Discours discipline 1 (6 voir liste)





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TITRE DU DOCUMENT

Allocution d’ouverture

NOM AUTEUR 1

Chevallier – Le Guyader

PRENOM AUTEUR 1

Marie-Françoise

NOM AUTEUR 2




PRENOM AUTEUR 2




NOM AUTEUR 3




PRENOM AUTEUR 3




NOM AUTEUR 4




PRENOM AUTEUR 4




NOM AUTEUR 5




PRENOM AUTEUR 5




DATE DOCUMENT




SÉRIE

Discours

DISCIPLINE 1 (6 – voir liste)

Sciences sociales

DISCIPLINE 2 (45 – voir liste)

Economie - Sociologie

LOCALISATION

France ; Europe - Monde

THÈME (29 – voir liste)

Numérique ; Controverse sociotechnique ; Ethique ; Innovation

MOTS-CLÉS (liste à construire)

IHEST ; Programme ; Cycle national ; Progrès ; Risque ; Ulrich Beck ; Controverse ; Régulation ; Financement ; Enquête sociologique ; Discours

DATE

Mercredi 16 octobre 2013

CYCLE NATIONAL

2013-2014

SESSION

Ouverture officielle

ATELIER




UNIVERSITÉ D'ÉTÉ




PAROLES DE CHERCHEURS




CERCLES




AUTRE




DROIT D'AUTEUR




DROIT À L'IMAGE




RESTRICTION D'USAGE





Ouverture officielle

Le numérique à la croisée des imaginaires
Marie-Françoise Chevallier – Le Guyader, directrice de l’IHEST

Allocution d’ouverture

Mercredi 16 octobre 2013

Préalable

Merci beaucoup Christophe Lecante et Roger Genet pour vos développements.

Il me revient de vous présenter plus concrètement ce que nous allons faire tout au long de l’année. L’année dernière, nous avons travaillé sur les questions du progrès et des utopies. Il nous paraissait donc cohérent d’explorer les effets d’un développement scientifique et technologique qui irrigue l’ensemble de la société et qui fait l’objet d’une valorisation sans précédent, sur le mode de la promesse d’une société meilleure, donc du progrès.

Permettez-moi pour commencer de rappeler les deux conclusions du cycle de l’année dernière. La première conclusion concernait le scepticisme. Il est clair que la croyance dans l’avenir radieux des années 70 a fait place à plus de présentisme, à une vision un peu tronquée de l’avenir. Le terme même de progrès – que la ministre Madame Fioraso utilise souvent volontairement justement parce qu’il est tabou – doit aujourd’hui fournir des preuves. Dans une interview récente, Etienne Klein insiste d’ailleurs à cet égard sur le fait que le progrès pose question. Nul n’imagine par ailleurs que nous puissions nous passer de ce progrès. Qui renoncerait à son niveau de vie et au progrès matériel ? Ce basculement de la notion de progrès est lié à sa transformation en la notion d’innovation. Actuellement, on ne parle plus que d’innovation. Or cette innovation est conçue à court terme. Nous avons perdu la notion de projection dans un avenir du temps long. Nous nous en sommes également aperçus à propos des questions de finance en lien avec l’innovation. Le numérique, avec la rapidité de son développement, interroge directement la notion de progrès. Il interroge aussi notre relation au risque. La conscience accrue du risque est évaluée comme étant conséquence des crises, de l’acculturation progressive de la société aux sciences, d’une meilleure connaissance, d’un accès facilité à l’information, etc. Comme le montre Ulrich Beck, sociologue allemand, dans son livre La société du risque dans les années 90, tout se passe comme si, dans notre société, nous étions passés d’une modernité industrielle inconsciente des dégâts qu’elle suscitait à une modernité réflexive, mettant en cause sa propre dynamique à l’aune des dangers évoqués par l’innovation. Ce récit, nous l’avons beaucoup retravaillé lors de l’université d’été de cette année et remis en cause via le discours d’historiens des sciences. Je pense notamment à Jean-Baptiste Fressoz, qui dans son livre L’apocalypse joyeuse. Une histoire du risque technologique, nous montre que ce récit n’est pas forcément le bon. Au XIXe siècle, les débats sur le changement climatique étaient notamment déjà très violents : de très nombreux savants travaillaient sur ce qui était déjà une controverse, de nombreuses expertises étaient produites à la Royal Society anglaise comme à l’Académie des sciences française. Cet exemple montre bien que la réflexivité qui est soi-disant caractéristique de notre époque était déjà omniprésente à l’époque. Le développement de la vaccination comme celui des chemins de fer illustrent par ailleurs la manière dont de nombreux systèmes technologiques se sont imposés dans les sociétés malgré la conscience des dangers que l’on en avait grâce à une série de désinhibitions collectives modernes (la naissance des assurances par exemple, ou la problématique des compensations environnementales toujours en vigueur). Le progrès est donc toujours perçu à l’aune de ses complications et des difficultés qu’il engendre. Nos concitoyens n’aiment pas l’incertitude. Aujourd’hui, la notion de risque zéro a envahi notre société. Interroger le fait que nous adoptons le numérique sans trop de controverses nous semble donc intéressant.
Le programme du cycle

Qu’allons-nous faire pendant ce cycle ? En lien avec cette idée d’omniprésence de l’innovation, nous allons nous interroger sur la stratégie industrielle liée au numérique. Quel accompagnement éthique et juridique ? Quel partage des savoirs ? Quel langage commun ? Permettez-moi de m’arrêter sur le déroulé de ce cycle. Nous revenons d’une session d’Arc-et-Senans où nous avons posé les bases historiques, philosophiques et scientifiques des questions qui vont nourrir ce cycle et où nous avons commencé à forger un langage partagé

entre les auditeurs. Cette première étape nous a permis de repenser la manière de faire la science et d’appréhender les débats que le numérique induisait dans la société, notamment les problématiques liées à la confiance vis-à-vis de l’expertise scientifique, des objets technologiques et de certaines théories. La visite à l’EPFL a ensuite été pour nous l’occasion de voir très concrètement comment la modélisation et la simulation nous permettaient de revisiter la démarche scientifique tout en gardant présent à l’esprit l’importance du regard critique de l’homme sur ces processus. Les présentations du Blue Brain Project ou encore du Venice Time Machine ont d’ailleurs été très instructives à cet égard. Cette visite de l’EPFL nous a également permis de discuter de l’éducation à travers la stratégie MOOCs. Aujourd’hui, nous poursuivons cette exploration du numérique à travers le filtre de l’imaginaire, et ce grâce à la venue de quatre éminentes personnalités : Sébastien Charnoz, astrophysicien ; Laurent de Wilde, musicien et écrivain ; Pierre Musso, philosophe ; et Alain Berthoz, neurophysiologiste. La question que nous leur soumettons est la suivante : le fait que les machines numériques changent la manière de faire la science, de produire les objets, d’administrer les organisations, de créer ou de diffuser des œuvres, a-t-il une influence sur nos représentations et nos imaginaires ? Nous continuerons cette exploration des visages du numérique sur le plateau de Saclay, demain, en Languedoc-Roussillon en janvier, en Autriche et aux Etats-Unis dans les mois qui suivent.
Les grands axes de réflexion

Quels sont les deux axes qui vont sous tendre ce cycle ?

Le registre de l’économie

Il s’agit là d’une dimension que l’Institut explore systématiquement. Dès cet après-midi, nous allons ainsi approfondir les notions d’économie de la connaissance, d’économie du numérique et d’économie de la créativité. Sont également prévues des rencontres organisées avec des pôles de compétitivité : Cap Digital cet après-midi, le pôle dédié à l’eau lors de notre visite d’IBM à Montpellier, etc. Les politiques industrielles, de normalisation et de régulation seront discutées lors de la session sur l’Union européenne. Nous nous demanderons notamment si la régulation permet encore l’innovation dans l’espace européen. Notre dispositif de transfert, de création d’entreprises et de financement du risque est-il encore adapté aux enjeux du numérique ? A l’inverse, qu’est-ce que le numérique nous apprend de ces dispositifs en termes de process de rupture ? Notre voyage aux Etats-Unis sera enfin lui aussi l’occasion de réfléchir à ces questions.

La dimension sociétale

La dimension sociétale sera notamment abordée lors des sessions consacrées aux questions de santé, d’eEducation, d’internet, de réseaux sociaux et de sécurité (session qui sera co-organisée avec l’IHEDN), ou encore d’avenir de la ville (lors d’un déplacement à Lille). Je voudrais également citer nos ateliers dont la dénomination anglophone témoigne très clairement de la mondialisation des processus : le neuromarketing, les MOOCs, les Makers, le Quantified Self. Rendez-vous donc à la session de clôture de l’IHEST pour découvrir les résultats des analyses du groupe.

A travers ce filtre du numérique, on découvre que les enjeux sont très lourds. Le monde numérique introduit-il l’apparition d’une culture inédite dans laquelle l’espace, le temps et la matière développeraient de nouvelles alliances ? Les interfaces qui tendent à relier les êtres entre eux sont-elles des objets de liberté ou des systèmes d’asservissement ? L’usage de ces outils modifie-t-il l’humain dans son développement et dans son comportement ? Quelle constante observe-t-on sur ces comportements ? Ces questions de nature philosophique qui conduisent à une démarche éthique seront permanentes.
Les premiers résultats de l’enquête réalisée auprès des anciens auditeurs

Il nous apparaissait très important que l’Institut consulte la communauté des anciens auditeurs via une enquête afin de disposer d’une analyse de leur compréhension du numérique, de leurs attentes et de leurs opportunités. Au travers de quatre slides, je voudrais maintenant vous présenter les premiers résultats de cette enquête. Je tiens à remercier très sincèrement tous les auditeurs des années précédentes qui ont accepté de répondre à ce questionnaire qui, comme toujours, s’est avéré beaucoup plus lourd dans ses réponses que ce que nous imaginions. L’enquête sera restituée en totalité à la promotion lors de la session de décembre et à la Convention des auditeurs prévue le 9 janvier. Cette enquête a été organisée avec l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, un réseau de chercheurs en sciences humaines indépendant qui s’empare d’un certain nombre de questions et qui a accepté de nous aider dans cette démarche. Je salue d’ailleurs la présence d’ Etienne Armand Amato.

Cette enquête s’organisait autour de six questions :

  1. Pouvez-vous qualifier votre relation avec le numérique en matière de connaissances, maîtrise et intérêt ?

  2. Quels sont les adjectifs qui vous viennent à l’esprit à propos du numérique?

  3. Quelles sont les trois innovations (par ordre de priorité) en lien avec le numérique qui nécessiteraient un débat public et pourquoi?

  4. Quels sont les 5 défis à relever (par ordre de priorité) concernant ces profondes mutations socio-technologiques?

  5. Quelles sont les 3 questions (par ordre de priorité) triviales, les faux problèmes relatifs au numérique?

  6. Quelles promesses sont portées par les technologies du numérique?


Nous avons envoyé ce questionnaire aux 313 auditeurs du réseau. 104 formulaires complètement terminés ont été retournés. Nous en avons reçu 60 de plus qui n’ont pas pu être exploités car ils n’étaient pas complètement renseignés. Nous retrouvons dans ces réponses la même proportion de répondants en termes de parité et d’appartenance privé / public. Par « privé », on entend le statut de la personne, pas l’appartenance à une entreprise.

Nos amis sociologues ont fait une analyse factorielle des différents types de discours dans les réponses aux questions 3 à 6, sur la base de la méthode Alceste. Ils ont répertorié quatre registres de discours :

  1. Un registre sur l’innovation et la technologie.

  2. Un registre sur l’inscription sociale des techniques.

  3. Une catégorie sur les conséquences anticipées pour les individus (la protection des données, la sécurité, la propriété, l’éthique, l’utilisateur).

  4. Une catégorie sur l’impact plus large de ces conséquences sur la collectivité (la perte, la dépendance, la nécessité, le client, l’humain, la conséquence).

Ces quatre catégories de discours font l‘objet d’un diagramme d’analyse de discours.

On voit sur ce diagramme quatre nuages de mots qui ne sont pas du même registre : trois sont très bien constitués et un est beaucoup plus à cheval sur les trois autres : un corpus sur l’innovation (en haut), un corpus sur l’inscription sociale (en bas), le corpus sur les conséquences anticipées sur les individus, et un corpus sur les conséquences sur les collectivités qui est interpénétré. En reliant ces corpus aux questions, nos amis sociologues ont constaté que :

  • Dans la question concernant les défis pour le numérique, tout le réseau utilise le vocabulaire de la classe 1, le vocabulaire de l’innovation.

  • Dans la question concernant des promesses du numérique, on utilise le vocabulaire de la classe 2, à savoir celui sur l’inscription sociale des développements du numérique.

  • Dans la question concernant les innovations liées au numérique, on utilise le vocabulaire n°3, celui sur l’anticipation sociale.

Les registres de discours sont donc totalement identifiables. En revanche, le vocabulaire N°4 ne correspond à aucun registre de question. Il s’agit donc d’un registre de discours plus global, qui émerge, qui n’est donc pas encore construit et sur lequel nous allons nous attacher à discuter ensemble. Avec l’observatoire, nous allons bien sûr approfondir ces analyses en fonction des questions.

Nous disposons d’un tableau qui montre les vocabulaires utilisés par les personnes qui ont répondu en fonction de leur statut privé ou public. On note que les registres de vocabulaire ne sont pas du tout les mêmes. Le registre du secteur privé est beaucoup plus porté sur les notions techniques, économiques, sur l’enseignement, bref sur l’action. Le vocabulaire issu du secteur public est quant à lui porté sur l’évaluation, la compréhension, le débat, l’intérêt commun, etc.

Le dernier transparent concerne l’origine professionnelle des gens. On note qu’à chaque type de formation initiale (formation commerciale, doctorat en sciences humaines et sociales, doctorat en santé, formation d’ingénieur, formation juridique, d’humanité, de sciences) correspond un vocabulaire extrêmement précis. Par exemple pour la santé, on parle de confidentialité, de débat, de progrès, etc. Pour le juridique : de régulation, de mutation, de social. Pour l’ingénieur : d’application, de sécurité, de lois. Ce constat du « formatage » lié à la formation renforce ce que disait Roger Genet sur la nécessité de créer un dialogue entre approches intellectuelles différentes et entre domaines d’expertise. Telle est la mission de l’IHEST.




Cycle national 2013-2014

Science, innovation et numérique : les sociétés en question

©IHEST

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