Manuel Hatier Doc 1 p226 -questions 1 à 4





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A. Aoulmi – Lycée Pierre Corneille

Sciences économiques & sociales

Première ES


Chapitre 2

Le processus de socialisation et de construction des identités sociales

II.De la socialisation de l’enfant à la socialisation de l’adulte : continuité ou ruptures ?


A l’issue de cette séquence de travail, vous devrez être capable de :

  • De définir et d’expliquer les notions de socialisation secondaire, socialisation anticipatrice

  • De montrer que la socialisation est un processus qui se poursuit tout au long de la vie

  • De montrer en quoi l’accès au monde professionnel ou le début vie conjugale constituent des moments d’acquisition de normes et de valeurs qui participent de la construction des identités sociales des individus


Sensibilisation


Document 1 – La découverte des codes professionnels

Extrait de Stupeur et tremblements, d’Alain Corneau, d’après le roman d’Amélie Nothomb, 0-20’

Questions :

  1. Décrivez rapidement la situation dans laquelle est plongé le personnage principal.

  2. Quelles valeurs et normes semblent nouvelles pour le personnage principal de ce roman ? Illustrez par des exemples concrets.

  3. Le processus de socialisation primaire aurait-il pu permettre au personnage principal d’intérioriser ces normes et valeurs ?

  4. Quelle instance de socialisation est ici à l’œuvre ?



    1. La socialisation : un processus qui se poursuit tout au long de la vie…

1.La socialisation de l’adulte : une seconde étape du processus


Document 2 – La socialisation ne s’arrête pas à la fin de l’enfance - Manuel Hatier - Doc 1 p226 –Questions 1 à 4


2.Quelques-unes des étapes charnières en matière de socialisation secondaire


  • La vie conjugale

Document 3 – Le mariage d’un jeune ouvrier issu des classes populaires

Daniel a 23 ans. Il a le brevet des collèges (« si on peut appeler ça un diplôme déjà »), a enchaîné avec une seconde en génie civil et s'est arrêté en première année de brevet de technicien. Il aurait pu aller en terminale, mais ne l'a pas souhaité parce qu’il a eu « beaucoup de problèmes avec les professeurs ». Il travaille aujourd'hui comme ouvrier, monteur de cloisons de bureaux, chez un artisan. Il vit avec Mélanie, titulaire d'un DUT gestion, administration commerciale, et technicienne à la caisse régionale d'assurance maladie. Ses parents sont sans diplôme, son père travaillant comme ouvrier mécanicien dans un grand parc lyonnais et sa mère comme ATSEM (assistante technique scolaire en école maternelle).

La dissonance du profil culturel de Daniel s'explique essentiellement par l'hétérogamie culturelle et sociale du couple qu'il forme avec Mélanie (du côté de certaines sorties culturelles plus légitimes, de certains choix cinématographiques ou de certaines écoutes musicales par exemple) et, au-delà, de ce que cette liaison entraîne en termes de nouvelles ressources culturelles (ses « beaux-parents » étant de fréquents prescripteurs de sorties et son « beau-père » commençant à devenir son initiateur en matière de jazz). Se rapprochant de Mélanie et de sa famille, il s'éloigne aussi de la sienne (qui sortait peu) et notamment de son père (qui passe son temps devant des programmes télévisés peu légitimes). Malgré cela, de par ses origines sociales et culturelles, sa formation scolaire et son insertion professionnelle, Daniel se tient le plus souvent à distance des formes culturelles les plus légitimes.

Daniel n'est jamais allé voir un spectacle de danse (…). Il ne fréquente jamais non plus l'opéra et n'a assisté qu'une seule fois à un concert de musique classique, car ces genres de musiques lui paraissent totalement hors de son univers musical (…). Le théâtre est aussi totalement hors de son horizon culturel (…). Il doit, par contre, aller avec son « beau-père » au festival de jazz à Vienne et s'en fait une joie (« il doit m'emmener au jazz à Vienne, mais j'aimerais bien qu'il m'emmène »). C'est uniquement sous influence de sa copine qu'il visite des musées ou des monuments (…).

La lecture n'est pas une pratique très présente dans les loisirs de Daniel. Il ne lit quasiment aucune revue ni aucun magazine qu'il associe immédiatement à Mélanie : « Ça Mélanie, elle s'en charge très bien à ma place (rire). Ouais, elle achète j'sais pas combien de magazines ! »

Côté musique, Daniel distingue ses écoutes liées à Mélanie des siennes propres: d'un côté la variété française et internationale (Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel, Renaud, Tryo, Tracy Chapman, INXS, Ben Harper) qu'elle aime (et qu'il écoute indirectement) et de l’autre de nombreuses variantes de hard rock (Gun and Roses, AC/DC, Metallica, Sepultura, Megadeth, Dream Theater, Slayer, et de nombreux groupes trash). S'il a écouté à une époque du blues, quand il faisait partie du groupe d'un copain, il ne s'intéresse pas aux autres genres musicaux (…). Il s’épate tout de même lui-même de trouver parfois « pas mal » certaines musiques qu’écoute Mélanie (…) et raconte que la fréquentation de Mélanie a modifié son attitude musicale intransigeante : « Y a eu beaucoup, beaucoup de changements. Ben à l’époque où j’ai connu Mélanie, de toute façon, hein. C’est grâce à elle que je suis un peu plus ouvert, parce que c’est vrai qu’avant, j’étais pas tellement tolérant ».

Bernard Lahire, La culture des individus, dissonances culturelles et distinction de soi, La découverte, Textes à l’appui, 2004

Question : Quels éléments permettent d’affirmer qu’il y a bien dans ce texte un processus de socialisation à l’œuvre ?
Document 4 – Se socialiser en couple  Manuel Hatier – Doc 2 - page 226 Questions 1, 2 et questions complémentaires.

Questions complémentaires :

  1. La socialisation primaire a-t-elle de votre point de vue un impact sur la socialisation conjugale ?

  2. En quoi les acquis de la socialisation conjugale vous paraissent-ils différer des acquis de la socialisation primaire ?




  • La socialisation professionnelle

Document 5 – Devenir footballeur professionnel

Le spectacle offert par la Coupe de Monde de football entretient l’idée, plus ou moins confuse, que le footballeur réalise sur le terrain un talent naturel dont le geste parfait veut être la plus belle incarnation. (…) Mais (…) on ne naît pas footballeur, on le devient. (…) Au football, l’accès à cette élite repose sur une socialisation longue et intensive, d’autant plus exigeante que derrière l’apparente facilité des gestes se cache un travail de longue haleine nécessitant un sens de l’effort et de la persévérance. Ce n’est qu’à la suite d’un long cheminement incertain, les confrontant à une concurrence précoce à l’intérieur d’institutions spécialisées, que quelques rares apprentis ouvrent les portes du professionnalisme (…)

Outre l’incertitude, forte, du débouché́ professionnel, les joueurs sont insérés dans une formation qui organise une concurrence sélective intense fondée à la fois sur un renouvellement des effectifs (très fort lors des deux premières années, où un quart à un tiers des équipes est renouvelé́ en fin de saison) et un écrémage progressif. Les joueurs se trouvent engagés dans une course au « temps de jeu », dans laquelle ils s’approprient l’impératif concurrentiel selon lequel « il faut gagner sa place (…).

À l’immersion dans cette concurrence s’ajoute leur initiation précoce au professionnalisme. Il faut, par exemple, noter la forte inflation du recours à un agent sportif, recours qui tend à devenir la norme parmi les apprentis (dès l’âge de seize ou dix-sept ans) après l’être devenue chez les professionnels (…) Ces apprentis sont ainsi initiés, au prix d’une délégation auprès d’un intermédiaire, aux prémices d’une gestion individuelle de la carrière et apprennent à la penser en rapport à un marché.

Julien Bertrand, La fabrique des footballeurs, laviedeidees.fr, juin 2010

Questions :

  1. Quelles valeurs doivent acquérir les jeunes footballeurs pour espérer devenir professionnels ?

  2. Pourquoi les apprentis footballeurs recourent-ils de plus en plus aux services des agents sportifs ?

  3. Donnez d’autres exemples de socialisation professionnelle



C.… mais qui reste fortement influencé par les premières années de la vie

1.La socialisation secondaire : un possible renforcement des effets de la socialisation primaire


Document 6 – Les effets à long terme de la socialisation primaire

HEC et l’ESSEC affichent des taux d’insertion professionnelle proches de 100% six mois après la fin de la scolarité. Si deux tiers des recrutements d’effectuent dans les métiers du conseil et de la finance, suivis, de loin, par le marketing et la vente, les positions sont loin d’être équivalentes [pour les élèves bénéficiant d’une bourse d’études] en termes de prestige, de rémunération et de pouvoir (…) En effet, par leur socialisation familiale, une partie d’élèves ont une perception relativement claire [des parcours scolaires à avoir] et peuvent jouer dès leur entrée en école la stratégie du « curriculum vitae » : leur sens du placement leur permet de choisir des cours, stages et fonctions associatives rentables socialement et cohérent avec leur objectif professionnel, une qualité très appréciée dans les processus de recrutement. Au contraire, les élèves issus des fractions dominés de l’espace social ont une représentation partielle de l’univers des possibles et tendent à sous-estimer la rentabilité des investissements extrascolaires ainsi que de la sociabilité informelle1 dans le fonctionnement du marché du travail. Dès lors, leur scolarité prend un caractère hésitant perçu comme un signal négatif par les recruteurs (…). C’est pourquoi il apparaît qu’aujourd’hui encore, « la réussite professionnelle est beaucoup plus étroitement liée à l’origine sociale qu’à un indicateur de capital scolaire tel que le rang de sortie à l’école » (P. Bourdieu)

A. Lambert, « Le comblement inachevé des écarts sociaux », Actes de recherches en sciences sociales, n° 183, 2010

1 : Relations amicales, connaissances, réseau de relations

Questions :

  1. Tous les étudiants sont-ils égaux à l’intérieur des grandes écoles citées ?

  2. Le passage par ces grandes écoles transforment-ils les étudiants ?

  3. En quoi le texte vous paraît-il illustrer le titre du document ?

  4. Donnez un autre exemple de socialisation secondaire qui renforce les effets de la socialisation primaire.



2.La socialisation secondaire : une socialisation de transformation


Document 7 – Un exemple de transformation radicale

Dans son livre les Armoires vides, Annie Ernaux (fille de petits commerçants devenue professeur et écrivain) décrit comment la pluralité des habitudes se transforme en conflit interne, voire en souffrance. La période de l’enfance semble un moment de cohabitation sereine : « j’oscillais entre deux mondes, je les traversais sans y penser. Il suffisait de ne pas se tromper, les gros mots, les expressions sonores ne devaient pas sortir de chez moi… ». Pourtant, le vrai monde est encore celui de la maison. L’école apparaît comme l’univers du superficiel, dans lequel il faut faire semblant : « Le vrai langage, c’est chez moi que je l’entendais, le pinard, la bidoche, se faire baiser, la vieille carne, … Toutes les choses étaient là, aussitôt, les cris, les grimaces, les bouteilles renversées. La maîtresse parlait, parlait, et les choses n’existaient pas (…). L’école est « un faire comme si » continuel. » Les succès scolaires se confirmant, l’univers scolaire prend le dessus et devient le « point de repère » : « Ca s’est à grandir ce sentiment bizarre d’être bien nulle part, sauf devant un devoir, une composition, un lire dans un coin de la cour ? (…) Je commençais à ne rien voir. A ignorer. La boutique, le café, les clients, et même mes parents. ». L’adolescente commence à regarder ses parents à travers les yeux d’un autre univers social, à partir d’autres manières de dire, de voir, de sentir. Mais difficile d’oublier le lien indéfectible, familial et affectif qui lie parents et enfants. Parce que ses parents sont en elle, à travers toutes les habitudes qu’elle a construites, les méprises, c’est se mépriser soi-même : « C’est moi que je hais. Je leur suis montée dessus, ils triment au comptoir et je les méprise (…). C’est peut-être moi qui les ai empêchés de s’acheter une belle épicerie ».

B. Lahire, « L’Homme pluriel. La sociologie à l’épreuve de l’individu » ; ni X. Molénat & alii, L’individu contemporain, 2006

Questions :

  1. En quoi le processus de socialisation secondaire à l’œuvre ici s’inscrit-il en rupture avec la socialisation primaire d’Annie Ernaux ?

  2. Donnez d’autres exemples dans lesquels la socialisation secondaire aboutit à une transformation importante de l’identité sociale des individus


Document 8 – Avoir de l’argent ou être riche : l’exemple des gagnants du Loto

La soudaine fortune fait changer le regard du gagnant sur le monde, mais aussi le regard du monde sur le gagnant […]. C’est dans cette remise en cause des acquis de la socialisation antérieure que le gagnant doit se reconstruire, sous le regard bienveillant, ironique, irrité, sardonique (moqueur), chaleureux, intéressé des uns et des autres. Le champ des possibles étant bouleversé, le gagnant se trouve propulsé dans un univers dont il doit apprendre à connaître et à intérioriser les repères pour pouvoir se tenir à sa nouvelle place. L’héritier, lui, a bénéficié d’une éducation ad hoc qui l’a rendu apte à hériter. Tellement apte, que tout le bagage ainsi engrangé, dans la famille, à l’école et dans le monde professionnel, finit par marquer en profondeur les corps et les comportements. Les apprentissages se muent en qualités innées. Les chances sociales de l’héritier se transforment en mérites personnels et en dons de la personne.

Le gagnant du Loto est solitaire, isolé face aux changements à affronter. Il doit assumer son gain seul, sans bénéficier du tour de passe-passe symbolique qui fait des dons individuels l’origine supposée de la fortune. C’est pourquoi l’aide du Service gagnants* est appréciable et appréciée.

Un bouleversement total de la personnalité suppose d’éradiquer les dispositions anciennes, intériorisés durant l’enfance, pour les remplacer par de nouvelles dispositions dont l’agencement fonderait […] une autre personne avec ses manières, ses goûts, ses représentations du monde adaptés à la nouvelle position sociale. Une éradication radicale est sans doute impossible. Ce que l’observation laisse entrevoir est beaucoup plus de l’ordre de la superposition des couches successives de dispositions. Ces dispositions plus ou moins cohérentes entre elles peuvent donner lieu à des contradictions inhibantes (qui paralysent, qui empêchent d’agir) ou au contraire stimulantes.

*Service de la Française des Jeux qui, depuis 1993, accompagne les gagnants du Loto (de plus de 1 million d’euros) en leur offrant des conseils en placement mais aussi en organisant des groupes de parole et en les initiant à la fréquentation de nouveaux lieux (grands restaurants…)

M. Pinçon, M. Pinçon-Charlot, Les millionnaires de la chance, Payot, 2010

Questions :

  1. Quelles différences y a-t-il entre « être riche » et « avoir de l’argent » ?

  2. Expliquer la phrase soulignée.

  3. Les auteurs pensent-ils qu’en devenant riches les gagnants du Loto changent totalement de personnalité ?



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