Le rituel de mort et de resurrection. 31





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LE FEU DU CIEL.


Elie le Thesbite, de Thesbeh de Galaad, apparaît brusquement dans l'Ancien Testament comme un météore. Nul plus que lui n'est lié au feu. C'est « le prophète semblable au feu et sa parole était enflammée comme un flambeau » du ciel ; « il fit trois fois tomber le feu » et « fut enlevé dans un tourbillon de flammes et dans un char aux chevaux de feu » (Eccl. XVLIII).

Mais celui que le Carmel devait prendre pour Père n'eut pas sitôt élevé la voix pour prophétiser la sécheresse que Yahweh lui dit : « Pars d'ici, dirige-toi vers l'Orient et cache-toi dans le torrent de Careth, qui est à l'est du Jourdain. Tu boiras de l'eau du torrent et j'ai commandé aux corbeaux de te nourrir là » et Elie disparut pendant trois ans, comme devait plus tard disparaître Saül de Tarse.

Car telle est la loi fondamentale répétée sans cesse dans la Genèse, les ténèbres précèdent la lumière, le soir précède toujours le matin, comme la mort précèdera la résurrection. Le mystique appelé doit se retirer, en lui et dans la solitude, avant de pouvoir commencer sa vie de prédication, de diffusion de la flamme.

La troisième année, poussé par l'Esprit, Elie dit au peuple :

«  Je suis resté seul des prophètes de Yahweh et il y a quatre cent cinquante prophètes de Baàl. Que l'on nous donne deux taureaux : qu'ils choisissent pour eux l'un des taureaux, qu'ils le coupent par morceaux et le placent sur le bois, sans y mettre le feu : et moi je préparerai l'autre taureau, et je le placerai sur le bois sans y mettre le feu. Puis invoquez le nom de votre dieu, et moi j'invoquerai le nom de Yahweh. Le Dieu qui répondra par le feu, celui-là est Dieu ». Tout le peuple répondit en disant « C'est bien ».

Elie dit ensuite aux prophètes de BaàI : « Choisissez pour vous l'un des taureaux et préparez-le les premiers, car vous êtes les plus nombreux : et invoquez le nom de votre dieu, mais ne mettez pas le feu ».

Puis le Premier Livre des Rois (XVIII 22-40) expose comment les prêtres de Baàl « sautèrent devant l'autel » et invoquèrent leur dieu depuis le matin jusqu'à midi, sans résultat. Quand il fut midi, Elie se moqua d'eux : « Criez plus fort, car c'est un dieu. Il est en méditation, ou il a des affaires, ou bien il est en voyage, peut-être qu'il dort et il se réveillera » ? Et les prêtres « crièrent alors à haute voix et ils se firent, selon leur coutume, des incisions avec des épées et avec des lances, jusqu'à ce que le sang coulât sur eux. » Car ils étaient en état somnambulique comme les derviches-tourneurs actuels. « Mais il n'y eut ni voix, ni réponse, ni aucun signe d'attention », bien que Baàl fut précisément le dieu de l'ouragan... !

« Alors Elie dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi ». Et tout le peuple s'approcha. Il rétablit l'autel de Yahweh qui avait été détruit. Prenant douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob auxquels la parole de Dieu avait été adressée en ces termes : Israël sera ton nom ; il bâtit avec ces pierres un autel au nom de Yahweh ». Puis - plein de prudence pour le peuple proche - il ajouta « un fossé d'une capacité d'environ deux mesures de semence, tout autour de l'autel, il disposa le bois, coupa le taureau en morceaux, et les mit sur le bois », et il dit : « Remplissez quatre cruches d'eau et versez-les sur l'holocauste et sur le bois ». Il dit : « Faites-le une seconde fois » et ils le firent une seconde fois. Il dit : « une troisième fois » et ils le firent une troisième fois. Et les eaux ruisselèrent tout autour de l'autel. Il fit aussi remplir d'eau le fossé », car Elie connaissait la nature exacte du feu, qu'il allait provoquer et qu'il fallait relier à la terre, par l'eau.

A l'heure où l'on offre l'holocauste, le prophète Elie s'avança et dit :

« Yahweh, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, que l'on sache aujourd'hui que vous êtes Dieu en Israël, que je suis votre serviteur et que j'ai fait toutes ces choses sur votre parole. Exaucez-moi, Yahweh, exaucez-moi afin que le peuple reconnaisse que vous êtes Dieu, et que c'est vous qui ramenez les cœurs en arrière » vers le Bien originel.

« Alors le feu de Yahweh tomba, et il consuma l'holocauste, le bois et les pierres, et la terre, et absorba l'eau qui était dans le fossé. Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et ils dirent : « C'est Yahweh qui est Dieu. C'est Yahweh qui est Dieu ».

Obtenir le feu du Ciel par la prière, tel est en effet le privilège des vrais serviteurs de Dieu. Mais vouloir substituer à ce feu transcendant, qui consume les pierres et la terre comme le bois, un feu terrestre 23 ou s'approcher imprudemment de sa Sainteté sans y être nominalement appelé est puni de mort - mort physique dans l'Ancien Testament, mort spirituelle à notre époque.

Lorsque Aaron, pour la première fois, entra en fonction comme prêtre d'Israël, il offrit l'Holocauste ainsi que Moïse l'avait ordonné :

«  Et la Gloire de Yahweh apparut à tout le peuple et le feu, sortant de devant Yahweh, consuma sur l'autel l'holocauste et les graisses. Et tout le peuple le vit, et ils poussèrent des cris de joie et ils tombèrent sur leur face » (Lévitique IX. 24).

Afin que nous n'ayons aucun doute sur la nature de ce feu transcendant - issu de la Lumière de Gloire cette fois, et qui n'est point allumé de main d'homme, le Lévitique expose une contre-épreuve digne de satisfaire Claude Bernard :

« Les fils d'Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun leur encensoir, y mirent du feu, et ayant posé du parfum dessus, ils apportèrent devant Yahweh un feu étranger, ce qu'il ne leur avait point commandé. Alors, un feu sortit de devant Yahweh et les dévora ; ils moururent devant Yahweh ».

Moïse, interdisant toute marque de deuil à l'occasion de cette mort sacrilège, dit d'emporter les cadavres « loin du sanctuaire, hors du camp ». Toujours afin de bien nous faire saisir que les imprudents n'ont pas été réduits en cendres, comme l'holocauste, mais simplement électrocutés, que leurs vêtements sont intacts, la Bible précise : « Ils les emportèrent revêtus de leurs tuniques, hors du camp, comme Moïse l'avait ordonné ».

La même Kratophanie fulgurante, la même manifestation de force se produira pour l'imprudent Ozas, fils d'Abinadab, lors du transport de l'Arche à Jérusalem, par David. Les boeufs ayant glissé, Ozas qui conduisait le chariot neuf « étendit la main vers l'Arche de Dieu et la saisit, car les boeufs l'avaient fait chanceler. La colère de Dieu s'enflamma contre Ozas : Dieu le frappa sur place, à cause de sa faute, et il mourut là près de l’Arche » (II Sam. VI.7). « Et David eut peur de Yahweh en ce jour-là et dit « Comment l'Arche de Dieu viendrait-elle chez moi » ?

Dix siècles plus tard, c'est sur la route de Damas, - ancienne cité d'Abraham - que Saül fut, lui aussi, frappé, non par la foudre, mais par la Gloire sous forme d'une « lumière venant du ciel (qui) resplendit autour de lui » (Actes 9.3). « Il tomba par terre », entendit Jésus lui reprocher sa persécution et, lorsqu'il se releva, « quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien. Il resta trois jours sans voir et ne mangea, ni ne but ». Paul nous apprendra par la suite qu'il fut « ravi » au troisième ciel... « en mon corps ou sans mon corps, je ne sais » ?

Descendons encore d'un degré dans la violence du leu, nous arrivons au contemplatif en prière qui reçoit les grâces d'union mystique des Vmes Demeures, et sous le choc, apparaît une heure ou deux « comme mort ». Ses muscles présentent des contractures analogues à celles que pourrait produire un léger courant électrique ou des passes magnétiques, nous le verrons 24.

Car, depuis les Prophètes, le sacrifice est intériorisé 25. Ce n'est plus un animal qui est offert par substitution après imposition des mains, c'est le contemplatif qui s'offre lui-même, tout entier, sans retour. Et c'est pourquoi Mère Thérèse d'Avila déclare que nous devons nous exercer sans cesse à la présence de Dieu, sans attendre « les ravissements où Il nous a élevé une fois ; car dans les débuts, il peut se faire qu'Il laisse écouler une année ou même plusieurs avant de nous accorder la même faveur ». L'âme doit donc s'exercer sans cesse - non à la méditation discursive qui lui est devenue quasi impossible - mais à la présence de Dieu sans « attendre que le feu descende du ciel pour consumer le sacrifice d'elle-même à Dieu, comme Il consuma celui de notre Père Elie » (Château, VIme Demeure, chap. VII).

Dernier exemple d'une Lumière qui n'aveugle, ni ne terrasse : si tous les mystiques cherchent humblement Dieu dans la Ténèbre, si l’Ecriture Sainte nous le montre généralement sous forme d'une colonne de fumée, ou d'une Nuée permanente dans le sanctuaire, il est cependant quelques cas où la Gloire de Dieu, la présence de Yahweh est révélée par une lumière éblouissante quoique azurée, douce, et qui ne fait défaillir.

Un exemple - aussi particulier que rarement cité – est celui de la vision de la Gloire de Dieu par les soixante-dix Anciens d'Israël (Exode XXIV 9-11).

Moïse monte avec les Soixante-Dix Anciens sur le Sinaï :

« Et ils virent le Dieu dIsraël : sous ses pieds était comme un ouvrage de brillants saphirs, pur comme le ciel même. Et il n'étendit pas sa main sur les représentants des enfants d'Israël : Ils virent Dieu, et ils mangèrent et ils burent » 26.

Ainsi « à distance », sans s'approcher, mais sans mourir, les Anciens d'Israël purent voir la Face de Dieu. Aux pieds de Yahweh, le sommet de la montagne était devenu un marchepied d'azur, comme le Ciel. La présence de Yahweh confondait Terre et Ciel en un même ouvrage de brillants saphirs.

Cette théophanie qui devait être rare - mais non anormale - chez les peuples anciens dont l'ascèse est symbolisée par l'ascension de la Grande Montagne, s'est reproduite récemment. Notre ami Tristan, dans une île de l'Océan Indien, l'a éprouvée, croyant (bien entendu) n'avoir affaire qu'à une expérience d'ordre poétique, un magnifique jeu de lumière. Il ne connaissait point ce passage de la Bible et bien que l'exclamation : « La Face de Dieu » ! lui soit échappée sur l'heure, comment aurait-il pu imaginer autre chose qu'une intuition d'ordre artistique ? Néanmoins, il fut si frappé qu'il nota le fait avec une précision quasi scientifique, en un court poème 27. Il est hors de doute qu'ils s'agissait d'une réalité, qu'il avait vraiment été confronté avec la Face de Dieu que notre chair peut voir : « Sa Face d'Air et d'Eau, de Lumière et d'Espace » ! Les grâces mystiques dont il fut favorisé, quelques années plus tard, puis le feu qui le terrassa, le confirment abondamment.

Nous voyons clairement comment Dieu se manifeste visiblement et extérieurement - par égard à notre faiblesse et à notre peu de foi - par la lumière et par le feu préternaturel. Tandis que dans le plan surnaturel, c'est la Lumière incréée, la Lumière (tout court) qui « éclaire tout homme venant en ce monde », en notre plan spatio-temporel, c'est la lumière- électricité qui est l'intermédiaire incarné de son analogue supérieur : la Lumière qui est le Verbe.

Au cours de cette brève et incomplète revue, simplement destinée à nous remettre en contact avec les manifestations divines, nous avons montré Yahweh, non point sous son aspect ténébreux, « informal », que ne peut saisir - tout au moins sous forme dialectiquement exprimable - notre intelligence, mais sous son aspect lumineux et sensible.

Nous voyons d'abord Dieu répondre à la prière par un feu transcendant qui brûle et consume totalement l'holocauste d'Aaron ou l'autel d'Elie, ou bien « dévore » les schismatiquesde Coré, voire par deux fois les cinquante hommes d’Ochozias. La foudre ne fera qu'électrocuter les deux imprudents fils d'Aaron, sans cependant embraser leur tunique, ou le fils d'Abinadab. La lumière éblouissante de la Gloire se rend inoffensive pour Saül de Tarse, se contente de le terrasser et de lier ses sens durant une extase de trois jours. Cette lumière peut être invisible, car les sens sont instantanément « suspendus » dans les extases des ténèbres et ravissements des Cinquièmes Demeures 28. Enfin, sans aveugler, Dieu peut se faire connaître en une théophanie qui magnifie, par la Lumière du Ciel, Sa création sous nos yeux !

Nous allons enfin montrer que le feu du Saint-Esprit, en vient même à flamboyer en notre corps comme en une bûche qui lance des flammes. Alors, dit Jean de la Croix, il se fait caresse et non plus tonnerre : « Chaleur et lumière donnent à l'Ami ».

Il s'agit dans toutes ces manifestations sensibles, trop perdues de vue, dans tous ces faits préternaturels de même ordre, de l'intervention divine par l'intermédiaire de la lumière électricité venant d'en-Haut. Les différences, (si nous osons parler ainsi) ne sont que dans les voltages et les modes de réception, non dans les modes d'agir.

Lorsqu'à Fatima, Dieu voudra prononcer un avertissement symbolique, c'est le Feu qui interviendra d'une manière encore plus exceptionnelle : l'éclair tout d'abord lorsque les enfants appelleront Marie avec l'écho ; puis la Nuée « blanche » (et non ténébreuse) où se tiendra chaque fois Marie, et que seule les foules apercevront. Enfin, un feu solaire s'approchera en tourbillonnant de la terre. Et pour qu'il n'y ait point soupçon possible d'hallucination collective, ce feu transcendant sèchera la terre et les vêtements gorgés de pluie - car le toucher est le sens témoin par excellence 29.

Lorsque de nos jours, Dieu viendra à nouveau manifester son choix, il frappera, comme Saül, de nouveaux « instruments »... pour « porter Son Nom devant les Nations », et leur accordera certains charismes, les « gratis datae » en vue d'accréditer ces mystiques. Parfois, si Dieu désire une action puissante et rapide, ces simples instruments - une fois purifiés - pourront, par leurs prières, obtenir la descente de la Lumière et de la Grâce sur ceux qu'Il leur enverra. Quelquefois, à l'instant même, comme pour les prophètes de jadis, ceci malgré la petitesse de ces instruments car la miséricorde de Dieu n'est pas moins infinie au seuil de l'an 2000 et elle « s'étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ». Car les Temps nécessitent l'urgence et si « le capital du péché grandit tout au long de l'histoire, le capital de grâce grandit aussi et surabonde... » 30.
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