1.Étude des cte «filière territorialisée canne à sucre». Changement des pratiques





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1.Étude des CTE « filière territorialisée canne à sucre ».



            1. Changement des pratiques.


Nous montrons ici dans quelle mesure le CTE a fait changer les pratiques techniques, économiques et organisationnelles des agriculteurs tout en décrivant les mécanismes de mise en place des CTE. Pour cela, nous présentons tout d’abord les principales pratiques existantes, puis le projet de la Chambre d'agriculture et les moyens mis en oeuvre, ensuite les caractéristiques des agriculteurs ayant signé un CTE et leurs objectifs avant de lister et quantifier les principaux changements effectués.

1.1.Les pratiques de culture de la canne à sucre à la Réunion.


Afin de mieux comprendre l’importance et les contraintes des changements techniques effectués, nous avons choisi de présenter les pratiques de conduite de la canne en mettant l’accent préalablement sur les principaux facteurs qui peuvent influencer la manière de faire de l’agriculteur. Nous nous basons pour cela sur les données de Joet M. (2000) et sur les informations recueillies auprès de chercheurs, techniciens et agriculteurs1. Par contre, n’ayant pas d’informations générales sur les pratiques organisationnelles et économiques des agriculteurs, nous n’aborderons pas ce sujet dans cette partie.

1.1.1.L’influence du contexte dans le raisonnement des pratiques.



1.1.1.1.Les spécificités pédo-climatiques et territoriales.


Étant donné le relief accentué de l’île, on y rencontre un très grand nombre de microclimats qui nécessitent des adaptations particulières de la part des producteurs. La séparation entre la côte au vent et la côte sous le vent permet de caractériser deux types de conditions climatiques qui influencent fortement la conduite de la canne à sucre. Les agriculteurs situés sur la première bénéficient d’une pluviosité forte mais qui favorise le développement important des mauvaises herbes. La production dans la seconde zone rencontre par contre des problèmes de manque d’eau en période hivernale qui peuvent être compensés dans certaines zones par l’irrigation.

Les types de sols sont également extrêmement variés sur l'île où on trouve des sols peu ou très différentiés. Les principales contraintes résident dans l'acidité et la teneur en matière organique qui obligent à des corrections des terrains plus ou moins importantes suivant les cas. Leurs propriétés vis à vis de l'eau peuvent également être plus ou moins contraignants selon le climat où on se situe. Par exemple, en zone Est, certains agriculteurs peuvent connaître des problèmes de sécheresse sur des sols filtrants.

1.1.1.2.Les atouts et contraintes socio-économiques.


La canne à sucre livrée est payée en fonction du tonnage et de la teneur en sucre ou richesse. Le prix à la tonne est un prix garanti fixé chaque année. On multiplie ce prix par un coefficient calculé à partir de la richesse des cannes pour obtenir le prix industriel.

Les producteurs de canne reçoivent en outre un certain nombre d'aides complémentaires spécifiques ou non à la canne (voir encart 4 ci-après).

Encart 1 : les aides et subventions reçues par les canniers.

  • Aides directes




  • Aides indirectes

    • Indemnité Compensatoire de Handicap Naturel ou ICHN (Union Européenne) : elle concerne tous les agriculteurs de l'île mais présente trois niveaux : pour les hauts, pour les bas pluviaux et pour les bas en zone irrigable,

    • Aides à la replantation (Union Européenne),

    • Aides à la mécanisation et à l'irrigation.

(source : Sall, 2003)

1.1.2.La conduite de la culture.


La canne à sucre est une graminée pérenne qui repousse après récolte. Son cycle de vie est donc différent de son cycle d'exploitation. A la Réunion, la replantation de la canne est conseillée tous les 7 ans en général (cela peut varier en pratique de 5 ans à plus de 15 ans) alors que la coupe est réalisée en moyenne tous les 12 mois. La culture de la canne nécessite donc, d'une part, de gérer le renouvellement des souches de canne à sucre pour maintenir un niveau de production optimal et, d'autre part, de soigner les plantes durant le cycle d’exploitation pour qu'elles atteignent le meilleur poids et la meilleur teneur en sucre possible au moment de la coupe en limitant les contraintes principales qui pèsent sur la culture.

La canne à sucre est généralement menée en monoculture mais il existe des rotations avec le géranium ou avec le maraîchage notamment.

1.1.2.1.Gestion de la replantation.


La replantation représente un élément clé dans la réussite de la culture. Elle doit être réalisée avec soin pour que les plantes soient bien installées et optimisent les ressources disponibles. Elle doit également être réfléchie au niveau de la sole cannière afin que les récoltes puissent s’étaler tout au long de la campagne de coupe. Elle est donc un investissement à long terme qu’il ne faut pas gâcher.
          • Les travaux de replantation

Dans un premier temps, l’agriculteur doit souvent gérer les résidus laissés par les précédents culturaux (en général la canne à sucre elle-même). Après la dernière récolte de la canne à sucre, les résidus restés au sol sont en général enlevés : ils sont brûlés ou, plus rarement, récupérés pour l’élevage (voir paragraphe sur itinéraire technique ci-après).

Les agriculteurs ayant les moyens et qui souhaitent mécaniser leur parcelle ou mettre en place un système d’irrigation en goutte à goutte profitent de la replantation pour améliorer les parcelles en effectuant un nivellement au bulldozer et un épierrage en général à la main.

Ensuite, commence le travail du sol proprement dit. Elle se compose classiquement de quatre opérations : le sous-solage, le pseudo-labour, l’affinage puis le sillonage. Cependant, le sous-solage recommandé en cas de forte mécanisation de l’itinéraire technique (qui soumet le sol à des risques de tassements répétés) est en pratique peu réalisé et concerne plutôt les grandes exploitations. La plupart des agriculteurs font appel à des entreprises de travaux agricoles pour réaliser ces opérations. Cependant quand ils en ont les moyens les agriculteurs achètent leur propre silloneuse appelée « pic » (double ou triple) pour effectuer le sillonage.
          • Les amendements calciques et organiques

L’installation de la culture offre l’occasion de corriger les carences du sol, ce qui nécessite une analyse du sol.

Avec les aides à la replantation qui sont assujetties à l’analyse de sol, cette dernière s’est généralisée. Si beaucoup d’agriculteurs la réalisent, l’ajustement des apports n’est pas toujours effectué pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les résultats des analyses arrivent souvent trop tard et l’agriculteur, qui a intérêt à laisser le terrain le moins longtemps possible nu, ne peut attendre des mois les résultats avant de replanter et il apporte les éléments fertilisant et la chaux de façon empirique ou en se basant sur les anciennes analyses de sol d’autres parcelles2. D’autre part, les formules d’engrais disponible sur le marché ne correspondent pas aux besoins des agriculteurs3. Enfin, étant donné le coût élevé de la replantation, les petits agriculteurs essaient de limiter le poste « intrants » et n’apportent pas les quantités suffisantes.

L’amendement organique est réalisé de façon empirique par certains producteurs. Les fumures utilisées sont principalement des effluents d’élevages (fumier de bovin ou lisier de porc) ou des résidus des usines (écume ou cendres de bagasse). Pour ces derniers, seuls les agriculteurs proches des sites industriels utilisent ces résidus dont le coût essentiel réside dans le transport. Ainsi, avec la fermeture des autres usines de transformation, un certain nombre d’agriculteurs ont renoncé à l’utilisation d’amendement organique.

Les amendements organiques et minéraux sont souvent placés à l’intérieur des sillons.
          • La mise en place des boutures

Il existe trois modes d’approvisionnement en bouture : l’achat de boutures sélectionnées au CERF, l’achat de boutures à certains agriculteurs ou l’utilisation de ses propres boutures. La dernière solution est la plus fréquente. Les boutures utilisées doivent provenir d’une parcelle d’un an au plus pour des questions phytosanitaires mais ce n’est pas toujours le cas. En outre, les boutures sont traitées au moment de la plantation contre le « ver blanc » qui est la forme larvaire de Hoplochelus marginalis Faimaire (Suxon et Bétel).

Le choix des variétés utilisées se fait en général en fonction des performances (rendement et richesse), de la résistance (cyclone, maladies, etc.) et de leur période de maturité.

L’installation des boutures en terre se fait de façon manuelle, en général derrière le tracteur réalisant le sillonage. L’agencement des boutures (tronçons de canne préalablement « dépaillée »4 d’environ 40 cm soit “ 3 yeux ”) se fait horizontalement et en chevauchant de manière à doubler la probabilité de levée.

Figure 1 : agencement des boutures de canne à sucre dans un sillon.


On rencontre deux types de raisonnement pour le choix de la période de replantation qui sont liées aux conditions climatiques. Certains planteurs privilégient les cycles courts (canne vierge5 de petite culture, récoltée sur 12 mois) et replantent pendant la campagne de coupe. D’autres, pour des raisons de gestion du travail et de disponibilité des prestataires de service6 ou parce qu’ils préfèrent attendre la saison des pluies pour favoriser la levée des boutures, plantent entre décembre et mars et ne récoltent alors qu’entre 15 et 18 mois.

Figure 2 : comparaison des différents cycles d’exploitation des cannes vierges.



Il est à noter que pendant la période de préparation du sol où le terrain est laissé à nu, les risques d’érosion sont très important et il est préférable de limiter le plus possible la durée entre l’arrachage du précédent et la replantation.
          • La gestion de la sole cannière

De façon traditionnelle, la replantation se fait lorsqu’on constate une baisse de rendement de la canne à sucre mais depuis quelques années, et notamment avec les problèmes de vers blanc, les organismes de vulgarisation (Chambre d’agriculture) et de recherche (CIRAD) ont préconisé une replantation régulière tous les 5 à 8 ans.

Au niveau du parcellaire, les agriculteurs gèrent souvent la sole cannière sans délimitation nette de parcelles et ne connaissent l'âge de leur canne que de façon approximative. Afin d’étaler les coûts liés à la replantation et d’assurer un rendement le plus constant possible, les organismes de développement conseillent de replanter chaque année au moins ½ ha ou 1/7 de la sole cannière.

Au sein de la sole cannière, les agriculteurs combinent souvent 2 ou 3 variétés à maturité décalées afin d’étaler la récolte (en général R573 en début de campagne puis R570) (voir encart 5 ci-contre).

Encart 2 : les principales variétés de canne à sucre présentes à la Réunion.
          • Les conditions phytosanitaires

Le principal ennemi de la culture de canne à sucre à la Réunion est le ver blanc. Il a connu une phase d’expansion importante il y a quelques années et a causé des dégâts importants. Des mesures importantes ont alors été prises pour replanter les parcelles infestées et un traitement des boutures est dorénavant pratiqué de façon systématique.

1.1.2.2.Itinéraire technique du cycle d'exploitation.


L’itinéraire technique de la canne à sucre lors du cycle d’exploitation comporte 4 grandes opérations : la fertilisation, le désherbage, l’épaillage et la coupe. Le but de ces opérations est de faire en sorte que la plante puisse profiter de façon optimale des ressources qui lui sont données. Les principaux facteurs intervenant sont : la disponibilité en éléments minéraux et en eau, la concurrence avec les adventices et les ravageurs. A la Réunion, le principal facteur qui limite l’utilisation des ressources est la concurrence des adventices à laquelle nous consacrons un paragraphe particulier.

Figure 3 : itinéraire technique de la canne à sucre, exemple d’une parcelle coupée en septembre.

Saison des pluies









































































campagne de coupe

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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année N+1

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fertilisation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

désherbage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dépaillage avant la coupe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


          • La fertilisation : recherche d’efficacité au moindre coût.

Le choix de la formulation NPK est fonction des caractéristiques du sol considéré. Les plus courantes sont de type 18-7-30 (600 kg/ha) et 15-12-24 (800 kg/ha).

L’apport d’engrais s’effectue en général une fois par an après la campagne de coupe (décembre-janvier). A cette période, une grande partie des parcelles est déjà fortement développée et ne profitent plus de la totalité des fertilisants. En outre, les précipitations abondantes en cette saison peuvent entraîner le lessivage des apports et rendre l’opération inefficace. Aussi, les organismes de développement préconisent depuis plusieurs années une fertilisation étalée dans le temps avec une intervention sur les parcelles une semaine après la coupe afin de répondre aux besoins des plantes. Cette pratique a ainsi été adoptée par certains agriculteurs mais reste minoritaire.

Par ailleurs, certaines personnes fractionnent l’apport, en général en deux doses égales, pour éviter les risques de lessivage. Cette technique est également conseillée par la chambre d’agriculture mais les coûts d’un deuxième passage dissuadent les agriculteurs.
          • Le désherbage : une intervention plus ou moins tardive.

La pratique traditionnellement réalisée par la majorité des agriculteurs est un désherbage en fin de campagne. Ils interviennent alors en post-levée directement sur des herbes souvent bien développées. Dans ce cas, une grande partie des cannes à sucre ont subit une concurrence au moment de la reprise.

Les techniciens essayent depuis plusieurs années de convaincre les agriculteurs d’agir plus tôt dans le cycle de la canne et ils préconisent notamment un désherbage en pré-émergence sans beaucoup de succès. Quelques agriculteurs ont mis toutefois ces recommandations en pratique : certains font un passage en post-levée précoce en général à partir d’octobre et d’autre réalisent le prélevée au fur et à mesure de la coupe.

Il est à noter qu’avec le retrait progressif de la plupart des produits utilisés par les agriculteurs (atrazine, …), le désherbage devient de plus en plus difficile pour les agriculteurs qui doivent s’adapter à des produits dont ils ne maîtrisent pas les dosages et les conditions d’utilisation. En outre, la liste de produits homologués se réduit et les dosages n’ont pas été adaptés avec précision à la culture de canne à sucre et aux conditions réunionnaises.

Les agriculteurs font en général 2 à 3 passages d’herbicides et une retouche à la main ou un sarclage à la « gratte »7 pour les herbes résistantes.

Encart 3 : le contrôle des adventices.

Suivant les zones climatiques, la pression des adventices est plus ou moins forte. Ainsi, dans la zone au vent, soumise à une pluviosité importante, le développement des adventices est particulièrement important et rapide. Au contraire, dans la zone sous le vent, où il fait beaucoup plus sec, les herbes sont plus faciles à maîtriser.

La façon dont les agriculteurs gèrent les résidus de la canne après la coupe est un facteur important du degré de contrôle des adventices. En effet, la « paille »8 et les choux de canne laissés au sol permettent de limiter le développement des adventices. Mais on rencontre des pratiques de « paillage » très différentes selon les agriculteurs.

Tout d’abord, certains agriculteurs ne laissent pas ces restes au sol. Quelques-uns uns les brûlent mais en général cela n’est réalisé que lors de la replantation. D’autres les récupèrent pour les animaux. En effet, le chou de canne est un très bon fourrage et les feuilles peuvent être récupérées pour pailler l’étable. Il existe des échanges entre canniers et éleveurs : les premiers fournissant de la « paille » et des choux de canne à sucre et les seconds du fumier. Nous avons également rencontré des personnes utilisant la « paille » de canne à sucre pour pailler d’autres cultures. Le ramassage de la « paille » se fait souvent à la main mais dans chez certains agriculteurs équipés elle est roulée en bottes.

Parmi les personnes qui conservent les résidus au champ, il existe également des différences dans la régularité du paillage. En effet, la paille est plus ou moins bien répartie sur l’ensemble du terrain : certains laissent tel qu’après récolte d’autres mettent en andains ou éparpillent de façon homogène. Or, si elle est mal répartie et trop importante, la « paille » peut poser problème car elle peut gêner la reprise des repousses, elle peut mal se dégrader et les adventices peuvent se développer à partir des surfaces non couvertes. Le broyage des résidus de canne qui facilite la répartition homogène n’est pas développé pour l’instant.
          • Le dépaillage avant la coupe : une avance sur la coupe

Pendant l’intercoupe, certains agriculteurs profite de leur temps libre pour effectuer un dépaillage des cannes à sucre. Cette opération consiste à éliminer à la main les feuilles sèches à la base de la canne ce qui permettrait un meilleur développement et une meilleure maturation. En outre, cet éclaircissage de la canne facilite le travail de coupe ultérieur.

Il était très répandu auparavant mais il est en perte de vitesse à cause de la pénibilité et de la charge de travail pour effectuer cette opération dont les effets sont controversés.
          • La coupe : une opération demandeuse en main d’œuvre organisée en fonction des contraintes des usines.

Le brûlage de la canne sur pied avant la coupe semble extrêmement rare sur l’île et l’essentiel des producteurs effectue donc ce qu’on appelle une « coupe en vert ».

La coupe doit être réalisée de manière à obtenir la plus grande richesse possible. Ainsi, les coupeurs tranchent la canne avec un sabre à canne au ras du sol, coupent le "chou de canne"9 et pratiquent un effeuillage puis la rangent en "andains".

Photo 1: coupeur de canne.



La coupe à la main reste la plus employée dans l’île car la majorité des champs sont de petite taille, pierreux et en pente. L’opération est effectuée par la famille mais dès que la taille des parcelles est trop important il est fait appel à l’entraide ou à des journaliers. Cependant, le coût et la disponibilité de la main d’œuvre saisonnière qui préfère bénéficier du RMI rendent la gestion de cette opération difficile pour beaucoup d’agriculteurs. La coupe mécanique est encore peu pratiquée mais son développement est soutenu par les organismes agricoles.

La campagne sucrière est déterminée par les dates d'ouverture des usines sucrières qui réceptionnent la canne. Elle s'étend en général de juillet à décembre.

Cet intervalle est plus important que la période durant laquelle les rendements et la maturité de la canne à sucre sont optimaux mais elle est nécessitée par les contraintes de rentabilité des usines sucrières. En effet, celles-ci ne peuvent gérer une concentration de la production qui engorgerait les unités de transformations et obligerait à surdimensionner leur capacité de traitement pour une utilisation de seulement quelques mois par an. Actuellement, le compromis trouvé entre les usiniers et les représentants des agriculteurs conduit à un système de quotas hebdomadaires de livraison. Les agriculteurs doivent suivre ainsi, chaque année, un calendrier de livraison calculé en fonction de leur prévision de production et du nombre de semaines de la campagne sucrière qui les obligent à étaler leur récolte. Par exemple, un agriculteur qui, en vue de l'état de croissance de sa canne à sucre avant le début de la campagne de coupe, prévoit de produire 500 t de canne à sucre alors que les usines ont décidé d'étaler la campagne sucrière sur 20 semaines va devoir effectuer une livraison régulière de 25 t chaque semaine.

Après la coupe, l’agriculteur doit également parfois s’occuper du chargement et du transport de la canne sauf s’il fait appel à un prestataire de service. En général, les cannes sont chargées avec un engin auto moteur ou par un tracteur équipé d’un chargeur. Le transport à la sucrerie doit s’effectuer rapidement car une fois coupée, la canne se détériore et son taux de sucre se dégrade en quelques jours. Les cannes devant être amenées à l’usine doivent donc être coupées en un ou deux jours maximum. La canne est en fait transportée à la charge des planteurs de leur parcelle jusqu'au centre de réception. Ensuite, le transfert du centre de réception à l'usine est à la charge de l'usine et est réalisé par des camions de plus de trente tonnes appelés "cachalots". Il existe treize centres de réception sur l'ensemble de l'île qui sont équipés d'une chaîne de balance pour la pesée et d'une sonde pour la mesure de la teneur en sucre de la canne livrée.

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