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La construction et la gestion de l’identité numérique dans la rencontre amoureuse en ligne
Catherine Lejealle

Enseignant-chercheur à l’ENST Paris Tech (Ecole Nationale Supérieure des Télécoms), à la Direction de la Recherche, au Département Sciences Economiques et Sociales (SES)

Docteur en sociologie, diplômé de Paris 5 Sorbonne
Adresse personnelle :

41 rue Aristide Briand - 92300 Levallois-Perret

06 19 47 43 87 ou 01 47 59 98 93

catherine.lejealle@gmail.com
Adresse professionnelle :

Telecom Paris Tech - Département SES

46 rue Barrault - 75013 Paris


Résumé

Fréquentés par toutes les tranches d’âge et toutes les PCS, les sites de rencontre amoureuse constituent un nouvel espace de médiation qui permettent d’engager simultanément un grand nombre de contacts avec des formes inédites d’écrit (SMS). Ils demandent de construire puis de gérer son identité numérique afin de maximiser son aura médiatique, ce qui, en l’absence de modèles demande des compétences techniques pointues. De plus, fonctionnant sur le matching, ils mettent en relation des gens identiques. Ce problème constitutif des sites conduit certains internautes à aller sur des sites de niche liées aux passions ou sur les sites sociaux ou professionnels qui permettent de combiner recherche amoureuse, amicale et professionnelle.

Mots clés : amour, couple, TIC, Internet, médiation, sociabilité
Résumé en anglais

Used by people of all ages and all social background, dating sites are a new place to meet a potential lover. They allow to start several contacts at the same time and to try unforeseen writing support (SMS) in the couple. In order to maximize his presence on the site, the candidate is requested to build and then manage his virtual identity, which, due to the absence of patterns, require technical skills. Moreover, as dating sites are based on matching, they connect people that look alike. To overcome this problem, some users prefer to surf on niche dating sites based on specific shared interest or background or on social or professional sites that the user to look for dating, friendship and professional contact all in one.
Keywords : dating, couple, internet, encounter, sociability

La construction et la gestion de l’identité numérique dans la rencontre amoureuse en ligne


Introduction 


Depuis quelques années, l’arrivée des sites de rencontre en ligne a ouvert la voie à un nouvel espace de médiation amoureuse. On aurait pu penser qu’il était réservé aux divorcés et à ceux ayant déjà une première expérience du couple. Mais ces sites se targuent d’attirer des dizaines de millions d’internautes de tous âges et de tous milieux. De plus, la dernière enquête INED-INSERM (Bajos et Bozon, 2008) sur la sexualité des Français indique que 36% des femmes âgées de 18 à 19 ans et 24% des hommes de cette tranche d’âge, toutes PCS (profession et catégories sociales) confondues ont un compte sur un site de rencontre ; 10% des femmes et 13% des hommes ont eu ou ont encore un compte. Enfin, entre 4 à 6% des Français y ont trouvé un partenaire sexuel. Il ne s’agit pas exclusivement d’un marché de seconde main mais aussi d’un territoire intensivement investi par les jeunes, pourtant moins pénalisés pour sortir et rencontrer des gens que les personnes qui travaillent, assument la charge d’enfants et sont dotés d’un réseau amical dont ils ont déjà exploré les possibilités de relations amoureuses.
Notre problématique a consisté à nous interroger sur la place de ce nouvel espace de sociabilité qui amorce la relation par un lien virtuel et contraint l’internaute à créer et gérer son identité numérique. Y-a-t-il complémentarité ou substitution avec la rencontre in real life (IRL) ? Quelles motivations ces jeunes et ces moins jeunes, toutes PCS confondues ont-ils à passer du temps sur les sites ? Quels comportements et quelles expériences ces consommateurs ont-ils des sites mais aussi quelles difficultés éventuelles rencontrent-ils et peut-on en tirer quelques implications managériales pour le marketing ? Chemin faisant, on s’intéressera aux codes de bonnes pratiques qui se dessinent, à l’image des médiations classiques (bal et danse, chorale et paroisse…) qui étaient parfaitement codifiées. Enfin, observe-t-on des spécificités comportementales de l’utilisateur d’Internet qui aboutissent éventuellement à des nouvelles formes de communication dans le couple1 ?


Méthodologie

Compte tenu de la problématique, nous avons mené deux études qualitatives dans une logique inductive. La première, conduite en 2005 et 2006 sur la rencontre amoureuse médiatée par les sites de rencontre sur Internet et plus particulièrement sur Meetic, a consisté à interroger en face-à-face des Franciliens âgés de 22 à 39 ans : trente internautes ayant une pratique régulière de Meetic, dix réfractaires à l’outil et dix ayant trouvé un partenaire par ce biais. La seconde, conduite en 2006 et 2007 pour la start-up Mobiluck qui développe un logiciel de médiation via Bluetooth sur le téléphone portable permettant d’envoyer son profil à toute personne équipée de ce même logiciel que l’on croise au cours du parcours de mobilité. La start-up souhaitait connaître le contenu des écrans à proposer sur le téléphone portable pour que la rencontre amoureuse puisse s’amorcer (Alberoni, 1979) et plus précisément les critères pour définir son identité numérique. Etalée sur six mois, l’étude a compris trois phases : avant, pendant et après introduction du logiciel de rencontre. Elle s’est déroulée auprès d’étudiants de l’ESSEC, résidant ou non sur le campus, ne se connaissant pas auparavant ou seulement de vue. Cette enquête a compris la tenue de carnets de bord, des entretiens individuels et collectifs et un suivi ethnographique (photographies, enregistrements de commentaires en cours d’usage).
Trois motivations essentielles de connexion
On observe essentiellement trois types d’attentes que les internautes doivent réussir à faire apparaître dans leur identité numérique et qui conduisent à trois modes de gestion du processus d’approche différents (modalités et enchaînement des formes d’échanges). Il y a en effet un lien entre les informations contenues dans la page du profil et les personnes qui mordent à l’hameçon. Le pseudo caline692 constaté sur le site Meetic n’attire pas les mêmes internautes que Roland-Barthes. Le premier pseudo engage le dialogue amoureux sur un terrain clairement sexuel. Les candidats qualifient le premier type d’attentes de plan baise. Ce profil privilégie d’abord la relation physique. Après deux ou trois échanges de courriels, les internautes décident de se rencontrer IRL, souvent dans un lieu neutre, un café et en fin de journée (19h - 19h30). Cette heure est celle de tous les possibles car en cas d’entente, ils ont le temps de poursuivre la soirée ensemble. Pour ce premier groupe de candidats, les sites sont des moyens d’amorce efficaces et rapides. Ils présentent le double avantage de permettre de mener plusieurs relations en parallèle, parfois à l’insu du partenaire officiel. Comme le dit l’un d’eux : Je vais de fleur en fleur comme une abeille qui fait la pollinisation et je récolte mon miel. J’ai toujours en permanence des contacts chauds et actifs et d’autres en gestation pour plus tard. Je sème et je récolte en jouant sur le court terme et sur le long terme. Ce modèle est celui de la consommation pure où l’autre est avant tout plus considéré comme un corps disponible que comme un individu avec une personnalité riche à découvrir. Le couple ne perdure pas. Ce qui est consommé est détruit.
Ils baptisent le second type la princesse et le prince charmant (Kaufmann, 1999) mais on pourrait aussi le qualifier de convalescence. Les internautes échangent une quantité impressionnante de courriels et de photos souvent de paysages et jamais d’eux-mêmes (les images romantiques de bouquets de fleurs sont très prisées), peuvent chater ou s’envoyer par jeu de ping-pong des courriels des soirées et nuits entières mais évitent longtemps ou toujours la question de la rencontre. Ces internautes ne sont pas nécessairement déjà en couple et ne mènent pas de double vie mais, en convalescence amoureuse, ont peur de souffrir s’ils s’engagent dans une nouvelle relation amoureuse. Les échanges amoureux sur le site leur permettent de vivre une histoire à moindre engagement physique et psychique, tout en ayant le sentiment de vivre quelque chose d’intense. Ils en tirent un autre avantage, à savoir la réassurance d’être normal. On observe en effet que la pression des proches et surtout celle des médias leur renvoie une image négative de leur solitude (Ehrenberg, 1995). Ils pourront parler à leurs collègues de cette relation virtuelle, s’appuyant sur des détails véridiques (Elle aime Cali et raffole des truffes au chocolat noir intense). De plus, accepter d’entrer dans le jeu a des répercussions positives dans leur vie quotidienne et peut les conduire à rencontrer quelqu’un IRL. En faisant la démarche de s’inscrire sur un site, ils actent qu’ils cherchent quelqu’un et seront alors plus ouverts aux éventuelles rencontres, en allant acheter leur pain ou pratiquer une activité sportive. Il y a une rétroaction positive et bénéfique pour les deux protagonistes lorsqu’ils sont dans la même phase de guérison. Lorsqu’ils se lancent sur les sites de rencontre, les enquêtés qui attendent une rencontre pouvant potentiellement déboucher sur une union d’une certaine durée pensent plus à éviter les prédateurs sexuels que les princes charmants qui ont peur de passer à l’acte. Par conséquent, les enquêtés en rencontrent presque toujours au début de leur courbe d’expérience. S’ils estiment que ces princes charmants leur font perdre du temps, ils apprennent également à accélérer la rencontre IRL.
Le troisième type de profils est en attente d’une rencontre pouvant s’inscrire dans la durée. Il constitue le papillonnage pour voir en se laissant porter par les échanges, sans présager de la suite mais sans s’interdire d’être surpris et sans s’interdire de draguer ou d’ouvrir les yeux ailleurs, au travail, avec les amis ou en faisant du sport ou des loisirs. Les internautes s’abritent initialement derrière des pseudos, des avatars ou des photographies floues puis dévoilent progressivement leur identité, jouant sur les différents supports et différents médias mais aussi sur la rencontre en face-à-face. Celle-ci a souvent lieu le dimanche après-midi autour d’une activité support (visite d’une exposition, sortie au bowling ou à la piscine) qui servira de prétexte, de partage et de contenance pour masquer la gêne et le manque de naturel de ce type de rencontre. Les internautes décident alors souvent de mettre leurs profils en veille (idle) et ont le moyen technique de vérifier que l’autre respecte cet engagement, tout en sachant qu’il peut se construire un autre pseudo et continuer sa quête en parallèle. A ce stade, les relations suivent le chemin de celles initiées IRL. La relation peut alors aboutir à toute la panoplie possible, allant du couple à durée éphémère, à la relation amicale. Les interactions en face-à-face n’interrompent pas nécessairement la relation médiatique ou la transposent hors du site de rencontre, en utilisant des adresses courriels qui leurs servent par ailleurs (yahoo, hotmail, laposte…). Les internautes peuvent également échanger leurs numéros de téléphone portable puis sauf pour les parents divorcés, dans un second temps éventuellement fixe. La relation évolue vers un stade différent puisque les courriels de l’internaute arriveront dans une boîte courrier qui sert à d’autres usages et avec d’autres interlocuteurs de leur réseau de sociabilité amicale ou familiale. Par ailleurs, ces échanges asynchrones ménagent la face (Je prends le temps de réfléchir à ma réponse ou je peux faire comme si je n’avais pas reçu le message) et permettent d’aborder d’autres sujets parfois épineux que le face-à-face ne permet pas
La problématique de l’identité numérique éventuellement multiple
La rencontre amoureuse médiatée par les sites Internet ayant ceci de particulier que l’interaction virtuelle précède la rencontre en face-à-face, qui peut d’ailleurs ne jamais avoir lieu car volontairement reportée aux calendes grecques par les deux protagonistes qui préfèrent s’en tenir aux fantasmes, le candidat à la rencontre est alors confronté à la construction de son identité numérique. Quelle part de son identité choisit-il de mettre en avant, n’hésitant pas parfois à déformer la réalité voire à mentir ? A chacun de décider comment il va se présenter. A défaut de guides ou d’aides fournis par les sites, afin de créer leur profil, les internautes surfent pour regardent ceux des autres, les téléchargent et s’en inspirent dans la limite de leurs compétences techniques et du matériel requis pour se prendre en vidéo. Il n’existe pas de modèle type comme on peut trouver des modèles de CV donc il faut voir ce que les autres ont mis. Cette construction ne s’arrête pas nécessairement à une identité numérique unique puisque l’internaute peut décliner une multiplicité d’identités et apparaître sous différents pseudos. Le jeu entre contactés peut justement consister à reconnaître les personnes qui créent différentes identités, augmentant ainsi l’excitation et le désir (Péquignot, 1991).
De plus, on observe un paradoxe entre paranoïa et exhibitionnisme, entre la jouissance de sa mise en valeur avec une photographie parfois retouchée et la peur du harcèlement en donnant son numéro de téléphone. Ceci s’observe plus généralement pour d’autres pratiques du Web, notamment les blogs ou les sites de chat. Les internautes en font un usage intensif, mettant sans hésiter en ligne leurs photographies personnelles, leurs pensées intimes ou des prises de position tranchées sur les grands débats mais ont un discours réflexif diamétralement opposé où ils exposent cette crainte d’être fiché, fliqué et suivi partout… à cause des cookies et des logs qui gardent des traces de leurs cheminements sur le Web et la nécessité d’être vigilants. Cette enquête sur les sites de rencontre met en lumière la recomposition de la frontière entre privé et public, pour aboutir à définir ce que Serge Tisseron (2001) nomme « l’extimité » car comme le souligne Dominique Mehl (1998) : « La frontière entre privé et public n’a pas disparu mais elle est devenue subjective et individuelle ».
Dans cette dialectique du caché et du montré, le candidat a autant intérêt à confesser et à dire qu’à taire. Puisqu’il est rédhibitoire de ne pas mettre de photographie de soi, il choisira de contourner l’exercice en mettant une photographie floue ou une photographie de lui à deux ou trois ans. Chaque acteur organise sa mise en scène (Goffman, 1975, 1973), se bâtit sa propre stratégie de dévoilement progressif, laissant une place à l’imaginaire, aux fantasmes mais aussi à l’idéalisation. En retirant tous les points trop saillants (Je ne dis pas que je joue au rugby, je mets le ski en avant, Je suis contrôleur des impôts et ça ne le fait pas donc je mets fonctionnaire, ça suffit, je reste vague, Je suis en dernière année de médecine en gynécologie donc pour draguer une nana, c’est pas top et je dis que je suis en dernière année de médecine, ça suffit) le candidat présente un portrait assez lisse et consensuel, répondant ainsi plus facilement aux attentes d’une large population et recueillant un maximum de réponses. Mais offrir un profil trop généraliste peut soit n’attirer personne comme l’éternel second que personne ne choisit soit attirer trop de contacts qui ne correspondent pas à la cible. Ceci entraîne aussi parfois de la dissonance cognitive lorsque l’autre réalise au fil du dévoilement que la personne ne correspond pas au portrait idéalisé de ses rêves. Comme IRL, il faut alors soit accepter que l’autre soit différent et l’aimer pour ce qu’il est, ou comme c’est plus souvent le cas sur les sites de rencontre, repartir à la chasse d’un autre candidat dont le profil suffisamment flou répond aux attentes. Ces profils trop généraux conduisent souvent à une succession de rencontres plus ou moins avortées ou fantasmées, parfois menées en parallèle, que l’on abandonne dès lors qu’on constate que l’autre ne répond pas aux critères ou présente des caractéristiques rédhibitoires comme un enfant dans un magasin de jouet qui ne sait pas quoi choisir car tout lui fait envie. Comme les sites offrent un réservoir quasi infini et tellement plus vaste que les opportunités de rencontres dans la vie quotidienne, les surfeurs ont moins tendance à se fixer sur un choix unique et à le découvrir qu’à zapper ou à repartir indéfiniment à la quête du partenaire idéal.
La discrimination par l’exigence de compétences techniques
Une fois créée, il faut animer son identité numérique pour, tel un émetteur de programme culturel construire son public (Pasquier, 1999). Les candidats doivent en effet bâtir leur lectorat et créer leur audience en relançant et en alimentant le suspense (ajout de vidéos, réponse aux messages dans l’heure qui suit). Sous réserve de les maîtriser, les candidats à la rencontre ont alors une infinité de possibilités techniques offertes par les sites pour multiplier les supports (Web, téléphone fixe ou mobile) et les formes de communication : messagerie instantanée, courriel, SMS, MMS, chat, envoi de documents multimédia (photographies, vidéos, musique) ou envoi des adresses des blogs qu’ils apprécient. Les contactés peuvent également décider de dévoiler une part de leur identité en chatant sur un autre site que Meetic pour mettre à distance l’inauthenticité inhérente au site de rencontre et se rapprocher d’une rencontre non médiatée. On observe que la relation évolue par étapes où l’on livre progressivement des informations sur son identité réelle et sur son intimité.
Mais la maîtrise du marivaudage du vingt et unième siècle suppose des compétences techniques pour mettre à profit ces opportunités. Il devient dès lors indispensable de disposer et de maîtriser les outils informatiques car être présent sur le site ne suffit pas. Il faut créer son aura médiatique et entretenir sa visibilité. L’internaute doit créer les conditions du succès car il n’apparaîtra pas innocemment en première page du site pour son mérite personnel. En effet, la politique d’animation des sites consiste entre autres à proposer différents instruments de mesure de la fréquentation de chaque profil, à indiquer les dates de dernière mise à jour et à permettre aux internautes de voter pour vous et de vous élire la plus jolie ou le plus sexy. A défaut de guides de bonnes pratiques, les surfeurs tiers se raccrochent à ces trophées et privilégient les fiches de ceux qui ont l’aura maximale. Ceci conduit également les internautes à entrer en contact pour se proposer de voter mutuellement l’un pour l’autre pour incrémenter artificiellement un compteur de popularité et accroître leur visibilité.
Cette exigence de compétences peut constituer une barrière à l’entrée sur le marché matrimonial mais les sites proposent des solutions pour minimiser ce problème en organisant des soirées dansantes et des activités sportives ou culturelles, c’est-à-dire un mode de médiation collectif et sans amorce virtuelle. Ces activités permettent de se rencontrer IRL, comme celles que les associations sportives et culturelles proposent, à la différence près que les candidats savent que chacun a théoriquement en tête de nouer un lien amoureux et pas seulement amical. Le coût3 des activités étant de vingt à cinquante euros par soirée, de technique, la barrière devient financière mais permet d’offrir davantage de modes d’entrée en contact pour convenir à chacun, selon ses compétences, ses appétences et ses ressources. Les enquêtés peuvent préférer le surf exclusif de la relation interpersonnelle, panacher surf et soirées, ou amorcer un contact sur le site et décider que la première rencontre se fera lors d’une soirée collective. Ce dernier mode fort utilisé permet de ne pas perdre sa soirée si la rencontre physique n’est pas à la hauteur de ce qui s’était noué en virtuel. Comme le constatent les enquêtés : On se retrouve à une soirée mais si ça ne donne rien, chacun repart à la pêche. En dans ce cas, en plus, ça permet de s’appuyer sur quelqu’un qu’on connaît un peu pour aller vers les autres. C’est moins dur que tout seul. C’est comme si tu allais en soirée avec un pote.
Ainsi en pratique, nous constatons que malgré un éventuel manque d’expertise, les internautes bricolent et tentent de décoder les normes et usages (De Certeau, 1980). En effet, le nouveau mode de rencontre que propose Meetic n’est pas dénué de règles et de codes mais ceux-ci se mettent progressivement en place et sont peu documentés si bien que chaque candidat tâtonne, procède en itérant essais et erreurs. Ainsi, lorsqu’on est contacté, si l’on est intéressé, il est impératif de répondre rapidement, dans les deux jours à réception d’un message. Dans tous les cas, si l’on veut paraître crédible dans sa recherche et ne pas paraître touriste, l’activité doit être ininterrompue avec mises à jours fréquentes puisque la date de dernière connexion est visible des autres internautes. Ce parcours semé d’embûches est d’autant plus complexe qu’il demande non seulement une expertise technique évidente pour mettre toutes les chances de son côté mais aussi un investissement temporel important. In fine, la rencontre amoureuse via les sites de rencontre peut être efficace et rapide, à condition de bien identifier les attentes de l’autre et d’être en phase avec lui, ce qui suppose aussi d’avoir créé une identité numérique claire qui annonce ce qu’on cherche, de comprendre les règles du jeu et de savoir comment mobiliser dynamiquement son profil une fois sur le site.

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