J. P. Leyens et J. L. Beauvoir (1997) L’ère de la cognition. Grenoble. Pug





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LA COGNITION SOCIALE

J.P.Leyens et J.L.Beauvoir (1997) L’ère de la cognition. Grenoble. PUG.

Yaerbit et Schardon (1996) Connaître et juger autrui

J.P.Leyens, Yaerbit et G.Schardon (1996) Stéréotypes et cognition sociale. Liége. Mardaga

J.C.Deschamps et A.Clemence (2000) L’explication quotidienne Perspective psychologique. Rennes.PUR.

Introduction générale :
1°) introduction :
On attribue le terme de cognition sociale à Brunner et Taguiri alors qu’il avait été employé avant par Heider (1944). Ce thème n’a pas suscité la passion des chercheurs car c’est un thème floue, vague, qui évoquait aussi bien la connaissance des personnes que les rôles des facteurs sociaux et leurs effets sur la perception en général. Avant de définir le terme, il convient de s’interroger sur l’avènement de cette nouvelle orientation en psychologie sociale, orientation qualifiée de « cognitive ». C’est tout un courant en psychologie qui dépasse les sous disciplines. La psychologie sociale a toujours intégrée une dose de cognitivisme. (Un courant).
2°) De la psychologie du développement (le behaviorisme) à la psychologie cognitive
Le développement de la psychologie scientifique doit beaucoup à l’élaboration du paradigme Behavioriste :

Le behaviorisme défendait l’idéal d’objectivité de la méthode expérimentale contre les aléas de la méthode introspective.

Il a suggéré que l’objet de la psychologie est constitué uniquement de choses observables : stimulus et comportement (S-R), dont il convient de préciser les relations fonctionnelles sans se laisser égarer par des phénomènes inobservables comme la conscience. Il a d’une certaine façon permis la naissance de la psycho-sociale en débordant l’étude du stricte organisme pour considérer aussi le milieu dans lequel vit cet organisme.

Il n’accordait au sujet qu’une place très restreinte qui faisait de l’homme une « machine à répondre » (Moscovici) S’interdisant d’analyser ce qui pouvait s’intercaler entre le sujet et les réponses. Le Behaviorisme se fermait toute voie d’analyse des activités humaines les plus complexes.
La psychologie cognitive née de cette impossibilité d’étendre l’analyse comportementale au-delà de certaines limites de complexité des conduites. Elle a choisit de prendre au sérieux les phénomènes qui se développaient entre les stimuli et les réponses.

  • La psycho-cognitive confère une priorité aux phénomènes psychiques internes.

  • Elle place l’accent sur les mécanismes d’élaboration (ce qui se fabrique à l’intérieur du sujet).

  • Elle centre l’attention sur le sujet, système organisé, initiateur de ses conduites.

  • La psycho-cognitive va substituer au sujet de l’action, le sujet de la connaissance (c’est devenu le « comment il élabore sa réalité sociale »)

Au début, on a assisté à un effort acharné pour mettre la signification au centre de la psychologie. Il s’agissait d’étudier les activités mentales que l’homme utilise pour construire et donner un sens au monde qui l’entoure et à sa propre existence. Petit à petit, l’accent c’est déplacé sur la signification à l’information et de la construction de la signification au traitement de l’information. (La signification qu’on donne à l’environnement fait notre comportement et ce n’est pas la réponse). Notre environnement a déjà des informations. Le cognitivisme s’intéresse de plus en plus au traitement de l’information, comment on les transforme en quelque chose de mental.
3°) Sources majeurs du paradigme cognitiviste.


  1. La psychologie de la forme (c’est la gestalt théorie) affirme que :




  • L’individu ne réagit pas à des stimuli isolés mais a des configurations, à des formes (plusieurs points ensembles représentent quelque chose, une configuration, un ensemble qui a des formes).

  • Le traitement des parties procède du traitement de l’ensemble, on traite l’ensemble et ensuite on traite chaque information.

  • Dans la perception, la fonction première des composantes élémentaires est ainsi liée à leur participation à la structure d’ensemble.




  1. Les modèles informatiques et le traitement de l’information, ces modèles se montrent sensibles à :




  • Aux transformations que subissent les informations

  • Aux opérations par lesquelles une information se transforme ou peut générer une autre.


4°) Définitions :
« La cognition sociale inclut une considération de tous les facteurs influençant l’acquisition, la représentation, le traitement et le rappel de l’information concernant les personnes ainsi que les relations de ces processus avec les jugements réalisés par l’observateur ». Hamilton.
La cognition concerne l’étude de « la façon dont le commun des mortels pense au sujet des gens et comment il pense qu’il pense au sujet des gens » Fiske et Taylor. C’est l’étude de la formation des impressions que l’on a d’autrui, la perception.
Processus par lesquelles individus construisent leurs connaissances de la réalité sociale (transformée parce qu’on l’a construite). La cognition sociale porte sur le soi et les autres, les relations entre les personnes, les normes et les croyances sociales. La cognition n’est pas un processus, la cognition, c’est la connaissance ; la connaissance d’autrui et les mécanismes qui créent la formation d’impression.
La cognition n’est pas seulement une affaire de formations d’impressions (ref. à la 2iéme définition) et de mémoire de personnes (ref. à la 1iére définition), mais s’applique également à la catégorisation, à l’attribution aux relations entre les groupes et aux attitudes. La cognition sociale ne se limite pas à la perception sociale du début. C’est un courant dans beaucoup de sujets psycho-sociaux.
La cognition sociale équivaut à une construction ou à une mise en ordre mental, visant à obtenir une perception stable de notre environnement. C’est l’étude des mécanismes de la cognition sociale.
La cognition sociale est une partie formation des processus de cognition (formation des impressions), c’est un mouvement cognitif, une approche cognitive utilisée en psychologie sociale.

Dans l’étude de la cognition, on s’intéresse à comment l’individu construit sa réalité sociale, l’intérêt se porte sur les mécanismes et les processus plutôt que sur les résultats.
5°) Intérêt de la psycho-sociale pour les processus cognitifs :
Les attitudes à la formation des impressions :


    1. La première étape se structure autour du concept d’attitude introduit par Thomas et Znanicki, deux sociologues Américains qui appartiennent au courant de l’interactionnisme symbolique (c’est l’interaction entre l’individu, ses valeurs, savoirs, normes et réalité extérieure). Le premier objet d’étude de la psychologie sociale est le concept d’attitude, inspiré de la sociale.


L’essentiel d’une théorie interactionniste porte sur des processus internes, inobservables, de sélection, d’interprétation et d’attribution de significations. Processus dont la conduite n’est supposée être qu’une retombée (ex étude des polonais immigrants aux E.U.)
Il comporte deux principes :

-C’est dans l’interaction avec les autre que les gens adoptent les significations qu’ils attribuent aux objets et aux situations. La réalité qui affecte l’individu est une construction symbolique qui résulte de l’interaction entre l’individu et les situations auxquelles il est confronté. Connaissant les attitudes, on peut savoir le comportement, cela suppose un lien entre l’opinion (cognition construite par le sujet et comportement) et réalité sociale (interaction avec autrui).
-La réalité subjective est de toute façon psychologiquement plus importante que la réalité objective (construction de la réalité, traitement et inférences qui dégagent quelque chose d’autre qui nous aide à construire la réalité).


    1. La deuxième étape : La formation des impressions et le paradigme de S. Asch


Paradigme : Asch est un psycho-sociologue d’orientation Gestaltiste (théorie de la forme), il insiste sur la structure qui donne la signification aux éléments (d’abord le global et ensuite le précis).

Il réalise une expérience au cours de laquelle il propose à un groupe différents traits décrivant une personne fictive. Parmi les adjectifs, il y a le terme « chaleureux », à un autre groupe, en répartition aléatoire, il propose les mêmes traits mais avec une seule différence dans un des mots, il dit « froid ». Tout les autres traits sont les mêmes, dans le même ordre. Il demande aux sujets de donner leurs impressions sur le personnage.
Résultats : les sujets des deux groupes n’ont pas de problèmes pour dégager des impressions.

Les deux groupes ont une perception très différente du personnage (perception positive ou négative en fonction des groupes.
L’interprétation de Asch : dans une configuration d’ensemble, chaque mot est pris dans son ensemble. En changeant un mot, les autres n’ont plus la même signification.
1 L’objet de connaissance ne porte aucun enjeu social (le but n’est pas d’étudier le contenu de la connaissance) Il s’agit d’une personne « inconnue » et « non-évaluée ». On appellera cette cognition « froide ».
2 Ce qu’étudie Asch ce n’est point l’impression (ou les connaissances) que nous avons dans notre mémoire d’untel ou untel. Son objet d’étude est la formation, la genèse d’une impression globale, l’activité même^de connaître.
3 Cette activité de connaissance à peu de lest social mais beaucoup d’antécédents cognitifs. Pour se former une impression, les sujets mobilisent des savoirs qui sont disponibles dans leur mémoire et qui vont orienter le traitement des informations fournies. (La signification des mots est empirique ou nous avons élaborés l’équivalent de théories, les théories implicites. Et pas dans la réalité elle même) C’est un ensemble organisé pour traiter les infos au moment de l’expérimentation.
4 Le comportement à l’égard de la personne n’est plus l’objet sur lequel s’opère les prédictions de la théorie du chercheur. Celui-ci se donne pour but de prédire le jugement ou la connaissance des sujets concernant la personne ciblée. Il y a un retour au comportement, on étudie le lien entre cognition et comportement.
LA PERCEPTION SOCIALE
1°) Qu’entendons nous par l’étude des perceptions sociales ?


  • Le domaine des perception des gens opposé a celui des objets (table, mur, etc.).

  • La perception en tant qu’affectée par des variables sociales (ex : perception d’une pièce de monnaie selon qu’on est riche ou pauvre)

  • La notion de perception à été élargie et étendue a la représentation et au jugement incluant dans ce domaine le processus cognitif (on a élargit la notion de perception, il y a trois significations de la perception sociale.


Les questions soulevées par les chercheurs dans ce secteur peuvent être regroupées en deux catégories :

1 renvoie au résultat ou à l’issue de notre démarche d’appréciation des gens qui nous entourent
2 renvoie aux processus cognitifs par lesquels nous émettons un jugement ou une perception (s’intéresse pas aux résultats finaux mais aux processus cognitifs).
2°) Les perceptions des personnes et des objets différent-elles ?
L’apport principal des premiers travaux concernant les processus de la perception des personnes et des objets n’a pas résidé dans l’établissement de ces différences, mais dans la découverte que celui-ci perçoit ne le fait pas d’une façon passive.


  • L’une des différences qui furent établies entre les deux types de perception était que la source d’informations provenant de la cible était dynamique dans le cas de la perception d’une personne et stables dans le cas d’un objet. Toute perception comporte une part de subjectivité, le point de vue est plus sensible pour certains.

Ex : photo de vieille femme et de jeune femme LEEPER fait une expérience avec des participants répartis aléatoirement.

L
 +photos ambiguës
e 1 gpe : photos de femmes belles, non-ambigües

Le 2 gpe : photos de femmes vieilles, non-ambigües
100% de ceux avec une photo de vieille femme ont identifié la vieille dans la photo ambiguë.

95% de ceux avec la photo de belle femme ont identifié la jeune dans la photo ambiguë.

Dans notre expérience, ce sont des photos de femmes. Nos premiers savoirs, nos premières cognitions interviennent. Voir la vérité implique la mise en jeu de ce que nous avons acquis. Nous voyons à partir de ce que nous avons dans notre passé.
-L’action ou le comportement d’un individu s’effectue dans un contexte qui permet de donner une signification a l’action manifestée par la cible.

La perception d’un individu peu être influencée par le contexte, beaucoup plus que pour les objets. En ce qui comporte un individu, la perception n’est pas que la perception physique mais aussi ce qu’il est en train de faire. (Cela dépend du contexte). L’influence du contexte est plus importante, plus décisive que pour la perception des objets (moins importants).


  • Une caractéristique de notre perception, que celle-ci s’applique aux objets ou aux personnes, réside dans sa stabilité. Quand on perçois une personne, on se base sur des éléments plutôt stables (ex : la couleur de la peau, forme et couleurs des cheveux…)




  • Nos perceptions des objets et des personnes relèvent des principes similaires car ces deux types de perception impliquent un rôle actif de notre part. En tant que percevants actifs, nous imposons une structure, une stabilité, et aussi un sens aux différents stimuli auxquels nous sommes exposés.



Principales différences entre la perception des personnes et la perception des objets
A partir des résultats de différentes expériences sur la perception, Fiske et Taylor en 1991 ont tenté de dresser une liste des principales différences :
-Une personne est sensible à l’appréciation d’autrui, ainsi, elle peut changer d’une situation à l’autre afin d’apparaître sous un jour meilleur pour celui qui la perçoit… (Ex : l’image de l’enfant pour l’institutrice).

-Une personne constitue une source dynamique d’informations. Elle change avec le temps et les circonstances beaucoup plus que ne changent les objets. (On a un comportement différent à la fac en fonction de chaque statut social) La cible change, les objets changent très peu.

-Une personne peut manipuler nos perceptions, elle peut modifier l’environnement en fonction de ses désirs et/ou de ses objectifs.

-Une personne est à la fois une cible de nos perceptions et un percevant, ce qui fait que les perceptions sociales sont mutuelles.

-Une personne est beaucoup plus complexe qu’un objet ce qui rend sa perception plus difficile, plus approximative et oblige le percevant à inférer des caractéristiques qui ne sont pas directement visibles. La perception d’autrui est approximative et de fait, la personne qui perçoit fait des inférences. (C’est dégager à partir de ce que l’on observe d’autres éléments qui ne sont pas disponibles.) Première perception, c’est les vêtements, ce qui est visible. Les inférences sont de dire, à partir de perceptions visuelles uniquement : « elle est gentille »…
III) Les stratégies cognitives et Heuristiques
Nous avons recours à des stratégies qui nous aident à traiter l’information de manière rapide et efficace (car les capacités sont limitées). C’est une stratégie pour utiliser l’information disponible efficacement et de porter des jugements rapidement. Ces stratégies cognitives consistent en l’utilisation de schémas et d’heuristiques.


  1. Les schémas


C’est une des stratégies.

-Ce sont des structures de connaissances issues de notre expérience antécédente et stockée en mémoire.

Ils sont à la fois une structure permettant d’emmagasiner l’information nouvelle et un processus dans la mesure où ils influent sur la façon dont nous recevons et traitons l’information nouvelle. (c’est une image que l’on fait de soi même sur les compétences que l’on a pour soi (intellectuel, apprentissage, salarié, travail…) c’est un ensemble d’informations bien organisées qui permet d’emmagasiner les informations nouvelles, influence la manière dont l’info est sélectionnée et traitée.)

-Ils guident nos processus d’attention, de stockage et de rappel (des informations) de façon sélective.

-Ils n’agissent pas seulement comme des filtres cognitifs, ils jouent un rôle actif ; parfois ils changent notre perception, notre compréhension de l’information, sélection qui agit plus ou moins sur l’information.

-Les schémas servent aussi à déterminer ce à quoi le percevant peu s’attendre des individus autour de lui ou des circonstances dans lesquelles il se trouve. (Stéréotype=>préjugés ou discrimination envers la cible).

-L’utilisation des schémas peu aussi conduire à la formation des croyances erronées, à l’introduction de biais (distorsion, erreur) dans l’information perçue et retenue en mémoire et à des erreurs de perception. (Victimes de la perception erronée).
4types de schémas :

1les schémas sur le soi consistent en des représentations que nous avons sur nous même et que nous avons organisées en mémoire.

2Les schémas sur la personne sont ceux élaborés pour représenter des catégories d’individus générales : ex : l’avare. Ces schémas sont appelés prototype (meilleur exemple de la catégorie) ce genre de schémas nous aide à catégoriser les autres et à mieux retenir l’information qui leur est pertinente.

3Les schémas sur las rôles et les groupes sociaux représentent l’information que nous avons accueillie sur différents membres de minorités ethniques ou des groupes raciaux, sur les personnes des deux sexes ou encore qui occupent diverses occupations.

(Ces schémas constituent des structures cognitives importantes dans les perceptions intergroupes et dans l’utilisation des stéréotypes=>une forme catégorisée d’informations sur un groupe d’individus. Ex : sur le sexisme, on mesure les stéréotypes des sexes chez les enfants de jeune age. Jack in the box => garçon pleure : fâché, fille pleure : peur. Ce sont des préjugés négatifs graves.

4Les schémas sur les événements. Ce type de schéma appelé « script » renvoie à des structures cognitives nous aidant à faciliter le stockage d’informations sur le déroulement chronologique habituel des événements dans diverses situations qui nous sont familières. (Ex : restaurant, rituel)-> les schémas se révèlent fort utiles, car ils nous aident à percevoir l’environnement de façon simplifiée en nous amenant à simplifier parfois un monde très complexe, et de façon très rapide. Mais il ne faut pas confondre efficacité et exactitude.


  1. Les Heuristiques


Les Heuristiques sont des processus cognitifs que nous mettons en œuvre pour résoudre des problèmes spécifiques et prendre des décisions en situation d’incertitude (ex : il y a plus d’hommes cette année en licence de psychologie que les années passées).

Ce sont des raccourcis mentaux économiques qui nous aident à trouver des solutions acceptables, mais pas toujours correctes.

Cette façon de procéder nous permet en outre de simplifier les problèmes et situations auxquelles nous sommes confrontés et de lever les incertitudes qui les caractérisent tout en conservant intacte notre énergie mentale (l’homme est un avare cognitif, il cherche un moyen plus rapide et efficace pour résoudre un problème.

Ex de raccourci mental économique : pour compter la proportion de garçons en licence de psychologie, on prend des petits groupes.
Cet aspect fonctionnel des heuristiques se traduit soit :

-par la négligence d’une partie de l’information

-soit par la focalisation sur une partie de l’information.

Dans les deux cas, les efforts cognitifs s’en trouvent réduits.
1°) Heuristique de représentativité
Est une règle qui conduit à fonder l’estimation de la probabilité qu’un objet appartienne à une catégorie en fonction de sa ressemblance avec d’autres objets de cette catégorie.

Quand nous mettons en œuvre cette stratégie, nous cherchons les similitudes (en négligeant les informations statistiques) pour juger de la probabilité d’un événement. L’heuristique de représentativité est un raccourci mental économique, qui nous autorise à donner une estimation acceptable.

Acceptable car l’estimation proposée, même si elle est fausse, est partagée par le plus grand nombre d’entre nous.

Mais du point de vue théorique, elle n’est pas recevable dans la mesure ou elle ne respecte pas les données du problème auquel il faut respecter les règles probabilistes. (Mais attention, nous avons plus confiance en les heuristiques car appuyées par la majorité).
2°) Heuristique de disponibilité :
Consiste à estimer la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle des exemples illustrant ces événements peuvent être remémorés (on néglige l’information statistique au profit des images disponibles dans notre mémoire et au dépend de l’information de base), suivant leur disponibilité en mémoire.

Ainsi, on dit souvent que les heuristiques sont des courts circuits mentaux. En nous permettant de passer par une voie plus simple et plus rapide, elle nous fait laisser de coté un itinéraire normal.

La particularité de ces heuristiques auxquels nous nous référons si souvent est qu’elles échappent à notre conscience. Nous les utilisons sans forcement nous en rendre compte.

De plus, même quand nous les connaissons, nous ne cessons pas pour autant de tomber dans leur piéges.

IV) Les perceptions sociales sans interaction
Comment nous traitons l’information ? Les processus de perception d’autrui ? Les personnes telles qu’elles ont été utilisées en recherche et en psychologie sociale.


Intégration des informations multiples et formation des impressions.
1°) ASCH : priorité à l’intégration globale
Asch poursuit un triple objectif :

-savoir si les gens sont capables de se forger une impression cohérente à partir de quelques éléments disparates à propos d’une personne fictive (orientation gestaltiste)

-montrer que certains traits sont centraux=capables de changer l’impression (l’impression qui se dégage dépend des traits centraux (froid ou chaud, expérience de Asch sur la formation des impressions) ce mot n’est pas n’importe quel mot qui prend la place centrale. Si il n’y a pas de consignes de l’expérimentateur, la première impression est retenue. Une semaine après, on donne une nouvelle information en disant qu’ils/elles sont homo ou hétéro. On observe un effet de récence ou de primauté, avec un oubli entre les deux. Pour les résultats, ils s’attendent à un tout cohérent : groupe hétéro=>appui des traits hétéro, groupe homo=>appui des traits homo, l’effet de récence restructure l’information pour faire la mémorisation) d’autres sont périphériques, ont peut d’influence sur l’impression globale.

-Montrer l’influence des premiers traits dont on prend conscience=>l’effet de primauté, l’effet de récence.
L’expérience réalisée : la dernière information qui influe la perception : on montre un film avec un accident de voiture. Tous les suets regardent la même séquence. On demande à un groupe à quelle vitesse roulaient les voitures quand elles se sont écrasées. A l’autre groupe, on demande à quelle vitesse roulaient les voitures quand elles se sont heurtées. Pour le premier groupe, la vitesse >> à celle donnée par le deuxième groupe.

Dans la séquence du film, il n’y a pas de vitres brisées. Quand il y a l’accident, quelle voiture a le plus de vitres brisées ? Le groupe 1 en dit plus quand elles sont écrasées=> montre la crédibilité donnée aux témoignages auxquels on a recours après accident. Notre fonctionnement est tel qu’on répond toujours à la question, réponse influencée par la façon dont est posée la question.

Le traitement des différents traits se fait de façon globale. Cette position est opposée à celle d’Anderson.
2°) ANDERSON : priorité à l’information individualisante


(Qui tiens compte de chaque caractéristique)

-Les gens se livrent à une algèbre cognitive et combinent des informations a valence positives et négatives (correspond à plus et moins quelque chose).

-Son objectif est de connaître l’algèbre mental que les gens utilisent lorsqu’ils doivent intégrer des informations ayant des valeurs différentes.

-Chaque trait à un score immuable de favorabilité qui lui est spécifique, unique quelque soit le contexte (contrairement à Asch pour qui les traits dépendent du contexte).

-L’impression dépend de chaque trait considéré individuellement et de son poids. La présence d’autres traits ne change pas la signification ni le poids des autres.
Anderson a donné des traits à des étudiants et leur a demandé un score de favorabilité. Aune autre moitié, il a présenté des profils à la Asch, et a demandé de dire le degré de sympathie qu’ils ont à l’égard des profils. Cette impression de sympathie correspond à l’équivalent de la somme des traits positifs.

Il a dégagé plusieurs modèles :

1 Le modèle additif, postule que l’impression que nous faisons de la cible est une résultante de la somme des caractéristiques de cette dernière. Donc plus une personne possède de caractéristiques positives plus nous la percevons de façon positive. Mais certains traits ne nous donnent pas assez d’informations donc il y a un deuxième modèle.
2 Le modèle de la moyenne propose que notre appréciation de la cible soit une résultante de la somme des caractéristiques de cette dernière, divisée par le nombre d’éléments d’information que nous avons. Mais certains éléments sont plus connotés, dépendent du contexte, donc il y a un troisième modèle.
3 Le modèle de la moyenne pondérée est semblable à celui de la moyenne, sauf que, avant d’établir la moyenne des diverses caractéristiques, nous multiplions chaque caractéristique par un poids subjectif en fonction de l’importance que nous lui accordons.

Ex : on parle dans un labo de recruter une technicienne. On a alors deux personnes :

-une très compétente (10/10)

-une mois compétente (7/10) mais qui est belle (8/10) donc 8 et 7=15, on divise par deux= 7.5/10
On arrive à comprendre pourquoi avec les traits on arrive à une impression différente qui dépend du poids que chacun apporte à chaque trait. Anderson signale que les informations qui sont données en premier ont en général un poids plus important que les autres (effet de primauté plus Asch). De plus les premiers mots ont un effet sur l’attention.
3°) L’utilisation de schémas par opposition à l’intégration des informations multiples dans la formation d’une impression.
L’impression que nous faisons des autres peut être issue de deux types de processus :

*les schémas peuvent mener à une impression très rapide des autres

*il arrive souvent que nous jugions des différentes caractéristiques de la cible afin d’intégrer cette information en une impression générale de la personne.
Quel mécanisme est le plus utilisé ? Quand utilise-t-on un mécanisme et quand utilise-t-on un autre ? Deux facteurs peuvent modifier le mécanisme qui sera employé :

*le degré d’occupation cognitive du percevant (avec quelques traits on fait un schéma) =>un degré d’occupation cognitive faible renvoi au traitement individualisant des caractéristiques.

*sa motivation (but dégager une impression)
Dans les sciences humaines, les 100% de cas n’arrivent pas sans normes, contraintes ou obligations. Plusieurs caractéristiques de la situation peuvent augmenter le coût associé à une perception erronée et ainsi motiver les gens à examiner plus systématiquement l’information présentée. Les individus analysent l’information disponible plus minutieusement lorsque :

*les conséquences pour le percevant dépendent de la cible

*les percevants doivent justifier une décision ou un jugement à une autre personne

*les percevants sont préoccupés par la crainte d’une erreur

*les cibles invitent les percevants à faire attention à certaines caractéristiques en désaccord avec leurs schémas.
4°) Le modèle du continuum de Fiske et Neuberg
L’individu se formerai une impression d’autrui en suivant différents processus. Définir ces processus revient donc à se placer le long d’un continuum rendant compte de l’utilisation et de la place pus ou moins importante que nous accordons aux attributs spécifiques.

Schémas globaux Traits individualisants




Catégoriel mixte processus intégration de toutes les

Informations

A l’une des extrémités de ce continuum se trouverai les processus exclusivement fondés sur des catégories.

A l’autre extrémité se trouveraient des jugements qui se basent sur les attributs spécifiques.

Entre ces deux extrémités se placeraient des processus mixtes fondés sur les attributs catégoriels et sur les attributs spécifiques.

Le passage d’une étape à l’autre dépend de trois facteurs :

-la motivation de celui qui perçoit

-de ses capacités d’attention

-les infos recueillies à propos de la cible
Ce modèle peut être présenté en plusieurs étapes

1la catégorisation initiale : consiste à prendre certains attributs de la cible et à essayer de las catégoriser à l’aide des schémas (ex : croise dans la rue une personne en blouse blanche, en fait, c’est un chercheur)

2Une fois le schéma choisit, nous étudions des attributs additionnels afin de vérifier l’exactitude du schéma initial.

3Si l’appréciation de l’exactitude du schéma s’avère négative, dans une troisième étape le percevant utilisera des sous catégories qui lui permettent de catégoriser la cible. La sous- catégorisation représente un genre hybride entre une analyse schématique et une analyse reposant sur les attributs. (Qui fait de la recherche ? Les doctorants font une thèse)

4Si la sous catégorisation s’avère impossible, alors l’impression reposera entièrement sur des attributs.
Si les gens catégorisent facilement quelqu’un susceptible de l’être de différentes façons, qu’est-ce qui guide leurs choix ?

  1. La saillance perceptive (une étudiante en chimie sur une centaine d’hommes, catégorisation en tant que femme, contraste entre la majorité et la perception)

  2. Les buts poursuivis au moment de la catégorisation (tombe dans la rue=>médecin, c’est un Hindou. On active la catégorie médecin, si raciste, pas de médecin car il est hIndous.

  3. L’accessibilité temporaire ou chronique du concept

  4. L’heuristique de similitude ou de représentativité.



Etude en 1970 aux Etats-Unis : plusieurs psychologues se sont présentés dans divers hospitaux psychiatriques car souffraient d’entendre des voix. Ils ont été reçus avec un diagnostique de schizophrénie pour 11 d’entre eux et troubles maniaco-dépressifs pour 1. Dans l’Hospital, ils notent tout, le nombre de médicaments, visites des médecins. Puis à un moment ils disent qu’ils ne souffrent plus et qu’ils veulent sortir. Ils sortent en moyenne après 19 jours avec des schizophrénies en rémission et troubles maniaco-dépressifs en rémission. Les attributs qu’ils avaient=> l’équipe soignante croyait que leur attitude normale était un biais de confirmation (mais les malades ne sont pas dupes) quand ils ont publiés les résultats, ce fut un tonnerre. Puis les psychologues disent qu’ils vont leur envoyer des faux patients, en fait ce n’est pas vrai et les psychiatres tombent dans le piége.

LES PERCEPTIONS SOCIALES IMPLIQUANT DES INTERACTIONS ENTRE LE PERCEVANT ET LA CIBLE
Introduction :

Lorsque nous avons la possibilité d’interagir avec la cible, quel est son rôle dans la formation d’une impression ?

Lorsque nous utilisons nos schémas, comment influent-ils sur notre comportement envers la cible

Quelles sont les conséquences de nos actions sur le comportement de la cible et, éventuellement, sur les perceptions ultérieures que nous aurons de la cible ?

L’influence des interactions entre un percevant et une cible sur les comportements manifestés par les deux parties et les conséquences de ces interactions sur les perceptions qui en résultent.

Le rôle joué par la cible dans la formation d’une perception.


  1. La vérification confirmatoire des hypothèses.


Les perceptions (croyances, hypothèses) conçues sur les autres peuvent nous amener à chercher les informations qui confirment nos hypothèses. Beaucoup de recherches montrent que chacun de nous interagit avec autrui de façon à confirmer les idées qu’il a des gens qui l’entourent.

L’expérience de Snyder et Swann : les gens sélectionnent les questions en fonction de la tâche qui leur est assignée, c'est-à-dire qu’ils choisissent de préférence des questions introverties pour mesurer l’introversion et extraverties pour mesurer l’extraversion.

Il existe des situations au cours desquelles les percevants sont moins susceptibles d’utiliser des questions menant les cibles à confirmer leurs hypothèses. Le fait d’avoir un besoin d’informations valides réduit chez les individus leur envie de confirmer sélectivement leurs hypothèses.

Lorsque les individus prévoient de travailler avec la cible ultérieurement, ils posent des questions plus précises et il devient moins probable qu’ils vont s’engager dans des processus les amenant à confirmer sélectivement leurs hypothèses (croyances initiales). Dans certains cas, la confirmation des hypothèses amène une autoréalisation de la prophétie.


  1. Les prophéties qui s’autoréalisent :




  • Ce concept a été introduit par Merton (1948)

  • Les prophéties s’autoréalisant ou « effets de confirmation comportemental » consistent dans le fait qu’une personne ayant initialement adopté des croyances erronées, a propos d’un individu, amène cet individu à se comporter de telle sorte qu’il confirme ces croyances.


Le paradigme expérimental de Rosenthal et Al :

*Ils ont démontré que quand les expérimentateurs travaillent avec des rats ordinaires mais présentés comme brillants par le type de tâche qu’ils avaient à accomplir, ils obtenaient effectivement de meilleurs résultats que les expérimentateurs auxquels on avait présentés les rats comme « très mauvais ».

*L’expérience de Rosenthal et Jacobson visant à vérifier l’existence de prophéties qui s’autoréalisent dans le milieu scolaire.
Snyder et Coll. Ont étudiés les processus sous jacents à ce phénomène. Ils ont nommé « paradigme de la confirmation behavioriste » le phénomène des prophéties qui s’autoréalisent.

Pour faire ressortir la nature des processus comportementaux à la base de la confirmation des attentes initiales des percevants (l’expérience de Snyder et Al en 1977).

Pour distinguer les circonstances où il y avait interaction entre un percevant et une cible des circonstances ou des prophéties pouvant se réaliser sans interaction entre les deux individus.

    • Les schémas constituent des structures cognitives qui influent non seulement sur la façon dont l’information est perçue mais aussi sur le déroulement des interactions dans des contextes sociaux.




  1. Le rôle de la cible dans les perceptions sociales.


Lorsque nos interactions avec les gens qui nous entourent sont influencées de la sorte, notre perception initiale se trouve confirmée, ce qui a pour effet de nous inciter à forger une croyance sur les gens de notre entourage (les schémas).

Quelques fois, les gens qui ont des perceptions erronées des autres rencontrent des individus qui considèrent ces perceptions d’eux comme incorrectes.

Qu’advient-il alors des croyances du percevant ? En d’autres termes, qui du percevant ou de la cible, va réussir à changer la perception de l’autre ?

Selon Swann et Ely, la capacité des individus de résister aux influences des percevants pouvait être expliqué par le degré de certitude que les gens ont quant à leurs propres perceptions (concept de soi).

Les autoperceptions de la cible constituent des déterminants plus puissants que les attentes des percevants quant au comportement de la cible.

Les confirmations behavioristes se produisent seulement que lorsque les cibles sont incertaines et que les percevants sont certains de leurs croyances.

Selon Swann en 1987, les individus jouent un rôle très actif dans les contextes de perceptions sociales afin de s’assurer qu’ils sont perçus conformément à leurs propres croyances. Pour ce faire, ils peuvent utiliser plusieurs stratégies qui consistent à :

-choisir des partenaires avec qui ils veulent interagir de façon à s’assurer que ceux-ci les perçoivent selon leur autoconception.

-de déployer un éventail d’indices correspondant à la façon dont nous désirons être perçus.

-adopter des stratégies appropriées avec autrui de manière à influencer ses perceptions.
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