre, développer ses connaissances et sa réflexion et elle a été formée à un mode de vie austère très tôt. Inscrite dans un établissement privé éloigné de son domicile, elle devait faire de longs trajets quotidiens et beaucoup travailler car la scolarité y était exigeante. Elle conserve maintenant les habitudes prises en matière de travail : assiduité sans faille, régularité dans l’apprentissage de ses cours, complémentations par des lectures, réeffectuation des exercices. Elle est satisfaite de son premier semestre à plusieurs points de vue : la plupart des cours sont intéressants, elle s’estime bien informée et encadrée et de plus, les contacts avec les autres étudiants lui apportent beaucoup, même s’ils ne se prolongent pas hors du site universitaire. Ces rapports lui paraissent faciles et surtout ouverts et elle les oppose à ceux de son lycée où régnaient « l’hypocrisie et les préjugés  dans un petit milieu fermé sur lui-même ». L’enrichissement de soi par les savoirs et les personnes rencontrées sont indissociables dans son appréciation de l’entrée à l’université. Sophie se perçoit en évolution, s’enrichissant intellectuellement et affectivement. Elle se perçoit plus libre et plus mature parce que capable de maîtriser sa nouvelle liberté tant au niveau des apprentissages cognitifs que relationnels. Résidant actuellement dans Paris chez une tante, cette vie commune lui devient pesante et elle cherche, à l’issue de son premier semestre et avec l’accord de ses parents, un logement indépendant.


23 Youssef, étudiant en Droit à Paris ( bac ES, 20 ans)
Youssef appartient à une famille nombreuse tunisienne. Son père est ouvrier, sa mère au foyer. Son père a toujours attaché beaucoup d’importance aux études de ses enfants et l’aîné de la famille se trouve actuellement en école d’ingénieurs.

Youssef estime que ses parents sont fiers de lui : il a obtenu son bac, il est étudiant et surtout il est autonome. Il travaille, en effet, à mi-temps et a pu s’installer dans un logement indépendant. Son travail le passionne. Il est assistant d’un élu chargé de la politique de sécurité à Paris et a accédé à cet emploi suite à ses activités militantes au parti socialiste dès le lycée.

Si Youssef s’est inscrit en faculté, c’est clairement par utilitarisme. Il n’est pas particulièrement intéressé par le contenu de ses études, d’ailleurs le Droit est une discipline de repli, il souhaitait aller en Histoire mais n’a pas été accepté. Les relations avec les autres étudiants le déçoivent aussi, dans la mesure où il trouve ceux-ci futiles et d’un faible niveau de réflexion. Son but, exprimé sans ambages, est d’obtenir un niveau bac+3 pour pouvoir passer un concours de la fonction publique. Rien d’autre. L’obtention d’un diplôme universitaire lui paraît une contrainte incontournable pour s’insérer professionnellement et socialement, si l’on a un peu d’ambition.

Mais l’univers dans lequel il se forme, celui où il apprend vraiment, c’est son univers professionnel, celui où il rencontre des politiques et où il est en prise avec des problèmes concrets.

En ce début de deuxième semestre, Youssef s’avoue être en difficulté, Il s’est engagé à « 90% », dit-il, dans son travail rémunéré et n’arrive plus à se remettre aux études. Il assure lutter pour aller en cours, relire et retravailler ses notes, mais pressent qu’il est sur la pente dangereuse du redoublement, ou pire, de l’abandon. Il sait qu’une telle décision se situerait dans une vision à court terme, parce que, lorsqu’il cherchera un véritable emploi, immanquablement, on lui demandera sa formation universitaire et l’expérience ne suffira pas.

Au travers de ces portraits, trop sommaires, on aura saisi l’éventail des domaines d’expériences signifiants pour les étudiants débutants et les relations qu’ils construisent entre eux. L’entrée dans la vie étudiante ne peut être approchée à partir des seules formes d’affiliation intellectuelle et sociale à l’institution universitaire. Elle procède d’une rencontre avec une nouvelle culture, la culture universitaire, mais aussi un nouveau statut, un nouvel environnement, un nouveau mode de vie qui, ensemble, contribuent à redéfinir l’identité personnelle et sociale de l’étudiant débutant.

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