I la décolonisation amorcée à la fin de la 1e gm avec l’éveil des nationalismes maghrébins. II





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date de publication06.03.2018
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De la contestation coloniale à la décolonisation au Maghreb 1914-1956
Intro :

La Maghreb : 3 pays d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie). Dans la 1ere moitié du 19e siècle, Algérie devient 1 colonie française par conquête militaire française et de nbrx colons s’y installent ; pays considéré comme une partie intégrante de la Franc et placé sous l’autorité d’un gouverneur général. Plus tard, Tunisie devient protectorat gouverné par gouv français indigène avec 1 Résident général. Enfin Maroc : protectorat français et espagnol en 1912. Dans sa mission de modernisation, la France a connu des résistances armées et politiques. On s’interroge ici sur les débuts de la contestation jusqu‘à la décolonisation au Maghreb jusqu’en 56. NB/ décolonisation= processus d’émancipation des colonies par rapport aux métropoles. Ce terme vient après 2e GM lorsque phénomène prend de l’ampleur dans le monde entier avec le développement des nationalismes. La décolonisation se traduit soit par assimilation, soit par autonomie interne, soit par indépendance (> c’est l’indépendance qui est envisagée au Maghreb). La perte de prestige de la métropole française liée à la 1e GM (trop de morts) +défaite de 40 + occupation Afrique du Nord par USA en 42 qui remettent en question le maintien de la domination française dans l’Empire colonial et qui ouvrent la voie à l’indépendance. Décolonisation du Maghreb différence au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Enjeux dans les nationalismes. Comment ont-ils parmi la décolonisation ? Comment celle-ci s’est-elle déroulée et pourquoi les colonies ont-elles réclamé l’indépendance ? En quoi l’immobilisme colonial entraine-t-il des revendications armées qui mèneront à la guerre meurtrière d’Algérie?
I La décolonisation amorcée à la fin de la 1e GM avec l’éveil des nationalismes maghrébins.

II Entre- deux-guerres, malgré un empire colonial français à son apogée, celui-ci est ébranlé et la montée des revendications est de +en + importante.

III 2e GM accélère le processus des revendications nationalistes et mène aux indépendances de Tunisie et Maroc en 56. Algérie quand à elle rentrera en guerre contre le France et obtiendra indépendance en 62.

I. PREMIERE GUERRE MONDIALE ET CONSQUENCES. EVEIL DU NATIONALISME

A La1GM

Des mouvements nationalistes sont déjà présents dans les colonies avant la Première Guerre mondiale. Par exemple au Maroc en 1912, le Résident général de France, Lyautey, fait face à une résistance solide, mais peu organisée qui s’insurge contre les expropriations massives et la sédentarisation forcée d’une grande partie de la population. Ou encore, en Tunisie, le mouvement des Jeunes Tunisiens marque le début des revendications qui réclament une amélioration de l’éducation des Tunisiens, et pas encore l’indépendance (Nouveau nom : Destour). Mais la Première Guerre Mondiale ouvre véritablement à de nouvelles revendications et renforce la volonté d’émancipation des pays du Maghreb. Au Maroc, comme en Tunisie et en Algérie, le mouvement d’opposition à la colonisation et de revendication dit « nationaliste » voient le jour. Le conflit entre pays chrétiens ébranle l’image des chrétiens triomphants et unis. A cela s’ajoute le refus de la France de démocratiser le système colonial alors que les colonisés se sont battus pour la France durant la guerre et ont participé économiquement à l’effort de guerre. Le prestige de la métropole est ainsi remis en cause. Les colonies demandent l’assimilation au nom de leur sacrifice et du sang versé et visent l’accession à la citoyenneté française. Or, la position de non recevoir de la France entraîne une désillusion, une amertume profonde qui leur fait penser qu’il n’y a pas beaucoup à attendre de la métropole. C’est cette frustration qui conduira à une radicalisation des nationalismes. Quelques réformes auraient pu éviter de nombreux troubles auxquels le gouvernement français a répondu systématiquement par la répression. Les 14 points de Wilson de 1918 marquent aussi l’émergence des revendications. Un mémorandum est envoyé par les Jeunes Tunisiens mais ils ne recevront aucune réponse. Le rejet de la colonisation est donc accéléré et ainsi naissent des mouvements nationalistes qui développent l’idée de nation. La France reste sourde aux revendications indigènes du Maghreb.
B. Le Maroc et la Guerre du Rif (26)

L’émergence de l’opposition au Maghreb est aussi visible dans le conflit le plus important dans le contexte de l’après-guerre pour les Français : « la Guerre du Rif ». L’opposition est renforcée puisque plus moderne et mieux organisée, cette guerre met à mal les positions françaises et espagnoles dès 1921. Sous le commandement d’Abd el Krim al Khattabi, l’armée du Rif se lance à la conquête des villes occupées par les Espagnols. La France entre dans le conflit, pour tenter de ruiner les objectifs de l’émir, à savoir l’instauration d’une « République confédérée des tribus du Rif ». Premiers renforts pour La Résidence, bataille tourne en sa faveur. La répression est conçue comme une pacification, une mission civilisatrice de la France, qui ne conçoit pas de territoire indépendant au sein de ses colonies. Il reste des foyers de « guérillas » qui continuent. Après la révolte d’Abd El Krim contre les espagnols puis contre les français des mouvements nationalistes se met en place.
II-L’ENTRE DEUX GUERRES

  1. Les ébranlements de l’entre-deux guerres : « le commencement de la fin »

L’environnement international marqué par la bonne conscience coloniale et le triomphalisme impérial. Les mouvements nationalistes s’implantent de manière plus marquée avec l’affirmation du Néo-Destour en Tunisie, mais la métropole refuse de voir ce qui se joue. Elle se trompe d’interlocuteur en tentant de convaincre les métropolitains plutôt que de s’adresser aux colonies. Or, la crise coloniale n’est guère ressentie sur le moment et la colonisation ne pèse pas sur la vie courante des français, plus préoccupés par leurs problèmes immédiats. De plus, la célébration permanente de la domination coloniale masque la crise coloniale, et les difficultés intérieures semblent compensées par le mythe de la puissance coloniale. Le point culminant de cette vague d’exaltation de l’idée coloniale est l’exposition coloniale de 1931. On cherche à justifier économiquement, moralement et historiquement, la domination française au Maghreb. La crise qui s’amorce contribue à conforter l’opinion dans ses sentiments coloniaux, le repli sur l’empire peut apparaître comme une solution de rechange face à la détérioration des échanges internationaux. L’Empire est ainsi présenté comme un remède face à la crise mais il se caractérise par son grand immobilisme durant l’entre-deux-guerres. Avant tout, soucieuse de maintenir son autorité, la France n’entreprend aucune réforme profonde face à la montée des revendications nationalistes et préfèrent la voie de la répression face aux troubles.

Puis, dans les années 36 à 38 : espoir nouveau pour le Maghreb du Front populaire qui a le souci de répondre à l’espoir des colonies et de faire disparaître les abus et les injustices de la domination coloniale mais cet espoir est vite déçu. Création d’une « illusion lyrique », qui fait rêver à une cité franco-musulmane réconciliée. Le Front Populaire trace l’esquisse d’une politique intelligente et tente une réforme du système. L'avènement du Front Populaire donne de l'espoir aux Algériens musulmans mais le projet Blum-Violette envisageant l'extension des droits politiques à une élite algérienne de 20.000 à 25.0000 personnes (diplômés, gradés de l’armée) est bloqué au Sénat : il déchaîne forte opposition des français résidents et des groupes de pression donc gouvernement retire sa proposition. Ainsi, le Front Populaire reflète l’humanisme colonial et a compris la nécessité d’intégrer les élites arabes. Or, le lobby algérien composé des colons refuse catégoriquement de voir ces évolutions. Au Maghreb s’est en effet développée une société coloniale puissante qui a pris l’habitude d’imposer ses volontés en métropole. Une des clés des problèmes de l’Algérie réside donc dans cette incapacité du pouvoir métropolitain à y imposer ses décisions politiques.


  1. Le Nationalisme au Maghreb dans les années 30 

Au tout début, dans les années 30, le nationalisme représente une ouverture pour la bourgeoisie talentueuse qui reste bloquée par le colonat.

  • En Tunisie, la rupture entre les générations se manifeste par la séparation entre le « vieux » Destour et le Néo-Destour, qui a lieu en 1934. Le Destour (parti de la Constitution) regroupe, depuis 1920 les élites indigènes favorables à une démocratisation du système coloniale et à un dialogue avec la France. Les plus jeunes de ses militants se radicalisent peu à peu sous l’impulsion d’Habib Bourguiba et Mahloud Materi. La fondation du journal L’action tunisienne permet de développer leurs idées. La question des naturalisations donne l’occasion à Bourguiba d’agiter les masses avec ses articles qui incitent population à s’opposer à la naturalisation des Tunisiens. Méthode B pas accepté par Destour qui rejette l’appel aux foules pour s’opposer aux autorités coloniales. Divergences s’accentuent et provoquent en 34 la création d’un nouveau mouvement plus radical, dirigé par Bourguiba, qui réclame une indépendance par étapes et une Tunisie indépendance et laïque: le Néo-Destour. Le  Néo-Destour devient un mouvement de masse mais il rompt avec le Front Populaire. Au printemps 38 le Néo-Destour est dissous et ses chefs emprisonnés. Il sera interdit.

  • En Algérie, le mouvement nationaliste est divisé en plusieurs courants. En dehors du Parti Communiste Algérien très peu influent, trois grandes tendances dominent la scène politique :
    - Le mouvement des élites intellectuelles : il regroupe des intellectuels très occidentalisés comme Ferhat Abbas. Ils ne revendiquent pas l'indépendance mais l’égalité avec les Français. Sont alors partisans de l’assimilation avec la France : « je ne mourais pas pour la patrie algérienne car cette patrie n’existe pas »
    - Le mouvement populaire : le premier parti revendiquant l'indépendance est né parmi les ouvriers algériens travaillant en France. Il s'agit de l'Etoile Nord africaine dirigée par Messali Hadj favorable à l’indépendance. Du fait de la situation internationale et de l’arrivée d’Hitler au pouvoir, la lutte contre le fascisme prend une grande place dans l’action de l’ENA. A partir de 1937, mouvement parvient à s'implanter dans les grandes villes d'Algérie et dans les campagnes sous le nom de Parti du Peuple Algérien.
    - Le mouvement religieux des Oulémas créé en 1931 par Abdel Hamid Ben Badis, refuse l'assimilation. Son action s'exerce dans les mosquées, la presse et l'enseignement. La devise du mouvement : "l'Islam est ma religion, l'Algérie est ma patrie et l'Arabe est ma langue".

  • Au Maroc, l’évolution est symétrique. Le nouveau système de vie sociale, juridique et économique, instauré par le Protectorat, opère des changements radicaux sur la mentalité et les mœurs locales. Les difficultés dûes à la «Grande Dépression» (1929) et la paupérisation croissante de la population permettent l’éclosion d’idées nationales et anti-françaises. Courant d’idées se propage auprès des intellectuels puis des populations urbaines mais seule la mobilisation des forces intellectuelle, spirituelles et morales contre l’entreprise de destruction de l’occupant peut faire espérer au salut. En effet À partir de 1932, plusieurs revues nationalistes: «Maghreb» (1932), « L’Action du peuple »+ naissance du premier parti politique marocain : le Comité d’Action Marocain (CAM). Dans sa lutte politique, le CAM se heurtera à la répression, souvent sévère, du Résident. parti sera finalement dissout. L’Islam représente l’arme la plus efficace mais un Islam qui s’ouvre à la modernité. La nécessité d’un retour à l’Islam originel s’imposait aux Musulmans pour les libérer de la tutelle étrangère mais en acquérant la force de l’Occident, sa puissance matérielle, ac conservation de la spiritualité islamique.

  1. Relations entre nationalisme maghrébin et la Métropole

Les mouvements nationalistes qui s’éveillent déstabilisent la politique coloniale française. La contestation coloniale était marquée par des mouvements réactionnaires. Les colonisés attendent que la France respecte sa parole. Mais le modèle colonial français se caractérise par une ambiguïté profonde, les républicains prétendent réaliser l’assimilation pour le Maghreb mais cette idée est théorique mais en réalité, les populations autochtones sont considérées comme inférieures : elles ne peuvent avoir les mêmes droits politiques que les français et subissent le code de l’indigénat. Par exemple, dans le domaine scolaire, la France permet à tous les jeunes d’aller à l’école pour devenir citoyens mais la loi n’est pas appliquée aux algériens qui sont exclus. Les études sont réservées uniquement à l’élite française (la proportion d’enfants scolarisés ne dépassera jamais un dixième). La politique française ne laisse aucun espoir de promotion sociale (sauf dans l’armée).
III VERS L’INDEPENDANCE

  1. La Seconde guerre Mondiale = rupture essentielle et impacts.

La Deuxième Guerre mondiale est l’élément déclencheur de la décolonisation. Elle a un impact politique, économique et sociologique, qui, tous les trois, vont jouer un rôle dans le processus de décolonisation. Les mouvements d’émancipation auparavant réprimés se durcissent au moment où la guerre se déclare. Notons que la Tunisie est le seul pays occupé par l’invasion allemande. La France a été vaincue. Sa légitimité est très sérieusement entamée au lendemain de la guerre. Tunisie, Maroc, Algérie fortement impliqué 2GM puisqu’ils fournissent hommes& produits agricoles : 40000 Nord-Africains sont morts dans les combats contre les nazis=> se renforce le sentiment des nationalistes d’avoir des droits au nom de ce sacrifice. La défaite de 40 plonge les Musulmans de toute l’Afrique du Nord dans un grand désarroi : La France n’est donc pas cette grande puissance invincible qui dominait la région depuis plus d’un siècle. Quand aux français d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, ils ne sortent de l’angoisse sur le sort du Maghreb qu’en apprenant les conditions d’armistice qui garantissent l’intégrité de l’Empire. L’affaiblissement de l’autorité politique de la métropole fait ressortir celle des leaders nationaux, qui utilisent la faille pour se rendre visible au niveau international : En Tunisie, Bourguiba (leader du Néo-Destour tunisien) est aux yeux des alliés le principal représentant des mouvements nationaux. Les revendications du Néo-Destour trouvent de plus en plus d’auditeurs. En Algérie, Ferhat Abbas en 43 prononce le manifeste du peuple algérien ; au Maroc les nationalistes en 44 s’unissent dans le parti de l’Istiqlal. La France a imposé son autorité aux peuples d’Afrique, leur promettant à terme qu’ils se fondraient dans la nation française. Comme cette promesse tarde à venir, les colonisés choisirent de recouvrer leur souveraineté. Par ailleurs les Droits de l’homme sont désormais une valeur essentielle au sein des relations internationales et incluent l’idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et donc la revendication de l’indépendance est selon les nouvelles normes mondiales justifiée. La Charte de l’Atlantique signée entre Churchill et Roosevelt contient des éléments qui peuvent aller dans le sens de la décolonisation.

Ainsi, s’ouvre l’ère de la décolonisation qui mêle retraits pacifiques et guerre.
B Le Maghreb & Vichy

Le Maghreb constitue un enjeu lors de la Seconde Guerre Mondiale. L’Empire colonial est même une notion politique primordiale. L’Afrique du Nord française (départements d'Algérie, protectorats du Maroc et de la Tunisie) est placée sous l'autorité du gouvernement de Vichy, lui-même inféodé à l'occupant allemand et l’adhésion au maréchal Pétain est massive dans les populations de droite et antisémite du Maghreb. 

  • Tunisie : Bourguiba et le Néo-Destour fait pendant la guerre un choix politique « indépendant » en choisissant de se rallier aux alliés plutôt qu’au régime de Vichy, soit la métropole. Cela illustre bien que désormais si le Maghreb est toujours une possession de la France, la légitimité de celle-ci n’est plus évidente. Au sein du mouvement nationaliste, la nouvelle équipe prend le relais des dirigeants emprisonnés. Néo-Destour se maintient pendant la guerre. Il fallait prendre position sur les questions que posaient l’occupation et le gouvernement de Vichy : il s’agit de choisir son camp dans la guerre mais aussi de réagir face aux lois raciales. Du côté du vieux Destour les dirigeants collaborent pour la plupart avec les Allemands (par propagande).Propagande antisémite trouve écho dans une population en proie à des difficultés éco et entraine conflits intercommunautaires + massacres juifs. Certains partisans de Bourguiba voient en l’Allemagne un libérateur. Cependant les dirigeants du Néo-Destour sont persuadés de la victoire des Alliés.

  • Au Maroc : Malgré la défaite de la France en 1940, Mohammed V reste loyal envers la France de Pétain. Les nationalistes promettent de ne rien faire qui puisse gêner l’effort de guerre. Les Maghrébins souffrent de la famine et des épidémies de temps de guerre, et cela a une influence sur la société : l’instauration d’un rationnement à deux vitesses rend frappante la frontière entre indigènes et colons. La société est en attente: envers les Américains, défenseurs des libertés, et envers les pays arabes indépendants, partisans de la solidarité arabe. Les soldats ont été honorés, choyés en Europe, et le retour à la normale est insupportable. Cette fois, ils n’acceptent pas de se fondre dans le statut d’ancien combattant comme lors de la Première Guerre mondiale. La désillusion est profonde.

  • De juin 40 à Nov. 42 (débarquement américain) Afrique du Nord= enjeu capital disputé entre les puissances belligérantes qui tente d’en faire une base de contournement des forces ennemies. Le débarquement américano-britannique du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord est un révélateur. Il s’agit de l’ « Opération torsh ».La France «collaboratrice» perd de son autorité, les forces vichystes sont écrasées par les Allié et l’influence grandissante de Washington sur le Maroc redonne un coup de fouet au nationalisme marocain. Les Etats –Unis suscitent admiration et l’espoir des nationalistes d’une aide dans leur combat pr l’indépendance. Le débarquement anglo-américain et la présence des Forces françaises libres revigorent aussi le nationalisme algérien. Jusque là divisés sur les principes, les nationalistes font leur unité en 1943 quand Ferhat Abbas renonce à l'assimilation et participe à la rédaction du "Manifeste du Peuple Algérien". Celui-ci réclame l'institution d’un Etat Algérien fédéré à la France. La revendication devient très forte mas le projet est rejeté par le Comité Français de Libération Nationale. Engagement de Ferhat Abbas symbolique pcq considère que si France est impuissante, leur idéal de liberté serait enseveli.




C. Processus d’indépendance en Tunisie et au Maroc jusqu’en 56.

Dans les protectorats français du Maghreb (Maroc et Tunisie), des mouvements nationalistes à double visage : certains sont soucieux de renouer avec le passé d'avant la colonisation. D’autres ont pris les armes et massacrent les colons français qui en représailles torturent et exécutent sommairement. D'autres, en revanche, sont résolument tournés vers le monde moderne et réclame une autonomie interne (c'est le cas du Néo-Destour en Tunisie). La décolonisation commence dans les protectorats par une affirmation du Néo-Destour et de l’Istiqlal qui deviennent de véritables partis de masse. On assiste au retour de l’islam politique, et à l’affirmation de l’arabe comme langue du conflit historique avec l’Occident. L’amour de la patrie est considéré comme compatible avec la foi religieuse. Au Maroc, l’influence grandissante de l’Istiqlal, parti indépendantiste influent mais radical né en 43 et qui bénéficie de l’appui du sultan en place Mohammed V Ben Youssef, pousse la métropole à engager des réformes. Mais celles-ci jugées excessives par les colons sont abandonnées. En 1944, malgré l’avertissement lors de l’agitation des années 30, le gouvernement français a cru possible de maintenir son pouvoir et sa domination coloniale au Maghreb, en limitant les changements attendus comme des ruptures à des modifications. L’ordonnance de 1944 illustre ce problème : il s’agissait d’une réponse capable d’amorcer l’entrée dans une politique d’intégration, mais arrivée trop tard elle fut perçue comme une dernière opération de repêchage par les colonisés. Cette ordonnance est ainsi le reflet de la lenteur de la France à réformer le statut des populations musulmanes. Au Maroc, L’Istiqlal est à l’origine d’une agitation multiforme dans le pays : grèves, attentats, mouvements de foule…Mohammed V décide, dans les années 1950, de faire la « Grève du sceau », refusant de signer les lois. Il bloque toute décision de l’occupant. Le gouvernement français décide alors de le déporter pcq considéré comme le fauteur de troubles, et de le remplacer par un souverain docile, Ben Arafa, mais ce ne fait qu’aggraver la situation. La déposition du sultan entraîne alors une vague de mouvements populaires et d’attentats visant directement l’autorité coloniale. L’identité nationale s’intensifie lorsqu’elle va se « personnifier » en un homme providentiel, Bourguiba ou Mohammed Ben Youssef. Ce sont les « pères de la nation », et le parti sert simplement de relais. Face à la montée des nationalismes tunisien et marocain au début des années 50, les gouvernements français répondent d'abord par la répression  Les colons en place dans ces protectorats s’opposent à toute évolution du régime colonial et aliment les tensions. Mais La défaire en Indochine convainc les Français de la nécessité de la décolonisation dans les 2 protectorats. À partir de 1954, Mendès France alors à la tête du gouvernement engage la négociation et accorde l'autonomie interne à la Tunisie (discours de Carthage de juillet 1954).
Mohammed V Ben Youssef rentre à Rabat en 55 et les gouvernements d’Edgar Faure puis de Guy Mollet poursuivent cette politique qui aboutit en 1956 à l'indépendance de la Tunisie et du Maroc le 2 mars et 20 mars. 

  • Le scénario de l’indépendance a donc lieu en 3 étapes : une expérience réformiste arrêtée par les colons les plus conservateurs, puis une tentative de francisation par la force, et enfin un déblocage rapide et soudain par la reconnaissance de l’autonomie.




  1. Evolution de l’Algérie 1942 à 1954.

A la différence du Maroc et de la Tunisie, l’Algérie est considéré comme partie intégrante du territoire et elle abrite une communauté européenne importante. Idée se développe que ce qui a été volé ne peut être repris que par la force mais le choix du mode d’utilisation de la violence est difficile : faire primer l’action politique, ou encourager l’action armée clandestine ?

Peu après les émeutes de Sétif (mai 45) qu’elle réprime violement, la France donne une certaine autonomie à l’Algérie en créant une Assemblée algérienne en 47. Mais elle a peu de pouvoirs et elle est élue moitié par les Français d’Algérie, moitié par les musulmans, alors que les Française sont très minoritaires dans le pays. Il apparait surtout rapidement que les élections au collège musulman sont truquées aux dépens des nationalistes qui ne voient alors plus de solution que dans la lutte armée.

L’insurrection est déclenchée en oct. 54. Ben Bella fonde le nouveau parti, le Front de libération nationale (FLN) qui proclame sa volonté d’engager le combat pour l’indépendance de l’Algérie et qui s’implante d’abord dans les campagnes. Son objectif, restaurer un « Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». Les dirigeants du FLN sont de la même génération : leur enfance a été marquée par l’humiliation du centenaire, et leur jeunesse par la répression atroce après le 8 mai 45. Ils sont « demi-cultivés », c'est-à-dire qu’ils ont un bagage scolaire, mais pas le bac. Ils prévoient une action armée contre l’avis du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, antenne du PPA. Mendès-France interdit ce dernier précipitant le mouvement national dans la voie de l’insurrection. La guerre vire à l’atroce, reprenant régulièrement le schéma « assassinats cruels d’Européens ou de musulmans suspects suivis d’une répression disproportionnée ».La guerre commence avec les émeutes du Constantinois le 20 aout 55 : des Français sont assassinés, l’armée et la population européenne ripostent par le massacre de musulmans. Edgar Faure décide l’envoi du contingent en Algérie pour ramener l’ordre. Cette crise politique se traduit par le retour au pouvoir du Général De Gaule et la fin de la IVe République. Cette guerre est discontinue et chaotique. Elle est marquée par l’aveuglement des dirigeants de la IVème République, l’intransigeance sectaire du FLN, et le jusqu'au-boutisme de l’Organisation Armée Secrète. La peur est la clé de la psychologie collective de la minorité coloniale. Enfin, la guerre va s’embrouiller et dégénérer en guerres civiles parallèles, franco-française et algéro-algérienne, avec notamment la création d’un mouvement concurrent au FLN : le Mouvement du Nationalisme algérien de Messali Hadj. Entre les deux groupes, c’est la « guerre dans la guerre ». Des assassinats sont perpétrés, même au sein des prolétaires algériens émigrés en France, qui, en plus, connaissent des conditions de vie précaires. De plus, l’armée française opte pour la tactique de contre-guérilla avec des « commandos de chasse », puisant leur force vive chez les harkis, ce qui contribue à accentuer la dimension de « guerre civile ». A partir de 56, le FLN rallie nombre de militants des autres tendances nationalistes et s’implante dans les villes où il multiplie les attentats contre les européens. Il bénéficie du soutien du Maroc et de la Tunisie, ainsi que de l’Egypte de Nasser. La France essaie alors de provoquer la chute de Nasser pour arrêter Ben Bella et d’autres dirigeants du FLN, et engage son armée dans la « bataille  d’Alger » pour y déloger le FLN.



CONCLUSION : France avec un régime parlementaire faible est instable n’a pas perçu la montée dans ses colonies de mouvements d’émancipation des peuples indigènes. Pas d’expérience en matière de décolonisation, elle a conservé l’illusion que les aménagements suffiraient à y maintenir son emprise. France a tourné le dos à une évolution devenue inévitable après 2e GM. Décolonisation plus pacifique au Maroc et en Tunisie qu’en Algérie (décolonisation violente). La solution au problème algérien a été différente à cause de l’existence d’une importante minorité européenne considérant le pays comme le sien. Bilan sera lourd et guerre s’achèvera par Accord Evian en 62.

Autre SUJET associé : Plan du Prof sur la Décolonisation au Maghreb jusqu’en 1956
I Les impacts de la 2e GM

    1. Les héritages : ébranlement et contestation de l’entre-deux guerres

    2. En 1945 : Discrédit de la France avec Vichy + la défaite. L’Union française ne passe pas

    3. Modification des rapports de force au niveau international : L’Urss et les USA sont les véritables puissances et prônent l’anticolonialisme. + ONU. La Franc est une petite puissance. De Gaulle s’attache aux colonies


II Jusqu’en 1954. Impossible retour à l’ordre colonial d’auparavant.

      1. Echec des réformes. Statut de 1947. Blocage à cause du lobby colonial + pas beaucoup de moyens + les colonisés (anciens combattants) ont de l’amertume puisqu’ils n’ont pas obtenu la citoyenneté promise.

      2. 1954. Pierre Mendès France avec l’Indochine. Défaite de Dien Bien Phu. Discours de Carthage. But= préparer l’indépendance de la Tunisie et du Maroc


III Le problème algérien

  1. La répression en Algérie. Nov 1954 insurrection et incidents. Problème de l’Algérie : constitue 3 départements et beaucoup de français d’Algérie. PMF hésite et fait le choix politique de la fermeté > il est renversé.

  2. 54-56 Algérie entre doucement dans la guerre. Situation militaire et civile se dégrade.

  3. 56. Contingent français. Election française pour amener PMF au pouvoir et faire la paix avec l’Algérie. Or Guy Mollet élu président du Conseil. Il décide de faire la guerre. + Nov 56 La France participe à Suez parce que Nasser soutient le FLN.


CCL : Pourquoi PMF change d’avis ? Parce qu’en 55 la France est sortie de la reconstruction + négociation avec construction CEE. Avenir de la France en Europe pas au Maghreb. > Algérie =un « boulet ».


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