Théorie du Projet de Paysage





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17/09/2012

Théorie du Projet de Paysage
Le paysage est une étendue d’une certaine amplitude. L’espace de la ville ou rural est plus contenu.
En quoi consiste le projet du paysage ? Comment, dans les siècles, on est arrivé à concevoir des choses précieuses naturelles ou artificielles ? On va parcourir cela à travers des parcs et jardins. Il faut pouvoir lier un discours avec des ingénieurs hydrauliques, des archéologues... Parfois on doit pouvoir prendre des mesures contre les agressions naturelles. Les Hollandais, plus grands constructeurs d’artefact paysagers, ont compris qu’il n’est plus question d’être en duel avec la nature. Il faut comprendre comment la nature fonctionne pour mieux bâtir. Il faut penser le durable autrement (techniques de chauffage, techniques énergétiques, adapter les structures naturelles de manière durable). Il faut trouver des solutions plus justes, mais parfois plus complexes. L’art n’est pas qu’originalité. C’est aussi la manière de répondre à des questions complexes d’une toute nouvelle manière. Certains jardins historiques répondent à la description de ce nouvel art. On apprécie les plus grands avancements de l’époque de construction. Vitrine philosophique, technique, artistique, idéologique. Lieux de synthèse formidables.
Mais qui accueillent ces lieux ? Les villes (jardins clos ou grands domaines ouverts) par exemple. On ne va pas les lire comme des œuvres, mais comme des projets à travers les yeux d’un architecte. Que peut-on retirer de ces lieux ? Chaque exemple sert à comprendre pourquoi l’architecte, le paysagiste, le jardinier se sont mis ensemble. Au 20ème siècle, ces lieux ont fait partie des grands espaces de qualité. Ce sont surtout les lieux publics. Le Jardin Botanique est devenu public en 1970. Sa fonction a changé, sa relation à l’habitant se transforme. Dans les années 80/90, on n’était presque plus capable de dessiner un jardin, un lieu où la végétation était justement présentée. Il y eut une vraie rupture entre l’héritage historique et la production des années 90. Il y a eu des personnages intéressants qui ont été des sortes d’éclaireurs qui ont agi dans les villes à travers des sortes d’Happening. Ils ont produit une série de nouvelles propositions parallèles aux architectures contemporaines.
On ouvre un domaine d’entre deux. On apprend à voir comment les architectes se sont frottés à d’autres spécialisations. Comment ont-il fait évoluer leur manière de travailler en architecture ? On a beaucoup d’information aujourd’hui. L’histoire est là, il ne faut pas la jeter. Soyons sélectifs, prenons-en le côté positif. On ne répète pas. Les expériences du passé peuvent nous aider à modifier quelque peu nos actions. Comment l’histoire devient une expérience de projet pour concevoir le nouveau ? Faut-il construire ? La question du durable se pose à nouveau. On ne se pose pas cette question après construction. Est-il nécessaire, comment doit-il être modifié ? Quels sont les éléments qui servent à répondre à ce geste.
Mais l’espace n’est pas vide, il est matière. Pourtant des conventions de langage existent. Bâti/non-Bâti est juste. Plein et vide est absurde. Le plein, c’est de la matière. On y porte des actions. Ce sont des lieux soumis à modification. La question est banale, mais essentielle. Regarde-t-on assez ce qu’il y a autour. Comment l’espace est-il composé ? D’où vient la qualité d’un espace ?
Nous passerons donc en revue des projets historiques, mais aussi contemporains. Ces projets se font en équipe : rigueur, expérience, motivation, sensibilité. Le vide qu’on définit de manière superficielle est plein de matière : l’air, le sol, la végétation... Etre plus intéressé par la campagne sous prétexte qu’elle est simplement plus sensée que la ville est une piètre argumentation. Comment, lorsqu’on parle de catégorie spatiale, peuvent-ils ne pas reconnaître la valeur de la végétation que ce soit à l’intérieur d’une ville ou dans une vallée rurale ?
Revue « Topos » alimente les illustrations du cours. Exercice simple : quelles sont les thématiques émergentes de ces dernières années dans ce type de revue ? On n’y retrouve pas des espaces publics. On peut y retrouver des monographies modernistes, des articles sur MVDR. Ces ouvrages s’occupent de questions en mettant l’accent sur le paysage, mais c’est clair qu’en voyant ces types de projet qu’il ne s’agit pas d’un monde à part. Ils font partie d’un système global.
De Wind utilise la forestation pour recréer des espaces faussement naturels. Ils évoluent dans le temps avec les techniques de la sylviculture. Artificiel, tel que la nature l’aurait fait.
Luis Barragan, lieu qui se reflète dans l’eau. Place publique entourée de logements sociaux. Il crée un lieu ludique, mais il crée surtout un lieu poétique dans lequel il n’y a pas que le béton et l’eau, mais aussi l’ombre et la lumière. Cette table d’eau est une citation de table d’ôte dans les jardins romain des années 1500. Il construit du moderne avec une connaissance historique.
Laurens Aldrin, sorte de canyon New-Yorkais. Il construit de vraies pièces en béton. L’importance, c’est la lumière, le son de l’eau. « Cathédrales sonores du parc de Seattle ».
Pomodorro, artiste qui conçoit, dans les années 70, un cimetière qui n’est pas en surface. Sorte de sillon dans la colline, sorte d’incision construite dans la terre. Question artistique, de construction et d’interprétation.
L’île de Rousseau, jardin des BrionVille. Les jardins de la ville d’Hadrien qui est une sorte de ville. Composition de construction massive sur un territoire naturel connu et compris. L’eau et la végétation deviennent aussi des éléments de construction.
Les problématiques d’époque sont les mêmes, mais les techniques évoluent. Comment dominer sans être assujetti ? En faisant l’exercice de lecture de Topos, qui ne fait pas de division professionnelle (convergence des métiers), on apprend une chose : il n’y a pas d’auteur de l’échelle moyenne, il n’y a pas l’auteur de grande échelle... Il n’y a pas celui qui fait la micro/macro échelle. La préoccupation est la même : comment construire nos milieux de vie ? Landscape, c’est une question d’étendue. On a forgé ce nouveau terme (anglo-saxon, où on forge toutes sortes de termes synthétiques visant une problématique) est une question qui est une profession. Ce n’est pas un urbanisme de fonctions et de planification. Madrid Rio, rénovation de fleuve délaissé en banlieue. Berlin 2030/2050 (Urban Landscape Strategy). Cette vision macro sert à asseoir les visions micro. La ville a été planifiée. Il y a des métiers qui conçoivent les grandes options de projets, il y a d’autant plus de possibilités d’embrayer de trouver des actions plus petites qui s’entre-aident pour constituer des choses intéressantes, des paysages urbains. Il faut être visionnaire, des architectes qui regardent l’espace. Venir accueillir des éléments différents. SMLXL, avec la notion très synthétique qu’il ne fait que dire que l’architecte se déploie à toutes les échelles. Interaction projectuelle entre les échelles.
New-York, Mobile-Isle

Travail fait à toutes les échelles. Icône de la modernité où l’homme construit son milieu. A toutes les époques la ville est porteuse de nouvelles politiques. Le 20ème siècle a été le retour sur l’identité de la ville. Pas seulement le grillage urbain, mais le poumon vert qu’est Central Park. Hampstead fait partie de ceux qui sont à l’origine de la densité urbaine très volontariste du lieu. Il n’y a pas que Central Park, le végétal est vu comme un élément de construction. L’homme se démocratise et dessine son espace. Les projets illustrés ne font que répondre à la demande des habitants.
Seoul as a Landscape System

Régénération urbaine, thématique à la mode. Ville très dense qui repense sa forme et ses besoins. On pense la ville comme un système paysager. Les termes sont importants. On n’oppose pas le plein et le vide : ils sont collaborant.
L’espace du forum de Barcelone, plage artificielle complètement construite. Quand Cerda a conçu la grille, rien n’était prévu du côté front de mer. La ville était une grille d’habitat verdurée. L’espace naturel était dédié à l’espace portuaire. La ville se régénère, elle cherche une adéquation entre nature et architecture. Toutes les villes connaissent des lieux de réinvestissement. Si on ne sait pas traiter ces problématiques, on ne peut pas dire que l’architecture peut trouver toutes les solutions seule. Elle doit s’enrichir de certains autres savoirs.
Reuse

HighLine de New-York. Cela vient d’un processus de participation et d’initiation d’un artiste. L’ancienne ligne de chemin de fer était déjà réoccupée par la végétation. Elle recouvre l’architecture. Ce processus a été accompagné par l’homme. Elément de design qui sert à redéployer une série de lieux abandonnés.
La Belgique est industrialisée et a beaucoup misé sur les infrastructures viaires. Ces ouvrages de grande construction. Ces lieux, comme au Canada, sont devenus des lieux d’appropriation urbaine. La dualité lieu occupé/lieu interdit doit être dépassée. On ne peut pas gaspiller le terrain. Quelle est la responsabilité d’un constructeur ? C’est ça le vrai enjeux.
Building with Landscape

On ne bâti pas sur le paysage, mais avec lui. Quel est le rapport entre l’architecte et le sol. On retrouve ainsi une série de projets. Inverser la topographie : ne plus se montrer en s’érigeant, mais plutôt en s’enfuyant dans le sol. Stade de la ville de Sienne, conflit formel avec la forme de l’architecture ancienne. Apparaître le moins possible est une question réelle de composition du sol. Lieu de production viticole inséré dans le sol par exemple. Faire apparaître architecture à flanc de colline. On peut aussi compléter le projet en complétant les lignes topographiques par exemple. Surplomber légèrement est aussi possible. Ce n’est pas une question de forme, mais plutôt de rapport avec l’existant. Dans quelle situation de dialogue on se situe avec le projet.
Urban Space

Echelle plus grande : rue, placette, croisement. Espace occupé par une terrasse d’un café, jardin, parc... L’espace public aux USA est presque privé, sponsorisé. Mais il y a une expressivité de la forme urbaine. La Park Avenue avec ces cerisiers remarquables. Avenue historique. Petits squares qui sont des jardins dans lesquels il n’y a que des chaises en métal. Ce ne sont pas des lieux excessivement dessinés. Ils fonctionnent et améliorent la qualité urbaine. Le Seagram Building, un des rares bâtiments qui fait un pas en arrière par rapport à l’alignement pour donner place à l’aménagement urbain. C’est encore aujourd’hui un lieu où les gens vont même s’il apparaît très sec (modernisme). MVDR avait choisi cette posture, même s’il n’était pas paysagiste (juste attentif). Certains espaces ne possèdent que des bancs, lieux très particuliers (bordure du quartier de Brooklyn). Met-on en évidence l’interaction entre nature et possibilité d’utiliser cette nature dans les tracés urbains ? S’il n’y a pas d’architecte qui s’intéresse à cela, s’il n’y a pas d’habitants qui veulent faire évoluer les choses, tout reste tel quel. L’architecte est un opérateur du changement.
Small Scale Interventions

C’est le fait de décider d’un parcours, de profiter d’un élément (parcours, couverture, promontoire, observatoire...). C’est la qualité de ces objets qui est importante. I ne faut pas les concevoir en objets industriels. Ils doivent surgir d’une question liée à l’environnement. Il y a interaction avec la capacité de lire la matière. Ces dimensions sont architecturales. On perd cela dans les nouvelles générations d’architectes. Elle vit hors-sol. C’est quelque chose face auquel il faut réagir.
Belvédère

Points de vue, parc des trois frontières entre Allemagne/Belgique/Hollande. Ces observatoires ont confinés, mais il faut pouvoir comprendre le paysage, le situer. On est en contact avec d’autres force, telles que le vent. L’horizontale sur la verticale. Le parcours est souvent un parcours horizontal face à des forces qui expriment ce qui est lié à la verticalité. La philosophie japonaise nous en apprend beaucoup. Le vertical façonne et donne un sens à la spatialité. Le ciel est la verticale par moment et change selon les régions. Il module la lumière. Cela devrait être matière dans l‘architecture. Clairière verticale qui découpe une portion de ciel.
Histoire de la mutation du rapport entre Homme et Nature

Le parc de la Villette tient compte des traces du passé. Tschumi s’appuie sur des acquis philosophiques. En tant qu’auteur de projet, le client n’est pas le maître. On doit réfléchir et faire réfléchir. Comme on réfléchit au bâti, on doit réfléchir au rapport à la nature. Il faut économiser ces ressources. L’eau n’est pas une question d’économie, mais de considération des éléments avec lesquels on compose. On doit penser l’économie des ressources de construction. On est dans le temps de la rénovation plutôt que de l’occupation.
Texte en anglais

Les 17ème et 18ème siècles font référence au paysagisme au plus proche de ce qu’est la nature en apparence. Le mouvement du paysage naît à travers différentes règles de composition. Mais au 18ème siècle, nouvel essor qui remet en question quelle forme correspond le plus à la nature. Les gens disent que les jardins anglais sont naturels, ils reproduisent des scènes paysagères de reprise de la nature. Cette idée nouvelle à l’époque passe à travers une expérimentation esthétique. C’est faux, c’est une imitation. Toutes les compositions ne sont pas uniquement fondées sur la vue, mais sur une perception in situ ? Ils intégraient les expérimentations que l’homme pouvait faire. Ce n’étaient pas des tableaux, mais des expérimentations spatiales. Quand va-t-on expérimenter le danger et les secousses à Liège ? Et bien à la Foire ! DisneyLand, où les enfants sont déjà dans ce jeu. Ils sont incapables, dehors, de s’émerveiller lorsqu’ils jouent avec des cailloux. L’expérimentation n’est pas à forcer. Elle doit faire partie de notre vie de tous les jours. On trouve rarement des situations où nous sommes libre d’expérimentation. Un retour à cette époque vise surtout un retour à ce type d’expérimentation. Ils testaient le sol à cette époque, quelles sont ses possibilités ? Question de discours, de discernement philosophique. Des gens révélaient ça à l’époque. Souvent ce sont les artistes. Est-ce que les architectes révèlent ce potentiel des lieux à construire ? C’est la culture de l’art qui sert à faire un artifice représentatif de quelque chose. L’architecture est un artifice. Chaque époque représente une position philosophique de l’homme au sein de la société. On revient donc de manière nostalgique à cette capacité pour dépasser cette perte dans un monde qui est devenu extrêmement normé.
Film

http://www.west8.nl/projects/madrid_rio/

Madrid Rio Project.

24/09/2012

Théorie du Projet de Paysage
« Jardins et paysages », de Ledentec. On va parler de toute une série de typologies de paysage. Ce livre est la base de la composition, comme si on devait parler de composition d’architecture. Quelles ont été les tendances dans le temps ? La deuxième partie du cours sera une entrée en matière. Il y a cette composante théorique ne peut pas être seulement considérée comme une simple entrée, à travers un exemple. Le paysage est plus complexe, regroupe trop de domaines. Naturellement, de ces typologies différentes émergent des questions diversifiées. On est dans une situation où on a hérité d’une terre, d’un contexte. Elles sont composées par des activités ajoutées aux anciennes activités. Ces artefact dans lesquels on agi sont composées d’histoires, de géographies, de matières et de pensées très diversifiées. Elles portent les traces de chacune de ces composantes dans le temps. Cela nous lègue des lieux à découvrir dans lesquels il est aujourd’hui de plus en plus urgent de s’immerger en tant que projet d’esthétique, de technicien (équilibre de certaines régions).
La photo montre une image de la terre, de la montagne. Les premières représentations paysagères sont les paysages physiques. Un paysage est ouvert dans notre esprit. Un géographe y verra certains aspects physique (sol, matières, couvert végétal). L’apport humain est une couche supplémentaire par rapport à ce que la nature nous livre. A droite, on retrouve un visage très âgé. Il a la même signification que le paysage montagneux. Avec l’âge, les traits s’épaississent. Il ne faut surtout pas montrer le temps aujourd’hui. Grave erreur. Le temps, dans les civilisation, est un élément fondateur positif. Aujourd’hui, on va à l’envers et la société essaie de nous obliger à travers une série de messages cachés d’effacer ces lignes du temps. On est dans une société d’éternelle jeunesse, sorte de rêve. C’est contre-nature. Il faut repenser cela. Si on ne donne plus d’importance au temps, tout devient éphémère. Rien ne dure. En tant qu’architecte, en ayant étudié les théoriciens de l’architecture, on voit que la construction signale des éléments qui durent dans le temps. Un architecte construit. Il n’y a rien de plus durable. Construire, c’est inciser une surface. Ensuite, on érige quelque chose de plus ou moins durable dans le temps. Ce matériau configure des espaces qui vont donner une autre configuration, ils altèrent une situation.
La question du temps. Comment interfère-t-il avec notre mission ? Il doit nous diriger de manière positive dans la composition. Les rides d’une expérience, d’un temps écoulé. Cela constitue la construction de la personne. Le caractère apparaît sur ces traits du visage. Le sol est un visage, il accueille une série d’éléments, de chemins, de maisons... Ce sol, c’est ce qu’on regarde le moins. On n’a plus le temps. On ne détient pas de bonnes cartographies. On ne fait pas de fouilles, des recherches sur ce qu’il y avait avant. Qu’est-ce qui a construit le territoire ? Il faut chercher comment les choses étaient. Inconsciemment, le passé n’existe pas chez le commun des mortels. En tant qu’architecte, il faut essayer d’imager tout cela. Quels sont les espaces qu’un texte nous permet de comprendre ? Une carte n’est pas seulement un élément qui porte des signes. Ces informations couplées nous livrent des histoires. En tant qu’architecte, on doit décoder cela pour faire sortir l’épaisseur l’information qu’elles contiennent. Passer du 2D au 3D. Il faut comparer des cartes d’époques différentes. Petit à petit le lieu commence à raconter quelque chose. On est donc face à des situations paysagères où ces informations deviennent des éléments qui livrent le caractère des lieux.
« Genius Loci », de Norberg Schultz. Voyant la tendance à effacer, à niveler la connaissance uniquement sur l’aspect technique sans creuser plus la créativité de celui qui s’intéresse au caractère, il faut partir de l’expérience. La marche in situ, de vraies expériences. Ces mêmes expériences nous reviennent non pas par des architectes, mais par des sociologues, des ethnologues, des danseurs qui occupent l’espace paysager avec leur corps. Les artistes tiennent des propos autrefois donnés par des architectes. L’espace est là, et tout le monde ne le voit pas de la même manière. Il faut s’armer des outils pour pouvoir le communiquer. C’est se donner les moyens de révéler ce qu’on voit.
Pay (S) age. « Lui il est du pays ». Expression qui a disparu. Mais la connaissance d’un pays, c’était être enraciné, être identifié à un lieu qui a des caractères. La sagesse, on n’en parle jamais. Il faut la revoir comme un élément positif. C’est l’expérience et le temps qui s’est écoulé. On en a vu de toutes les couleurs et on peut relater certaines expériences positives ou négatives.
Temporalité

Actions

Matériaux

Relations
Tout est question de temporalité. Un projet peut être très light, éphémère. Tout comme on peut par exemple imaginer qu’un projet marque et modifie, assoie une nouvelle situation. Quand on pense à la durabilité ou de la soutenabilité, il faut faire une différenciation. Soutenabilité, il y a une idée de long terme. Pourquoi le projet ne tient pas compte des temporalités préalables ? Pourquoi on se limite à ce qui existe uniquement ? Pourquoi ne s’enrichit-elle pas de cet autre lapse de temps de ce qui existe, de l’expérience. La temporalité veut dire aussi qu’on doit se référer à plusieurs modes d’occupation des lieux. Il y a des usages et des temps différents (saisons, 24h, temporalité cyclique). Tout est rythmé, qu‘on le veuille ou non. On vit dans une notion de temps irréelle, distante de la notion du temps qui touche le paysage. Nous ne suivons plus les saisons (on mange des fruits toute l’année !). Jusqu’à quel point l’artifice du temps doit-il être suivi ? On remet ainsi en question les modes de construction. Comment les lieux sont-ils ensoleillés ?
Les actions sont toutes les actions. Il n’y a pas que les actions humaines. Mais les actions sont aussi les actions naturelles. On ne les prend en considération que quand il y a des catastrophes naturelles. Parfois, c’est nous-même qui déclenchons certaines actions naturelles car on pousse jusqu’au bout une certaine résistance du territoire. C’est une question fondamentale. Souvent, l’architecte est en opposition avec le terrain. On creuse, on déblaie. Mais toute une série de maisons à Embourg (territoire vallonné) où le sol n’absorbe pas bien l’eau ont été victimes d’insalubrité. Elles ont elles-mêmes causés ces situations. L’action est aussi une écriture, on laisse une marque de ce qu’on fait. On exerce une pression. C’est une action qui pratique une écriture sur le sol. On peut lire des traces historiques. L’action d’un architecte, c’est de faire attention aux écritures existantes. Le projet sera plus proche des gens ainsi, mais il faut aussi adapter l’écriture. C’est le langage architectural. C’est tracer.
Les matériaux. Assez des architectes qui s’occupent du plein. Est-ce que le paysage montagneux est vide ? N’est-ce pas un plein ? Tout est matière, tout est matériaux. On joue avec des matériaux différents : monde végétal et monde minéral. Voyons de manière plus ouverte. Le monde végétal n’est pas inintéressant, il faut savoir lire, interpréter et constituer des relations avec. Cela va altérer les situations existantes. Si on a une très forte amitié avec quelqu’un, il y a un sens d’attraction, de regroupement. Si par contre on veut établir des distances, il y a des distances psychologiques et physiques. Dans le monde naturel, les éléments se comportent de la même manière. Des relations spatiales variées se produisent ainsi.
Le paysage désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations. On parle ici de perception, pas de vision. Je vois, je vois. La vision est toujours la première manière d’établir une relation. On se l’approprie pour l’englober dans ce qu’on fait. La perception, c’est plus que ça. Ca nous limite à un beau cadre (Le Corbusier). Etre dans la perception, c’est être dedans : dans la marche, dans un lieu construit. La perception interroge plus intimement l’être, les interactions sont plus fortes. On voit aussi apparaître le terme population(s). Autrefois, on parlait surtout des rois, des princes. Jamais des habitants. La notion de pays, c’est la notion de l’agriculteur, la notion des Chinois. Ils ont une relation non pas visuelle. La notion de paysage n’existe pas chez eux, elle fait partie intrinsèque de la culture. En 2000, on revient enfin à reconnaître le paysage à partir des mondes. Il n’y a pas de beau ou de laid paysage. Le paysage est global et il est à regarder dans tous les états qu’il peut avoir. Il est en relation à toutes les strates sociales. On fait ensuite référence aux forces naturelles actives dans la transformation des paysages. Elles ne sont pas en second plan. Si on se rend compte que certaines conditions naturelles sont trop excessives, on ne doit pas considérer que la technique peut nous faire dépasser ces difficultés. On se rend compte qu’en mettant une limite à l’action humaine, on lui offre la possibilité de considérer ses besoins. Comment négocie-t-il ? Il ne s’agit pas de dominer. La technicité des jardins est très présente et sert souvent à dépasser les limites de la nature. La notion d’interrelation ne met plus l’Homme et de la nature. C’est une relation mutuelle entre la nature et des groupements humains. Il y a une double relation. LA question de l’écologie est là. Ce n’est pas une invention du 21ème siècle. Cette science remet en avant certains éléments que l’homme oublie cycliquement. Dans l’histoire des jardins, il y a cette manière de renverser la vision du jardin, comme aujourd’hui à travers les mouvements écologiques. Quelle est la place de la nature ? Intentions philosophiques fortes.
Espaces naturels ???

Lieux aux caractères physiques très importants. On voit très peu l’influence de la construction humaine. On entend trop souvent des jeunes qui disent que quelque part il n’y a rien. Il faut savoir reconnaître les matières. Qu’elles soient artificielles ou non, c’est pareil. L’eau est le premier constructeur de lieux. En certains lieux, on a des effondrements calciques. La végétation n’arrive pas à soutenir les terres. Quand on parle avec un géologue, c’est intéressant de voir ce qu’il voit sous la surface. C’est l’émergence d’un état de stabilité ou d’instabilité. Il faut avoir un minimum d’intention envers ces phénomènes.
Campagne, nature ou artefact ?

Ligne

Point

Surface

Texture

Masse
Je ne suis pas intéressé par la ville... Mais qu’est-ce que la ville ? Comment se construit ou se déconstruit la campagne ? On s’insurge contre les quatre façades ? On occupe des terres, des ressources du territoire. La forme dans laquelle on construit est le moindre mal par rapport à un équilibre plus global. Parfois, on fait des luttes pour des choses très éphémères. On évacue souvent la question des sous-sols. On ne s’occupe même pas de comment les lotissements sont dessinés. Nous devons tenir compte de comment les choses sont agencées de manière plus globale. Image des vallons de Sienne sont constitués d’argile. Ce sont les massifs anciens. Dans les Alpes, c’est plus jeune et accidenté. SI la terre est plus ou moins poreuse, l’eau aura un écoulement ou une absorption plus rapide. Les agriculteurs le savent. Les textures au sol ne sont pas faites au hasard. On tient compte de l’écoulement des eaux. Il y a des murs de soutènement qui maintiennent l’eau dans les rizières (besoin d’eau !). Parfois on a trop utilisé les sols, on a asséché les sols. Tout cela fait partie de ces symptômes qui montrent la santé de la terre.
Qui sont les paysagistes ? Ce sont les agriculteurs. Si l’économie devient plus intensive, nous n’aurons plus ce dessin. Tout sera monochrome.
Nature... ou artefact ?

Ouvrage d’art, digues en Hollande. Ils sont dans l’optique d’ennoyer des terres. Ils revoient leurs techniques et leurs mentalités. Les canaux aussi sont des artefacts. Ils constituent les paysages du nord de l’Europe (œuvre d’ingénierie).
Georges Simenon nous dit : « Cette bande d’eau semblant s’étirer dans une solitude absolue ; ce canal tout droit, si droit et si long qu’il en est obsédant, qui ajoute la sérénité du décor en y introduisant une géométrie implacable ».
Paysages industriels

Ces ouvrages, ces travaux, ont suggéré des phrases et expressions. Ils ont parcouru les campagnes et se sont interpellés sur la force de ces ouvrages. Ils retracent des nouveaux lieux naturels où l’eau ne façonne plus le territoire. Ce n’est pas une vision de la technicité. Ces lieux ne sont jamais vus comme de nouveaux lieux poétiques. Se posent une série de question du comment et du pourquoi de ce savoir-faire technique populaire du 19ème a disparu. Ces techniques nous offrent souvent des espaces disséqués. Les terrils, les ordures ménagères... Créent des paysages nouveaux. Surproduction humaine. Que va-t-on faire des hauts-fourneaux ? Symboles ou à démonter ? Il n’y a pas que l’attitude esthétisante. Matériaux dont il faut trouver un nouvel usage.
Nouveaux paysages

Paysage comme visage d’économie en mutation. Nouveaux paysages de l’énergie. On ne retrouve pas beaucoup de résistance pour les panneaux solaires. Les éoliennes sont fortement décriées par contre (taille, bruit). Mais ce n’est pas juste une esthétique. La question fondamentale, c’est pourquoi il y a ce changement. Dans les Abuses, en Italie, il y a un travail méticuleux de maintien du territoire. Presqu’un label de qualité de ces lieux. Ces gens, aidés par les régions, se battent pout maintenir un équilibre économique. Molise, juste à côté, est plus pauvre. L’administration est moins attentive à cette notion d’équilibre. Comment aider les agriculteurs ? Ils sont seuls et doivent parfois jeter des excédents. Ces petits exploitant perdent et cèdent leurs terres à des nouvelles pressions économiques. Ils loue ainsi leur terres asséchées et inutiles. Lorsque ça coûtera trop cher, ils passeront à une autre économie. Ce sont les chancres de demain. Aux USA, on a des cultures dans les champs solaires. On ne stérilise pas la terre ainsi, mais il ne faut pas dégrader les panneaux solaires. La transformation d’un paysage n’est pas toujours attachée à la terre. Il y a des questions politiques en amont. Dans tout ça, on comprend bien que le paysage appartient aux populations, mais qu’elles sont incapables de garantir ni une durabilité ni une projection pour demain s’il n’y a pas de projets à petite et à grande échelle. Cette question du beau et du non-lieu (Junkspace) est essentielle. Comment prévoir les désaffectations ? On le fait pour les carrières. On doit remettre en état après utilisation. On le fait avec des technologies qui ne sont pas que positives. Il faut en étudier les pours et les contres.
Paysages humanisés

On est souvent des usagers touristes. Mais il faut étudier les espaces bâtis pour en comprendre la composition. Que voulait-on dire à l’époque ? Que veut dire un nouveau bâtiment ? 5 tours vont surgir sur Ground Zero, qu’en penser ? Ce sont des configurations sociétales. Au Maroc, on dévaste des régions entières car construire ne coûte pas cher. On couvre des surfaces entières de paysages non-construits. Il s’agit d’une diffusion qu’on pourrait comparer au castra romain. C’est un étalement qui respecte des lois minimales d’implantation. Pas de lieu émergent, mais des lieux stratégiques. Disposition régulière, simplement pour étaler les fonctions basiques. Ce sont des nappes informes de lieux basés sur les accès. Réduction de la composition au minimum. Manhattan est une trame peu riche, mais très hiérarchisée. Là, il y a un projet de société. Sienne a un sens par le groupement global et formel de l’architecture. Cohésion sociétale vraie à l’époque où elle a été construite.
On habite seul ou non ? C’est ça la question du paysage. On répond à des questions formelles et sociétales.
Anthropos – age par André Corboz

Ce sont des paysages qu’on ne veut plus voir (gare de container). Ou bien ces endroits anodins, les parkings. On ne pense pas au paysage (Ikea). Ikea produit des boîtes bleues. Nous ne sommes plus habitants de ces villes qui étaient polyfonctionnelles auparavant. Comment rendre ces lieux vivables ? On y passe énormément de temps. On a extrait des éléments hors des villes et maintenant on remet des villes dans les villes (Bigness). On pourrait enjoliver Ikea, mais c’est toujours extrait hors de la ville. Ne faut-il pas revenir à des questions plus intégrées ?
Corboz est historien de l’art. On utilise la terre comme un support. A force de ne pas considérer les interrelations, on a créé des lieux qui sont des non-lieux. Ce sont des dépôts. Regardons un paysage, quel qu’il soit. De quel matière d’anthroposage est-il composé ?
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