Le paysage et la ville des trente glorieuses : exemple de la métropole lilloise





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Séminaire du Laboratoire junior PRADIS-GRAIQUE


« Pratiques et discours du développement durable – Groupe d’approche interdisciplinaire des questions environnementales »
« Villes, paysages urbains et Espaces Verts en France au XXe siècle »

ENS Lettres et Sciences humaines, salle R20, mardi 4 mars 2008, 14h00-17h00




Stéphane Frioux, Laboratoire GRAIQUE (ENS) et doctorant UMR LARHRA (Université de Lyon) : « Des espaces libres aux espaces verts (1908-1952) »

Marie-Clotilde Meillerand, doctorante UMR LARHRA, Université de Lyon :
« Espaces verts et plans d'urbanisme. Premières pistes autour du cas lyonnais (1942-1972)»  

Isabelle Estienne, Architecte DPLG, Membre du LACTH (Laboratoire d'architecture, conception, territoire, histoire) à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille, Doctorante en géographie à l’Université Lille 1 (Laboratoire TVES) : « Le paysage et la ville des Trente Glorieuses : exemple de la métropole lilloise »


Le paysage et la ville des trente glorieuses : exemple de la métropole lilloise



Paysage et ville : aujourd’hui l’association de ces deux termes n’étonne plus. Elle se pare même d’une certaine évidence, voire d’une réelle pertinence. Les paysagistes interviennent de plus en plus dans l’espace de la ville, seuls ou intégrés à des équipes de maîtrise d’œuvre plus ou moins complexes. Pour chacun de ces projets urbains, la méthode paysagère apparaît porteuse de solutions inédites face aux maux de la ville contemporaine (Masboungi, 1998). Cette reconnaissance d’une profession est pourtant récente.

En Europe, après la deuxième guerre mondiale, la production urbaine est largement dominée par le modèle de la ville fonctionnelle. Stéphane Frioux nous a montré comment se faisait le passage de la notion d’espaces libres à celle d’espaces verts. Dans un premier temps, la conception de ces espaces revient aux seuls architectes qui délèguent le verdissement de ces surfaces aux paysagistes ou aux entrepreneurs de paysage. Dans les années 1950, les projets de grands ensembles confrontent les paysagistes français à une échelle opérationnelle à laquelle ils n’étaient pas coutumiers. Bernadette Blanchon, architecte et enseignante à l’ENSP de Versailles, montre par ses travaux comment quelques paysagistes expérimentent, à cette occasion, un renouvellement des pratiques : Henri Pasquier à la Cité de l’Aubépin de Chalon-sur-Saône, Michel et Ingrid Bourne à Bron-Parilly dans la périphérie de Lyon, Jacques Simon à Reims dans la ZUP des Chatillons, (Blanchon, 2007). Faisant fi de ces exemples souvent méconnus, l’histoire de la profession accorde habituellement peu d’intérêt aux décennies qui ont suivi l’après-guerre. Peu nombreux, subissant l’influence d’une formation essentiellement horticole, les paysagistes semblent n’avoir eu d’autre rôle que la mise en œuvre d’un accompagnement végétal autour des bâtiments de l’architecture moderne, sous l’autorité des architectes ou au sein des grands bureaux d’études.

De ce point de vue, le cas de la métropole lilloise est particulièrement intéressant. Selon les témoins interrogés au début de notre recherche, il faudrait attendre le début des années 1980 pour que la question du paysage apparaisse dans la métropole lilloise. Deux facteurs décisifs sont cités pour justifier une évolution à cette date : d’une part l’importance nouvelle accordée à l’image du territoire après la mise en place des lois de décentralisation, et, d’autre part, l’arrivée d’une première génération de paysagistes formée à l’Ecole nationale supérieure du paysage (ENSP) de Versailles qui commence par intégrer des structures publiques (ONF, DIREN, CETE, CAUE…), avant de développer une activité libérale. Dans la métropole lilloise, on peut citer Didier Larue, François-Xavier Mousquet, Philippe Thomas, ou encore Eric Berlin qui a débuté son parcours au CAUE du Nord. François-Xavier Mousquet et Philippe Thomas créent l’agence Paysages, à Lille, en 1982. Pourtant, si la mémoire collective semble l’avoir oublié, la prise en compte du paysage ne date pas de cette époque : des paysagistes ont travaillé avant cette période sur le territoire de la région Nord-Pas-de-Calais.

La morphologie urbaine de la métropole lilloise porte, en effet, les traces heureuses d’une tradition maintenue de création d’espaces verts de qualité. Apparue à la fin du XIXe siècle, elle s’observe jusqu’au milieu du XXe siècle et s’est diffusée aux espaces publics.

La loi Cornudet du 14 mars 1919, en imposant aux villes de se doter d’un plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension permet aux membres de l’école française d’urbanisme d’y développer leurs théories. Les plans de Jacques Gréber pour les villes de Roubaix et Tourcoing, ceux d’Emile Dubuisson pour la ville de Lille en 1921 et 1931, puis de Théodore Leveau en 1956-1957, démontrent par leurs tracés l’existence dans la première moitié du vingtième siècle d’un réel souci de qualification paysagère des espaces extérieurs de notre agglomération. Les exemples qui en témoignent sont nombreux et appartiennent à diverses catégories d’opérations urbaines.

De la fin du XIXe siècle à la fin de la 2e guerre mondiale, des paysagistes de renom comme Pierre Barilliet-Deschamps, Georges Haumont, l’un de ses collaborateurs, ou Edouard André, reçoivent des commandes de parcs et jardins. Dans les années 1930, les services techniques de la ville de Lille multiplient la création de petits jardins de quartiers, avant de lancer, en 1948, le projet du jardin des Plantes : 11 hectares aménagés au sud de la ville, selon les plans établis en 1940 par l’architecte Jean Dubuisson et le paysagiste Jacques Marquis, responsable des services municipaux d’espaces verts. Avec les équipements qui le jouxtent, il est à la base d’une ceinture verte projetée autour de la ville conformément au plan d’urbanisme de Dubuisson. La réalisation du Grand Boulevard reliant Lille à Roubaix et Tourcoing, inauguré en 1909, est une opération d’un autre ordre. Liaison urbaine dont le profil apparaît d’une grande modernité, son tracé est l’acte fondateur de l’urbanisation de ce territoire d’entre-deux : il a orienté la jonction actuelle des tissus urbains.

Ce savoir-faire est encore à l’œuvre durant la décennie 1950. Sur la métropole, nombre de constructions de l’après-guerre, se revendiquant explicitement de la modernité, se caractérisent par la grande attention apportée au dessin des espaces situés en pied d’immeubles. La qualité de réalisation de ces opérations est encore visible aujourd’hui. La résidence d’Armenonville à Roubaix des architectes Guillaume Gillet, Guy Lapchin et Pierre Ros (1956-1958), la résidence du Parc à Croix de l’architecte Jean Dubuisson (1952-1956), la résidence du parc Saint-Maur à Lille des architectes Jean Dubuisson et Guy Lapchin (1961-1967), témoignent, toutes les trois, de l’habileté des architectes à établir des hiérarchisations progressives entre l’espace privé et l’espace public de la rue, notamment à travers le jeu des transparences visuelles qu’autorise une composition en îlot ouvert. Le soin apporté au traitement des espaces non construits a perduré jusqu’au milieu des années 1960 comme le prouve la résidence du Beffroi à Lille (Jean Willerval, Pierre Rignols et André Lagarde, architectes, 1962-1965). Enfin, au cœur de la ZUP de Mons-en-Barœul, le long du boulevard Robert Schuman, l’aménagement des espaces verts et des espaces publics situés au pied des Tours de l’Europe (1968-1970) est un exemple tardif de ce savoir-faire, dû à l’architecte Henri Chomette.

À la lecture de notre sélection d’articles (Estienne, 2004), il semble cependant que cette préoccupation qualitative disparaît brutalement au milieu des années 1960. Dans la décennie 1970, l’attention à l’espace urbain n’apparaît pas être la caractéristique significative de l’aménagement lillois ou régional aux yeux des revues spécialisées nationales. Suivant parfaitement en cela les résultats fournis par l’évaluation des politiques publiques du paysage dans la région (Mons, 2002), l’image retranscrite dans les publications françaises demeure celle d’un territoire entièrement absorbé par la gestion des stigmates hérités d’un lourd passé industriel. Peut-on parler de rupture dans les pratiques et, si oui, quelles en sont les raisons ? S’agit-il d’un défaut de transmission entre deux générations de concepteurs, voire d’une remise en question des choix esthétiques ?

Dans les années 1960 et 1970, quelques paysagistes sont pourtant actifs sur la métropole Lille-Roubaix-Tourcoing. En 1966, la création des Organisations d’Etudes d’Aménagement des Aires métropolitaines (OREAM) et celle, parallèle, des structures d’aménagement des Villes Nouvelles (missions d’étude, puis Etablissement public d’aménagement) ont en effet permis à quelques pionniers de prendre place dans le paysage professionnel. Saisissant cette occasion favorable, ils ont expérimenté, au sein de ces équipes pluridisciplinaires, une pratique de l’aménagement et de la grande échelle dès la fin des années 1960. Que ce soit à l’Oream-Nord, dont la réflexion se situait à l’échelle de la région Nord - Pas-de-Calais, à Lille-Est ou à Grande-Synthe, ville nouvelle de fait, la présence de paysagistes a été précieuse et féconde dans ce moment où émergent préoccupation pour l’environnement et souci de la qualité du cadre de vie.

Le cas n’est pas unique en France. Des paysagistes ont participé aux travaux des missions interministérielles d’aménagement touristique du littoral : Elie Mauret et Pierre Pillet pour celle du Languedoc-Roussillon, créée en 1963 ; Jacques Sgard puis Marguerite Mercier pour celle du littoral Aquitain qui date de 1967. Certains paysagistes ont été associés aux réflexions sur l’aménagement des métropoles d’équilibre, d’autres ont reçu des missions d’étude ou de travaux dans le cadre des Villes Nouvelles. Au Vaudreuil, à Marne-la-Vallée, à Cergy-Pontoise ou à l’Etang de Berre, par exemple, l’apport des paysagistes est essentiel. Le cas des villes nouvelles est mieux connu depuis les travaux de la mission d’évaluation des Villes Nouvelles (voir par exemple : Barles, 2005), grâce à des thèses (Brossaud, 2000 et Saunier, 2005) ou à des publications récentes (Claude, 2006 et 2007). En revanche, la période qui précède, celle des années 1960, est restée dans l’ombre. Un séminaire organisé à Lille le 9 novembre 2006, en hommage à Jean Challet, a réuni des témoins des OREAM ; il était organisé par Isabelle Estienne et Maryvonne Prévot (Lille 1), dans le cadre d’un cycle sur les agences d’urbanisme. Intitulé « Les OREAM, laboratoires de prospective urbaine », ce séminaire s’est tenu en présence de Madame Challet et de sa fille Sylvie, d’anciens membres de l’Oream-Nord et de trois paysagistes ayant travaillé pour différentes OREAM en France (Nantes, Lorraine, Marseille et Orealm). Une conférence a réuni le soir à l’ENSAP Lille, les paysagistes Jacques Sgard, Michel Viollet et Pierre Dauvergne. Intitulée, « Les OREAM, laboratoires pour une approche pluridisciplinaire de la grande échelle », elle inaugurait le cycle de conférences pour l’année 2006-2007, dont la thématique portait sur « Expérimentation, Expérimental, [et] Expérience ».

Les nombreuses questions abordées lors de cette journée ont permis de démontrer l’originalité et la richesse de cette expérience. Alors que la profession était encore confidentielle, pourquoi fait-on appel à des paysagistes dans les OREAM ? Quels étaient la formation et le parcours de ces professionnels ? Quelle a été l’originalité de leur apport, en termes de méthode de travail, d’échelle d’intervention, de thématiques privilégiées ? Autant d’interrogations qui nous permettront de mesurer l’héritage de cette période expérimentale.

  1. Le paysage à l’échelle régionale : le travail de l’Oream-Nord


De sa création en 1966, à sa liquidation au début des années 1980, trois paysagistes de formation ont travaillé à l’Oream-Nord. Jean Challet et Pierre Mas, ingénieurs horticoles, paysagistes issus de la première promotion de la « Section du paysage et de l’art des jardins » de l’ENSP de Versailles, sont présents dès les premières réflexions préparatoires à la publication du livre blanc, Pour une politique d’aménagement régional, en mai 1968. Quelques années après le départ de Pierre Mas pour Grenoble en 1969, Jean Challet recrute un autre paysagiste : Christian Rault, formé à l’école de Gembloux en Belgique puis à l’institut d’urbanisme de Paris.

La mission confiée aux Oream est inédite en France, les délais imposés par la DATAR sont très courts. Personne ne savait comment procéder pour établir en deux ans un schéma d’aménagement à l’échelle d’une région tout entière : tout était à inventer y compris les méthodes et les outils. Dans ce contexte d’incertitude et de challenge — l’un des témoins parle de « sprint » —, Pierre Mas et Jean Challet, sont, paradoxalement peut-être pour nous, apparus porteurs d’un savoir-faire reconnu par l’équipe. Ils ramenaient en effet de leur séjour au Maroc une expérience de la grande échelle, acquise au contact de Michel Ecochard, puis développée après son départ en 1953, notamment lors de la reconstruction de la ville d’Agadir après le tremblement de terre de 1960. C’est donc Pierre Mas, puis Jean Challet qui animeront au sein de l’équipe de l’OREAM-Nord, le pôle des concepteurs, et non un architecte. Dès lors, leur formation et leur expérience ont-t-elles influencé le travail ?

Si le développement économique et les réseaux de transports occupent une large place dans les travaux de l’OREAM-Nord, la préoccupation paysagère est présente tout au long du Schéma régional d’aménagement publié par l’OREAM-Nord en 1971. Fait oublié, sous l’influence de Jean Challet et de Pierre Mas, la réflexion de l’OREAM-Nord s’est portée sur le grand paysage, considéré à l’échelle de ce territoire. Tout un chapitre est en effet consacré à « la reconquête du paysage » comme nouveau fondement du développement (OREAM-Nord, 1971, chapitre 16, p.341-364) : il s’agit, déjà, de prendre en compte l’image du territoire, son pouvoir d’attractivité, mais aussi la notion de qualité de vie pour tous les habitants. Par ailleurs, le schéma d’aménagement régional, lui-même, prend en compte le paysage. Au-delà des forêts, la légende indique les « paysages de qualité », les « sols drainés ». En outre, le schéma d’aménagement prévoit des « interruptions volontaires de l’urbanisation et de l’industrie », dont le dessin sur la carte évoque étrangement ce que l’on nomme depuis les « corridors écologiques ».

À la différence des architectes, chez Mas, comme chez Challet, la lecture du site s’appuie sur une lecture géographique du territoire (utilisation de la carte d’état-major, survols en avion, photographies aériennes) et sur une connaissance fine du terrain : le territoire est arpenté, relevé, les paysages dessinés, des bases de données photographiques sont constituées. De leur formation initiale horticole, très concrète, les paysagistes conservent un regard à la fois pragmatique et technique : capables de déchiffrer les qualités du sol, ils peuvent ainsi valoriser les tracés des cours d’eau, s’appuyer sur les grandes lignes du paysage pour élaborer les propositions d’aménagement. De ce fait, les secteurs d’interruption volontaire de l’urbanisation et de l’industrie ne sont pas des blancs de la carte, mais deviennent les éléments de structuration du projet d’aménagement. Le parc de la Deûle projeté à l’époque en est le meilleur exemple. Ce parc forme, en effet, l’épine dorsale d’un projet d’aménagement cherchant à relier le bassin minier et la métropole nordiste. L’ambition est de faire de cette « aire urbaine centrale » une véritable métropole régionale capable de rivaliser avec ses voisines. Le schéma proposé s’organise autour de la création, de part et d’autre des rives de la Deûle, d’un vaste parc périurbain qui en constitue l’ossature (fig. 1 et fig. 2). En situant ce parc précisément dans le secteur le plus densément peuplé, l’OREAM-Nord souhaite réparer durablement des paysages profondément stigmatisés par l’industrie.
« Pièce maîtresse dans la stratégie d’aménagement du cœur de la région » (OREAM-Nord, 1971, p.276-277), l’enjeu original de cet équipement est de concilier réhabilitation du cadre de vie, création d’un paysage à grande échelle et augmentation des ressources en eau.

Jean Challet a joué un rôle fondamental en apportant des compétences fort utiles à une équipe qui devait inventer sa méthodologie et ses outils : connaissances issues de sa formation de paysagiste ou acquises au contact de Pierre Mas ou de Michel Écochard au Maroc. Il développe son projet de parc à la suite d’une analyse paysagère de ce grand territoire, cherchant à en dévoiler les qualités et les potentialités à une époque où il n’était pas si habituel de considérer les plaines industrielles de la région au titre du paysage. À partir « des méandres délaissés de l’ancien cours naturel de la Deûle », canalisée, il imagine un système de « grands bassins » pour le « traitement naturel des eaux et la réalimentation de la nappe de craie », qui révèlent le paysage et offrent les espaces de loisirs nécessaires au bien-être d’une population principalement ouvrière.

En effet, l’OREAM-Nord dénonce, dès 1971, le fait que « dans toute la zone urbanisable entre Lille et Bauvin-Carvin, l’exploitation par pompage de la nappe souterraine de la craie qui alimente l’agglomération métropolitaine, excède déjà les infiltrations annuelles » provoquant la baisse du niveau de la nappe. C’est pourquoi elle préconise de veiller à sa reconstitution avec, comme première mesure, « d’éviter à court terme tout ce qui réduirait encore son alimentation naturelle ». Celle-ci provenant exclusivement des infiltrations d’eau pluviale à travers le sol et principalement par les affleurements crayeux du plateau du Mélantois, l’OREAM-Nord recommande de préserver la zone de toute urbanisation (OREAM-Nord, 1971, p. 274-275 et 346 ; 1976, p. 5-8).

Cartes, plans d’aménagement et schémas techniques composent l’essentiel des documents graphiques disponibles ; cela montre l’importance fondamentale de la géographie et de la question écologique dans le regard que porte Jean Challet sur ce territoire. Pour répondre aux besoins des habitants, réhabiliter et révéler les grands paysages régionaux, il conçoit un parc largement ouvert et non marchand, destiné à offrir de larges espaces de nature récréative dans une approche très sociale : on retrouve l’influence des pays nordiques et de Jean Claude Nicolas Forestier.

Avec l’énoncé des besoins en eau et le constat de la fragilité des nappes phréatiques, connus dès 1958, ce sont bien des problématiques environnementales qui se trouvent à l’origine du projet : dépollution de la Deûle, préservation des ressources en eau de la métropole. Mais en confrontant ces données aux potentialités reconnues du site, le dispositif complexe imaginé permet de combiner la redécouverte du site naturel de vallée et l’aménagement d’un système paysager offrant une réponse à la fois écologique, esthétique et sociale. Dans la pensée de Jean Challet, qualité environnementale et qualité paysagère apparaissent étroitement liées, l’une étant la condition de l’autre, au bénéfice de la qualité de vie des habitants. La réalisation du lac du Héron dans la ville nouvelle à partir de 1975 lui permettra de mettre en oeuvre avec bonheur ses principes.

Cette prise en compte n’est pas propre à l’équipe nordiste puisque d’autres paysagistes de cette génération sont intégrés dans les équipes OREAM, comme Jacques Sgard à Marseille et en Lorraine, Pierre Dauvergne dans le Val-de-Loire ou Michel Viollet à Saint-Nazaire. On retrouve cette même dimension paysagère dans les revues d’architecture et d’urbanisme publiées dans la deuxième moitié des années 1960 et le début des années 1970. Mais pour le lecteur actuel, la consultation des documents d’archives relatifs au projet de l’OREAM-Nord provoque l’étonnement et la stupeur. Les problématiques abordées (qualité paysagère, protection des ressources en eau et des champs captants, utilisation de processus d’auto-épuration par lagunage, création de zones de loisirs), comme le vocabulaire utilisé, sont d’une actualité troublante.

  1. Le paysage à l’échelle de la métropole lilloise : le livre blanc et le SDAU de 1973


Une équipe pluridisciplinaire, animée par Gérard Deldique, architecte-urbaniste, est mise en place à Lille, dès janvier 1965 et conçoit des plans d’aménagement pour la métropole à partir du schéma proposé par Henry Bernard en novembre 1964. En 1967, suite à la création de la Communauté Urbaine de Lille (CUDL), l’atelier d’urbanisme de la Métropole-nord se transforme en Agence d'Urbanisme de l'Agglomération Métropolitaine (AUAM), sous la responsabilité de M. Darré, urbaniste en chef de l’Etat, rattaché au service régional de l’équipement. Composée d’architectes, d’économistes, de géographes, d’ingénieurs, de juristes, de sociologues et de dessinateurs, l’AUAM a la volonté de faire une « ville au service de l’homme ». Apparue dans les publications spécialisées à partir de 1965, notamment dans la revue Urbanisme1, l’idée d’un « nouvel urbanisme » respectueux de l’homme et de son environnement, se développe alors en parallèle à l’émergence des sciences humaines et à la remise en cause des ZUP et grands ensembles. La qualité du cadre de vie et de l’environnement est l’un des objectifs affichés par l’agence dans ses premières publications. Le soin porté à l’esthétique des projets et la mise en œuvre d’une « politique verte » jugée essentielle au bien-être de la population en est la traduction.

En mai 19692, paraît le livre blanc de l’AUAM, Construire une métropole, pour préparer l’élaboration du schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU) de l’agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing.

La promotion de l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing au rang de métropole d’équilibre, ne peut devenir tangible qu’au prix d’une transformation en profondeur de son cadre de vie dont les enjeux s’expriment (déjà) en termes d’image de marque et d’attractivité. En 1970, l’analyse sans complaisance du paysage urbain de l’agglomération par l’AUAM, rend ce pari encore bien audacieux : « L’étalement, le développement en tache d’huile, la monotonie des formes de l’urbanisation, ne donnent pas à cette agglomération un visage très agréable » ; elle apparaît comme « une énorme conurbation qui présente rarement un paysage réellement urbain ». En réponse à ce déficit d’image et au manque réel d’espaces verts, le schéma directeur lillois souhaite doter son agglomération d’une « armature verte ». Celle-ci s’appuie sur les richesses géographiques de l’agglomération, les vallées, et sur un potentiel d’espaces verts privés et de massifs boisés à ouvrir au public. L’aménagement de deux grands parcs périurbains intégrés au schéma régional d’aménagement de l’Oream-Nord, le parc de la Deûle et le parc de la Marque, doit offrir les équipements d’échelle métropolitaine qui font défaut. Deux « écharpes de verdure » projetées de l’aérodrome de Bondues jusqu’à la ville nouvelle de Lille-Est, d’une part, et de la zone rurale des Weppes à la forêt de Phalempin, d’autre part, se rejoignent dans un secteur rural à protéger, le Pévèle Mélantois, et tracent une couronne verte environ dix kilomètres autour de Lille.

« Coulées de verdure » (livre blanc AUAM) ou « armature verte » (SDAU lillois) : le vocabulaire employé relève du zoning. Malgré son registre défensif, il est pourtant le signe d’un renouvellement des pratiques sous l’influence de l’Europe du Nord-ouest dont les modèles – comme le bois d’Amsterdam ou les coulées vertes allemandes – commencent à être diffusés en France dans la première moitié des années 1960. La notion d’espaces verts change d’échelle, acquiert davantage d’épaisseur et abandonne progressivement sa fonction d’accompagnement de l’architecture pour retrouver un rôle de structuration urbaine. Malheureusement, la fermeture de l’agence d’urbanisme de Lille, décidée de façon unilatérale en février 1977, intervient avant tout début de réalisation de ce programme d’armature verte. En l’absence de paysagiste dans l’équipe de l’AUAM, le paysage intervient dans le dessin du schéma au titre de sa protection et comme cadre pour les loisirs récréatifs dans une vision fonctionnelle de la ville. La conception du schéma métropolitain s’appuie sur les travaux précédents (le plan proposé par Henry Bernard) et sur les recommandations du schéma régional ; elle s’inspire des modèles étrangers de ceinture verte, repris à Paris par l’IAURP, créé en 1960.

Avec la fermeture de l’agence, un terme est mis, pendant plus d’une décennie, aux réflexions globales sur la métropole et au suivi des intentions qualitatives exprimées dans le SDAU. Lorsque, sous la direction de Francis Ampe, l’équipe de l’ADULM, engage la révision du Schéma directeur de 1971, elle ne peut que constater « l’échec des vingt dernières années » dans ce domaine et la « réelle inertie opérationnelle ». Comme le révèle l’inventaire alors entrepris, aucun des projets de grande ampleur prévus au schéma directeur de 1971 n’a été réalisé, en dehors du périmètre de la ville nouvelle ! Aussi, le schéma de 1994 reprend pour l’essentiel les projets prévus 25 ans plus tôt : l’aménagement de grands parcs dans les vallées de la Marque et de la Deûle, le maintien des zones agricoles des Weppes et du Pévèle, ou la protection des champs captants. Son apport principal réside dans l’aménagement de liaisons et coulées vertes qui relient l’ensemble des espaces verts de la métropole. L’objectif est d’organiser, non plus une simple « armature verte », mais une « trame verte » hiérarchisée qui maille le territoire.

  1. L’EPALE et la prise en compte du paysage dans la Ville Nouvelle de Lille-Est



Créée en 1966, la Ville Nouvelle s’implante par décision ministérielle à l’est de Lille sur les terres agricoles qui accueillent depuis 1964 les premiers bâtiments de l’université des sciences de Lille. Le souci du paysage est présent dès les premières réflexions et études : comment définir un profil urbain et insérer la ville dans le paysage existant ? La prise en compte du site oriente le projet d’aménagement. Le site a été jusqu’alors préservé de toute urbanisation du fait de la présence d’une zone dépressionnaire inondable en bordure de la vallée de la Marque. Recourir aux techniques classiques d’assainissement dans ces terrains marécageux induirait des coûts élevés de mise au gabarit de la Marque en aval du site, dans la traversée d’une zone urbaine et industrielle dense. Pour cette raison, l’équipe de la mission d’étude réunie à partir d’avril 1968 autour de l’ingénieur des Ponts Jean-Claude Ralite, privilégie très rapidement un système séparatif de collecte des eaux. Pour continuer à rejeter les eaux de ruissellement dans la rivière, ce choix alternatif nécessite de creuser une succession de bassins à ciel ouvert. Destinés au tamponnement des eaux pluviales, ils suivent la direction d’un cours d’eau présent dans ce talweg, le « courant Maître David ». Une « étude géologique en vue du lac artificiel d’Annapes » est confiée dès 1969 au laboratoire des Ponts et chaussées de la région de Lille pour vérifier le réalisme d’une hypothèse qui révolutionne les représentations et usages. Largement inspiré de pratiques néerlandaises encore peu développées en France, ce choix va permettre de valoriser la qualité du site en développant autour des lacs un vaste réseau d’espaces de nature, à l’origine de l’image de ville verte. La décision technique est arrêtée dès 1970, ainsi que les orientations d’aménagement spatial. L’objectif de l’EPALE est de créer un paysage nouveau — et non pas révéler un paysage existant comme Jean Challet souhaitait le faire au parc de la Deûle — à partir des terres de remblais des lacs. Ce point de vue sur le paysage, celui d’une équipe composée principalement d’architectes urbanistes, est typique de l’époque. Il se perçoit également dans les travaux de paysagistes de l’époque, qu’il s’agisse de Jacques Simon ou de Michel Corajoud qui annonçait vouloir « créer une géographie ».

La chaîne de lacs débute avec le lac du Château, inséré dans un tissu urbain de moyenne densité, et le lac des Espagnols bordé au sud par le complexe sportif du stadium nord. Elle se poursuit de l’autre côté du boulevard central autoroutier et forme le parc urbain autour des lacs Saint-Jean, de Quicampois et de Canteleu, avant de rejoindre plus à l’Est le lac du Héron. Six lacs s’égrènent le long de cette « écharpe verte » qui se déroule dans la ville perpendiculairement à l’axe principal de circulation nord-sud et se love dans un environnement de moins en moins urbanisé jusqu’à rejoindre la vallée de la Marque et ses terres agricoles. Le lac du Héron est le dernier lac de ce chapelet qui constitue donc l’un des principes fondamentaux et novateurs de la ville nouvelle, tant sur le plan technique qu’au niveau de l’organisation urbaine. Cette large respiration naturelle au cœur de la ville, élément essentiel du parti adopté par les urbanistes, doit permettre « la création de quartiers très diversifiés » dont la composition repose sur une « alternance entre les espaces construits et les espaces plantés ». L’objectif affiché, en réaction à l’urbanisme des ZUP, est d’offrir des espaces de détente et de loisir de qualité favorisant la vie sociale et les rencontres.
La qualité du cadre de vie a ainsi été placée au cœur du projet d’une ville nouvelle qui cherchait à fonder son caractère sur un nouvel art de vivre : celui de la « ville à la campagne ». La valeur des paysages créés autour des plans d’eau et leur richesse faunistique a d’ailleurs permis, depuis, de classer le secteur le plus « sauvage » de la zone — une partie du lac du Héron et la colline des Marchenelles — en réserve naturelle volontaire.

La mise en œuvre de ce grand projet démarre en 1972 avec la réalisation du lac du Château et du lac des Espagnols. Elle s’échelonne sur plus de dix années, puisqu’il faut attendre le début des années 1980 pour trouver les fonds nécessaires aux plantations des Marchenelles. Chacune des étapes de cette opération révèle une évolution des conceptions spatiales comme des conditions de leur mise en œuvre. Alors que les premiers lacs ont été réalisés en régie interne, le dernier, le lac du Héron, fait intervenir un paysagiste, Jean Challet, auquel l’EPALE confie en février 1975 une mission d’Avant-projet Sommaire (APS). Parallèlement, confronté à l’évolution du contexte économique et social, le projet s’est sensiblement épuré au fil des années.

Mais le projet urbain des villes nouvelles se construit pour partie en réaction à l’urbanisme des ZUP et grands ensembles, il cherche à inventer un nouveau cadre de vie pour de nouveaux modes de vie. Ainsi, le slogan utilisé par l’EPALE pour la Ville Nouvelle de Lille Est était : une ville à la campagne. L’utilisation des arbres dans la période de la ville nouvelle répond notamment à cet objectif lorsque des noisetiers sont plantés le long des cheminements piétonniers ou autour des cours d’école pour recréer « des chemins qui sentent bon la noisette ». La volonté de construire une ville différente ou « ville à la campagne » conduit à relever avec précision l’ensemble des chemins qui traversent ce territoire rural et à poser un certain nombre de principes paysagers : le recensement et la conservation des arbres existants, le pré-boisement, l’utilisation d’essences locales, plutôt qu’horticoles, le recours aux techniques de plantation de type forestière. Des dispositifs paysagers spécifiques sont mis au point :

  • L’utilisation des végétaux pour séparer les modes de déplacements et protéger les cheminements piétonniers des voies de circulation automobile,

  • la création de grandes coulées vertes directement inspirées des politiques allemandes,

  • la mise en œuvre d’une politique de masques arborés devant tout ce qui était considéré comme des nuisances visuelles (zones d’activités et arrières de parcelles) pour répondre aux exigences commerciales des promoteurs.

Les architectes coordinateurs désignés pour chacun des quartiers, sont chargés de définir le projet dans ses grandes lignes et dans ses détails : les schémas de structure définissent, en amont, les intentions paysagères à suivre dans chacun des projets architecturaux ; celles-ci concernent les volumes construits, les végétaux et les espaces publics ; elles précisent les axes et les poins de vue à ménager.

Ces orientations n’entraînent pas l’intégration de paysagistes au sein de l’équipe de l’EPALE (contrairement à ce qui se passe pour certaines Villes Nouvelles de l’agglomération parisienne ou à l’EPAREB). Mais, l’EPALE fait appel à des expertises paysagères : qu’elles soient issues de techniciens (Jacobsen et le bureau d’études Sauveterre) ou de paysagistes (Jacques Simon, Martine Guitton, Marguerite Mercier, ONF, Serge Aubépart embauché pour l’occasion, Jean Challet). La définition du projet ne fait pas toujours l’objet d’un dessin ou d’une étude ; leur mise en œuvre se fait souvent en régie interne. Le recours au paysagiste plutôt qu’à l’architecte ou à l’entrepreneur, résulte d’un besoin d’expertise face à un problème particulier. Les aménagements ordinaires sont conçus par les architectes. En ce cas, les végétaux sont traités comme des volumes architecturés, en utilisant le vocabulaire formel habituel à l’architecture (alignement, masse, point, surface…).

Conclusion


Le paysage entre donc dans les préoccupations de cette époque, aux différentes échelles de travail : du grand paysage à l’espace public, en passant par le parc urbain. Cette prise en compte n’est pas toujours le fait de paysagistes : les situations varient d’une équipe à l’autre dans un marché encore dominé par les architectes et architectes-urbanistes. La présence des paysagistes, au sein des équipes ou dans le cadre de contrats d’études, apporte des outils différents pour appréhender le territoire et résoudre les questions posées aux aménageurs.

À l’échelle de l’aménagement régional, la lecture paysagère du territoire apporte des outils pour rompre avec les défauts de l’abstraction scientifique (domination de l’économie, nouvelle géographie) ou technique (les pratiques des ingénieurs des ponts ignorantes des caractéristiques du territoire). Le projet, plus concret, renoue avec une géographie physique du territoire, mais aussi avec une géographie humaine soucieuse du bien-être des groupes sociaux (notion de cadre de vie).

À l’échelle de l’aménagement urbain, la question posée à l’équipe de l’EPALE, suite aux critiques des grands ensembles, est de trouver « comment faire une ville » sans renoncer encore aux préceptes de la ville fonctionnelle. La ville fonctionnelle ne permet plus d’utiliser les savoir-faire classiques, qui fondent l’espace urbain sur la mise en forme des vides (art urbain, composition urbaine, Auzelle). Le modernisme et la charte d’Athènes accordent une large place au « fond » sur lequel se détachent les volumes construits, sans apporter de précision sur la mise en œuvre de ce fond, ni sur ses qualités (il s’agit d’une vision idéale d’un paysage « sauvage »). Dans ce contexte, recourir au paysage et à l’espace public permet de qualifier l’espace de la ville fonctionnelle : il s’agit d’une tentative pour fabriquer « de la ville » autrement.

Publications :


  • Estienne Isabelle, « Questions paysagères et paysagistes dans les agences d’urbanisme à travers les exemples de Lille et Dunkerque », Actes du colloque « Les agences d’urbanisme, outils et acteurs de l’aménagement en France. Identités, pratiques, enjeux et mutations (1967-2007) », sous la direction de Maryvonne Prévot, in Territoire en Mouvement, Lille, USTL, à paraître.

  • Estienne Isabelle, « Les professionnels du paysage artisans de la ville-nature : Jean Challet et le lac du Héron à Villeneuve d’Ascq, 1974-1979 », in Actes de XI° Université d’été des urbanistes, Lille, août 2006, CERTU, CDRom, février 2008.

  • Estienne Isabelle, « La redécouverte de l’eau dans les stratégies d’aménagement à grande échelle de la métropole lilloise », Actes du colloque EURAU 2005, ENSAPL, Lille, novembre 2005, in les Cahiers Thématiques, n°6, ENSAP Lille, éditions Jean-Michel Place, décembre 2006, p. 250-263.




1 De 1965 à 1970, la revue Urbanisme consacre des articles aux relations entre l’homme et la ville. C’est également à cette période qu’apparaît l’expression « cadre de vie » (Cf. Estienne, Isabelle, 2004).

2 Il fait suite à une première version publiée en juin 1968 par l’AUAM.

Isabelle Estienne, « Le paysage et la ville des trente glorieuses : l’exemple de la métropole lilloise », Lyon, 4/03/2008

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