Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie…





télécharger 48.44 Kb.
titreFiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie…
date de publication07.07.2017
taille48.44 Kb.
typeCours
e.20-bal.com > littérature > Cours
Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au XVIe…
Actuellement, pour évoquer les arts et les lettres du XVIe siècle en France, on appelle cette période «la Renaissance ». Ce terme est une appellation moderne. Au XVIe siècle, on 'parle plutôt de «restitution» ou de «restauration» des lettres. A la fin du XVIIe siècle, l'expression «renaissance des lettres» apparaît, mais ce n'est que vers 1830 qu'on parle dans l'absolu de la « Renaissance».

De quelle «renaissance» s'agit-il? Ce n'est pas celle de la littérature puisqu'elle n'a jamais disparu, c'est celle des lettres classiques. En effet, au XVIe siècle, l'Antiquité grecque, quelque peu délaissée jusque-là, est remise à l'honneur et aùtant appréciée qµe l'Antiquité latine. Les études hébraïques connaissent elles aussi un grand essor. Au Moyen Age, quelques auteurs anciens étaient connus, à travers notamment des commentaires d'érudits. Au XVIe siècle, l'ensemble de la littérature antique intéresse les lettrés; on se passionne pour la civilisation antique en général.

Les érudits critiquent la tradition médiévale: ils veulent revenir aux versions rigoureuses des textes en oubliant les masses de commentaires qui les entourent. Les artistes, eux aussi, se détournent de l'art médiéval, national, pour imiter les modèles grecs, latins et italiens. Pour l'épopée, par exemple, le modèle n'est plus la Chanson de Roland, mais l'Enéide de Virgile.

  • Le contexte politique et social a beaucoup évolué. Le XVIe siècle voit se constituer la monarchie absolue. Les assemblées provinciales jouent un rôle très effacé. Le pouvoir est concentré. Au Conseil des Affaires qui entoure le roi, composé de peu de membres, tout se décide. Une administration centralisée se met en place dans les provinces (baillis, sénéchaux, gouverneurs). Le nombre des fonctionnaires s'accroît considérablement. C'est au roi qu'il faut acheter les emplois (« vénalité des charges») .

On passe ainsi de la société féodale du Moyen Age à une société aristocratique. La cour se développe. A partir de François 1er, elle comprend plusieurs milliers de personnes, en voyage dans toute la France, en particulier dans les châteaux de la Loire. Les femmes ont un rôle social très important à jouer dans cet univers clos. La vie sociale est très brillante: fêtes, jeux, protection des arts ... La vie de cour permet au roi de surveiller la noblesse et d'obtenir plus facilement sa soumission.

L'autorité du roi s'exerce aussi sur le clergé. En effet, le Concordat signé en 1516 entre le roi de France et le pape attribue au roi la nomination des évêques et des abbés, qui est seulement confirmée ensuite par le Pape.

  • L'essor économique de cette période profite à la bourgeoisie. Elle peut ainsi acheter des titres de noblesse ou des charges de magistrats. C'est ainsi que se crée une nouvelle noblesse qu'on appelle «noblesse de robe », pour la distinguer de la «noblesse d'épée» ou «de sang» des anciens féodaux.

L'équilibre de l'Europe est remis en cause par la découverte de l'Amérique. Son exploitation économique bouleverse les données de l'économie. Les métaux précieux, issus des pillages et des mines, affluent sur le Vieux Continent. La richesse mise en circulation est considérable. La vie devient très chère. L'Etat mène un grand train (luxe de la cour, guerres, nombreux fonctionnaires ... ). L'endettement public s'accroît. Une crise financière est inévitable. Elle se produira vers 1560.

  • Le commerce, en plein développement, donne une place particulière aux grandes foires, à l'axe Italie/Allemagne et permet l'essor de Lyon. Dans cette grande ville, deux secteurs se développent très vite: la soie et la banque. Même si Paris reste le premier centre culturel de France, Lyon et quelques autres villes universitaires sont animées d'une vie sociale et intellectuelle particulièrement riche.




  • Plusieurs phases composent le XVIe siècle.

* Autour de 1500, les premiers développements de l'imprimerie révolutionnent le contexte intellectuel et permettent à l'érudition de se diffuser.

* Autour de 1530, c'est l'influence du roi François 1er qui est primordiale. Surnommé «le père des lettres », il protège les artistes et met l'Italie à la mode. Cette période, celle de Rabelais et de Marot, correspond à un certain enthousiasme. Les humanistes ont soif de savoir. Ils espèrent transformer l'Eglise de l'intérieur par l'évangélisme qui veut revenir au texte authentique des Evangiles.

* Autour de 1550, la génération de la Pléiade trouve sa pleine maturité. Venant renouveler la poésie française et la défendre, RonSard et ses amis marquent une étape importante dans l'histoire de la littérature.

* Enfin, autour de 1560-80, les guerres civiles et guerres de religion sévissent en France. La haine fanatique, la guerre mêlée au luxe font naître une littérature sombre et violente, mêlant réalisme et préciosité, comme les poèmes d'Agrippa d'Aubigné. Dans le même temps, Montaigne, dans sa retraite, rédige ses Essais,premier grand texte philosophique en langue française.

On Peut considérer deux dates charnières entre lesquelles a véritablement lieu la «renaissance des lettres»: 1535 et 1560.

** En 1535, effondrement de l'espoir des évangélistes, parution des premiers livres de Marot, de Rabelais et de Calvin.

** En 1560, fin des guerres étrangères et début des guerres de religion. Calvin et Du Bellay meurent. Ronsard devient poète officiel et accepte une sorte de rôle politique.
Après d'immenses espoirs humanistes, le XVIe siècle s'achève dans un bain de sang. Ce siècle reste marqué par le déchaînement des passions politiques et religieuses. La littérature du XVIe siècle est très proche des inquiétudes de l'époque. Elle est moderne dans le retlet qu'elle donne de la vie en ces temps tourmentés. Que l'écrivain choisisse de s'engager dans la lutte, ou qu'il préfère s'évader dans l'exercice de son art, il nous touche aujourd'hui encore par ses réactions très humaines.
--------------------

Du Moyen Age à la Renaissance…
Il n'y a pas de véritable rupture entre le Moyen Age et la Renaissance. Le maître-mot de la Renaissance, l'humanisme, est déjà présent chez certains clercs du Moyen Age. Une crise affecte à la fin du XVe siècle la civilisation française: la Renaissance est la réponse à cette crise.


  • Une crise.

- La foi en difficulté : La religion apparaît à beaucoup comme un ensemble de rites figés. Elle devient 'l'affaire de théologiens qui multiplient les querelles.

- L'Université en déclin : l'Université a perdu de son prestige. La matière principalement enseignée est la rhétorique. Les étudiants ne sont pas mis au contact des grands textes de l'Antiquité.

- La littérature en crise : les mystères (forme médiéviale théâtrale) sont devenus des entreprises de spectacle à but commercial. Les jeux rhétoriques ont desséché l'inspiration poétique. La littérature dépérit faute de renouvellement. Les intellectuels cherchent de nouvelles voies.


  • L'influence italienne.

- Les conditions historiques : les rois de France (Charles VIII, Louis XII et François 1er) revendiquent des droits sur Naples et Milan. Ils organisent plusieurs expéditions militaires en Italie. C'est ainsi que les Français vont découvrir la Renaissance italienne.

- Une société raffinée : les cours italiennes sont particulièrement raffinées (cour des Médicis). Les rois de France vont adopter la mode italienne à leur retour en France: fêtes, vie luxueuse, spectacles.

- Un art florissant : l'art italien impressionne les Français. En matière de littérature, la découverte de Dante, de Pétrarque ou de Machiavel frappe les esprits.

- L'Antiquité à l'honneur : les Italiens sont restés fidèles aux chefs-d'œuvre latins. Ils ont aussi appris à mieux connaître la civilisation grecque par la fréquentation de savants byzantins. Les Français ont tout à apprendre et se jettent avec curiosité sur les grands textes de l'Antiquité gréco-romaine.


  • L'influence de la Réforme

- Erasme : Erasme (1467-1536), un Hollandais, a vécu de nombreuses années en France. Cet humaniste est un fervent admirateur des auteurs antiques et cultive leur héritage. Il insiste par ailleurs sur la nécessité d'étudier la Bible comme source de sagesse.

- Le renouveau de la foi : plutôt que de se perdre en querelles théologiques stériles, Erasme propose de revenir à une foi plus spontanée, en faisant passer au second plan les rites et le formalisme et en insistant sur l'amour de Dieu et la lecture des Ecritures. Il ne rejette pas pour autant l'autorité de Rome comme le fait Luther.
La Renaissance marque une profonde rupture avec le Moyen Age. Cependant, bien des valeurs de cette ère nouvelle étaient déjà en gestation chez certains clercs médiévaux. L'appétit de savoir, le goût encyclopédique, la défense de la langue française, le renouveau de la foi sont autant de thèmes déjà esquissés à la fin de l'époque précédente.
-----------

L'humanisme
L'installation des premiers ateliers d'imprimerie détermine la progression du cour~nt humaniste. Cette invention suscite une prodigieuse circulation du savoir.

    • L'humanisme érudit

- Les manuscrits antiques : la chute de Constantinople, tombée aux mains des Turcs en 1453, provoque un afflux des Grecs érudits de cette ville en Italie. Ils ont dans leurs bagages de nombreux manuscrits. Chez eux, la tradition d'étude des auteurs anciens est solidement établie. L'Occident les découvre.

- Les Universités : les érudits voyagent beaucoup d'une ville universitaire à une autre (Paris, Padoue, Rome, Florence). Ces érudits veulent revenir aux textes antiques les plus sûrs possibles. En effet, dans l'université médiévale, l'enseignement des lettres se réduisait à celui de la rhétorique. Les discussions creuses de la scolastique ne satisfaisaient pas l'appétit de savoir. Le contact direct avec les textes d'Homère ou de Cicéron n'existait pas.

- Les ouvrages d'érudition : plusieurs travaux savants paraissent alors. Marsile Ficin (1433-1499) fait paraître la première traduction complète de Platon en latin pour rendre sa philosophie plus accessible aux lettrés. Claude de Seyssel fait de même pour Xénophon et Thucydide. Le plus connu de ces érudits est Guillaume Budé (1468-1540) qui traduit Plutarque en latin et se consacre à l'étude de la langue grecque. Ses études extrêmement rigoureuses sur la langue ne lui font pas perdre de vue la philosophie des Anciens qu'il remet également à l'honneur, en insistant sur sa valeur humaine.


  • La foi en l'homme

À partir de ces travaux d'érudition, toute une vogue se développe pour les recueils d'anecdotes antiques qui diffusent une image positive de la culture et de la civilisation antiques. Ces recueils de leçons et d'adages, des dits et de faits mémorables viennent nourrir le sentiment que l'homme possède des capacités extraordinaires, qu'il est à lui seul une sorte de résumé du monde et qu'il peut le dominer. Les grandes découvertes ont aussi exalté l'esprit aventurier et dominateur de l'homme. Le néo-platonisme (remise à l'honneur de la philosophie de Platon) se développe dans ces conditions. Son aspiration au beau idéal, et sa conception très intellectuelle de l'amour sont largement diffusées.


  • L 'humanisme et la religion

- Les études bibliques : la volonté de revenir aux textes authentiques chez les humanistes s'applique également aux textes bibliques. D'où le renouveau des études hébraïques.

- Le conflit : ce souci, qui devait à l'origine renforcer la théologie, aboutit finalement à refuser les commentaires infidèles de la tradition scolastique et à se trouver en conflit avec les autorités de la faculté de théologie (la Sorbonne). Jacques Lefèvre d'Etaples (1450-1536) retraduit la Bible et constate que certains dogmes ne figurent pas dans les textes évangéliques. Son succès est rapide. Autour de lui se crée le courant appelé «évangélisme» qui consiste à revenir au texte des évangiles contre les commentaires (les gloses) du Moyen Age. Marguerite de Navarre protège ce courant.

- La répression : mais la Sorbonne considère que ce mouvement se rapproche des thèses de Luther de 1517, elle condamne la Bible française de Lefèvre au feu, procède à quelques supplices d'évangélistes et contraint Lefèvre à s'exiler.


  • L 'humanisme et la politique

- François 1er : il soutient ce mouvement intellectuel. En 1530, il fonde le Collège royal (aujourd'hui Collège de France), hors du contrôle de la Sorbonne, où sont créées des chaires de latin, de grec et d'hébreu, puis de mathématiques, de philosophie et de langues orientales. Le roi encourage la publication des traductions, notamment les travaux de Jacques Amyot (1513-1593) sur Plutarque qui deviendront le livre de chevet de tous les humanistes de la fin du siècle. François 1er enrichit sa bibliothèque en instituant le dépôt obligatoire de tout volume imprimé en France (dépôt légal), et l'ouvre aux érudits. '

- L'Affaire des Placards : cependant, après l'Affaire des Placards (1534), quand un violent pamphlet contre la messe et la cour du Pape est placardé dans plusieurs villes de France, le roi pense qu'on est allé trop loin. Il réprime les luthériens, à l'origine sans doute de l'événement, et tente de suspendre le droit d'imprimer.

- La division : l'humanisme voulait réformer les études et la religion de l'intérieur. Le schisme protestant se dessine. Les humanistes vont se diviser. Certains comme Théodore de Bèze vont devenir protestants, d'autres vont réintégrer l'Eglise traditionnelle; beaucoup, déçus, vont se tenir à l'écart du débat, tout en gardant leurs convictions. Les guerres de Religion de la fin du siècle ruineront leurs derniers espoirs.
L'humanisme marque profondément l'évolution des lettres en France. L'imitation des Anciens n'aurait pu se faire sans les travaux des humanistes érudits. L'échec politique et religieux que connaît le mouvement ne doit pas faire sous-estimer son influence. Il marque l'éveil de plusieurs générations aux beautés de la littérature antique, une nouvelle foi dans les capacités de l'homme à prendre en charge son destin et à exprimer avec force ses sentiments et convictions.
----------

La génération de François 1er.
Le règne de François Ier, malgré les guerres qui ne cessent pas, est marqué par une floraison extraordinaire dans les lettres et les arts.

La personnalité même du roi en est, pour une bonne part, responsable. François 1er est un esprit mondain et curieux qui stimule les intellectuels de son temps et encourage les artistes. Avec sa sœur, Marguerite de Navarre, il protège les humanistes. Un peu partout en France, autour d'éminents mécènes, se créent des cercles lettrés: l'humanisme triomphe alors.

La génération des hommes nés autour de 1500 est particulièrement optimiste. Elle croit que les valeurs humanistes l'ont définitivement emporté et que l'Eglise va elle-même entreprendre sa réforme sous la pression de l'évangélisme. C'est pourquoi, malgré les guerres, malgré les réactions hostiles de la Sorbonne, cette génération cultive le rire et la gaieté. Marot et Rabelais connaissent les brimades, voire les persécutions, mais leur confiance dans l'avenir balaie les difficultés.

Jusqu'en 1534, ils savent qu'ils peuvent compter sur l'appui de François 1er qui a toujours cherché à limiter les prétentions et l'autorité de la Sorbonne. Mais un grave événement va transformer l'attitude royale. Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, un violent pamphlet contre la messe et contre Rome est 'placardé à Paris et à Amboise où réside alors le roi. C'est l'Affaire des Placards. La rupture avec les premiers protestants luthériens est consommée: ils sont poursuivis et vingt d'entre eux sont brûlés. Quant aux évangélistes qu'on soupçonne de sympathie à leur égard, ils sont réduits à la fuite ou au silence. La transformation de l'Eglise par l'évangélisme n'a pas eu lieu.

C'est sous le règne de François 1er et avec Marot que la poésie en langue française prend son essor. Certes les poètes français qui écrivent en latin au XVIe siècle sont très nombreux (plus de 700), mais la langue française, qui est devenue en 1539 langue officielle des actes et documents de justice, est défendue par les plus grands poètes et écrivains de cette époque: Marot et Rabelais. Même Calvin, qui manie parfaitement le latin, publie également en français ses œuvres théologiques (Institution de la religion chrétienne) et polémiques (pamphlets).

Dans la poésie lyonnaise, triomphent pétrarquisme et platonisme. L'Italie est à la mode: les châteaux de la Loire transforment leurs tours médiévales en tourelles élégantes; les palais remplacent les forteresses. La cour accueille les artistes italiens: Léonard de Vinci est bien entendu le plus célèbre d'entre eux.

La date de 1535 manque une rupture: l'évangélisme a échoué, alors que paraissent les premières grandes œuvres de Marot, Rabelais et Calvin. Enthousiasme, puis désillusion marquent successivement cette génération.
---------------------

François Rabelais (vers 1494 -1553)

Il est le fils d'un avocat à la Cour de Chinon. On ne sait presque rien de ses études de jeunesse. Il fait ses débuts en médecine et en littérature.Peut-être son père lui fait-il donner une éducation de clerc? En tout cas, à environ 36 ans, il étudie la médecine.
1520: il est moine franciscain à Fontenay-le-Comte, en Vendée. Il apprend le grec, étudie les textes anciens et la philosophie antique, correspond avec Guillaume Budé. Autant de tâches humanistes fort mal vues par la Sorbonne. On lui confisque ses livres, il change d'ordre et passe chez les bénédictins.

1528: il abandonne peu à peu la vie monastique et va étudier, très certainement la médecine, à Paris.

1530: il s'inscrit à la Faculté de Médecine de Montpellier et devient bachelier en médecine. 1532: il exerce à l'hôpital de Lyon, où il se fait une grande réputation. Il publie ses deux premiers livres.

1534: il suit à Rome, en qualité de médecin, l'évêque Jean Du Bellay, oncle du poète, qui va. devenir son fidèle protecteur.

1537: docteur à Montpellier, à Narbonne et à Lyon pendant trois ans. .

1540: nouveau séjour en Italie avec le frère de Jean Du Bellay, Guillaume.

1543: il est nommé maître des Requêtes du Roi de l'écrivain et dispose d'un grand crédit auprès de la Cour. 1546: condamnation du Tiers Livre et nouvelle disgrâce: il part se réfugier à Metz et en Italie, où il rejoint Jean Du Bellay.

1552: en récompense de ses services auprès des Du Bellay, il obtient la cure de Meudon.

1553: il meurt à Paris.
Œuvres.

1532 Pantagruel;1534 Gargantua ;1542 Gargantua et Pantagruel, édition définitive ; 1546 Le Tiers Livre, c'est-à-dire le «troisième livre », qui fait suite aux deux précédents ; 1552 Le Quart Livre, édition intégrale. Après sa mort : 1562 L'Ile sonnante ;1564 Le Cinquième Livre.


  • Grâces et disgrâces.

La vie et l'œuvre de François Rabelais sont marquées par d'incessants démêlés avec les autorités religieuses de l'époque.

Dès 1525, alors qu'il est moine à Fontenay-le-Comte, le supérieur du couvent disloque le groupe humaniste, animé par le moine helléniste Pierre Amy, dont il fait partie. Il doit à la protection d'un évêque, Geoffroy d'Estissac, de pouvoir passer chez les bénédictins, réputés plus tolérants ... Cette relative liberté ne lui suffit pas encore: il abandonne bientôt la vie monastique.

En 1532, il prend la précaution de faire paraître Pantagruel sous le pseudonyme de «Maître Alcofry: bas ». Bien lui en prend, car le livre est aussitôt condamné par la Faculté de Théologie de la Sorbonne, alors souveraine sur les problèmes religieux. Aucune autre de ses œuvres n'échappera à la règle: Gargantua sera condamné dès sa publication, comme le Tiers Livre (écrit près de onze ans plus tard), comme le Quart Livre!

Heureusement, face à l'intransigeance de la Sorbonne, Rabelais bénéficie de la protection de la très influente famille des Du Bellay. Il sait aussi, quand il le faut, disparaître en Italie ou se faire oublier en se consacrant à ses seules activités de docteur en médecine. Comme le conseille Rabelais lui-même, il faut savoir briser l'os pour accéder à la «substantifique moelle ».

Sous le gros comique de cette œuvre apparaissent quelques idées fondamentales de l'humanisme. Ainsi, Rabelais préconise une éducation à la fois intellectuelle (l'esprit), morale (l'âme) et physique (le corps). Rien de ce qui est humain ne doit être négligé.


  • Quelques mots sur Pantagruel,1532.

* Genre : Récit burlesque et satirique, en prose.

* Composition : Chronologiquement, c'est la première œuvre écrite par Rabelais. Or Pantagruel est le fils de Gargantua. En fait, dans l'ordre du récit, le livre est le second épisode, juste après Gargantua.

* Résumé: Pantagruel se décompose en 24 chapitres, qu'on peut regrouper en 5 grandes parties: l'enfance de Pantagruel (1-4): affabulations plaisantes et légendes sur l'enfance des géants, appétit démesuré de l'énorme bébé. + Les études de Pantagruel (5-9): de Bordeaux à Orléans, puis enfin à Paris, tournée satirique des universités. + Pantagruel et le Droit (10-13): réquisitoire contre les juristes du Moyen Age et plaidoyer pour la jurisprudence latine. + Panurge (14-22): habile chenapan rencontré par Pantagruel, qui passe au premier plan du récit et raconte ses mille « bons tours ». + Pantagruel à la guerre (23-24) : il part défendre son pays d'Utopie et accomplit toutes sortes d'exploits merveilleux.

* Thème : On l'aura remarqué, la composition du livre ne se soucie d'aucune cohérence globale du récit. Il s'agit pour Rabelais, à travers une multitude d'épisodes significatifs, de mettre en valeur l'idéal humaniste (l'homme est un « Géant», lettre de Gargantua à son fils) et de ridiculiser par la satire professeurs, juristes et théologiens. Un propos que l'on qualifierait aujourd'hui de «subversif », et qui trouve son expression idéale à travers l'imaginaire merveilleux et burlesque de Rabelais.

* Forme : Un vocabulaire surabondant, une invention verbale extraordinaire. Rabelais ne se contente pas d'emprunter des termes à tous les corps de métier, de multiplier les énumérations, les adjectifs et les synonymes: il forge lui-même ses propres mots et les déforme au fil de sa fantaisie et de nombreux calembours. .
---------------------

La Renaissance épanouie.
Entre 1540 et 1560, la littérature du XVIe siècle connaît son plein épanouissement. La Pléiade notamment, nourrie d'humanisme, remet à l'honneur l'Antiquité, crée une poésie originale, et renouvelle le théâtre.

Pourtant, les conflits religieux s'intensifient. Le roi Henri II réprime durement les tenants de la Réforme. En 1545, les Vaudois, membres de la secte fondée à Lyon par P. Valdo au XIII siècle, partiellement ralliés au calvinisme au XVIe siècle, sont massacrés. De nombreuses condamnations à mort sont prononcées pour hérésie; la délation est encouragée. Cependant la Réforme progresse dans toute la France. Le Concile de Trente (1545-47, 1551, 1562-63) marque la rupture entre les deux Eglises. Les guerres de Religion ne pourront être évitées.

L'humanisme reste un refuge pour les intellectuels de l'époque. L'imprimerie poursuit son développement, à Lyon comme à Paris. La langue française commence à être employée, au lieu du latin, dans les écoles. Les collèges humanistes se multiplient et connaissent du succès, comme le collège de Coqueret que dirige Jean Dorat. Les cercles lettrés où se rencontrent poètes et savants, sous le patronage de grands seigneurs, restent vivaces.

Une sorte de divorce se fait jour entre la littérature et les événements. La génération de la Pléiade dans son ensemble refuse de céder aux inquiétudes politiques et religieuses de l'époque. Seul Ronsard, vers 1560, s'engagera pour un temps du côté du roi et des catholiques. La littérature semble une sorte de retraite poétique ou philosophique pour oublier les troubles contemporains.

La coupure de 1560 est décisive: Henri II meurt en 1559; avec lui se terminent les guerres étrangères et commencent les guerres de Religion. Une crise financière grave perturbe l'économie. La gravité des événements oblige les écrivains à s'engager: ils ne peuvent plus fuir la réalité.


  • La Pléiade

«Sommes-nous moindres que les Grecs et les Latins? » Du Bellay, Défense ...

* Origine du nom : La constellation de la Pléiade, composée de sept étoiles, avait donné son nom dans l'Antiquité à un groupe de sept poètes grecs d'Alexandrie (Egypte). Le terme ne s'est imposé qu'avec Sainte-Beuve au XIXe siècle pour désigner le groupe de poètes dont Ronsard était le chef de file. Ronsard lui-même, à plusieurs reprises, a dressé la liste des «Sept meilleurs» qui est fluctuante. L'expression «la Pléiade» apparaît sous sa plume en 1556.

* Naissance du mouvement : L'activité de la Pléiade se situe surtout entre 1550 et 1560. Ronsard, Du Bellay et Baïf ont fréquenté le collège humaniste de Coqueret, dirigé par Jean Dorat. Ce collège ouvert aux adultes (ils ont environ 25 ans) mettait à l'honneur la pratique des grands textes anciens. Ces jeunes gens fondèrent alors en 1549 «la Brigade» avec quelques autres (Jodelle, Belleau, Grévin ... ). Le groupe est appelé «la Pléiade» par Ronsard en 1556.

Les autres écrivains de cette fin de siècle sont des militants, parfois même des combattants. Agrippa d'Aubigné pour les protestants, Blaise de Monluc pour les catholiques, sont autant des guerriers que des écri· vains. Monluc, dans ses Commentaires, raconte ses campagnes dans un style inégal. D'Aubigné, dans son grand poème épique des Tragiques, fait preuve d'un réel sens de l'image et de la poésie. Mais ce texte reste empreint d'une grande violence proche du fanatisme.

Les modérés sont rares, Jean Bodin, François de La Noue, Guillaume Du Vair. Mais leurs œuvres restent secondaires. Au contraire, les pamphlets anonymes, les libelles, toute une littérature militante se multiplie. L'imprimerie devient une arme de combat et son art décline.

Le règne d'Henri IV, qui ramènera la paix intérieure, redonnera sa liberté à la littérature. La vie mondaine qui reprendra de plus belle dans les salons et à la cour favorisera le retour à une littérature brillante, celle du baroque d'abord, puis du classicisme.


  • Le théâtre tragique.

* Théâtre et humanisme : Un renouveau.

L'humanisme n'a pas seulement influencé le renouveau de la poésie. Il a contribué à transformer en profondeur le théâtre français. Pendant toute la Renaissance subsistent les formes médiévales de théâtre, et notamment la farce. Mais se mettent en place les règles de genres nouveaux comme la tragédie, la pastorale ou la tragi-comédie.

* Les modèles : Du Bellay en 1549 affirme dans la Défense et illustration de la langue française qu'i! faut imiter le théâtre des Grecs et des Latins. Il paraît au XVIe siècle beaucoup de traductions des œuvres antiques. Certains érudits composent des tragédies en latin. Mais quelques précurseurs créent des œuvres originales, écrites en français.

* Les premiers essais et la doctrine Jodelle : il est l'un des membres de la Pléiade. En 1552, il fait représenter devant la cour la première tragédie en français, intitulée Cléopâtre captive. Toute la Pléiade salua cette pièce comme un événement, malgré des longueurs et des faiblesses dans l'action.

similaire:

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconI. Introduction générale au cours
«mouvement de foule». Ce mouvement de foule est un cas de comportement collectif. IL ne peut pas se déduire directement d’une simple...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconPlan du cours Conférence de méthode : Histoire des faits économiques et sociaux
«fiche» (coeff 4) sur l’exposé, résumé si possible pas trop long, où les articulations, principaux arguments et chiffres sont bien...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconNote du Mouvement atd quart Monde pour le groupe de travail du cnle...
«du droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.»; Le Mouvement souhaite que ce travail s’inscrive dans...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconPre-print pour «Les Enjeux de l’information et de la communication», 2011
«réalité augmentée» sur mobiles, une hybridation est atteinte, celle de l’image captée en temps réel sur laquelle viennent s’inscrire...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconAu cours du xvie siècle, la France est le lieu d’enracinement d’une Renaissance singulière
«l’école de Fontainebleau» où se côtoient artistes et mécènes privés. Les châteaux de la Loire contribuent aussi au rayonnement du...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconRéflexion sur la notion d’identité(s) européenne(s)
«Géodynamique continentale» n’est pas «géographie du continent européen», terme que l’on aurait pu trouver dans les programme IL...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconComment utiliser ce cours
«question au professeur» que vous pouvez utiliser au cas où vous souhaiteriez obtenir un complément d’information utile à la réalisation...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconUn exemple de juridicisation des politiques de developpement durable
«patrimoine naturel et culturel riche et menacé» et de contribuer à l'aménagement du territoire, au développement économique, social...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconComposition portant sur l’évolution générale politique, économique...

Fiche 18 augmentée. Complément au cours sur le mouvement culturel de l’humanisme au xvie… iconIntroduction le Québec, «laboratoire» culturel et politique
«Quel renouvellement depuis la Révolution tranquille ?», IL s’agissait d’analyser en quoi et selon quelles perspectives le Québec...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com