Le présent ouvrage reprend l'essentiel d'une thèse de doctorat en droit, soutenue en 2006 devant l'Université Panthéon-Assas (Paris II), avec les félicitations





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titreLe présent ouvrage reprend l'essentiel d'une thèse de doctorat en droit, soutenue en 2006 devant l'Université Panthéon-Assas (Paris II), avec les félicitations
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PREFACE

Le présent ouvrage reprend l'essentiel d'une thèse de doctorat en droit, soutenue en 2006 devant l'Université Panthéon-Assas (Paris II), avec les félicitations unanimes du jury et une proposition pour un prix de thèse. L'auteur, M. Michel Boiron, est un juriste, qui a réalisé un magnifique travail de recherche dans cette branche importante de la science juridique qu’est l’histoire du droit. Aussi bien le goût et le talent pour cette discipline sont-ils héréditaires dans la famille : mon collègue Stéphane Boiron, fils de l’auteur de ce livre, était déjà professeur agrégé d’histoire du droit lorsque son père fut reçu docteur.
C’est que, si la thèse de M. Michel Boiron a été soutenue récemment, son projet date d’un demi-siècle. Ce fut durant les premières années 1950 que M. Michel Boiron obtint ses grades de bachelier et de licencié dans cette grande Faculté de droit de Paris que mai 1968 a si malheureusement brisée. Puis il s’inscrivit en troisième cycle. Dès la fin de 1954, il était titulaire de deux diplômes d’études supérieures (DES) : celui d’histoire du droit/droit romain et celui d’économie politique. Son intention était de préparer une thèse d’histoire du droit. En 1955, il s’adressa pour cela au professeur Gabriel Lepointe. Celui-ci accepta de diriger sa recherche, et un sujet fut choisi. Il s’agissait, sur la base de vastes dépouillements d’archives, d’un travail sur l’intendance de Limoges durant la seconde moitié du règne de Louis XIV, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans sa conception première, la thèse de M. Michel Boiron était une recherche à dominante économique et démographique, conformément à la mode du moment.
Ses origines familiales prédisposaient M. Michel Boiron à s’intéresser à l’ancienne généralité de Limoges et à ses intendants. Si du côté paternel son ascendance marchoise se mêle de sang berrichon, sa souche maternelle se trouve tout entière au Dorat, siège de la principale sénéchaussée de la basse Marche, laquelle formait la partie nord de la généralité de Limoges.
Se lançant activement dans son travail de thèse, M. Michel Boiron parvint à rédiger trois ou quatre chapitres. Mais, en 1956, vint le service militaire, qui durait alors vingt-huit mois. Après quoi, M. Boiron entra dans la vie professionnelle. Il tenta de continuer parallèlement la préparation de sa thèse, du moins jusque vers 1961. Là, il prit conscience qu’il ne lui était pas possible de faire du bon travail. Il cessa donc ses recherches, sans renoncer pour autant à l’espoir de s’y remettre un jour, peut-être, si les circonstances le lui permettaient. Ce n’était dans son esprit qu’une interruption. Elle allait durer près de quarante ans.
M. Michel Boiron commença son activité professionnelle comme ingénieur en organisation à l’Aéroport de Paris. Il exerça ensuite ses fonctions dans le service d’organisation de l’Air liquide. Après quoi il fut contrôleur de gestion ou directeur administratif dans deux filiales de cette société. Et il acheva sa carrière en qualité de secrétaire général d’un cabinet d’expertise comptable. Cette longue expérience des responsabilités administratives ne pouvait qu’être extrêmement précieuse pour M. Michel Boiron le jour où il pourrait reprendre - enfin ! - sa thèse. Ce ne serait plus un jeune étudiant apprenant ce qu’était l’administration à travers l’étude des intendants de Limoges, ce serait un homme de responsabilités, un administrateur expérimenté, qui étudierait l’action d’autres administrateurs, dans un passé éloigné, à la lumière non seulement de ses connaissances juridiques, institutionnelles et historiques, mais encore de sa connaissance vécue des réalités administratives.
Car, sitôt l’heure de la retraite survenue, M. Michel Boiron, avec une admirable ténacité, reprit son projet de jeunesse et résolut de le mener à bien. C’est alors qu’il me fit l’honneur de s’adresser à moi, à la fin des années 1990, pour diriger sa recherche. La conception de celle-ci avait d’ailleurs entre-temps mûrie. Sans renoncer à la dimension économique et démographique de son projet premier, il l’avait considérablement élargi. Il entendait désormais étudier l’ensemble de l’activité des intendants de Limoges des années 1683-1715, l’ensemble de leurs missions, ainsi que les conditions de leur accomplissement. Cela l’amenait d’une part à analyser la manière dont les ministres dirigeaient les intendants et dont ceux-ci exécutaient leurs ordres, et d’autre part à examiner les rapports de l’intendant avec la population, dans son double rôle d’instrument des volontés de l’État et de protecteur de ses administrés, tant contre les conséquences tragiques des rigueurs climatiques que contre les exigences fiscales du gouvernement quand elles étaient par trop exorbitantes au regard de la réalité économique et sociale locale.
La thèse de M. Michel Boiron est en conséquence un travail très complet, qui combine l’histoire de l’administration et du droit administratif, l’histoire fiscale, l’histoire religieuse, l’histoire économique et sociale. À travers l’action des intendants de Limoges, c’est non seulement le fonctionnement local de l’État louis-quatorzien qui revit dans ce livre, mais encore toute la réalité humaine d’une vaste région administrative qui, encore que réduite en 1694 par la perte de la Saintonge, s’étendait encore de Bourganeuf à Angoulême, de Brive et de Tulle au Dorat, rassemblant le Limousin, l’Angoumois et la basse Marche, et correspondant sensiblement à l’espace constitué par l’ensemble des trois actuels départements de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Charente.
L’historiographie relative aux intendants a suivi au fil du temps des modes diverses. Après certaines monographies anciennes frôlant parfois l’apologétique, on est passé à l’excès inverse en remettant en cause la vision classique depuis Tocqueville, présentant l’intendant comme l’administrateur régional par excellence de l’Ancien Régime. Il est devenu de bon ton d’aller jusqu’à dénier aux intendants la qualité d’administrateurs, et en tout cas de minimiser grandement leurs pouvoirs et leur rôle. D’où l’importance, par rapport à ce débat, d’une recherche comme celle de M. Michel Boiron, que ne guidait aucune théorie a priori, qui souhaitait simplement « sortir de l’oubli les neuf intendants qui se succédèrent dans la généralité pendant ces trente-deux ans […] tout en précisant le rôle réel des intendants louis-quatorziens dans une généralité éloignée du pouvoir ». N’ayant pas de doctrine à étayer, il a pu laisser parler ses immenses fonds d’archives, tout simplement. Et, ayant dépouillé systématiquement l’ensemble de la documentation existante lui permettant de saisir l’action des intendants de Limoges entre 1683 et 1715, il conclut sans hésiter qu’ils furent indiscutablement les vrais administrateurs de leur généralité.
Mais, comme M. Michel Boiron n’est pas un idéologue, qu’il n’use pas de lunettes déformantes au service d’une thèse, il ne déduit pas de sa recherche davantage qu’elle ne lui a apporté ; il n’en tire pas de conclusion générale et absolue concernant les intendants de Louis XIV, et encore moins ceux de l’Ancien Régime. Il sait parfaitement qu’en d’autres lieux, en d’autres temps, les choses ont pu être considérablement différentes. Ce n’est que pour la généralité de Limoges et pour le moment étudié qu’il donne son ferme diagnostic : les intendants furent les « patrons » de leur circonscription et ils ont, « durant une période particulièrement tourmentée, fidèlement servi le Roi et travaillé au soulagement des peuples ».
Jusqu’ici, les intendants de Limoges au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles étaient de parfaits inconnus. On doit à M. Michel Boiron beaucoup de gratitude pour les avoir tirés de l’oubli immérité où ils se trouvaient. On lui doit aussi beaucoup d’admiration pour avoir consacré dix années d’une retraite bien méritée au labeur d’une recherche savante et féconde. On doit également de grands remerciements aux Presses universitaires de Limoges et à leur directrice, ma collègue Jacqueline Hoareau, pour avoir publié ce livre, aussi important pour l’histoire générale des institutions que pour l’histoire régionale.
On ne pourra plus, désormais, écrire sur l’histoire administrative, religieuse, économique et sociale du Limousin, de l’Angoumois et de la basse Marche, non plus que sur l’histoire institutionnelle de la France sous l’Ancien Régime, sans se référer au grand livre de M. Michel Boiron sur les intendants de Limoges entre la mort de Colbert et celle de Louis XIV.
Jean-Louis HAROUEL
Professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II)

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