Interview Magalie Boisseau (Mai 2015)





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Interview Magalie Boisseau (Mai 2015)

Fondatrice de BedyCasa, plateforme de location.




  • […]

  • Donc vous êtes la créatrice de Bedycasa, qui a été créé il me semble en 2007. Est-ce que vous pourriez me parler un petit peu de votre plateforme de location, quand est-ce que cela a commencé à prendre de l’ampleur, etc. ?

  • Donc BedyCasa a été créé en juin 2007, le site était en ligne déjà en Avril 2007, on a créé la société en juin 2007. On l’a créé grâce à des voyages que j’ai effectué à l’étrangers, et où je m’étais confronté à la problématique du logement, en tant qu’étudiante et puis après pour des voyages professionnels. Puis en fait j’ai proposé à mes amis, que je suis faite dans une soixantaine de pays, de louer leur chambre. Donc je faisais du couch surfing. Je pense que tu connais le couch surfing ? C’est du logement gratuit, enfin, souvent sans payer mais tu dors sur le canapé. Et du coup, j’avais analysé ce marché et le marché du logement chez l’habitant. Et j’ai voulu créer cette plateforme avec une centaine de personnes que j’avais rencontrées lors de mes voyages et qui m’ont aidé à définir les besoin des utilisateurs. J’ai commencé une première version en 2006, puis en 2007 j’ai fait appel à un étudiant qui l’a développé, et en fait très rapidement j’ai vu que j’avais une orientation, des inscriptions naturelles, plus la presse qui commencée à en parler, notamment M6, et donc du coup j’ai été confronté à la problématique financière. C’était un projet énorme, ambitieux, j’avais besoin de fonds pour embaucher, et me développer. Les charges techniques demandaient beaucoup plus de fonds que ce que j’avais mis moi, à la base. J’ai mis 5 ans à faire ces levées de fond. Et j’en ai fait 5. J’ai commencé en 2009, 2010, 2011, 2012, 2013. Et je me suis arrêtée l’année dernière. Du coup au départ il n’y avait qu’une centaine de personne sur le site, et quand j’ai commencé à lever les fonds, enfin à ma première vraie levée de fond en 2012, 500 000 euros, on était 40 000. Et là on est à 44 000 logements.

  • D’accord, sur Paris, est-ce que vous savez combien vous avez d’annonces ?

  • 2000. En comptant Paris et la région Parisienne ou que Paris ?

  • Que Paris

  • A peu près 2000

  • D’accord. Donc en fait si j’ai bien compris, BedyCasa ça se distingue un peu d’Airbnb puisque les hébergeurs peuvent proposer des services comme des visites, des cours, etc. En fait votre plateforme a été lancée à peu près en même temps qu’Airbnb, donc vous avez réussi à gérer la concurrence qui se passait à ce moment-là ? Airbnb, on a commencé à en entendre parler vers 2010. Vous vous aviez déjà lancé votre activité.

  • En fait Airbnb est arrivé en France en 2012. Donc c’est assez récent. Nous on existait avant effectivement mais en quelque sorte son arrivée et l’arrivée d’américains fait toujours du bien aux français de toute façon. Donc ça nous a été bénéfique dans le sens où les gens connaissent évidemment Airbnb, qui a levé 800 millions de dollars, donc heureusement qu’ils sont connus, parce qu’on en fait des choses avec 800 millions de dollars. Mais du coup ça a des retombées positives pour nous. Enfin négatives du fait qu’ils fassent des vagues, donc les vagues nous retombes aussi dessus, puisqu’on est dans la même industrie. Donc on doit aussi répondre aux mêmes problématiques juridiques, à la presse, aux doutes et questions des clients. Mais on n’a pas les même moyens, donc on ne peut pas mettre en place les mêmes technologies, les mêmes méthodes, on n’a pas les mêmes ressources, mais d’un autre côté, les gens qui connaissent Airbnb en Bedycasa vont plutôt sur BedyCasa, sa correspond mieux à leur profil. Parce qu’on est moins cher, on est deux fois moins cher qu’airbnb, sur les grandes villes, et qu’on a 80% des habitants présents.

  • Ce que vous dites c’est que justement chez airbnb il y a eu des procès, des problèmes, ce genre de choses, qu’elles ont été les conséquences sur votre entreprise ? Sur votre site ?

  • Nous à chaque fois qu’il y a eu des problèmes d’ordre juridique, et surtout par rapport aux logements, souvent on a était comparé à Airbnb alors que nous on s’adresse plus à des gens qui vont aller chez l’habitant ou en chambre d’hôte. Après il y a des hébergeurs qui vous appelle parce qu’ils ont peur par rapport à la fiscalité, par rapport à la police. Airbnb a tellement fait parler de lui et a tellement était mis sur un piédestal qu’à chaque fois qu’ils bougent le petit doigt il y a 10 articles dans la presse et une exagération au niveau de l’information et de la désinformation, qui font que cela génère des angoisses chez le client. Ça ce n’est pas bon, parce que nous on le récupère aussi. Il faut qu’on rassure.

  • D’ailleurs, comment gérer-vous de votre côté les problèmes de fiscalité, comme airbnb qui se dédouane de toute responsabilité vis-à-vis de manquements à la loi ?

  • On leur dit de toute façon de se conformer à la loi, à partir du moment où ils louent de façon régulière chez eux il faut qu’ils en tiennent compte dans leur revenu. Après il y a quand même une loi qui nous est favorable qui est en janvier 2012, la mairie de Paris a décidé d’autoriser les propriétaires de résidences principales à louer une partie de leur hébergement ou leur hébergement en entier, pourvu que cette activité soit occasionnelle et non habituelle et sans avoir à demander d’autorisation au préalable en mairie. Ce qui n’est pas le cas des habitations à usage touristique où là ce n’est pas le même revenu qui est perçu de la location, et c’est là, c’est sur ce segment de marché, qu’est Airbnb et nous très peu. 

  • Vous vous êtes plutôt sur ?

  • Résidence principale, à 90%, voire 95% sur les résidences principales, et eux c’est plutôt 60% en résidence principale et 40% en résidence secondaire, sauf que sur la résidence principale devient de plus en plus une résidence secondaire, ça veut dire que l’habitant quand il voit qu’il commence à bénéficier d’un revenu confortable, il en prend un autre et laisse son logements principal à la location pour bénéficier de plus hauts revenus. C’est quand même 2000 euros par mois.

  • J’ai vu que vous aviez aidé le député Patrick Vignal à élaborer un projet de loi c’était en 2013 je crois. Comment avez-vous été amenée à rentrer dans ce système d’élaboration de loi, c’est le député qui vous a contacté ? ou bien de vous-même vous avez voulu contribuer à la réglementation ? Dans quel cadre c’est passé cette collaboration ?

  • Comment as-tu su que j’avais été mise en relation avez Patrick Vignal ?

  • Je l’ai trouvée sur internet, à plusieurs reprises.

  • Comme quoi l’information c’est très important. Ce n’est pas exactement ce qu’il s’est passé, on était à l’origine de la loi et on a contacté Patrick Vignal parce que c’était un élu qui était proche des entrepreneurs, lui-même étant entrepreneurs. Et pour pouvoir s’adresser à un politique pour faire entendre notre voix pour proposer au gouvernement une loi sur le logement chez l’habitant qui n’existe pas et qui tient compte des réalités économiques et qui ne soit pas contraignante pour les hébergeurs pour les inciter à louer leur logement puisque c’est concrètement très bénéfique pour l’activité économique locale. Puisque l’hébergeur va pouvoir arrondir ses fins de mois, payer les études de ses enfants, payer ses factures, ce faire un resto de temps en temps ce qu’il n’avait pas la possibilité de faire avant, et ce grâce aux revenus générés par la location occasionnelle de son logement. Donc moi ce que j’avais proposé c’était d’inclure la taxe de séjour mais de la baisser drastiquement pour les chambres chez l’habitant, donc à 10 centimes d’euro par nuit et par personne, c’est rien du tout et donc du coup au moins ça permet de faire rentrer légalement l’industrie de la chambre de l’habitant dans une industrie touristique et cela améliore aussi l’équité vis-à-vis des hôteliers, et d’un autre côté de permettre à des personnes qui sont à faibles revenus, des étudiants, des chômeurs, des gens à la retraite, des personnes en reconversion de gagner 3000 euros à l’année exonérés d’impôt. Et j’avais aussi proposé aux HLM et aux logements sociaux, de sous louer leur logements.

  • Ce que vous dites c’est que les idées qu’il y a dans le projet de loi sont vos idées, ce n’est pas du tout le député qui les as eu ?

  • Oui pas du tout

  • D’accord, c’était ambigu dans ce que j’ai lu dans la presse.

  • Oui mais ça ne m’étonne pas.

  • Donc en fait lui n’a été que le porteur de cette loi

  • Oui il a permis de porter à Bercy ce projet de loi, tout à fait, puis d’ailleurs, puisqu’après il y a eu un remaniement gouvernementale, ce projet n’a jamais abouti puisque ce n’était plus les mêmes personnes, et il fallait tout recommencer.

  • Et du coup ça n’a jamais eu de suite ?

  • Si c’est ça c’est concrétiser d’une certaine façon, puisque du coup ils ont fait des réunions à Bercy au sujet des taxes de séjours et ils ont voulu intégrer la taxe de séjours aux plateformes de location entre particuliers. Mais dans les faits, ni Airbnb ni Bedycasa ne collectons la taxe de séjours parce que nous n’avons pas d’information.

  • Juste pour revenir sur Airbnb, est ce que vous vous êtes en relation avec des représentants d’airbnb ?

  • Oui absolument, on les connait très bien

  • Vous les connaissez, c’est-à-dire ? ça se passe comment ? vous collaborez ?

  • Pas jusque-là, mais on est déjà intervenu ensemble dans le cadre de l’économie collaborative, l’entreprenariat, mais surtout sur l’économie collaborative.

  • Merci pour votre temps ;





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