Les aspects financiers et budgétaires du Parc Naturel Régional du Pilat





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3. Le Parc


      L'évolution de l'organisation du Massif du Pilat, riche de sa diversité, contribue à en faire un Parc à part-entière. La gestation de sa création et sa proximité des villes de Saint-Étienne et Lyon en font un Parc péri-urbain original.

a) La création du Parc


      La gestation du Parc a été enserrée dans la procédure soigneusement prévue par le texte majeur qu'est le décret du 1er mars 1967 instituant les Parcs Naturels Régionaux.

      L'idée de la création du Parc est lancée dès 1946, par le professeur au lycée Claude FAURIEL de Saint-Étienne, Claude BERTHIER. Dans un article de la revue du Pouring Club de France, celui-ci préconise la création au Pilat d'une sorte de Parc Régional protégé.

      Dans les années cinquante, le monde rural en France supporte en effet difficilement la modernisation rapide du monde de l'après-guerre. La crise des industries traditionnelles, la pression urbaine, le passage à l'agriculture intensive, les grands aménagements entraînent une désertification des campagnes qui menace de détruire en quelques années des paysages que la nature et les hommes ont patiemment façonnés au fil du temps.

      Pour arrêter et inverser ce processus, l'Etat et les collectivités locales se sont mobilisés à la fin des années soixante. Les diverses étapes évoquées de la gestation du Parc naturel régional du Pilat retracent en effet l'action du Docteur Bernard MULLER, Médecin des Hôpitaux de Saint-Étienne, de l'association des Amis du Parc, des élus départementaux et communaux et de la puissance publique pour respecter les textes et faire aboutir le projet.

      Le 29 décembre 1965, le Docteur MULLER, Député depuis 1964, inspiré par un débat parlementaire, développe dans sa lettre circulaire quatre arguments en faveur de la création d'un Parc Naturel dans le Pilat. Sa proximité immédiate de Saint-Étienne, de Lyon et de leurs agglomérations, avec la présence contiguë d'une zone naturelle, l'étendue des forêts étendues, la création de constructions hôtelières et de villages vacances ainsi que la protection de la nature et le maintien d'une faune et flore originales, sont les raisons prévalant à l'instauration d'un Parc Naturel Régional dans le massif du Pilat.

      Lors des « Journées de Lurs-en-Provence », en septembre 1966, Olivier GUICHARD, Délégué de l'aménagement du territoire, expose les grandes lignes fondatrices des Parcs naturels régionaux :

« Equiper les grandes métropoles en aires naturelles de détente, protéger la nature et les sites sur des ensembles suffisamment vastes - au moment où la place des Parcs nationaux rencontrait quelques difficultés, faire face enfin à la revitalisation d'espace rural en désertification. »

      L'idée du Parc naturel est formulée sur la base de deux principes : un développement territorial mettant l'homme et la nature en harmonie et une conception de la nature qui inclut l'homme. Ce principe met ainsi l'homme au coeur des parcs, et prend en compte les habitants de ces territoires mais également ceux des zones urbaines de proximité.

      Cependant, lors de journées d'études organisées, pendant lesquelles une première liste de Parcs Naturels Régionaux est établie, le territoire du Pilat est exclu.

      Pour corriger l'« injustice » que représente l'exclusion du territoire du Pilat de la première liste des Parcs naturels régionaux, le Docteur MULLER, constitue un groupe d'étude en octobre 1966, avec pour objectif l'élaboration d'un avant-projet de création d'un Parc dans le Pilat.

      Entre-temps, le décret interministériel du 1er mars 1967 précise les conditions de création des Parcs Naturels Régionaux.

      Au cours de sa session du 25 mai 1967, le Conseil Général de la Loire et son Président, Antoine PINAY, sollicite le classement de la région des Monts du Pilat en Parc Naturel Régional, ainsi qu'en fait l'obligation l'article quatre du décret sus-cité. En juin mille neuf cent soixante sept, le dossier est adressé au Préfet de la Région Rhône-Alpes, Paul CAMOUS, lequel défend ce projet. Le 9 janvier 1968, la Commission interministérielle ad hoc, créée par le décret de mars 1067, portant institution de Parcs Naturels Régionaux, retient le site du Pilat et propose sa prise en considération par le gouvernement.

      Chargé de mission pour la Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale, Jean-Pierre LOUPP, dirige et supervise l'étude préliminaire, confiée, d'une part à l'Office National des Forêts, dirigé par Maurice BRUN, et d'autre part, au Centre de Recherches et d'Etudes Sociologiques Appliquées de la Loire, piloté par Bruno VENNIN. Parallèlement se tiennent des réunions d'information de municipalités avec Monsieur LOUPP et des responsables de l'Association.

      Au cours d'une marche entre le crêt de l'OEillon et Pélussin, Paul CAMOUS, Préfet de la Loire, annonce la présentation au Conseil général de la création du Syndicat Mixte de Réalisation et de Gestion du Parc.

      En février 1972, le Syndicat Mixte de Réalisation et de Gestion du Parc, en tant que Conseil d'Administration, et son bureau, sont créés. Le premier Président en est Monsieur André CHAZALON, Député-Maire de la Grand-Croix et Conseiller Général de la Loire. Un jury se charge de recruter le premier Directeur du Parc, chargé de l'exécution, sous le contrôle du Syndicat Mixte. Monsieur Serge MALFOIS, Ingénieur des Travaux Ruraux, détaché par son ministère, en devient le Directeur, constitue son équipe et travaille dès mars 1972 à la rédaction de la Charte constitutive, avec le Président CHAZALON et les premiers membres du personnel du Parc.

      Le 17 mai 1973, la Commission interministérielle ad hoc approuve la charte tout en formulant quelques observations et demandes de modifications. Le 25 juin de cette même année, le Comité Syndical approuve les modifications proposées par Serge MALFOIS.

      Ainsi, après diverses étapes, le 17 mai 1974, le Parc Naturel Régional du Pilat est institué officiellement par un décret interministériel, afin de mettre l'accent nécessaire entre villes et campagne, de contribuer au développement local et de préserver la vie rurale et le patrimoine naturel fragilisé par la proximité des grandes agglomérations.

b) Un Parc péri-urbain


      Le Parc du Pilat ainsi créé correspond au modèle des Parcs péri-urbains, par la circulaire de mille neuf cent soixante sept. Etendu sur une superficie de sept cent kilomètres carrés, le Parc du Pilat est un parc proche de la cité de par sa position périphérique de Saint-Étienne, de Lyon et de leurs agglomérations.

      Il est le lieu de vie de près de quarante six mille habitants des quarante sept communes du Parc dites « Communes rurales du territoire »  15  mais est aussi le lieu de détente de quatre cent mille habitants des seize Villes-Portes, auxquelles s'ajoutent les habitants du Grand Lyon.

      Le Parc du Pilat comprend quarante sept communes rurales, parmi lesquelles, huit, situées sur la vallée du Gier et du Rhône n'ont qu'une partie de leur territoire incluse dans son périmètre. Leur secteur urbain est situé hors du territoire du Parc.

      Seize communes Villes-Portes, situées en majorité dans les vallées du Gier et de l'Ondaine, sont par ailleurs Membres de son Syndicat Mixte de gestion. Saint-Étienne et Saint-Chamond ont une partie de leur territoire dans le Parc. Toutes ces communes se trouvent dans la Région Rhône-Alpes.

      Le Parc du Pilat exprime ainsi la relation privilégiée de solidarité entre villes et campagne, proclamée lors de la Charte constitutive de mille neuf cent soixante quatorze et réaffirmée avec l'entrée des communes du département du Rhône en mille neuf cent soixante-dix-sept. Le préambule de la Charte constitutive du Parc du Pilat pose la problématique.

      Tout d'abord, nombre de citadins du pourtour du Pilat fréquentent le massif. Beaucoup y viennent en fonction de vieilles attaches familiales, ou parce que le Pilat abrite des sites admirables et garde de vastes étendues attractives. Or cette fréquentation des Monts du Pilat croît depuis quelques années, eu égard à l'amélioration du niveau de vie, de la diminution des temps quotidiens et hebdomadaires de travail, et aux contraintes multipliées et pesantes de la « civilisation industrielle ».

      Mais aussi, en venant très nombreux dans le massif du Pilat, les habitants des grandes villes du pourtour constituent un marché neuf de consommateurs originaux. Ils ont besoin de services ; ils demandent des équipements. Ils aménagent des résidences secondaires privées ou collectives. Ils tiennent en eux une source indiscutable de profits favorables à une rénovation rurale globale à laquelle les populations rurales doivent participer et de laquelle ils doivent bénéficier.

      Cependant, les mêmes foules citadines entraînent avec elles des nuisances et des méfaits tels le capital Nature tout entier du massif risque par le fait d'une présence incontrôlée, d'être rapidement et sérieusement détérioré.

      Des hommes en ont eu conscience et ils croient en effet que le Parc du Pilat est :

« un moyen pour une rénovation rurale entière de l'économie au culturel », « un contenant et une condition pour adapter la campagne comme espace résidentiel ouvert largement aux citadins » ainsi qu'un « élément et un instrument pour assurer la protection et la conservation de la nature »  16 .

      Si les grandes villes de l'arrondissement de Saint-Etienne, la ville de Lyon et le département de la Loire, à travers leurs élus, perçoivent bien l'intérêt d'un Parc, ses habitants en redoutent les effets pervers. Ses habitants, en effet, refusent que ce territoire devienne, comme les Parcs Nationaux, un lieu exclusivement consacré à la protection de la nature. Ils refusent aussi de perdre tout droit sur leurs terres, leurs habitudes de production, de chasse, ainsi que de subir des citadins mal informés des exigences de la vie rurale.

      La volonté et la force de persuasion des Membres de l'association, du directeur du Parc, Serge MALFOIS, et du Syndicat Mixte, donne une orientation toute autre, plus rassurante et plus conforme aux voeux des habitants et à l'intérêt général, c'est-à-dire faire de l'aménagement rural, privilégiant le maintien de l'activité de la population, tout en préservant un environnement de qualité.

      L'article quatre de la Charte constitutive stipule ainsi que :

« le Parc est une zone d'aménagement et de développement rural dans laquelle la population permanente doit pouvoir bénéficier progressivement des mêmes conditions de vie que les citadins, grâce à une économie rurale rénovée et à un environnement social amélioré ».

      Le territoire du Pilat se singularise ainsi par l'évolution de son organisation, mais aussi par la richesse et la diversité de son massif, fragilisé par les pressions urbaines. La création d'un Parc péri-urbain, proche de Saint-Étienne et de Lyon, au coeur des monts du Pilat renforce la particularité de ce territoire.

      L'inscription du territoire des monts du Pilat au rang de « P.N.R. » par décret, en mai mille neuf cent soixante quatorze, contribue à renforcer l'originalité de cette collectivité territoriale.

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