Résumé : On distingue trois stades dans l’évolution des méthodes d’équivalence. C’est le dernier stade qui correspond à l’apparition des méthodes autonomes, auxquelles cet article est consacré.





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1.2. Le refoulement des charges indirectes : 1960-1980


C’est après les hausses de salaires de 1936, dans un contexte économique de crise que l’intérêt pour l’allocation des « frais généraux », comme il était dit alors, a suscité l’intérêt des responsables d’entreprise pour la méthode des sections homogènes. Il semble, en revanche que dans la période de forte croissance que connaît la France dans les années 1960, le souci de maîtriser les charges indirectes ne soit plus prioritaire pour les managers qui se préoccupent d’abaissement du coût de revient par le volume et d’accroissement de marge bénéficaire. Le direct costing leur donne, de ce point de vue, toute satisfaction. Celui-ci ayant de surcroît l’avantage d’une simplicité extrême, voilà les méthodes d’équivalence battues sur le terrain même qui leur avait valu une certaine reconnaissance au cours de la période précédente.

1.2.1. Le succès du direct costing : 1960-1980


Le raisonnement séparant les coûts fixes et les coûts variables en fonction du volume d’activité accompagne les premiers ouvrages français de comptabilité industrielle au 19e siècle, encore que la distinction entre, d’une part, frais directs et frais variables, et, d’autre part, frais généraux et frais fixes, n’y soit pas clairement établie.

Dès lors, pourquoi ce nom de direct costing ?

Il apparaît pour la première fois en 1951 sous la plume d’un contrôleur de gestion américain, Waldo Neikirk, dans la revue National Association of Cost Accountant (NACA). En vérité, comme en France, la séparation charges fixes et charges variables était connue et appliquée depuis fort longtemps aux Etats-Unis, avec le graphique du point mort (break even chart). Plusieurs ingénieurs (Hess, Knoeppel, Rautenstrauch), dans les années 1920 peuvent s’en voir attribuer la paternité. Plus encore, l’histoire du direct costing fait remonter à un article de 1936 la présentation achevée de son principe (Weber, 1966). Il est vrai que durant les quinze années qui séparent cet article de celui de Neikirk, (1951), le raisonnement qui conduit à faire abstraction des frais fixes n’était pas dans l’air du temps. D’abord, la politique lancée par Roosevelt dans le cadre du New Deal visait à promouvoir, via les syndicats professionnels, les méthodes de calcul de prix complet pour lutter contre la déflation. Puis, avec l’entrée en guerre de l’Amérique en 1941, de nombreux prix furent fixés par l’Administration selon la méthode du cost plus qui inclut tous les coûts.

En revanche, dans les années 1950, le direct costing connut un véritable engouement aux Etats-Unis. Rappelons que c’est au cours de cette période que des « missions de productivité » permirent à des Français d’étudier les méthodes américaines de management qui les rendirent enthousiastes pour les coûts standards. À la différence de ceux-ci, le direct costing ne mit pas quarante ans pour être connu, sa diffusion se fit en quelques années. Certes, en 1952, Parenteau, directeur de la CEGOS, y23 fait une allusion péjorative, le qualifiant de « méthode commerciale appelée dumping » (Parenteau et Charmont, 1952, p. 30). Mais lorsqu’en 1954, Lauzel utilise le premier l’expression américaine devant la Fédération des compagnies de chefs de comptabilité, les termes se sont adoucis et la diffusion suivra rapidement, selon la chronologie suivante :

1955 : premier article dans une revue professionnelle ;

1956 : une étude de fond est lancée sous l’égide du Conseil supérieur de la comptabilité ;

1958 : un ouvrage est publié pour présenter spécifiquement la technique ;

1959 : le Centre de perfectionnement aux affaires (CPA)24 présente un cas (tiré de Saint-Gobain et Renault) dans lequel est abordé le direct costing ;

1961 : la méthode fait l’objet d’un sujet d’examen pour l’obtention du brevet professionnel comptable.

Il n’est pas question ici de présenter les différents avantages et inconvénients de cette méthode par rapport à d’autres. Ce qu’on peut relever pour notre propos c’est la coïncidence entre la phase de forte croissance économique de la période et le recours à cette approche qui permet de relier aisément le coût, le volume d’activité et les profits, alors qu’en situation de tension, ce sont davantage les méthodes de coût complet qui sont convoquées pour détecter les affaires non rentables ou ajuster les prix sans détériorer le marché. Deux autres avantages évidents du direct costing sont sa simplicité de mise en œuvre et sa présentation facilitée pour les managers, puisque les frais généraux fixes disparaissent, sans parler des complications que posait l’imputation rationnelle quand elle était utilisée.

Début des années 1950, nous avons vu que les méthodes d’équivalence avaient profité de la lourdeur des sections homogènes et du climat inflationniste de la guerre de Corée qui rendait l’introduction des standards moins opérante. Dix ans plus tard, la simplification apportée par les équivalents pèse de peu de poids par rapport à celle que propose le direct costing. Certes ceux-ci, en théorie, n’éliminent que les frais fixes, pas les frais indirects qui sont la cible des méthodes autonomes d’équivalence ; mais, dans la pratique, l’intersection entre les deux est grande, surtout il y a un demi-siècle. Baignés dans une atmosphère d’expansion, les managers sont moins soucieux du contrôle des frais indirects. À partir des années 1960, l’époque est à la découverte du contrôle de gestion et le direct costing prétend justement donner une représentation des coûts sur lesquels les gestionnaires peuvent avoir prise : les frais variables, leur influence sur les frais fixes étant jugée mineure. Le direct costing rejoint la méthode des sections homogènes et des coûts standards comme méthode dominant le champ de la comptabilité analytique et tend à éclipser la méthode GP.

1.2.2. La survie de la méthode GP dans les années 1970


Suzanne Perrin avait tenté de continuer l’œuvre de son mari, notamment par une activité de publication entre 1959 et 1977 sous son nom (Perrin S, 1959, 1976a, 1976b, 1977, et plusieurs articles dans L’Usine Nouvelle entre 1961 et 1967) ou sous le pseudonyme de Xavier Serrières (Serrières, 1969). Mais devant les difficultés que rencontra son cabinet de conseil « La Méthode GP » dans les années 1960, elle finit par confier la diffusion de la méthode à d’autres consultants : l’Institut d’Études et de Mesure de Productivité (IEMP) en 1969, puis, en 1971, le cabinet Maynard France. À partir de 1975, la commercialisation fut assurée par le cabinet de consultants « Les Ingénieurs Associés » (LIA) que Jean Fiévez, un ingénieur de l’école des Arts et Métiers, avait repris en 1973. Il avait eu l’occasion de connaître la méthode GP en travaillant chez le cabinet « Maynard  »rance" qui l’avait envoyé en 1972 dans une filiale du groupe Dollfus Mieg et Compagnie pour faire une actualisation des coefficients GP. Dans l’accord qui fut signé avec le cabinet LIA en 1975, le cabinet s’engageait à ne pas apporter de modifications à la méthode sans l’accord de Suzanne Perrin. Après deux ans de collaboration, Suzanne Perrin décidait en 1977 de ne pas renouveler l’accord. Néanmoins, conformément au contrat, le cabinet LIA pouvait continuer à exploiter une méthode similaire à condition d’en changer le nom, ce qu’il fera sous le nom de méthode UP (méthode des unités de production). Dans les années qui suivirent, la méthode UP fut mise en place dans quelques PMI, notamment avec le concours de l’ingénieur Robert Zaya qui avait rejoint son camarade de promotion de l’école des Arts et Métiers au cabinet LIA. À part cela, la méthode GP tomba quasiment dans l’oubli dans les années 1970-1980, même si on la trouve encore citée dans les cinq éditions de l’ouvrage de Lauzel entre 1971 et 1988 et dans quelques manuels francophones (Baranger et Mouton, 1997 ; Burlaud et Simon, 1997). Deux cas du CPA, l’un en 1958, l’autre en 1960, l’ont évoquée. Elle continua néanmoins à se développer au Brésil, diffusée initialement par des membres de la belle-famille de Perrin : les Lage.


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