Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)»





télécharger 188.91 Kb.
titreBibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)»
page4/12
date de publication07.01.2017
taille188.91 Kb.
typeBibliographie
e.20-bal.com > loi > Bibliographie
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12

4) Les biens temporels aux origines de l’Église



a) L’entourage de Jésus. Le Nouveau Testament apporte de nombreux exemples de l’utilisation de moyens matériels déjà dans l’entourage de Jésus. « Donnez-leur vous-mêmes à manger. Irons-nous, lui dirent-ils, acheter pour deux cent deniers de pain afin de leur donner à manger ? » (Mc 6, 37, et // Lc 9, 13). « Ses disciples étaient partis à la ville acheter des vivres » (Jn 4, 8). Judas « tenant la bourse, il y dérobait ce qu’on y mettait » (Jn 12, 6). C’est au même Judas que Jésus dit : « Ce que tu as à faire, fais-le vite », ce que les apôtres interprètent : « Achète ce dont nous avons besoin pour la fête », ou « Donne quelque chose aux pauvres » (Jn 13, 28-29).
b) L’Église primitive. L’Église primitive se signale par le fait que « tous les croyants vivaient groupés et ils avaient tout en commun. Ils vendaient ce qu’ils possédaient et ce dont ils disposaient, pour en partager le produit entre tous » (Ac 2, 44-45). « Il n’y avait aucun indigent parmi eux, car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient et apportaient le produit de la vente, qu’ils déposaient aux pieds des apôtres, et la répartition se faisait suivant les besoins de chacun » (Ac 4, 34-35). Il est question aussi du champ que vend Joseph, surnommé Barnabé (Ac 4, 36-37) et de la tromperie d’Ananie et Saphire (Ac 5, 1-11).

Saint Paul invite les Corinthiens à suivre les règles qu’il a établies pour les Églises de Galatie : « Que le premier jour de la semaine chacun de vous mette de côté chez lui ce qu’il aura pu économiser » (1 Co 16, 1). Il cite cet exemple aux Romains : « La Macédoine et l’Achaïe ont décidé de faire une collecte au profit de ceux des saints de Jérusalem, qui sont pauvres » (Rm 15, 26). « J’ai demandé aux frères de se rendre chez vous au préalable et d’organiser à l’avance cette libéralité (…) pour qu’elle soit toute prête, comme une libéralité et non comme une lésinerie » (2 Co 9, 5), et il insiste longuement sur cette collecte en faveur de l’Église de Jérusalem (2 Co 8-9).

C’est dire que « le patrimoine ecclésiastique naît presque avec l’Église », même si nous pouvons dire que « jusqu’à l’Édit de Milan il ne commence pas à s’organiser de façon stable du fait, comme cela est notoire, des persécutions »41.

Donc, bien avant l’édit de Milan, de 313, l’Église possède des biens et les administre42. L’Église n’étant pas reconnue par l’autorité civile, elle ne peut pas posséder ni constituer de fondations. Seuls les fidèles peuvent être propriétaires, à titre personnel43.
c) La liberté religieuse et la constitution du patrimoine ecclésiastique. Avec l’accès de l’Église à la liberté religieuse, l’Église acquiert la capacité patrimoniale. Les biens de l’Église, qui sont surtout le fait des Églises particulières autour de leur évêque, sont fréquemment qualifiés de patrimonium pauperum, ce qui montre combien l’Église était soucieuse de venir en aide aux pauvres. Ces biens sont administrés dans un premier temps directement par l’évêque. Puis les conciles commencent à prendre des dispositions, avant que les papes interviennent à leur tour, comme les papes Sirice, en 475, et Gélase, en 494, pour mettre fin aux abus dans la distribution des biens de la part des évêques, et établir que les revenus du patrimoine ecclésiastique devaient être divisés en quatre part : évêque, clergé, pauvres et culte et conservation des temples.

Nous assistons aussi à la création, dès le Ve siècle, de brephotrophium, pour les enfants trouvés, colobotrophium, pour les infirmes, gerontochomium, pour les vieillards, nosochomium, pour les malades, orphanotrophium, pour les orphelins, parthenocomia, pour les vierges et les veuves, ptochotrophium, pour les mendiants, xenodochium, pour les voyageurs et les pèlerins44. En même temps des églises propres se constituent et les églises rurales se multiplient, qui deviennent autant de sujets de propriété ecclésiastique. Le patrimoine ecclésiastique acquiert sa configuration pratiquement définitive entre le VIIIe et le XIIe siècles, période au cours de laquelle se consolide le système des bénéfices. Tout au long du Moyen Âge et de l’Époque moderne, la propriété ecclésiastique se développe énormément, grâce, notamment, aux libéralités des fidèles et des princes, et à la législation ecclésiastique, qui fait obstacle à l’aliénation des biens pour garantir qu’ils sont utilisée pour leurs fins. De plus, pour réaliser les finalités de piété et de charité, suscitées par la générosité des fidèles, l’on assigna des masses de biens à ces fins. C’est ainsi que se sont constitués les patrimoines ecclésiastiques institutionnalisés appelés « pieuses volontés ».

La conservation des édifices cultuels devaient être assurée par les revenus assignés au clergé, qui ne respectait pas toujours cette finalité. Le peuple fidèle intervenait alors pour la construction, le maintien et l’embellissement des temples, en constituant des patrimoines dénommées « fabriques ».

Nous constatons ainsi qu’au fil des siècles le patrimoine ecclésiastique s’est divisé et structuré en différentes institutions juridiques.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   12

similaire:

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconBibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)»
«Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)», L’Année Canonique 47 (2005), p. 5-85

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconChapitre Premier Les canons préliminaires
Ont toujours été présentées comme la raison d’être du droit aux biens dont jouit l’Église

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconI. Les principaux mécanismes monétaires
«la monnaie achète les biens, les biens achètent la monnaie, mais les biens n’achètent les biens sur aucun marché organisé». IL doit...

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconBibliographie Sitographie Sujet d’étude : Nourrir les hommes Jean-Paul...
«Nourrir les hommes» et peut illustrer les différentes situations à aborder sur ce thème

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconRésumé Nous proposons une définition Putty-Clay du coût d’usage relatif...

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconBibliographie Sur internet
«Nord et Sud entremêlés», Haïti, le tourisme durable, face à la puissance américaine et une très grande carte intitulée la Méditerranée...

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconChapitre VII – L’administration des biens dans les instituts de vie...
«le gouvernement des instituts» comprend un article 3 sur «les biens temporels et leur administration». L’administration des biens...

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconL’approche économique du fonctionnement de la société
«l’économie est l’étude de la façon dont les sociétés utilisent des ressources pour produire des biens ayant une valeur et les répartir...

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconTravailler la methodologie des objets d’Étude d’Économie/ droit a l’aide des outils tice
«objet d’étude». Nous avons choisi de travailler sur un comparatif de 2 entreprises liées au chocolat, présentes sur le territoire...

Bibliographie aa. VV., «Étude sur les biens ecclésiastiques (canons 1254-1310)» iconI les différences de technologie comme explication des échanges
«avantages comparatifs» : permet de comprendre pourquoi une économie qui renonce à produire certains biens en faveur d’autres biens,...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com