Script les hommes greniers





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date de publication14.02.2017
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SCRIPT LES HOMMES GRENIERS

(0’00’’)

VOIX-OFF

Un bout de terre chinois posé sur la mer ou plus de 6000 grattes ciels viennent assombrir le ciel. Voici Hongkong.

Cette ville ressemble à un assemblage de jouets pour enfants où chaque forme représenterait un cube posé à côté d’un autre.

La densité ici est l’une des plus élevées au monde : dans certains quartiers, plus de 140 000 personnes se partagent un kilomètre carré. Une folie pour les uns, une économie pour les plus cyniques.

Après le départ des Britanniques en 1997, la ville s’est ouverte aux Chinois du continent.

Plusieurs centaines passent la frontière chaque jour. A la recherche de quoi ?

Hongkong est moderne, Hongkong est riche et Hongkong fait rêver.

Mais dans les étages de ces tours, les plus démunis s’entassent dans des logements tellement exigus qu’on les surnomme « les hommes greniers ».

Imaginez un couloir étroit où se font face deux rangées de compartiments dans lesquels on ne tient pas debout.

Ces hébergements existent depuis les années 50. A l’époque, ils étaient réservés à la main d’œuvre immigrée pour une période provisoire. Progressivement ils sont devenus des logements à part entière. Aujourd’hui 100 000 personnes vivent encore dans ces réduits.

L’histoire que nous allons vous raconter est celle d’une femme, Xiao Liu qui espère offrir à son fils Simon une vie meilleure à Hongkong que dans son village en Chine. C’est aussi l’histoire de Li Zhu, un migrant de la Chine continentale et de Monsieur Hong, un retraité hongkonais.

Tous vivent dans moins de deux mètres carrés.

Au fil des ans, ils sont devenus des hommes greniers.

(2’17’’)
VIVRE DANS 2MÈTRES CARRÉS

(2’27’’)

VOIX-OFF

Dans ces minuscules logements, on trouve tous les précaires de Hongkong : des chômeurs sans indemnités, des personnes âgées sans retraite ou encore de jeunes travailleurs migrants. Dans le quartier de Sham Shui Po, il y a des centaines d’immeubles comme celui-ci.

Xiao Liu est femme de ménage dans une maison de retraite. Avant d’arriver a Hongkong, il y a 3 ans, elle travaillait comme ouvrière dans une usine de jouets en Chine.
(2’55’’)

XIAO LIU

« Bonjour et bienvenue. c’est ici que nous habitons. C’est ici que j’habite avec mon fils et c’est tout petit. Mon fils et moi nous vivons sur le lit en bas, et là en haut c’est pour les rangements, pour les affaires dont on ne se sert pas en ce moment

Comme les affaires d’hiver, les couvertures. Et en bas là ici ce sont les jouets de mon fils, la vaisselle et les ustensiles de cuisine. C’est vraiment petit »
(3’46’’)

VOIX-OFF

Dans le couloir, il y a 19 locataires comme Xiao Liu. Les pièces d’à peine deux mètres carres sont empilées l’une au dessus de l’autre. Ceux qui habitent en haut doivent emprunter une échelle pour accéder à leur placard. Xiao Liu et son fils, eux, vivent dans une pièce située en bas. Le loyer y est plus cher mais on peut y tenir debout et puis de toute façon Simon n’arrivait pas à monter.
(4’14’’)

XIAO LIU

« Je ne sais pas comment vous décrire ce que c’est de vivre ici. Il y a beaucoup d’inconvénients : nous sommes très nombreux et en été il fait très chaud. Et puis comme on se partage tout on est oblige de faire la queue pour aller aux toilettes, et pour se faire la cuisine »

(4’55’’)

VOIX-OFF

Li Zhu lui vit dans ce même couloir. Chez lui, c’est en haut de l’échelle, dans un grenier encore plus petit que celui de Xiao Liu et son fils. Il ne peut même pas s’y allonger. Pendant la journée, Li Zhu travaille comme manutentionnaire chez un fabricant d’électroménager.
(5’20’’)

Li Zhu:

« Je n’ai jamais imaginé, lorsque j’étais en Chine, que je pourrais vivre dans une pièce pareil, mais au vu des prix des loyers ici, qui sont vraiment excessifs, je n’avais pas d’autre choix. J’ai un salaire peu élevé et même si ce sont des conditions de vie difficile, je suis obligé de les accepter ».
FAVELLAS VERTICALES
(5’52’’)

VOIX-OFF

Les propriétaires sont invisibles. Ce sont des marchands de sommeil sans scrupules, qui n’hésitent pas à louer le même appartement à des dizaines de personnes.
Monsieur Hong est l’un de ces locataires. Il vit au 8eme étage d’un vieil immeuble sans ascenseur.

Son appartement n’est pas compartimenté comme celui de Xiao Liu. De simples lits superposés, autrefois grillagés, servent de logement à chacun de 10 colocataires.

Malade des bronches, Monsieur Hong touche une pension d’invalidité de 200 euros par mois : c’est avec ca qu’il survit. Son lit lui coûte 70 euros par mois. Avant de tomber malade, Monsieur Hong a vécu de petits boulots en petits boulots : agent de sécurité, vendeur de légumes et réparateur de bicyclettes. Aujourd’hui, ces colocataires sont comme lui tous au chômage.
(6’51’’)

MONSIEUR HONG

« Actuellement, Hongkong, c’est un monde qui est fait pour les personnes riches.

Même les gens de la classe moyenne ont du mal à acheter un petit appartement, quand il y arrivent ils doivent rembourser un crédit. Le gouvernement parle beaucoup mais ne fait rien. Aujourd’hui c’est fini pour moi, c’était mieux au temps des anglais. »

(7’07’’)
(7’13’’)

VOIX-OFF

Xiao Liu a atterri ici parce que son salaire d’à peine 600 euros par mois ne lui permet pas de louer autre chose. Une annonce collée sur un mur dans le quartier de Sham Shui Po, il n’en faut pas plus à Hongkong pour trouver un placard de 2 mètres carrés.
(7’31’’)

XIAO LIU

« Je paie mon loyer en fin du mois en general ca se passe comme ca. En fait c’est très simple : à la fin du mois, je paye le loyer au propriétaire qui me donne un reçu. Il n’y a pas de contrat signé et il n’y a pas de caution à payer non plus mais ca se passe bien on a de bonnes relations »
( 8’03’’)

VOIX-OFF

Xiao Liu a négocié avec son propriétaire pour ne payer que 50 euros par mois parce qu’elle fait le ménage des parties communes. Pour les autres locataires, le prix du loyer s’élève à 100 euros.

L’INTIMITE
(8’24’’)

VOIX-OFF

Comment est-ce possible de cohabiter dans un espace aussi étriqué ? L’été, la température est étouffante le thermomètre monte régulièrement au-dessus des 30°, l’air est plombé par l’humidité. Les puces sont partout. Beaucoup installent un petit ventilateur dans un coin de leur pièce. Mais rien n’y fait, raconte Li Zhu, la chaleur est insoutenable.
Dans les appartements greniers, il n’y a pas de place pour l’intimité. il faut apprendre à tout partager : la cuisine, la douche et les toilettes pour 19 personnes, mais aussi les odeurs, ou les relations intimes. Parfois, la colère éclate pour un simple bol cassé… Chacun essaie de se faire tout petit, de trouver sa place au milieu de cette promiscuité, de trouver un espace à soi.
(9’40’’)

XIAO LU

« Je ne me sens pas concernée par la vie des autres, savoir s’ils sont célibataires ou non. Tous les jours je travaille, je rentre, je suis fatiguée. quand j’ai du temps, je le passe avec mon fils, j’essaye de l’aider à faire ses devoirs si je peux. L’histoire que j’ai eu avec le père de mon fils m’a brisée le cœur, alors la vie des autres, intime ou pas, ça ne me concerne pas et puis vous savez ici il y a pratiquement que des célibataires. Depuis que j’habite ici j’ai seulement vu la petite amie venir une fois ».
(10’27’’)

VOIX-OFF

Xiao Liu et Simon ne connaissent pas Li Zhu le manutentionnaire, ils vivent pourtant dans le même couloir partagent la même cuisine, les mêmes toilettes mais ils n’ont aucun endroit pour s’asseoir et se rencontrer. Tout est trop exigu pour créer l’amitié. Dans le couloir, Li Zhu n’a sympathisé qu’avec son voisin du dessous.
(10’52’’)

Zhu:

« J ’ai plein de collègues là où je travaille et je les considère un peu comme des amis, mais en dehors d’eux je n’ai pas vraiment d’amis a Hongkong peut etre trois seulement. Je ne peux pas avec ma copine e t puis je travaille toute la journée, je n’aurais pas le temps d m’occuper d’elle donc pour le moment elle vit avec ma belle-mère à Hongkong ».

(11’13’’)
(11’21’’)

VOIX-OFF

L’étroitesse et la promiscuité des greniers imposent la solitude. Monsieur Hong vit ici avec pour seul compagnon les chats d’une amie qui lui rend visite de temps en temps. Sa famille est installée a Hongkong mais n’a pas les moyens de l‘aider. A 59 ans, et après treize années à vivre comme un homme grenier, Monsieur Hong est fataliste.
(11’50’’)

MONSIEUR HONG

« On a une salle de bain par là, on s’y lave à l’eau froide. Quand on veut avoir de l’eau chaude, il faut payer quatre dollars hongkongais au propriétaire car on utilise son chauffe-eau, donc j’ai pris l’habitude de me laver à l’eau froide mais c’est vraiment pas un problème ».

(12’10’’)

LES LOISIRS
(12’17’’)

VOIX-OFF

Que faire de son temps libre quand on vit dans deux mètres carrés ? La plupart des hommes grenier ont un mini-téléviseur et certains passent leur week-end devant.

En réalité, la vie des hommes greniers se polarise sur le travail et le manque d’argent. Xiao Liu ne peut pas s’offrir un ticket de métro. Faute de moyens, elle marche.

Lorsque nous l’avons rencontrée, elle n’était jamais allée voir la baie de Hongkong. Nous l’avons emmené prendre le ferry avec son fils Simon. Une découverte.
(12’55’’)

XIAO LIU

« Quand je ne travaille pas, je sors avec mon fils. On va se balader dans les centres commerciaux, au parc, on fait de la balançoire, parfois c’est lui qui me pousse, c’est amusant. Au centre commercial, il y a beaucoup de jouets dans les magasins. Je ne peux jamais lui en acheter alors il boude, mais bon c’est comme ça. Quand on est fatigués, on rentre à la maison. Je veux qu’il révise ses devoirs. On mange dans notre chambre sauf parfois ou il arrive qu’on mange dehors ».

(13’38’’)
(13’49’’)

VOIX-OFF

Le Mac Do, c’est le luxe des loisirs pour les plus modestes de Hongkong. Il y en a un à chaque coin de rue, c’est climatisé et on y mange pour moins de deux euros. C’est la principale distraction de Simon.

Pour Monsieur Hong, un Big Mac c’est encore trop cher. Il passe son temps libre dans les petits squares coincés entre les tours : il y reste assis sur un banc trois heures chaque jour. C’est le seul endroit, dit-il, ou il trouve un peu de sérénité.

(14’20’’)

Monsieur Hong

« J’aime bien venir ici, car c’est calme, de toute façon je ne vois pas où je pourrais aller ailleurs. Je viens ici pour lire mon journal, fumer une cigarette et tuer le temps ».

(14’28’’)
EPILOGUE
(15’50’’)

VOIX-OFF

Un logement plus grand et évidemment à soi… C’est évidemment ce à quoi aspirent les hommes grenier.
(15’20’’)

XIAO LIU

« Pour moi le HLM c’est un rêve. Je ne peux pas rêver d’autres choses comme m’acheter un appartement à Hongkong. Mon fils me demande tout le temps si j’ai des nouvelles pour notre demande de HLM, et si nous allons arrêter de devoir partager avec tout le monde pour enfin être indépendant ».

(15’14’’)
VOIX-OFF

A Hongkong, du fait des prix exorbitants de l’immobilier privé, la moitié de la population vit en HLM. Mais il faut des années pour obtenir un appartement public. Xiao Liu et son fils devront donc cohabiter dans leur grenier encore quelque temps, comme Li Zhu. Quant à Monsieur Hong, l’immeuble dans lequel il vit sera bientôt détruit à la faveur d’une tour moderne. Où pourra-t-il se reloger ? Lui-même n’en a encore aucune idée.

(15’45’’)





Portraits d’un nouveau monde – narrative pour france5 – avril 2010

URBANISATION


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