Vers une nouvelle définition de la littérature grise





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Vers une nouvelle définition de la littérature grise


Joachim Schöpfel

Maître de conférences

Univ Lille Nord de France

UDL3, GERIICO

BP 60149

59653 Villeneuve d’Ascq Cedex

France
joachim.schopfel@univ-lille3.fr
Date de fin de rédaction de l’article : 26 novembre 2011
L’article contient une synthèse des travaux sur le concept de la littérature grise, les résultats d’une enquête et une analyse de la définition de référence (définition de New York). Les nouvelles technologies et les nouveaux modes de diffusion sur internet posent un problème pour l’interprétation traditionnelle de la littérature grise. L’article discute trois nouveaux attributs (qualité, propriété intellectuelle, médiation) et propose une nouvelle définition (définition de Prague) qui ajoute ces nouveaux attributs à l’approche économique de l’ancienne définition. D’après cette nouvelle définition, la littérature grise correspond à tout type de document produit par le gouvernement, l’administration, l’enseignement et la recherche, le commerce et l’industrie, en format papier ou numérique, protégé par les droits de propriété intellectuelle, de qualité suffisante pour être collecté et conservé par une bibliothèque ou une archive institutionnelle, et qui n’est pas contrôlé par l’édition commerciale.
Article rédigé suite à la conférence donnée par l'auteur dans le cadre du colloque GL12, Twelfth International Conference on Grey Literature: Transparency in Grey Literature. Grey Tech Approaches to High Tech Issues, organisé par le Grey Literature Network Service, les 6-7 décembre 2010, à Prague.

Introduction


La littérature grise est omniprésente. Selon les disciplines, elle représente jusqu’à 30% de la production scientifique. Les analyses scientométriques montrent son impact au niveau des citations, et elle fait partie des collections, portails et archives ouvertes (Farace & Schöpfel, 2010).

Cependant, le terme de "littérature grise" reste parfois mal défini, imprécis, avec des contours flous. Son concept est historique. Il fut un temps où l’on ne connaissait pas de littérature grise. Le concept a été propagé à partir des années 80, notamment par Auger (1989) dans un livre fondateur sur ces documents souvent riches d’information détaillée et fraîche mais difficiles à acquérir et à gérer. Considérés comme non- ou semi-publiés, ces documents sont diffusés en dehors du marché de l’édition, souvent en petit nombre, et leur catalogage n’est pas facile à cause de leur spécificité.

Auger parlait en premier lieu de rapports techniques et scientifiques. D’autres auteurs ont essayé de préciser ce concept et de l’étendre comme terme générique à d’autres documents possédant les mêmes caractéristiques – surtout des thèses mais aussi des communications, des documents de travail, manuscrits (pré-prints) etc.

La plus connue de ces définitions est celle dite "de Luxembourg" approuvée lors de la troisième conférence internationale sur la littérature grise en 1997 : "(La littérature grise est) ce qui est produit par toutes les instances du gouvernement, de l’enseignement et la recherche publique, du commerce et de l’industrie, sous un format papier ou numérique, et qui n’est pas contrôlé par l’édition commerciale". Quelques années plus tard, en 2004, la conférence de New York a précisé que cette définition incluait (aussi) les éditeurs "où la publication ne constitue pas l’activité principale".1

Cette définition souligne le côté "offre" de la littérature grise, sa production et diffusion sur papier et en format électronique, avec son caractère éphémère, non conventionnel ou "underground". Un groupe de travail américain a précisé qu’il s’agit de documents qui n’entrent pas dans les systèmes habituels d’édition, de distribution, de contrôle bibliographique ou d'acquisition via les libraires ou agences d'abonnements (U.S. Interagency Gray Literature Working Group) tandis que Mackenzie Owen (1997) observe que "gris n'implique aucune qualification (mais) est simplement une caractérisation du mode de distribution".

Aujourd’hui, la définition de New York est généralement acceptée et sert de référence. Cependant, les professionnels et chercheurs partagent majoritairement l’avis qu’elle nécessite une révision.

Où se situe le problème ? La "définition de New York" ne décrit pas un ou plusieurs types de documents, mais s’appuie sur un modèle de production et de diffusion. Or, internet a profondément modifié le marché de l’édition, et toute la tectonique de la communication scientifique commence à bouger. Le web offre de nouveaux outils et canaux pour produire, diffuser et évaluer la littérature scientifique. Auteur et lecteur, producteur et consommateur changent leur comportement d'information. Nous avons définitivement quitté l'ère de Gutenberg.

Alors que dire de la définition de la littérature grise ? Est-elle encore valable ? Le web fait-il disparaître la littérature grise ? Pour en savoir davantage, nous avons effectué en 2010 une synthèse des publications sur la littérature grise2, une enquête auprès de 108 professionnels et chercheurs du réseau international Greynet3, et une étude analytique sur la définition de New York. Les résultats ont été présentés fin 2010 à Prague, accompagnés de la proposition d’une nouvelle "définition de Prague" (Schöpfel, 2010). Voici l’essentiel de notre proposition, suivi d’une discussion de cette nouvelle définition sous l’aspect juridique et par rapport au libre accès.
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