Horizon 2019 Atelier «Bibliothèque et politique»





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Horizon 2019

Atelier « Bibliothèque et politique »

Marseille, 16-03-2010

Thierry Ermakoff rappelle la genèse des ateliers, destinés à poursuivre la réflexion prospective du colloque Horizon 2019.

6 ateliers sont programmés : politique (Marseille), services (31 mai, Sciences Po, Paris), bâtiments (17 juin, Bordeaux), collections (Strasbourg, automne 2010), accueil (Rennes, automne 2010), discours (enssib, début 2011). A chaque fois, le public sera composé des « grands témoins » et de participants locaux.

Au printemps 2011, une journée de restitution sera organisée.

Un espace collaboratif, permettant dépôt de documents et discussions, sera ouvert par l’enssib.
Thierry Ermakoff rappelle quelques propos tenus par Pascal Ory à l’ouverture du colloque Horizon 2019. Quelques sentences : toute prospective est contemporaine ; l’imprévisible pèse plus que le prévisible ; tout ce qui est né mourra (les artefacts, les pratiques, les modes) ; la société fait ce qu’elle veut ; la culture a horreur du vide (et besoin d’institutions). Trois scénarios possibles : dilution des bibliothèques dans le système libéral-libertaire ; maintien de la bibliothèque comme institution-témoin, lieu de la proposition, lien avec le local ; recomposition imprévisible, fruit de bricolages collectifs.
L’intervention de Robert Damien lui permet de faire le point sur l’avancée de ses réflexions, son travail en cours, « Quel avenir en fonction d’Internet ? ». Un double discours est à l’œuvre : un discours de déploration, de dépôt de bilan : le livre, la bibliothèque, les bibliothécaires, c’est fini, plus de contrôle de l’accès ou de la disponibilité ; un discours euphorique, les instruments de contrôle c’est fini, plus d’obstacle bibliothécaire, plus de garde-chiourmes, enfin l’accès direct à la culture et au livre, enfin terminée la littérature, terminé le style.

Comment penser cette nouvelle technologie de l’intellect et l’euphorie technologique qu’elle suscite ? Robert Damien analyse la métaphore des autoroutes de l’information : circulation fluide, pas de médiation, personne ne dirige, l’accès est instantané, délocalisé, déhiérarchisé. Mais, souligne-t-il, il y a derrière cette métaphore une infrastructure industrielle et technologique puissante. L’appareillage informatique multiplie les pratiques et les possibilités de services. La bibliothèque trouve sa place dans cette nouvelle économie de services, en proposant de nouvelles médiations (de nouveaux métiers, avec de nouvelles formations). On n’est pas (ne va pas être) dans la disparition de la bibliothèque mais dans la multiplication, la pluralité des bibliothèques. On est (on va être) dans un nouvel éco-système d’action, de savoir, de réflexion.

Dans ce nouvel environnement, apparaît un nouveau type de lecteur, à l’identité ubiquitaire, pseudonymique, émerge une nouvelle personne singulière ; c’est la singularité qui fait la loi, accompagnée de la tyrannie de l’ex-timité, de l’exposition, de l’exhibition – où la distinction privé/public disparaît. Ce nouveau lecteur laisse des traces (connexions, navigations, consultations, commandes), permettant de dessiner un profil et générant une nouvelle économie de plus-values, un nouveau pouvoir économique.

La révolution informatique voit l’émergence de nouveaux documents, de nouvelles pratiques documentaires, de nouveaux services, de nouveaux modèles culturels ou d’accès à la connaissance. Quelle constitution des savoirs ? Quelle appropriation, quelle transmission ? Quel nouveau contrat de lecture ? Quelle nouvelle identité politique ?

Le débat qui suit porte notamment sur la question de l’identité, du je et du nous, du singulier et du collectif, de l’auto-régulation, des alternatives possibles.
Gilles Eboli entame son intervention en soulignant le caractère faussement évident de la formule « bibliothèque et politique ». Il aborde 3 points.

Bibliothécaires et hommes politiques : peu de textes traitent cette question (sauf le Code de déontologie de l’ABF) ; quelques éléments de dialogue (chartes, lettres de mission). La transformation de l’élu protocolaire (notabiliaire) en élu de terrain fait évoluer la question des territoires respectifs (territoire de l’élu, territoire du bibliothécaire) et rend plus sensibles les éventuels points d’achoppement (acquisitions, animations, direction).

Les politiques locales : absence d’énoncé, de formalisation des politiques, mutisme. Il y a un énorme paradoxe entre la place des bibliothèques (utilité très reconnue, budget le plus élevé, fréquentation la plus importante, personnel le plus qualifié) et ce mutisme. Quelles explications ? La discrétion de notre métier, il n’y a plus de modèle à vendre, il n’y a pas d’arguments vis-à-vis de nos concurrents, par d’argumentaire de temps de crise, problème de rythme (calendrier du mandat, du mi-mandat), pas de lobbying.

Le projet marseillais : quel projet après l’Alcazar ? Dans le cadre de Marseille 2013, un nouveau modèle est proposé, avec 3 axes : la bibliothèque hybride (services à distance, collections virtuelles), l’élargissement des publics, la bibliothèque-forum (lieu de vie, de débat, de rencontre avec la création). Beaucoup de pistes, la question du corps, de la proximité, la bibliothèque « comme à la maison », l’économie de l’attention, la mise en spectacle et l’événementialisation, etc.

Il faudrait remettre en avant le socle des valeurs (gratuité, échange, débat, construction de soi), un projet républicain.

Le débat porte sur la disparition du discours politique sur les bibliothèques, sur l’évolution comparable des élus (locaux et universitaires) et sur 3 couples : politique/technique (on se cache derrière le discours technique, y compris le numérique, le politique a disparu), local/national (faire émerger un schéma où local et national trouvent leur place), collectif/particulier, singulier/général (les expressions personnelles, blogs, etc., ont pris le pas sur un discours unitaire, syndical ou politique).
Mathieu Rochelle présente une intervention sur le thème « Décision politique et bibliothèque ». Dans le cadre du projet d’établissement de la BDP (2008-2011), l’accent est mis sur la mutualisation avec les archives, la desserte des publics de proximité, la mise en place d’une politique d’action culturelle. La BDP a un rôle de stratège sur le territoire, et doit gérer la dimension temporelle des mandats politiques.

Dans l’après-projet, la BDP pourrait se positionner comme plateforme grise. Le projet de réforme territoriale soulève de grandes interrogations. Quelle tutelle ? Quel territoire ? Quelles implications statutaires (si les BDP, par exemple, deviennent des EPCC) ? Quelles relations avec les élus ?
Vincent Bonnet présente une courte intervention sur « bibliothèques et développement durable » (les bibliothèques comme point d’entrée dans la société du développement durable).
Le débat final reprend quelques-uns des thèmes déjà évoqués : l’évolution des relations avec les élus du registre technique au registre politique, les changements dans l’exercice du métier sans que les missions ne changent, « comment le numérique ne change rien ».

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