Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin)





télécharger 11.87 Kb.
titreLe travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin)
date de publication20.05.2017
taille11.87 Kb.
typeDocumentos
e.20-bal.com > loi > Documentos
Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin)
Réponses aux deux questions restantes :
9 ) Dans l’absolu, le propos de Marx sur le travail est plus positif que celui d’Hannah Arendt. Il le considère en effet comme producteur de la culture et de l’humanité puisque ce n’est que par le travail que l’homme peut produire les conditions de son existence, transformer le monde en monde proprement humain. La critique de Marx repose sur les conditions sociales et économiques de l’organisation du travail. Il dénonce le mode de production capitaliste dans lequel le travail de l’ouvrier est déshumanisé et déshumanisant.

Arendt, elle, souligne que le travail n’a de valeur que par son résultat, à condition que ce résultat soit œuvre, c'est-à-dire objet ou action à effet durable qui constitue un patrimoine matériel et spirituel pour l’humanité. Le cycle répétitif des tâches du travail n’a pas de valeur en lui-même puisqu’il ne sert qu’à « reproduire la vie », autrement dit nous maintenir en vie. Ce cycle doit être dépassé par la valeur et la permanence d’œuvres véritables. Or la société de consommation, au lieu de célébrer les oeuvres éternelles de l’humanité et d’en créer de nouvelles, célèbre la gloire des objets de consommation, appelés à disparaître et à être indéfiniment reproduits. Certes, produire des œuvres implique du travail, mais une activité de travail véritablement créatrice et non pas seulement la répétition de tâches productrices.

Marx centre donc son analyse sur les conditions de travail dans le système capitaliste tandis que Arendt prolonge la réflexion sur la nature des biens produits.
10) a - Si on affirme que le travail a de la valeur, cela signifie qu’il a de l’importance, que c’est une activité digne d’intérêt, de réflexion etc. Par contre si on affirme que le travail est une valeur en soi, cela signifie qu’il incarne une finalité ultime, qui ne peut recevoir d’autre justification que l’affirmation de sa propre valeur. Autrement dit, cela signifierait qu’il faut travailler pour travailler, que toute activité de travail est bonne en elle-même, parce qu’il est bon de travailler, pour tout homme. Cela voudrait dire que dans le travail, l’homme trouve une des expressions les plus hautes de son humanité.
b – La réponse à la question de la valeur du travail dépend de la manière dont on définit le travail. Si on entend par là l’emploi que l’on possède au sein d’une société occidentale (le fait « d’avoir un travail ») cela n’incarne pas une valeur en soi puisqu’on peur très bien avoir un tel travail et être exploité, n’avoir aucune reconnaissance et ne développer aucune compétence.

Par contre, si l’on entend par là l’action de transformer la nature et de se transformer soi-même par des efforts répétés alors le travail est une valeur en soi puisqu’il est l’expression d’une authentique liberté. NB : une telle analyse se trouve aussi dans la philosophie de Marx et pourrait être soutenue par Arendt. Tout le problème est de trouver les conditions politiques, économiques et sociales dans lesquelles une telle activité peut se développer. Relire absolument et étudier de près le texte de Marx p. 547 du manuel : le travail produit la liberté en s’appuyant sur le règne de la nécessité, qui n’est jamais réduit à néant.

Aujourd’hui, on a parfois l’impression qu’un travail libre et humanisant peut se développer dans les activités de loisir, les activités bénévoles ou artistiques et artisanales. Il s’agit alors de travailler pour travailler, pour progresser dans l’existence, pour œuvrer. Pourtant ces activités peuvent elles-mêmes être contaminées par la logique du « travail social », la recherche du rendement, de la performance, de la reconnaissance qui se transforme en domination.

J. Baudrillard a dénoncé dans son ouvrage La société de consommation l’impossibilité même de « perdre son temps » dans les sociétés de consommation parce que le temps libre y est lui-même contaminé par une logique comptable : le temps de loisir doit lui-même être rentabilisé, on doit y consommer de la culture ou des activités (voir texte ci-dessous)

Le seul travail qui aurait une valeur en soi serait alors celui du loisir au sens grec : activité physique ou intellectuelle produite pour le seul plaisir de la recherche de la vérité, du bonheur ou de la justice, débarrassée de l’urgence de la production des biens de consommation. Or si ce loisir-là était pensable, c’est aussi parce que le travail de production des biens matériels était assuré par les esclaves.
Texte de Baudrillard, La société de consommation (1970) :
« Le loisir aliéné, le repos, la détente, l’évasion, la distraction sont peut-être des besoins : mais ils ne définissent pas en eux-mêmes l’exigence propre du loisir, qui est la consommation du temps. Le temps libre, c’est peut-être toute l’activité ludique dont on le remplit, mais c’est d’abord la liberté de perdre son temps, de le « tuer » éventuellement, de le dépenser en pure perte. C’est pourquoi dire que le loisir est aliéné parce qu’il n’est que le temps nécessaire à la reconstitution de sa force de travail est insuffisant. L’aliénation du loisir est plus profonde : elle ne tient pas à sa subordination directe au temps de travail, elle est liée à l’impossibilité même de perdre son temps. La véritable valeur d’usage du temps, celle qu’essaie désespérément de restituer le loisir, c’est d’être perdu. Les vacances sont cette quête d’un temps qu’on puisse perdre au sens plein du terme, sans que cette perte n’entre à son tour dans un processus de calcul, sans que ce temps ne soit (en même temps) de quelque façon « gagné ». Dans notre système de production et de forces productives, on ne peut que gagner son temps : cette fatalité pèse que le loisir comme sur le travail. On ne peut que faire valoir son temps, fût-ce en en faisant un usage spectaculairement vide. Le temps libre des vacances reste la propriété privée du vacancier, un objet, un bien gagné par lui à la sueur de l’année, possédé par lui, dont il jouit comme de ses autres objets – et dont il ne saurait se dessaisir pour le donner, le sacrifier (comme on fait de l’objet dans le cadeau), pour le rendre à une disponibilité totale, à l’absence de temps qui serait la véritable liberté. »
Question : Tentez de résumer la thèse de l’auteur ainsi que son argument principal.

similaire:

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconM. moatti
...

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconEntreprises concernées
«coup de cœur du public» attribué à l’un des 4 lauréats suite à un vote du public par sms en fin de soirée

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconSuite et fin présentation xml
«charles de gaulle» : distinguer si celle-ci relève du nom de la personnalité, de l’aéroport à Roissy, d’un nom de rue, etc

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) icon“ Le xxie siècle libérera-t-il l’homme du travail contraint ? ”

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconSuite à l’introduction de l’agriculture céréalière et de l’élevage,...
«Cnossos» (le plus illustre des édifices de la Crète) nous amènera à montrer qu’elles forment le cœur du pouvoir religieux

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) icon26. la distinction homme heure et ses effets sur la demande de travail

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconTravail de fin d’etudes pour l’obtention

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconRésumé Cet article s’inscrit dans la suite d’un travail de thèse...

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconPréface de Pierre-Charles Aubrit Saint Pol
«Petite récréation philosophique»; vous comprendrez mieux l’importance de défendre la vie à son début et jusqu’à sa fin naturelle....

Le travail accomplit-il l’homme ? (suite et fin) iconRésumé P. 2
«L’homme est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions; tout en ne cherchant que...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com