Programme des groupes de travail 9





télécharger 350.51 Kb.
titreProgramme des groupes de travail 9
page4/6
date de publication08.07.2017
taille350.51 Kb.
typeProgramme
e.20-bal.com > documents > Programme
1   2   3   4   5   6
























Résumés des conférenciers


________________
Enjeux du traitement thermique du bois :
vers un contrôle qualité et un pilotage des fours.
La chimie des biopolymères au service du procédé


PETRISSANS Mathieu1
1LERMAB, Université de Lorraine, Faculté des Sciences,
Boulevard des Aiguillettes, B.P. 70239
54506 Vandoeuvre-lès-Nancy cedex

mathieu.petrissans@univ-lorraine.fr

Résumé

Depuis la nuit des temps l’homme connait les pouvoirs d’un traitement du bois par la chaleur. L’Egyptien en enfouissant du bois dans le sable brulant du désert, le paysan en passant au feu l’extrémité de ses pieux, ou le tonnelier en déposant avant cintrage ses douelles au-dessus d’un feu étouffé, utilisaient la thermodégradation des biopolymères du bois pour donner au bois de nouvelles propriétés. On peut ainsi citer : une meilleure stabilité dimensionnelle, une résistance aux attaques fongiques, l’extraction de tanins, en contrepartie une diminution des propriétés mécaniques est observée. En France dans les années 70, 80, des chercheurs développant des travaux sur la concentration du pouvoir calorifique du bois, ont mis au point un procédé dit de torréfaction (Duchez et Guyonnet 1998). Très vite les nouvelles propriétés conférés au matériau prennent le pas sur les aspects énergétique, apparaît alors un nouveau procédé : le bois traité thermiquement. Les années suivantes ont été consacrée, en France mais aussi et surtout dans les pays du nord de l’Europe, au changement d’échelle. Aujourd’hui des unités de production sont livrées clés en main sous différentes marques. Néanmoins, il subsiste un réel frein au développement de cette technique qui ne dispose pas de contrôle qualité du produit ou de dispositif de pilotage. Sur site industriel il faut actuellement cuire « un certain temps » pour obtenir « une certaine qualité ». Cet état de fait génère une insatisfaction auprès des utilisateurs qui sont en recherche d’une forme de certification de la qualité du produit à mettre en œuvre. Depuis une dizaine d’année de nombreux chercheurs tentent de comprendre l‘origine des modifications, cherchent à mettre en évidence un paramètre ou un indicateur du niveau de traitement et à développer des outils de pilotage des fours. Le dénominateur commun de ces démarches est la compréhension des chemins réactionnels de la thermo dégradation des bios polymères du bois. Le dégradation des hémicelluloses, la condensation de produits de dégradation sur le réseau polymérique de la lignine et la stabilité thermique de la cellulose, en proportion variable suivant le temps et le niveau de température, sont à l’origine de l’inhibition du métabolisme de dégradation des champignons et de la stabilité dimensionnelle. La perte de masse, la modification des ratios O/C (N Guila et al. 2009) et les cinétiques de thermodégradation (Petrissans et al. 2011) sont autant d’indicateurs et de paramètres pouvant être retenus pour développer un contrôle qualité et un pilotage des fours (Candelier et al. 2015).
Références

Duchez L, Guyonnet R. 1998. Optimisation d’un traitement thermique du bois via un plan fractionnaire. Analusis Magazine, 26(8), 39-44.

Nguila Inari G, Pétrissans M, Pétrissans A, Gerardin P. 2009. Elemental composition of wood as a potential marker to evaluate heat treatment intensity. Polymer Degradation and Stability, 94, 365-368.

Pétrissans A, Younsi R, Chaouch M, Gérardin P, Pétrissans M. 2011. Experimental and numerical analysis of poplar thermodegradation: weight loss kinetics. Journal of Thermal Analysis and Calorimetry. 109(2), 907-914.

Candelier K, Hannouz S, Elaieb M, Collet R, Dumarçay S, Pétrissans A, Gérardin P, Pétrissans M. 2015. Utilization of temperature kinetics as a method to predict treatment intensity and corresponding treated wood quality: durability and mechanical properties of thermally modified wood. Maderas-Cienc Tecnol journal, 17(2):2015. DOI:10.4067/S0718-221X2015005000024.

Mots-clés : bois, qualité, modification chimique, perte de masse, traitement thermique.
Les extractibles du bois :
incontournables pour l’arbre, le bois et pour l’homme…


AMUSANT Nadine1, BEAUCHENE Jacques1
1UMR Ecofog – CIRAD BP 701 - 97310 Kourou Cedex 1

nadine.amusant@cirad.fr

Résumé

Les extractibles appelées aussi métabolites secondaires, jouent un rôle primordial aussi bien dans le bois matériau pour l’arbre, le bois matériau pour l’homme en lui rendant des services divers. Synthétisés au cours de la formation du bois de cœur, ils sont impliqués dans les mécanismes de défense de l’arbre assurant ainsi l’intégrité xylème aux agressions biotiques diverses. Mais les extractibles influencent aussi diverses propriétés technologiques du bois que l’on en tire. La compréhension du rôle de ces métabolites au regard de certaines propriétés du bois et la mise en évidence de nouvelles voies de valorisation basées sur des approches bio-inspirées permettent de tendre vers une utilisation plus rationnelle du matériau. Ainsi, bien que les métabolites secondaires ne participent pas directement au développement de l’arbre, nous montrerons que les différentes fonctions qui leur sont associées au regard du matériau bois les rendent incontournables.
Production of Cellulose Nanocrystals (CNCs) from wood:
overview and perspectives


LABORIE Marie-Pierre1
1Chair of Forest Biomaterials, Faculty of Environment and Natural Resources

Werthmanstrasse 6, 79098 Freiburg im Br. Germany

And Freiburg Materials Research Center (FMF)

Stefan Meier Str. 21, 79104 Freiburg im Br., Germany

marie-pierre.laborie@fobawi.uni-freibourg.de

Résumé

In the past two decades, Nanocellulose has raised to the front stage of wood products as a novel high value nanomaterial, which can be produced from wood and other lignocellulosics. Industrial interest in the two forms of nanocellulose, cellulose nanofibrils (CNFs) and cellulose nanocrystals (CNCs) has further amplified in the past few years leading to their commercial availability. On the one hand, the hydrolysis of cellulose into CNCs traditionally relies on the action of concentrated acid for the hydrolysis of cellulose amorphous regions and the liberation of the rod-like nanocrystals. On the other hand, CNFs are traditionally produced through mechanical peeling of cellulose microfibrils.

This presentation will provide an overview of the production methods and characteristics of CNCs. In addition, ongoing research efforts within our group on engineering environmentally-friendly routes with ionic liquids for the production of CNCs from pulp, microcrystalline cellulose and more ambitiously directly from wood will be presented. The challenges and perspectives opened by the use of ionic liquids for the direct production of CNCs from wood will be particularly outlined.
Conception Durable en Bois : Du matériau aux Structures

DUBOIS Frédéric1
1Groupe d'Etude des Matériaux Hétérogènes, Université de Limoges, 19300 Egletons

frederic.dubois@unilim.fr

Introduction

La conception des structures Génie Civil en Bois et leur durabilité dans le temps nécessitent aujourd'hui de prendre en considération les multiples propriétés mécaniques et physiques du matériau bois liées à leur comportement mécanique à long terme, à leur interaction avec l'environnement climatique et à leurs propriétés à la dégradation physique et mécanique (endommagement, fissuration etc.).

Matière biologique, le bois possède des propriétés naturelles issues de sa biodiversité génétique. L'ensemble de cette classification lui donne des propriétés de durabilité naturelle, une orthotropie matérielle, une hétérogénéité mais également un caractère hygroscopique. Une bonne approche de la conception nécessite donc une bonne maîtrise de l'aspect multi-physique du matériau bois. Ainsi, et en accord avec un des objectifs du Groupe De Recherche Sciences du Bois, l'ensemble de la recherche alimentant le Génie Civil bois dois faire référence à une approche transversale allant de la biologie moléculaire et génétique, des approches multi-échelle, des problématiques de transfert de masse et de chaleur à différentes échelles, et ce, jusqu’au comportement mécanique en interaction avec les règles de dimensionnement.

Cette présentation met un focus sur différentes approches en lien avec les activités du département Génie Civil & Durabilité du GEMH et de son axe Durabilité des Structures en Bois.

Durabilité des structures en Bois

La durabilité des structures en bois est largement liée à ses aptitudes à réagir avec son environnement climatique. En effet, qu'on soit confronté à une essence naturellement naturelle ou non, la problématique du transfert de masse est primordiale afin de maîtriser cette durabilité naturelle ou conférée par traitements additionnels. Le matériau en service étant placé dans son domaine hygroscopique, plusieurs thématiques doivent être aborder afin d'améliorer cette durabilité, par exemple :

  • Patrimoine génétique des essences vis-à-vis de leur durabilité naturelle

  • Maîtrise du transfert hydrique dans les ouvrages en service

  • Maîtrise de l'inspection des ouvrages en service avec un bon monitoring de l'état hydrique

  • Maîtriser les traitements de finition (barrières hydriques et fongiques) et leur vieillissement dans le temps

Comportement différé des structures en bois

Le matériau bois, classé dans la famille des polymères, est caractérisé par un comportement différé dépendant du temps et interagissant avec son environnement climatique. A l'échelle matériau, ce comportement peut être défini comme viscoélastique, mécano-sorptif dont le domaine de linéarité dépend de l'intensité des sollicitations. Linéaire pour des sections courantes, le comportement mécanique peut très vite donner des signes de non linéarité au voisinage de singularités que représentent les assemblages, les zones d'appuis et les fissures d'origines naturelles ou non (fentes de séchage, défauts d'usinage, chocs, etc.). Plusieurs thématiques sont donc déclinées :

  • Comportement viscoélastique hygro-activé

  • Mécano-sorption



  • Couplage avec transfert de masse

  • Approches non linéaires

Comportement à l'endommagement et à la rupture

Le dernier point abordé concerne le lien entre la mécanique de l'endommagement et de la rupture vis-à-vis de la durabilité des éléments en bois. Le matériau étant naturel et subissant des cycles de séchage et d'humidification, les points singuliers présentés précédemment peuvent être le siège de fissures et d'endommagement. Il est donc primordial de généraliser les outils de mécanique de la rupture ou de l'endommagement, développés plus précisément dans le domaine de la métallurgie, du verre ou des composites, à un matériau orthotrope quasi-fragile et hygroscopique qu'est le bois. Ainsi, plusieurs axes de recherche peuvent être présentés :

  • Mécanique de la rupture et évolution dans le temps de la fissuration

  • Mécanique de l'endommagement et son évolution dans le temps

  • Couplage hydromécanique et risques de fissuration au séchage

L’ensemble de cette présentation se fera à travers plusieurs exemples réels faisant office de fil rouge.

Références

F. Dubois, M. Méité, O. Pop, J. Absi, Characterization of timber fracture using Digital Image Correlation technique and finite element method, Engineering Fracture Mechanics, 96, pp. 107-201, 2012.

R. Moutou Pitti, F. Dubois, N. Sauvat, E. Fournely, Strain analysis in dried green wood: Experimentation and modelling approaches, Engineering Fracture Mechanics, in press, 2013.

J. Colmars, F. Dubois, J. Gril, One–dimensional discrete formulation of Hygrolock model for wood hygromechanics, Mechanics of Time Dependent Materials, 18:1, pp. 309-328, 2014.

N. Manfoumbi, T.A. Nguyen, N. Angellier, F. Dubois, L. Ulmet, N. Sauvat, Experimental and numerical aspects in diffusion process characterization in tropical species, European Journal of Environmental and Civil Engineering, 18:9, pp. 963-982, 2014.
Bois d’instruments, ou bois de luthiers ?
La place des propriétés matérielles dans un système artisanal et culturel


BREMAUD Iris1
1Equipe BOIS, LMGC, UMR 5508, CNRS, Université Montpellier 2 cc048,
Pl. E. Bataillon, 34095 Montpellier cedex 5

iris.bremaud@univ-montp2.fr

Résumé

Les bois, en tant que matières premières constitutives de très nombreux instruments de musique à travers le monde, participent au comportement mécanique et acoustique, mais aussi à l’esthétique visuelle et sonore, soit au final à « l’identité » des instruments finis. Dans les médias ou le grand public, la notion de « bois d’instruments de musique » évoque souvent les instruments à cordes de la musique classique occidentale, et fait parfois appel à un imaginaire à la fois high-tech et romantique. Au contraire, la réalité du travail de facture instrumentale est empreinte de diversité et implique un processus de sélection des bois qui est essentiellement multi-critères, conciliant des contraintes mécaniques/acoustiques, d’aptitude à la mise en œuvre, mais aussi d’autres aspects perceptifs, culturels et de préférences de matériaux. Par ailleurs, à l’heure actuelle le secteur de la facture instrumentale en France, comme en Europe, est majoritairement constitué d’artisans ou de très petites entreprises ciblées sur le haut de gamme. Il en résulte un choix de bois individualisé (par chaque luthier pour chaque instrument) avec une perception fine du matériau, mais aussi une attitude vis-à-vis de la variabilité des bois qui est complètement différente d’une production de type industrielle.

Cette conférence commencera par dresser une typologie des différentes propriétés matérielles impliquées dans la sélection des bois puis dans le fonctionnement des différents types d’instruments. Ces propriétés seront notamment présentées sous l’angle de la variabilité et diversité des bois. La dimension culturelle sera ensuite introduite en comparant les propriétés mécaniques/acoustiques de bois choisis dans différents contextes historiques ou géoculturels, en prenant en compte des aspects de disponibilité de la ressource, mais aussi en mettant en regard les différences entre approches « ingénierie » et « choix artisanaux ». Pour finir, la notion de « qualité » des bois de facture instrumentale sera abordée en tentant de relier critères quantitatifs (propriétés physiques) et qualitatifs, notamment en termes de perception du matériau par ses utilisateurs luthiers/facteurs d’instruments. Cette dernière partie permettra d’étayer la dimension multi-critères de la sélection de bois, tout en illustrant la nécessité d’échanges croisés entre artisans/praticiens et chercheurs/théoriciens pour affiner les protocoles et directions d’analyse scientifique du matériau bois.
De l’expérimentation à l’échelle anatomique à la modélisation multiéchelle
des propriétés physiques du bois


ALMEIDA PERRE Giana1, AYOUZ Mehdi2
1UMR GENIAL, AgroParisTech, Centre de Massy

2LGPM, École Centrale, Paris

giana.almeida@agroparistech.fr

Résumé

Les propriétés physiques du bois sont la conséquence des éléments anatomiques dont il est constitué (proportion, agencement,…). Cet exposé s’intéresse à la structure anatomique du bois à l’échelle des tissues.

Dans la première partie de cette conférence seront présentés des caractéristiques de différents plans ligneux et leurs conséquences avec des propriétés physiques du bois.

La deuxième partie sera dédiée au passage des observations anatomiques à la modélisation des propriétés physiques (coefficients de diffusion massique, thermique,..) par des méthodes sans maillage de types Lattice Boltzmann.
Le bois, muscle des arbres : comment l'assemblage des macromolécules
au sein de la paroi cellulaire génère-t-il les contraintes permettant
aux arbres de contrôler leur forme et leur orientation ?


ALMERAS Tancrède1, CLAIR Bruno1,2, GRIL Joseph1, FOUNIER Meriem3
1LMGC, CNRS, Université Montpellier

2Ecofog, UMR CNRS, Kourou

3Lerfob, UMR Agro-Paris-Tech, Nancy

tancrede.almeras@univ-montp2.fr

Résumé

Le bois dans l’arbre est un tissu multifonctionnel qui assure diverses fonctions métaboliques (stockage, défense, réparation…) tout en constituant à la fois un système vasculaire (permettant le transport de sève), un système squelettique (fournissant rigidité et résistance aux tiges) et un système « musculaire » (lui permettant de contrôler sa forme et son orientation). Cette dernière fonction, qui est sans doute la moins connue et la moins étudié, a une importance fondamentale pour permettre aux arbres de croître en hauteur. En effet, compte tenu de l’élancement des tiges, leur croissance en hauteur dans le champ de pesanteur est un phénomène intrinsèquement instable, qui résulterait invariablement en un port pleureur si un mécanisme actif de contrôle de l’orientation (gravitropisme) n’était pas en place (Moulia et Fournier 2009).

Ce mécanisme est assuré par la différenciation de bois de réaction (bois de tension pour les feuillus, bois de compression pour les résineux) d’un côté de la tige, qui lui permet de changer localement sa courbure, et donc de modifier de façon dynamique sa forme et son orientation. Le mécanisme à l’échelle de la tige est bien compris : les cellules de bois de réaction, lors de leur formation, développe dans leur paroi de fortes contraintes mécaniques (dites contraintes de maturation), et la distribution asymétrique de ces contraintes autour de la tige induit un moment fléchissant qui est à l’origine des variations de courbure (Alméras et Fournier 2009). Cependant, à l’échelle microscopique, les mécanismes restent largement méconnus : qu’est qui, lors de la maturation des parois cellulaires de bois de réaction, génère des contraintes de forte intensité ?

Pour le bois de compression, des modèles existent qui permettent de rendre compte de la relation entre fonction et microstructure des parois cellulaires (Alméras et al. 2005). Mais la question reste ouverte pour les bois de tension à couche G, pour lesquels la relation entre la fonction (se contracter dans la direction de la fibre) et les caractéristiques microstructurales (cellulose abondante, très cristalline et orientée parallèlement à l’axe de la fibre) semblent au premier abord paradoxales. Cette présentation a pour objet de faire le point sur cette question, en confrontant les différentes hypothèses formulées dans la littérature à un ensemble d’observations expérimentales (e.g. Clair et al. 2011) et de considération mécaniques, puis de proposer un modèle qui semble compatible avec les résultats les plus récents sur la question.
Références

Moulia B, Fournier M (2009) The power and control of gravitropic movements in plants: a biomechanical and systems biology view. Journal of experimental botany, 60(2), 461-486.

Alméras T, Fournier M (2009) Biomechanical design and long-term stability of trees: morphological and wood traits involved in the balance between weight increase and the gravitropic reaction. Journal of Theoretical Biology, 256(3), 370-381.

Alméras T, Gril J, Yamamoto H (2005) Modelling anisotropic maturation strains in wood in relation to fibre boundary conditions, microstructure and maturation kinetics. Holzforschung, 59(3), 347-353.

Clair B, Alméras T, Pilate G, Jullien D, Sugiyama J, Riekel C (2010). Maturation stress generation in poplar tension wood studied by synchrotron radiation microdiffraction. Plant physiology, 152(3), 1650-1658.

Mots-clés : biomécanique, bois de réaction, bois de tension, contraintes de maturation.
Une vision économique
de l’arbre à la forêt, de la forêt au bois,
du bois aux services et des services aux politiques publiques


Jean-Luc Peyron1
1Groupement d’intérêt public Ecofor, 42 rue Scheffer, 75116 Paris

jean-luc.peyron@gip-ecofor.org

Résumé

L’économie forestière s’est constituée en tant que discipline scientifique autour de l’âge auquel exploiter les arbres. La question s’est posée à une époque de grande pénurie de bois (18e siècle) et donc sur des considérations d’utilité sociale. La réponse s’est appuyée sur une observation attentive de la croissance des peuplements, plus particulièrement de l’évolution conjuguée des accroissements courant et moyen en volume, masse ou surface terrière pour rechercher la plus grande production physique susceptible de répondre à la pénurie.

Du point de vue du propriétaire, il convient de prendre aussi en compte le prix des bois qui varie avec la dimension des arbres et les débouchés potentiels. Peu d’analyses portent cependant sur ce point comparativement à la croissance.

La recherche du meilleur âge d’exploitation pour le propriétaire suggère également de prendre en compte les coûts et autres revenus de la gestion forestière, y compris le coût du temps sous la forme d’un taux d’intérêt ou d’actualisation. Ces éléments permettent de déterminer la valeur de la valeur et, par déduction, la gestion susceptible de maximiser cette valeur. L’optimum ainsi obtenu constitue une référence par rapport à laquelle se mesure le préjudice consécutif à un événement fortuit ou le manque à gagner que représente une contrainte que le propriétaire subirait, voire s’imposerait.

Cette théorie supporte l’introduction du risque et notamment la probabilité de catastrophe liée aux incendies, tempêtes et autres événements extrêmes.

Revenant à des préoccupations d’’utilité sociale, elle est également amenée à intégrer des avantages largement non marchands qui représentent souvent aujourd’hui des enjeux croissants. L’atténuation du changement climatique en est un exemple. Pour être prise en compte dans ses dimensions de séquestration et stockage, d’une part, émissions réelles et évitées, d’autre part, elle nécessite une considération globale de la filière forêt-bois, en comparaison avec des secteurs alternatifs, dans le cadre d’une analyse de cycle de vie.

Le passage de l’échelle du peuplement à la forêt consiste à prendre en compte des contraintes sur l’ensemble de la propriété ou de l’unité de gestion pour en gérer chacun des peuplements. Le passage de l’échelle du peuplement à l’économie nationale peut également conduire à des arbitrages prenant en compte des préoccupations nationales et de politiques publiques : cette éventualité apparaît par exemple, à l’instar de la pénurie de bois du 18e siècle, dans la chute de production du massif landais après deux tempêtes consécutives ou dans la recherche d’une plus grande efficacité dans la lutte contre l’effet de serre.

Finalement, le traitement de bon nombre des questions qui se posent aujourd’hui en matière de gestion forestière requièrent d’insérer chaque arbre ou peuplement dans un contexte large et intégré et de mettre en place les institutions capables de régler les différences d’appréciation et d’enjeu apparaissant entre ces différentes échelles d’approche.
Le bois dans les reliures d’Europe occidentale, de Charlemagne à Gutemberg

LAVIER Catherine1
1Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS) UMR8220
CNRS et UPMC-Paris6

catherine.lavier@upmc.fr

Résumé

Le bois offre une palette extrêmement large d’emplois depuis des millénaires : en Europe occidentale, si cela parait évident pour l‘habitat, le transport ou le mobilier intérieur, on sait moins qu’il fut un support de l’écrit puis son « berceau » pendant les périodes médiévales. Manuscrit, incunable et imprimé, sa reliure, n’avait jamais fait l’objet d’études scientifiques. L’opportunité est venue de l’inventaire des bibliothèques municipales de France initié par le ministère de la culture et de la communication. Depuis les années 90, en plus du seul catalogage des ouvrages prévu à cette époque, ont été associés divers professionnels aussi bien « classiques » comme le paléographe ou le codicologue que le restaurateur de reliure ou des spécialistes étudiant les encres, les papiers, les cuirs et … les ais.

Le but premier était de dater ce bois afin de replacer chronologiquement l’apparition et la disparition des reliures à ais. Il fallait également vérifier l’authenticité de l’ouvrage mais bien vite, la complexité de l’histoire liée à chaque livre a poussé le spécialiste du bois à s’intéresser à la restitution de l’arbre, son origine biogéographique, sa mise en œuvre et ses usages, ses réparations ou ses nombreux remplois. Cela nécessita le développement d’approches novatrices regroupées aujourd’hui sous le terme d’archéodendrométrie et basées sur les seules mesures de cernes, de débits et de traces.

Les ais de quelques 3 000 ouvrages ont ainsi été étudiés sur les 33 000 que comptent nos plus de 4000 bibliothèques françaises. Malgré ce faible pourcentage, les résultats furent surprenants et parfois en contradiction avec les textes sur l’emploi du bois. Ils dévoilent surtout un artisanat maitrisé d’un savoir-faire aussi bien religieux que profane alors que les restaurations sub-récentes ont négligées le bois par sa suppression ou son remplacement par des essences et des débits inadaptés. Les datations s’étalent du VIIIe au XVIe siècle avec un emploi exclusif du chêne rapidement remplacé par le hêtre au cours de la seconde partie du XVe siècle. Si les réalisations sont locales et limitées à des productions manuelles, les provenances sont variées. Elles témoignent d’un vaste réseau d’échanges sur l’Europe, mais aussi de diffusion de la connaissance, surtout religieuse. Réservées essentiellement aux élites de la chrétienté et de la politique, les laïcs finissent par se l’approprier, provoquant ainsi des changements techniques de fabrication qui aboutiront au livre cartonné massivement produit de façon industrielle. Des développements et des perspectives seront évoqués pour traiter ces innombrables données et consolider les résultats quantitatifs et qualitatifs.
Références

LAVIER C (2008) Le bois dans l’histoire des techniques du livre médiéval : intentionnalité et savoir-faire. Premières restitutions. In Lanoë G (Dir.), La reliure médiévale. Pour une description normalisée, Brépols Ed. Collection: Reliures médiévales des bibliothèques de France, pp. 255-265.

LAVIER C (2013) Archéodendrométrie sur objets et oeuvres d’art à support-bois : savoir-faire technique, capacités, obstacles et alternatives, Spectra ANALYSE n° 292, pp. 67-73.

Mots-clés : Europe, Moyen Age, Reliure, Bois, Archéodendrométrie.
1   2   3   4   5   6

similaire:

Programme des groupes de travail 9 icon3. Examen des cr des réunions des «Groupes Travail» (adressés préalablement...
«Groupes Travail» (adressés préalablement à tous les membres de la Commission)

Programme des groupes de travail 9 iconCalendrier et groupes de travail

Programme des groupes de travail 9 iconL’Environnement Numérique de Travail de Paris 5
«groupes» ou «structures» qui seront rattachés à une composante ou à un service

Programme des groupes de travail 9 iconOrdre du jour : Réflexions à mener en deux groupes de travail afin...
«Vers un cahier des charges des différentes types de mous accession très sociale»

Programme des groupes de travail 9 iconParcours proposé par la Compagnie de théâtre Les Labyrinthes, Mérignac
«Division du travail et extension des marchés» du programme de Terminale es et, plus particulièrement, avec le programme des enseignements...

Programme des groupes de travail 9 iconLes groupes sociaux
«société» et qui se définit selon Georges Gurvitch (sociologue français d'origine russe (1894 1965), héritier de Marcel Mauss), comme...

Programme des groupes de travail 9 iconCatherine aubertin
«développement durable» des epst; participation à l'élaboration de la Stratégie nationale de recherche sur la biodiversité au service...

Programme des groupes de travail 9 iconL’évolution des rythmes de travail entre 1995 et 2001
«Entreprise». Le second s’intéresse à l’impact de la réduction du temps de travail sur les conditions de travail des salariés, dès...

Programme des groupes de travail 9 iconThème du programme : travail, emploi et chômage
En application de la définition internationale adoptée en 1982 par le Bureau international du travail (bit), un chômeur est une personne...

Programme des groupes de travail 9 iconConcours Sciences sociales ens cachan 2014
«échelles» de la compétition (interindividuelle, intra-groupes, inter-groupes) ont trop peu souvent été distinguées, conduisant parfois...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com