V. Rapport de michel barret, responsable pédagogique pour les mathématiques et l’informatique 21





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VI. Rapport de jean-michel gillet, responsable pédagogique pour la physique


De l’avis d’une très grande majorité des interrogateurs physiciens, l’édition 2008 de l’épreuve TIPE s’est déroulée de manière sereine, confirmant le bon fonctionnement de son organisation. Il semble que la nette amélioration des préparations des candidats déjà observée depuis quelques années tende à se stabiliser. De même, de nombreux examinateurs déplorent maintenant les sujets C passe-partout, probablement construits à la va-vite et dont les transparents n’ont été rédigés qu’une fois seulement les résultats des écrits publiés. En revanche, comme marque d’une préparation s’étalant sur une plus grande période et s’inscrivant dans la durée, l’entrainement des élèves à la partie D de l’épreuve montre une nette progression de la qualité, non seulement des exposés d’un point de vue formel, mais aussi sur les aptitudes à l’exploitation et à l’appropriation d’un texte scientifique parfois très difficile d’accès.

Comme on peut le constater à la lecture des trois exemples de sujets de physique proposés en annexe, les textes de la partie D de l’épreuve TIPE furent très variés tant dans les thématiques abordées que dans leur nature (théorique/expérimentale). Ces textes sont toutefois assez représentatifs de ce qu’un candidat peut s’attendre à rencontrer le jour de l’épreuve. Nous l’encourageons donc à les employer dans le cadre d’un entrainement salutaire.

Nous ne reprenons dans les lignes qui suivent que certains points particuliers pouvant aider les candidats à mieux mettre en valeur leur travail et passer ainsi cette épreuve avec succès.

Pour d’autres remarques constructives, un candidat désireux de parfaire sa préparation se reportera aux rapports des éditions précédentes.

Rendre le jury plus intelligent.

Il convient d’insister une nouvelle fois sur la nature du jury. Celui-ci est constitué de deux êtres humains (chercheurs, enseignants, enseignants/chercheurs), qui ne sont jamais plus heureux que lorsqu’ils ont le sentiment que le candidat leur a apporté un savoir supplémentaire ou même, plus modestement, une clarification.

Quelle que soit la profondeur du travail accompli durant l’année, ou même la maîtrise que le candidat pourra avoir du texte scientifique soumis à sa sagacité dans la partie D de l’épreuve, tout exposé se doit de tenir compte du public auquel il est destiné. Ainsi, il ne sert à rien, et est même particulièrement contreproductif, d’utiliser un langage abscons ou de jargonner : le but n’est pas d’éblouir mais d’éclairer. Le principe de l’épreuve TIPE est de saisir l’occasion de l’audition puis du dialogue avec le jury pour mettre en valeur sa démarche scientifique, sa capacité d’initiative et, enfin, ses connaissances. Ceci ne peut se faire que par un exposé pédagogique se positionnant initialement à la hauteur de son auditoire pour l’amener progressivement à découvrir un domaine qui lui est, éventuellement, étranger.

Une leçon à retenir est qu’un jury qui se sent plus intelligent à la fin d’un entretien est un jury qui notera plus généreusement. Un jury qui aura le sentiment d’avoir perdu son temps sera souvent dans de bien plus mauvaises dispositions au moment de s’accorder sur la note.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément » disait Boileau. Aussi, pour convaincre le jury de son art de communiquer sur des sujets complexes, il est nécessaire de prévoir un bon nombre de répétition, autant pour tester la fluidité du discours, l’intelligibilité de la diction, le respect du temps imparti (10 mn ± 15sec) que pour s’assurer de la solidité de l’argumentation.

Etre synthétique sans être réducteur.

Les textes scientifiques proposés en partie D de l’épreuve sont des prétextes à un dialogue avec le jury. Ils peuvent être longs ou plutôt concis, être un assemblage de textes épars et complémentaires ou, au contraire, se présenter sous la forme d’un seul bloc. Certains textes sont tout de suite d’un niveau élevé, d’autres sont plus progressifs. La diversité des approches reflète la richesse des profils des auteurs contactés pour l’épreuve.

Devant autant de possibilités, il serait illusoire de fournir des recettes de présentations « clef(s) en main ». Il y a toutefois quelques approches systématiques qui s’avèrent plus payantes que d’autres car elles permettent (faut-il le répéter ?) de mettre en valeur les qualités du candidat sur les points particuliers de la faculté d’appropriation d’un sujet non choisi, l’aisance à communiquer sur un thème complexe, la capacité à entretenir un dialogue sur un niveau scientifique …

Le jury s’attend, à priori, à ce que le candidat articule son exposé autour du « travail suggéré » sur la page de garde. Les indications qui y figurent visent à aider à la fois les candidats à trouver un angle pertinent d’approche du texte et à assister les jurys dans leur classement en offrant une sorte de figure imposée commune à tous les candidats de la demi-journée. Ce travail n’étant que « suggéré », il est envisageable qu’un candidat particulièrement à l’aise décide d’emprunter une autre voie. Il lui revient alors d’en prévenir explicitement le jury tout en justifiant solidement son choix. Imaginons que sur une épreuve de patinage artistique la figure imposée soit une « pirouette simple » et qu’un concurrent décide de présenter une « pirouette sautée assise ». Il est prévisible qu’une telle initiative ne pourra être jugée favorablement que si elle est parfaitement exécutée…

Ceci étant dit, rien n’est plus confortable que de reprendre la totalité du texte en en paraphrasant les passages obscurs. C’est d’ailleurs ce que font 90% des candidats devant un texte un peu ardu. C’est dommage car les jurys sont tout à fait conscients des difficultés d’un texte et espèrent, au contraire, autre chose du candidat qu’une restitution linéaire. Ils attendent que celui-ci ait restructuré le texte pour lui donner plus de cohérence, ait tiré les informations cruciales, qu’il ait fait des rapprochements avec le programme de CPGE ou, encore mieux, qu’il ait construit des ponts avec ses connaissances personnelles ou l’actualité scientifique. Ce que le jury demande à un bon candidat c’est de se démarquer, de prendre des risques (raisonnés) et de sortir de la masse des innombrables restitutions monotones, celles qui ne laissent généralement transpirer qu’une compréhension médiocre.

Ainsi, une bonne stratégie peut être de prendre le contre-pied du texte, en offrant une interprétation complémentaire de celle d’une lecture rapide et superficielle. Si le texte est court, en proposer quelques développements personnels. S’il est très long (voire bavard, comme cette partie du rapport) tailler dans la masse et en distiller l’essence. Dégager le signal du bruit. Proposer une modélisation rapide si le texte ne fait que rapporter une succession d’expériences ou, au contraire, dire comment on pourrait s’assurer expérimentalement de telle assertion théorique.

On l’aura compris, ce qui importe n’est pas de montrer que l’on sait lire (même à haute voix et avec un vrai talent d’orateur) mais que l’on sait interpréter, ordonner, construire des passerelles vers des terrains connus ou offrir des ouvertures originales.

Une précision : certains candidats pensent, à tort, que tout le contenu du texte doit apparaître dans l’exposé. Ceci n’est pas justifié et, par exemple dans le cas d’un document très touffu, peut conduire à un exposé particulièrement indigeste qui ne tiendra certainement pas dans les 10 minutes imparties. Dans ce cas, le candidat est amené à faire des choix, tâche pour laquelle le « travail suggéré au candidat » pourra souvent fournir quelques pistes. Il ne faut bien sûr pas que le jury puisse penser qu’il s’agit là d’une stratégie d’esquive de la difficulté ou d’un passage du texte qui aurait été mal compris. Dans ce but, il conviendra donc d’avertir l’auditoire, lors de l’introduction, des raisons ayant conduit à cette présentation partielle et d’offrir de discuter les points laissés de côté lors du dialogue qui suivra l’exposé.

Il n’est pas rare, ni même honteux, de se trouver en difficulté devant un passage du texte particulièrement difficile ou une question plus pointue. Il est alors peu judicieux de tenter fuir les questions ou de « noyer le poisson ». Le candidat doit être suffisamment sûr de son travail pour pouvoir aussi admettre qu’il ne sait pas certaines choses. Le jury est généralement prêt à entendre (à condition que ce ne devienne pas une antienne) « je n’ai probablement pas les bases pour répondre à cette question», ou « cet aspect du problème sort de mon périmètre d’étude » (dans le cas de la partie C).

Affirmer sa démarche scientifique

Le travail de l’année sur un sujet que l’on a choisi, avec l’aide de son professeur, est une occasion de découvrir et de mettre en pratique une démarche scientifique empreinte de curiosité et de rigueur. Mais n’oublions surtout pas que, en fin de parcours, il s’agira d’utiliser ce travail pour mettre en évidence vos propres qualités scientifiques et pédagogiques devant le jury de l’épreuve TIPE.

La physique est une science intimement reliée à l’expérience. Il convient donc de traquer, quel que soit le sujet, les possibilités de monter une vraie expérience venant en appui du travail bibliographique. Il ne s’agit pas là de reproduire une manipulation du lycée ou de première année d’école d’ingénieur pour dire « j’ai fait une manip ». Le but est de construire un dispositif simple mais original, modeste mais pertinent. L’énorme avantage d’une expérience dont on maîtrise correctement les paramètres, est qu’elle s’avère d’une incroyable richesse lorsqu’il s’agit de montrer son esprit critique, sa rigueur d’analyse, son aptitude à mener un calcul d’erreurs. On s’attend à ce que le souci du candidat soit d’étayer son argumentation et ses conclusions par des faits, des valeurs, des estimations d’incertitudes. Il doit ostensiblement démontrer qu’il s’est inquiété des ordres de grandeur avant de construire son expérience et qu’il a cherché à les retrouver ou les critiquer ensuite.

Devant un montage expérimental, même modeste, tout jury saura ce qu’en vaut l’aune et pourra mesurer la capacité d’investissement et d’initiative d’un candidat dynamique. Le but peut être atteint de manière presque similaire par une bonne modélisation mathématique d’un phénomène suivie d’une simulation informatique. Nous ne pouvons qu’une fois de plus attirer l’attention des candidats sur le fait qu’un tracé de courbe n’est pas une simulation ! Un modèle numérique possède lui aussi ses faiblesses, ses approximations, ses limites. Il serait donc périlleux de ne pas leur accorder la place qu’elles méritent.

A la lumière des quelques douze années de l’épreuve, nous pouvons maintenant conseiller vivement aux candidats de fuir comme la peste tout sujet de physique purement bibliographique ou n’appelant qu’à la reproduction, plus ou moins maladroite, d’une série d’interminables calculs sans ancrage dans le réel. De même, il est impératif d’abandonner au plus vite toute thématique ne pouvant conduire à un apport personnel visible. Le candidat sera donc bien avisé de vérifier la pertinence de son choix de sujet auprès de son professeur-encadrant.

Ce que le jury essaye systématiquement de savoir c’est : « le candidat est-il ouvert au dialogue, est-il rigoureux, peut-il s’approprier un sujet à brûle-pourpoint, possède-t-il une véritable capacité à s’investir et est-il soucieux d’apporter une plus-value ? ». En caricaturant à peine, on peut même dire que c’est la seule chose qui l’intéressera dans les 40 minutes totales de votre prestation. Il appartient à vous seul de le faire répondre par la positive à ces questions !
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