Atelier 2 table ronde innovation





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Forum CAC

31 janvier 2017

SOMMAIRE

ATELIER 2 – TABLE RONDE INNOVATION

Vers une renaissance digitale de l’audit ?


Jean-François MALLEN

Je vais commencer par vous présenter les personnes autour de cette table ronde.

  • Monsieur Patrick MARTIN, vous êtes chef d’une entreprise familiale qui tangente les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie environ 1 800 personnes sur tout le territoire national. Vous êtes également le nouveau président du MEDEF Auvergne Rhône-Alpes qui s’est agrandi pour vous accueillir.



  • Monsieur Patrick BERTRAND, vous êtes directeur général de CEGID. Vous êtes également très régulièrement dans des cercles d’économistes, notamment sur BFM, et c’est toujours très intéressant à entendre.




  • Monsieur Bruno DELAS, vous êtes Chief Operating Officer des réseaux de la banque de détails en France pour la Société Générale mais également directeur d’Innovation, Technologies et Informatique pour les Métiers (ITM). Vous allez représenter les banques et les transactions financières.




  • Monsieur Olivier ARTHAUD, vous êtes président de la Compagnie Régionale de Lyon.




  • Monsieur Farouk BOULBAHRI, vous êtes président de la Compagnie Régionale d’Aix-Bastia, qui se trouve être à Marseille.




  • Monsieur Laurent MAHÉO, vous êtes président de l’association des Directeurs Financiers et de Contrôle de Gestion (DFCG) d’Ile-de-France, responsable de Practice Innovation et extra-financières au sein du collège de cette DFCG. Vous êtes également fondateur de la start-up Studio Finance et vice-président de France Blocktech en tant que consultant.

Je vous propose de commencer cette table ronde par un petit panorama de données pour se remettre les choses en tête.

Sur le commerce électronique, nous sommes en France un petit peu en dessous de l’Allemagne et du Royaume-Uni en nombre de transactions en achats et en ventes, ainsi qu’en nombre de sites web. Nous en avons 17 pour 20 au Royaume-Uni. Pour autant, nous ne sommes pas complètement en dehors des clous. En termes de volume depuis l’année 2005, année où nous avons muté de nos vieilles normes au NEP, la France a commencé à développer son e-commerce avec, depuis 2012, le m-commerce avec le mobile. La croissance va dans un sens exponentiel. Les sites marchands sont également de plus en plus nombreux, avec 182 en 2015. Dans le top 5 des sites de e-commerce, nous retrouvons Amazon, CDiscount, la Fnac, EBay et Voyages-SNCF.

Le business du B to B commence à se développer. Il y en a beaucoup plus dans des pays comme l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas. La France est un peu à la traîne. Cela concerne surtout le secteur des TIC et de l’informatique, davantage que le commerce, mais, pour autant, certains sites de commerce de la réparation automobile restent assez réputés. La part de vente dans le commerce B to B représente 18 % du total des transactions B to B. Je ne m’attendais pas à ce volume-là. Enfin, 25 % des e-acheteurs sont des PME de moins de dix salariés. Cela se développe. On entend parler de certains services achats qui font des recherches internet, pour les voyages notamment.

Dans les Echos du 2 décembre, il a été question de la sortie de la nouvelle chaussure auto-laçante de Nike et sa stratégie de commerce quelque peu différente. Il faut désormais passer par l’application de commerce en ligne de Nike pour pouvoir acheter cette chaussure qu’on ne trouve pas dans les magasins. C’est assez novateur. Nous voyons les magasins aller sur internet mais également les e-commerces ouvrir des zones de vente où on peut se déplacer.

Beaucoup de questions restent posées. D’après le Figaro du 25 janvier, les ETI négligent le filon du Big Data. J’ai entendu Monsieur MAHÉO parler de Best Data, plutôt que de Big Data. Les Français ne sont pas encore investis là-dedans, même des entreprises de tailles importantes. Seulement 15 % d’entre elles ont un Chief Digital Officer. Un fonds investit pourtant beaucoup d’argent dans les sociétés et la gestion de la Big Data. C’est donc quelque chose à venir.

Yann KERGROHEN dit que les cadres qui ont des compétences prennent des décisions bêtes et méchantes quand ils sont face à des outils informatiques. Outre la digitalisation, le process est renforcé par des formations qui font peu cas de la créativité. Le problème ne serait pas tant lié à des questions d’intelligence et de bêtise mais davantage de culture. Notre génération serait condamnée à ne pas réussir et il faudrait attendre que les jeunes arrivent. Enfin, les internautes qui évoluent dans un environnement économique en Rich media ont plus de mal à accéder à l’esprit critique. C’est la contrepartie. Nous sommes pour notre part assez prudents par rapport à cela.

Tout cela est intéressant. Ce sont des facteurs d’enrichissement de notre réflexion. Que nous disent les prévisionnistes ? CISCO annonce 5,5 milliards d’utilisateurs de mobiles dans le monde en 2020, soit plus que de personnes équipées en électricité. XERFI nous dit que l’e-commerce en 2020 prévoit 60 % d’augmentation des ventes en ligne et 90 milliards de chiffre d’affaires dans le e-commerce, soit 6,5 % de la consommation des ménages. Les commandes en B to B devraient accroître de 30 % d’ici à 2020 et représenteraient 25 % du total des ventes professionnelles en France. Enfin, E-Commerce Foundation annonce que les market place détiendront 39 % du marché retail online. Vous allez nous expliquer tout cela.

Je vous propose de donner la parole à Patrick Bertrand afin qu’il nous parle de la digitalisation des données comptables. Quelle est la réflexion de CEGID en la matière ?

Patrick BERTRAND

Merci. Tous mes vœux, en particulier à ECF. C’est une année d’élections et je ne peux que souhaiter plein de bonnes choses à ceux et celles qui s’impliquent. Je réagis à la présentation et je crois avoir entendu quelques réactions dans la salle. Il est très provocateur de dire que ce nouveau monde serait réservé à une tranche d’âge et pas à d’autres. Des statistiques contraires montrent notamment que la population au-dessus de 50 ans ou la population retraitée est une cible extraordinaire qui utilise beaucoup l’environnement e-commerce. D’autre part, une étude de McKinsey sortie il y a dix-huit mois montrait une forme de paradoxe français dans le domaine du digital. Nous sommes en effet à la 3e ou 4e place en matière de digitalisation de la personne physique et à la 15e place en matière de digitalisation des entreprises.

Nous avons effectivement un travail à réaliser. Il est déjà commencé au niveau du MEDEF pour faire en sorte que les entreprises françaises se saisissent de cette opportunité.

Enfin, j’ai fait partie de ces gens qui, il y a huit ou dix ans, luttaient contre l’annonce que le monde deviendrait Clic & Clic. Je n’y ai jamais cru. Nous voyons effectivement aujourd’hui que les grands sites de e-commerce montent des boutiques et que les grands réseaux de retailers ont monté des sites de e-commerce. L’enjeu important aujourd’hui est le suivi du parcours client : analyser comment vous fonctionnez dans votre vite au quotidien, quand vous allez sur un site, ou en boutique, quand vous commandez sur un site pour vous faire livrer en boutique, etc. Cette globalisation du parcours client est intéressante et fait le développement du business, notamment dans le domaine du retail.

Pour revenir plus précisément à ta question, nous voyons bien que la dématérialisation est une tendance extrêmement forte. Elle est sous-tendue par deux éléments, d’une part le besoin de productivité de toutes les entreprises, y compris les cabinets comptables, et par ce cadre défini par l’OCDE de lutte contre la fraude fiscale. Quand on cumule ces deux éléments, on arrive naturellement à un environnement qui a déjà démarré. La profession avait d’ailleurs beaucoup travaillé sur ces logiques-là. Arrive maintenant ce fameux article 88 qui va se mettre en place au 1er janvier 2018. Il posera l’obligation de prouver l’inaltérabilité des écritures qui ont été passées en face d’un encaissement. Cela signifie archivage à valeur probante et inaltérabilité de l’écriture. Le sujet est venu de cette lutte contre la fraude fiscale et de la façon dont les logiciels permissifs ont appelé l’administration fiscale. Des logiciels permettaient effectivement aux commerçants de revenir sur l’écriture et de traiter les opérations comme ils le souhaitaient.

Enfin, j’attire souvent l’attention sur un élément beaucoup plus vaste sur lequel on a le sentiment que cela concerne le secteur public et pas les entreprises privées, et donc pas vos clients à vous experts comptables et commissaires aux comptes, c’est le travail remarquable sur ce sujet de l’administration française avec la plate-forme Chorus. Il y a une montée en puissance entre 2017 et 2020. A cet horizon, la totalité des acteurs économiques qui auront besoin d’avoir un lien avec l’administration, tel le boulanger qui fournit l’école communale, devra passer par un lien dématérialisé au travers de cette plate-forme Chorus. Ce ne sera donc pas simplement les gens qui travaillent avec les secteurs publics. Tous les acteurs vont être concernés. On ne pourra plus avoir de liaison directe avec l’administration donneuse d’ordre si elle ne se fait pas sous l’angle de la dématérialisation.

Voilà pour le cadre global. Si l’on revient sur la logique de productivité et les grands débats sur ce qu’amèneront l’automatisation, la mécanisation et la robotisation, une partie du métier de la profession comptable peut être automatisée de façon précise. Même s’il n’y avait pas l’objectif de productivité avec un redéploiement des collaborateurs et collaboratrices que l’on a, ce sera de toute façon une obligation de « compliance » par rapport à l’administration fiscale et aux pratiques clients-fournisseurs avec l’administration.

Jean-François MALLEN

En tant qu’expert-comptable, je vois bien que notre métier va connaître une mutation. Le président ARRAOU en parlera d’ailleurs tout à l’heure. En tant que commissaires aux comptes, nous avons aussi une évolution qui va être inévitable. Il faudra que l’on comprenne la complication que vont introduire ces données de flux qui vont arriver de toute part avec des clefs de vérification et de sécurité qui vont arriver de toute part. Nous allons avoir une évolution de notre démarche. La CEGID a-t-elle commencé à porter des éléments de réflexion pour valider cela ?

Patrick BERTRAND

Oui. J’ai parlé de l’automatisation. Le deuxième niveau qui concernera plus justement le sujet des commissaires aux comptes est qu’il ne s’agira plus d’un travail sur pièce. Vu le nombre d’écritures comptables existantes qui seront en plus dématérialisées, la nouvelle étape des éditeurs sera l’outil à base de data mining et d’intelligence artificielle. Cette dernière utilisera des logiciels qui établiront des corrélations intelligentes pour permettre en interne à l’entreprise ou au contrôleur externe de réaliser des contrôles de cohérence. Le travail va évidemment bouger, avec des possibilités de vérification et de contrôle de la véracité de la donnée comptable par rapport aux standards qui va être démultipliée. Cela suppose un travail considérable du côté des éditeurs mais également une forme d’exercice de la profession, du métier ou de la mission du commissaire aux comptes qui va se décaler de façon intéressante et intelligente.

Farouk BOULBAHRI

Ce que dit Patrick est très important. Aujourd’hui, lors de l’exercice de sa mission, que fait le commissaire aux comptes ? De la reconnaissance et de l’évaluation des risques inhérents au niveau de l’activité, comme tu l’avais dit en préambule. En réponse à cette analyse de risques, nous mettons des tests de procédure et des tests de substance en place. Nous voyons très bien aujourd’hui que lors de l’exercice de nos missions, avec tous ces flux et toutes ces données, il est très difficile de se passer d’un outil informatique. Je ne parle pas là du simple logiciel de traitement. Il faut aller au-delà. C’est un outil d’analyse des données. Nous allons effectuer des tests sur des populations que l’on va sélectionner et non pas sur l’intégralité des flux que l’on va recevoir. Les volumes à traiter vont être de plus en plus importants et l’outil d’analyse va nous permettre d’aller de plus en plus vite. Cela nous permet aussi d’orienter nos contrôles de manière différente et de monter en gamme nos collaborateurs sur les missions des commissaires aux comptes.

Jean-François MALLEN

C’est une belle transition. Je vais donner la parole à Monsieur Laurent MAHÉO. A votre avis, comment notre métier va évoluer ? Quelles sont les modifications les plus remarquables que nous allons avoir ? Vous parlez volontiers de Best Data plutôt que de Big Data, mais aussi de Robot Advisory et d’intelligence artificielle. Ce sont des outils que nous ne connaissons pas. Ils vont impacter notre vie de demain et cela m’intéresse beaucoup d’avoir votre avis.

Laurent MAHÉO

Je vais m’inscrire en continuité des propos qui ont été tenus. Cela fait à peu près dix-huit mois en France que c’est la panique et la frayeur avec « l’ubérisation » de la profession d’experts comptables. Premièrement, n’ayez pas peur. La seule profession présente dans chaque entreprise est celle d’expert-comptable. A partir d’un certain seuil, la seule garantie par rapport aux risques encourus par rapport à la viabilité et à la soutenabilité des modèles économiques est le commissaire aux comptes. Vous êtes dans la place. Il serait dommage de la perdre au profit d’autres. Les métiers vont peut-être changer et vous ne pourrez alors plus mener de front ou avec d’autres partenaires ces activités. Qu’est-ce qui va changer dans votre métier ?

Le « guru » des start-up, auquel je souscris complètement, a donné une analyse en cinq phases :

  • L’insatisfaction client que vous évoquiez tout à l’heure ;

  • Les mécanismes de défragmentation de marché. Entre les producteurs de service que vous êtes et les clients vont s’intercaler de nouveaux acteurs. Vous devrez décider de les bloquer ou de les intégrer.

  • La redistribution du travail. Vous êtes aujourd’hui 20 000 cabinets comptables, 18 000 sociétés structurées et 130 000 collaborateurs sur la partie expert-comptable. Beaucoup d’entre eux font encore du bookkeeping, alors que c’est fini. Vous voyez bien qui vous challenge, et les entreprises prennent des solutions elles-mêmes. Des moyens et petits acteurs viennent d’arriver. La fine tech de l’an dernier est Georges le Comptable, qui sera bientôt capable de faire de la comptabilité dans la blockchain. Cela signifierait que l’on aurait même plus besoin de comptabilité en partie double. La transaction se fait de manière immédiate et sans contrepartie. Cela va amener d’autres sujets dans vos métiers.

  • L’automatisation des nouveaux modes. Nous ne sommes plus dans la dématérialisation ni la numérisation mais déjà dans la post-digitalisation. Il n’y a plus aucune source papier. La puissance publique a avancé sur la facture électronique et sur le fichier de validation des écritures comptables. L’acteur public donne encore le La au Danemark où la facturation automatique – la full automatic invoice – est passée en neuf mois. Vous allez voir que quand les plus grosses vont y aller, elles engageront tout un processus pour changer leur supplation finance.

  • Dernier élément, dans la population de Business Angels, qui ne représentent que 40 millions de financement par an, 1 euro de financement de Business Angels est associé à 7 euros de financement en privé. Qui sont les premiers acteurs ? Les experts comptables et les commissaires aux comptes, et non les directeurs financiers. Vous avez des tickets sur des start-up. Vous allez devoir intégrer de plus en plus pour faire de la recherche et du développement permanent.

N’ayez pas peur. Vous êtes dans la place. Les techniques ne sont pas impressionnantes à maîtriser. Vous êtes un métier de contact et de relation et cela aura toujours sa valeur. Si vous ne l’oubliez pas, vous ne perdrez pas votre position de conseil et de vigilance auprès des entreprises. Voilà vers quoi inclinera votre métier.
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