Une étroite alliance avec l'Église : le temps de la dîme





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date de publication30.09.2017
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La monarchie sacrée des Carolingiens

A) Un pouvoir qui vient de Dieu...

Pépin le Bref est le fondateur de la nouvelle dynastie royale des Carolingiens. En 751, il est le premier roi sacré.
Charlemagne (à genoux) et Pépin le Bref. Miniature du VIII° siècle. Bibliothèque capitulaire, Modène

Cette cérémonie du sacre rappelle les rois juifs de la Bible, comme David. Le front du souverain est oint d'une huile sainte (le saint chrême), qui fait du nouveau roi l'élu de Dieu. Le pouvoir vient de Dieu : la monarchie française est née (cette cérémonie du sacre durera jusqu'en 1824, avec Charles X).
Le sacre, qui manifeste l'élection divine, fonde : l'hérédité royale dynastique ;
les rois thaumaturges (ils disposent du pouvoir de guérir les écrouelles, maladie de peau assez fréquente due à la sous-nutrition : le roi te touche, Dieu te guérisse ... ).
Pour asseoir la légitimité de la nouvelle dynastie franque, des "intellectuels" comme Hincmar de Reims affirment que le saint chrême est renouvelé par Dieu lui-même, et que c'est la même huile sainte, amenée dans une ampoule par une colombe, qui a servi au baptême de Clovis
Il s'agit de montrer que si Pépin le Bref a déposé le dernier roi mérovingien, les Carolingiens sont bien les héritiers du premier roi catholique Clovis. A leur tour, les Capétiens, autres usurpateurs, reprennent le rituel du sacre.

B)... et soutient l'Église catholique

Dès l'origine, une solide alliance se noue entre les premiers Carolingiens et l'église catholique, à l'intérieur et à l'extérieur du royaume franc (c'est le père de Pépin, Charles Martel, qui met un coup d'arrêt définitif à l'expansion de l'Islam en Europe, par sa victoire près de Poitiers en 732 ou 733).
C'est le pape qui sacre une seconde fois, à Saint Denis, Pépin le Bref et ses deux fils. C'est un autre pape qui couronne "auguste et empereur" (des titres romains, le dernier ayant été abandonné depuis 476) son fils Charlemagne, le 25 décembre 800, jour de Noël. 
Les Carolingiens apparaissent alors comme la première puissance de l'Europe chrétienne, face à l'islam (622 : an I du calendrier musulman) et à la chrétienté orthodoxe de l'empire byzantin. Soutenus par la papauté, Pépin le Bref et son fils Charlemagne vainquent les Lombards, alors dominants en Italie, et abandonnent au pape de larges territoires autour de Rome : les États de l'Église (qui dureront jusqu'à l'unification de l'Italie, au XIX° siècle).

Une étroite alliance avec l'Église : le temps de la dîme
A l'intérieur du royaume, les Carolingiens assurent l'immunité aux domaines de l'Église (le roi renonce à ses droits publics concernant les impôts, la justice, la levée des troupes) et la généralisation de la dîme (le dixième des récoltes et des revenus est dû aux ecclésiastiques). 

Les Carolingiens aident à diffuser la morale chrétienne, en réorganisant église séculière et église régulière (les moines qui observent une règle).
A leur tour, les Capétiens renouvellent l'alliance avec l'Église de Rome. C'est à Clermont que le pape Urbain Il prêche, en 1095, la première croisade, un pèlerinage armé destiné à reprendre le tombeau de Jésus, à Jérusalem, tombé sous le contrôle des Turcs musulmans. Ce sont surtout des chevaliers francs du nord du royaume, ainsi que des petites gens, qui conquièrent Jérusalem, en 1099. 

Godefroy de Bouillon et ses chevaliers. Duc de Lorraine, il fut l'un des chefs  à la tête de la première croisade (1095-1099) et fonda le royaume de Jérusalem avec le titre "d'avoué du Saint Sépulcre".

Au XII° siècle, Louis VII et Philippe-Auguste conduisent les deuxième et troisième croisades.

III) Un espace politique de plus en plus fragmenté

A) L'Empire de Charlemagne

Charlemagne (768-814) est le petit-fils de Charles Martel, le fils de Pépin : il hérite d'un royaume étendu à la Germanie qu'il agrandit encore par des campagnes militaires incessantes, appuyées sur une cavalerie équipée. De nouveaux territoires germains sont conquis, et ouverts à l'évangélisation (notamment celle des Saxons). 
En revanche, Charlemagne échoue face au royaume basque d'Espagne (son arrière-garde, commandée par le comte Roland, est anéantie par les Basques à Roncevaux, à l'ouest des Pyrénées : La chanson de Roland, datée du X° siècle, est l'un des plus anciens textes du patrimoine littéraire français).

A la tête d'un ensemble de territoires d'un million de km2, étendus jusqu'au Danube, Charlemagne veut restaurer l'administration et l'État. 
Successeur de l'Empire romain, empereur chrétien couronné en 800, Charlemagne centralise l'administration dans sa nouvelle capitale d'Aix la Chapelle, d'où partent les envoyés du maître, les missi dominici, chargés de surveiller les centaines de comtes qui représentent l'empereur dans tous ses territoires. 
Ce souci d'une bonne administration passe par l'élévation du niveau des "fonctionnaires", et donc par une réforme de l'enseignement : ouverture d'une école dans chaque évêché et chaque monastère, étude du latin et des textes antiques, invention d'une nouvelle écriture (la minuscule caroline, à l'origine de nos caractères d'imprimerie), appel aux grands "intellectuels" du temps. Les résultats sont tels qu'on peut parler à juste titre de Renaissance carolingienne.

Charlemagne encourage la vassalité
Enfin, Charlemagne accentue la hiérarchie des dépendances. Il encourage le processus de vassalité, c'est à dire le serment privé de l'hommage rendu à l'empereur par ses vassaux (cavaliers de l'armée, ducs, comtes, évêques, abbés, responsables de l'administration) qui reçoivent en retour des bénéfices (terres, argent, pendant le temps de leur engagement au service de l'empereur). 
Charlemagne exige aussi de tous les hommes libres un serment public de fidélité, gage de cohésion de cet immense Empire aux peuples, aux langues et aux coutumes multiples. 
L'activité militaire, la conquête qui précède l'évangélisation, déterminent les hiérarchies sociales et financent l'économie. Ainsi la cavalerie, qui détient seule l'épée et son baudrier, domine la masse des hommes libres du populus, équipé d'armes moins nobles (les esclaves sont totalement exclus des campagnes militaires, chaque printemps). Les profits du pillage permettent d'honorer les morts, les saints et Dieu, et magnifient le luxe et les fêtes des puissants qui encadrent la société.  

) La Francia occidentalis naît du Partage de Verdun (843)

Un tel gouvernement, si centralisé, si dominé par la personnalité de Charlemagne, ne pouvait que s'effondrer à la mort du fondateur. Son fils, Louis le Pieux, affronte la révolte de ses propres fils qui remettent en cause le partage prévu. Finalement, l'empire est découpé en trois royaumes complètement indépendants, lors du Partage de Verdun (843).

A remarquer les trois bandes parallèles de territoires étirés du nord au sud, permettant la jonction commerciale entre Europe du Nord et Europe méditerranéenne.
(Carte tirée du site d'Alain Houot)

 Apparition du mot France
843 : un acte de naissance de la France, puisque la Francia occidentalis, la Francie occidentale qui naît à cette occasion est limitée à l'Est par les "quatre rivières" (Escaut, Meuse, Saône et Rhône). Elles serviront de frontières aux rois carolingiens et capétiens jusqu'à la fin du Moyen Age...





C) Les princes territoriaux s'affirment, et parmi eux, les Capétiens

Entre 843 et 987 (Hugues Capet), le pouvoir royal s'affaiblit considérablement. Les comtes revendiquent de plus en plus l'honneur (et l'intérêt) de conserver leur charge leur vie durant. Comme eux, les vassaux cherchent à rendre leurs bénéfices héréditaires. Abbés et évêques sont pratiquement indépendants sur leurs terres.
Les dernières grandes invasions
Ce processus de dissolution de l'autorité royale est aggravé par les dernières grandes invasions. 
Les Musulmans (appelés aussi Sarrasins), installés depuis le VII° siècle en Afrique du Nord et en Espagne, lancent des raids sur la côte méditerranéenne, occupant même des points fortifiés jusqu'à la fin du X° siècle (La Chanson de Roland accuse les Sarrasins de la mort de Roland). 
Dès 840, les Vikings venus de Scandinavie remontent avec leurs drakkars les grands fleuves (Seine, Loire, Garonne, Rhône) et pillent cités et monastères de l'arrière-pays. 
A la fin du IX° siècle, ce sont les Hongrois - peut-être les ogres de notre folklore - qui ravagent le territoire, avant d'être repoussés, au siècle suivant, par le roi de Germanie.
Une dynastie d'Île de France s'impose aux dépens des Carolingiens
Alors que les parties méridionales de Francie occidentale sont de plus en plus délaissées par les rois carolingiens, les échelons régionaux du pouvoir sont mieux à même d'assurer la défense et la protection des populations. Dès le début du X° siècle, alors que l'Empire carolingien disparaît, les comtés sont regroupés entre les mains de princes territoriaux, qui prennent le titre de ducs ou de marquis, et qui exercent toute la puissance publique. Parmi ces grands, le duc d'Aquitaine, le duc de Bourgogne ou encore le duc de Normandie, après l'abandon par le roi carolingien, en 911, de la région de Basse-Seine à des Vikings, les "hommes du Nord", devenus Normands...
Parmi ces grandes familles, il faut signaler les Robertiens, qui contrôlent les comtés entre Seine et Loire. 
Dès la fin du IX° siècle, ils fournissent des rois : l'hérédité du souverain carolingien ne s'impose plus aux princes et aux évêques du royaume qui se sentent assez forts pour élire de temps à autre un Robertien.
En 987, quand le dernier Carolingien meurt sans héritier direct, c'est le Robertien Hugues Capet qui est élu. La même année, il associe au pouvoir son fils. Une nouvelle dynastie était née : celle des Capétiens. Elle se prolongera jusqu'à la Révolution.

II) ... malgré les temps difficiles des XIV° et XV° siècles...

Il faut conserver en mémoire cette victoire de l'autorité royale, dans un État renforcé (création de la poste, qui accélère la transmission des ordres royaux, par Louis XI) en abordant la fin du Moyen Age, marquée par les trois cavaliers de l'Apocalypse (la guerre, les épidémies, la famine). De ces deux siècles d'épreuves, le royaume sort transformé, avec un affaiblissement de la noblesse, l'essor politique et social de la bourgeoisie commerçante des villes, sous l'autorité du roi.

A) La guerre de Cent Ans (1338-1453)

Cette guerre, qui n'a pas duré cent ans parce qu'entrecoupée de longues périodes de trêve, est le dernier exemple de conflit féodal entre deux États en construction et rivaux pour imposer leur suprématie à toute la chrétienté (Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion ont conduit ensemble la troisième croisade).
Le conflit entre Capétiens et Plantagenêt rebondit au début du XIV° siècle, lorsque le roi d'Angleterre Édouard III refuse de se reconnaître le vassal du roi de France pour ses possessions françaises (la Guyenne). 
Descendant de Saint Louis, petit-fils par sa mère de Philippe le Bel, Édouard III Plantagenêt réclame le trône de France qui a échu à Philippe VI de Valois, cousin du dernier Capétien en ligne direct, mort sans descendance en 1328. Philippe VI a été élu roi par les grands du royaume, considérant qu'ils ne pouvaient obéir à un roi d'Angleterre, ce qui marque une nouvelle avancée du sentiment national.
Les débuts de la guerre qui s'ensuit sont très favorables aux Anglais. 1346 : victoire de Crécy. 1356 : victoire de Poitiers (le roi Jean le Bon est capturé et emprisonné à Londres) qui impose la cession en 1360 de parties considérables du royaume, du Poitou à l'Aquitaine. Il faut toute l'énergie de Charles V et la guérilla de Du Guesclin pour reconquérir l'essentiel du pays, vers 1375, quand s'achève la première phase de la guerre.

Au milieu du désastre, une paysanne de 16 ans
  Elle rebondit en 1415 avec la victoire anglaise d'Azincourt qui décime la chevalerie française. Alliés aux Anglais, les ducs de Bourgogne combattent l'autorité royale. En 1420, avec l'aide bourguignonne, le roi anglais impose le Traité de Troyes par lequel Charles VI, le roi fou, déshérite son fils au profit d'Henri V de Lancastre, qui devient son gendre. Le dauphin français ne règne plus que dans son "royaume de Bourges", où il s'est réfugié, tout le nord et l'est de la Loire étant occupés par ses ennemis. Survient Jeanne d'Arc, en 1429, qui permet le sacre, accompli à Reims, en pleines terres bourguignonnes : Charles VII peut désormais compter sur la légitimité divine.
Patiemment, abandonnant Jeanne à son sort, - elle est brûlée vive à Rouen en 1431, à 19 ans - Charles VII reconquiert son royaume, ne laissant aux Anglais que Calais, après la victoire de Castillon en 1453, la dernière bataille de la guerre de Cent Ans.
Intermittente, d'ampleur inégale selon les époques et les lieux, la guerre de Cent Ans n'en a pas moins été destructrice dans les régions où les chevauchées et les batailles se sont multipliées, comme dans le Bassin Parisien (lire un témoignage contemporain).

1453 : une date charnière

En même temps que la fin de la guerre de Cent Ans, 1453 marque une autre date essentielle dans l'histoire des hommes. En effet, c'est le 29 mai 1453 que Constantinople, la capitale de l'empire byzantin, chrétien, cède aux assauts du Turc musulman Mehmed II le Conquérant. Le sultan rebaptise la ville Istanbul et en fait la capitale de l'Empire Ottoman. Cette avancée de l'Islam provoque le reflux vers Rome et l'Occident des penseurs, des scientifiques et des archives byzantines, héritage des oeuvres et de la culture de l'Antiquité. Cet afflux de la culture et de la science byzantines sera en partie à l'origine de la Renaissance européenne. Pour certains historiens, 1453 marque ainsi la fin du Moyen Age et le début de l'époque moderne.

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