Les groupes sociaux





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LES GROUPES SOCIAUX
● La notion de groupe social

Dans la théorie sociologique, les analyses en termes de strates sociales, concevant la société comme une sorte de mille-feuilles, s’opposent aux analyses en termes de classes, qui mettent l’accent sur les rapports antagonistes entre les groupes sociaux.

 Définition de groupe

La notion de groupe social renvoie à une réalité hétérogène : une foule, une classe sociale, un parti politique, un club de foot, un couple, forment autant de groupes différents.

Au sens général, le groupe est constitué par une association d’au moins 2 personnes. Il faut cependant distinguer les groupes partiels du groupe global que constitue la « société » et qui se définit selon Georges Gurvitch (sociologue français d'origine russe (1894 1965), héritier de Marcel Mauss), comme un ensemble de groupes.

Albion Small (1854-1926,) sociologue américain a proposé en 1905 (General agrégat de Sociology) une définition très générale du groupe: « Le terme groupe est une appellation sociologique utile pour désigner un certain nombre (grand ou petit) de gens, entre lesquels on découvre des relations telles qu'on doit les considérer ensemble ».

 Définition de groupes sociaux

Depuis, les sociologues ont pris l'habitude de définir de manière plus précise ce que l'on appelle les groupes sociaux pour les distinguer des simples agrégats physiques ou de catégories statistiques.

On insiste généralement sur deux critères :

  • l'existence d'une interaction — directe ou indirecte — entre les personnes composant le groupe

  • la conscience d'une appartenance commune.

Le sociologue Robert King Merton (US, 1910-2003) a ainsi proposé une définition qui met en avant deux catégories de critères :

  • les individus doivent être en interaction ou avoir des rapports sociaux qui obéissent à des règles préétablies (critère objectif) ;

  • ils doivent se définir eux-mêmes comme membres du groupe et être définis par les autres comme étant membres du groupe (critères subjectifs).

Cette définition permet de distinguer le groupe social d'autres groupements de personnes qui n'en sont pas. Par exemple un simple agrégat physique, constitué par le regroupement de personnes en un même lieu ne constitue pas un groupe social. Ainsi en est-il du rassemblement d'individus sur une place publique pour regarder un spectacle, ou encore des personnes qui attendent un autobus dans la rue.

Par contre, il suffit qu'un incident survienne, qu'un danger commun guette ces individus pour qu'ils constituent un groupe social temporaire. Par exemple, s'il surgit une dispute entre les personnes attendant le bus, certains vont développer des comportements d'entraide ou d'agressivité vis-à-vis d'autres. Bref, il s'établira, pour une durée temporaire, une relation sociale au sens de Weber : le comportement des uns s'orientera par rapport au comportement des autres et réciproquement.

 Groupe social et intérêts communs

La définition proposée par R. Merton exclut également que l'on puisse identifier le groupe social au simple agrégat statistique par lequel le chercheur regroupe des individus en fonction de similitudes comme l'âge, le sexe, la profession, ou le niveau de revenu.

Des caractéristiques communes ne suffisent pas à elles seules à fonder l'existence d'un groupe social et l'appartenance de plusieurs individus à une même catégorie socioprofessionnelle (au sens de l'INSEE) ne saurait, par exemple, en faire un groupe. Par contre, de ces similitudes il peut résulter des intérêts communs — non nécessairement conscients — qui feront de ces individus un groupe latent, appelé encore quasi-groupe, par le sociologue allemand R. Darhendorf.

Mancur Olson a montré que plus un groupe latent est de grande taille moins il a de chance de réussir à s'organiser pour promouvoir les intérêts communs à ses membres. D'abord, parce que la contribution de chacun peut paraître négligeable à la réussite commune ensuite, parce que la rétribution à en attendre sera réduite enfin parce que les coûts d'organisation risquent d'être particulièrement élevés. En conséquence, les petits groupes seront généralement plus actifs et plus efficaces que les grands groupes.

● Différentes formes de groupes

 Groupes primaires et secondaires

Le sociologue américain Charles Horton Cooley (US, 1864-1929) a proposé en 1909 dans Social Organisation une distinction très importante entre groupes primaires et groupes secondaires.

  1. Les groupes primaires, qui sont généralement de petite taille, sont définis comme des groupes de face à face ou dominent les rapports interpersonnels. L'identification des individus au collectif est forte et les rapports de sympathie, de coopération et d'aide mutuelle dominent au sein du groupe ; si l'existence de rapports de compétition au sein du groupe n'est pas pour autant entièrement exclue, ces derniers restent toujours emprunts de loyauté, la satisfaction de l'intérêt personnel étant subordonnée à l'intérêt collectif.

Charles H. Cooley identifie trois groupes primaires principaux : la famille, le groupe de camarades et le groupe de voisinage.

Ces groupes sont qualifiés de primaire pour trois raisons :

    • d'abord parce que c'est en leur sein que les individus font leur première expérience de la vie sociale ;

    • ensuite parce qu'ils ne se modifient pas comme les autres groupes qui dérivent d'eux ;

    • enfin, parce qu'ils ont un caractère universel, c'est-à-dire qu'on les rencontre dans tous les types de sociétés.

  1. Les groupes secondaires, généralement de taille plus grande, sont caractérisés par des relations plus superficielles, reposant principalement sur des bases utilitaires.

Les groupes de défense d'intérêts tels que les partis politiques, les syndicats et les associations constituent de bons exemples de groupes secondaires. Ils ne concernent qu'une partie de la vie des individus et ne les engagent pas au niveau de leur personnalité toute entière.

Dans les groupes secondaires, le contrôle social des membres (ensemble des pressions exercées par les membres d’un groupe pour amener l’ensemble de ceux ci à se conformer à ses normes) fait donc l'objet de règles codifiées et est généralement confié à des organismes spécialisés (commissions de discipline, par exemple) ; au contraire, dans les groupes primaires le contrôle social est davantage informel et spontané. Il s'exerce à travers les manifestations d'approbation ou de réprobation qui scandent les contacts quotidiens entre les membres du groupe.

 Groupes d’appartenance et de référence

  1. Le groupe d’appartenance est celui auquel l’individu dit appartenir ou auquel il est censé appartenir

  2. La notion de groupe de référence a été mise en évidence d'abord par George Caspar Homans (US, 1910-1999) et par Herbert H Hyman en 1942, puis a fait ensuite l'objet d'une systématisation par R. Merton.

Le groupe de référence a d'abord une fonction comparative. Il sert de base de comparaison aux individus pour s'évaluer et évaluer les autres.

Par exemple, un groupe social évaluera sa situation par rapport au groupe placé immédiatement au dessus de lui : s'il voit la situation de ce groupe s'améliorer, alors que la sienne ne bouge pas, il en conclura à une détérioration relative de sa propre situation (théorie de la frustration relative).

Mais le groupe de référence exerce également une fonction normative. Le groupe de référence est celui qui sert de modèle normatif pour un individu. Mais le groupe de référence peut également être « négatif » et servir de repoussoir : on s'opposera à tout ce qui vient de lui, par principe, et on adoptera alors une attitude inversée par rapport à la sienne.

Deux problèmes restent posés.

  • D'abord qu'est-ce qui détermine un individu à prendre comme référence un autre groupe que celui auquel il appartient ?

En fait, on peut distinguer deux cas de figure :

    • Le premier correspond à une situation où l'individu se sent rejeté par les autres membres du groupe : il est donc conduit à chercher une reconnaissance sociale auprès d'un autre groupe.

    • Le second correspond à une situation où l'individu se sent attiré par un autre groupe au sein duquel il espère être prochainement promu : l'adhésion aux normes du groupe a donc une fonction de socialisation anticipatrice à de nouvelles fonctions.

  • Un second problème est celui du choix du groupe de référence. L'individu prendra généralement comme référence un groupe qui bénéficie d'un prestige plus grand que celui de son groupe d'appartenance mais qui reste cependant suffisamment proche de lui pour que le fossé entre les deux groupes ne soit pas infranchissable.

Ces deux règles ne sont cependant pas intangibles. Un individu peut s'identifier à un groupe de référence de condition sociale inférieure à la sienne. Il en est ainsi, par exemple, de « l'intellectuel engagé » qui s'identifie à la classe ouvrière.

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