= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé (





télécharger 111.47 Kb.
titre= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé (
page1/3
date de publication02.02.2018
taille111.47 Kb.
typeRecherche
e.20-bal.com > loi > Recherche
  1   2   3

MORALE & BONHEUR —

Quelle morale peut nous conduire au bonheur ?
1. L’idée de bonheur & l’idée du bien se font-elles obstacle ?

Conscience morale, obligation & devoir ont un sens régulateur. Régler c’est plutôt éclairer l’action que la commander : nous restons libres de suivre ou non un devoir et il n’y a pas à le regretter, car le bonheur & le bien refusent, par essence, toute contrainte. Mais le bonheur n’est pas de se livrer au hasard de la vie, car chacun veut rester maître de ses plaisirs. Par suite, le bonheur tend à la plus grande conscience et au bien, plutôt qu’au mal et à l’indifférence. Or, l’idée de bien n’est pas nécessairement compatible avec l’idéal du bonheur et le conflit paraît inévitable entre les deux. La morale visera donc à les harmoniser.

La morale pose un idéal de l’esprit, qui est universel ; et le bonheur pose un idéal de l’imagination, qui est particulier. En effet, c’est un être qui est heureux, qui a son histoire et sa vie. Avec le bonheur ce n’est pas la forme (l’universel) qui dirige l’action mais bien la matière (les objets). Les circonstances ne peuvent plus être écartées et participent à la réalité du bonheur. Y a-t-il donc « une » morale qui puisse conduire au bonheur ? Il est clair que cela fait problème.

On distingue ≠ types d’actions : neutres, spontanées, contraignantes et d’autres dont il faut s’abstenir. S’il n’y a pas de bonheur dans la contrainte, il n’y en a pas non plus dans la conduite qui ne serait pas jugée bonne. Est-ce parce qu’une action est bonne qu’elle est un devoir ou parce qu’il y a une règle qui permette de l’évaluer ? Tout d’abord il convient de poser la thèse suivante :
2. Les ≠ morales poursuivent la même fin : non le bonheur matériel mais l’idée.

L’idée d’un bonheur moral lié au devoir peut s’analyser en rapport à notre conduite. On distingue ≠ mobiles : l’utilité pour soi (hédonisme = recherche du plaisir) ; l’utilité comme bonheur partagé (eudémonisme = recherche d’un bonheur altruiste) et enfin la direction morale en vue du bien. D’où trois morales ≠ selon leur mobile : 1. morales utilitaires 2. morales du sentiment et 3. morales du devoir qui culmine avec Kant.

[Chacune tend à la suivante sans l’atteindre dans un mouvement vers l’universel et le catégorique. Kant donne pour matière à la loi morale (l’impératif catégorique) tantôt une idée tantôt un sentiment : il oscille entre une morale de l’esprit (3) et du sentiment (2). De même qu’en partant de l’égoïsme on trouve l’altruisme, en partant de l’altruisme on trouve l’esprit. Chaque morale semble s’appuyer sur la précédente en la rejetant et tendre vers la suivante sans y accéder. D’où un double problème : comment l’idée qui ne surgit qu’à la fin peut-elle se trouver déjà au départ comme moteur secret de toute morale ? Comment l’idée achève-t-elle son parcours et quel sens lui donner ?]

A. La morale utilitaire
1. Le principe d’égoïsme a été formulé par Aristippe de Cyrène. Epicure change ce principe en substituant au plaisir immédiat le plaisir raisonné soumis au calcul, l’utilité.

Il tient compte du temps. Le plaisir véritable est celui qui dure le plus. Le bonheur est la plus grande somme possible de plaisirs accompagné du moins de souffrance. Cette morale a pour enjeu de rechercher les plaisirs qui n’impliquent pas de peines, et de fuir ceux qui sont accompagnés ou suivis de souffrances. Ainsi, le double principe : consentir à une peine si elle assure un plus grand plaisir (principe du délai, effort ou endurance qui seront récompensés) et fuir la peine sans compensation. Il distingue plaisirs : naturel et nécessaire, non nécessaire et non naturel. (Ménécée, 127)

Il approfondit l’idée de joie et conclut que le plaisir en repos (absence de peine) est le plaisir par excellence. La morale est alors une simple règle de prudence.

Mais l’on ne peut fonder de morale universelle sur la recherche du plaisir et certains faits restent inexpliqués comme le dévouement, le sacrifice, l’abnégation. En outre le principe est obscur : la fin est l’existence du plaisir = bonheur mais il pense que c’est un repos. Or l’expérience montre que plaisir & bonheur sont des activités.

Pour Hobbes le but de l’existence est le plaisir (Léviathan I chap. 6). Tout s’explique par le conatus (endeavour) qui représente l’intérêt du soi, mais il voit dans l’état agréable quelque chose de fuyant car un plaisir entraîne l’autre. Contre Epicure, il met le plaisir dans le mouvement : il n’y a plus de fin à la quête du plaisir. Il montre comment la charité comme négation de l’égoïsme naît en réalité de l’égoïsme car on a une opinion avantageuse de soi. L’égoïsme c’est d’accroître sa propre force et la charité est l’effet de cette addition qui produit un excédent. Ce sentiment est agréable car il témoigne de notre supériorité – explication analogue de la pitié. Helvétius pose en outre l’idée de l’intérêt général. La morale utilitaire pose en principe de nos actes la recherche de l’intérêt général. Il n’est finalement que la somme des intérêts particuliers.
2. Le principe d’utilité : « le plus grand bonheur possible du plus grand nombre. »

Pour Jeremy Bentham (La déontologie ou le système de la morale) il n’y a que du calcul. Il compare les plaisirs du point de vue de l’accroissement du bonheur. Les morales résultent d’un calcul qui s’est installé. Les conséquences d’une action se répercutent sur notre histoire et il en résulte un plus ou un moins de bien être. L’objet de la science du bonheur et de la morale est donc de nous dispenser d’avoir à refaire ces calculs : elle apporte les résultats. Mais comment quantifier les sentiments ?

Bentham utilise avant la lettre une logique floue (qui refuse le ou bien/ou bien, tiers exclus). Il peut y avoir des empiétements, des équivalences.

Il énumère 7 formes : intensité, durée, proximité (un plaisir se fait plus ou moins attendre), certitude (il est plus ou moins garanti), fécondité (il apporte d’autres plaisirs), pureté (absence de peine liée), étendue (un plus grand nombre participe à ce plaisir). Bentham justifie le passage à l’utilité élargie par des constats :

1° la société existe : il faut en tenir compte dans le calcul des plaisirs & peines.

2° Il y a une relation nécessaire entre le bonheur de l’individu et celui de l’espèce.

3° Bienveillance, sympathie, bonté sont agréables et appartiennent aux plaisirs.
On en arrive à une loi de maximisation du bonheur :

« Agis de telle sorte que ta conduite produise la plus grande somme possible de bien être et la plus petite de mal être pour le plus grand nombre des êtres. »
On observe : 1° cette morale cherche dans l’égoïsme un élément stable & universel et 2° se conformer à sa maxime c’est être honnête. Il y a alliance entre bonheur personnel & moralité. Mais 3° sa maxime n’a aucun caractère obligatoire.

Le vrai problème est d’expliquer le bien moral par la recherche du bonheur. Or le bonheur est bien plus complexe. Il diffère du bien être comme somme de sensations agréables. En outre, on ne peut ramener la moralité au bonheur si l’on ne parvient pas à définir le bonheur. On retient 2 objections :

1° L’idée de bonheur n’est pas définie malgré l’apparence objective du calcul.

2° L’accord des intérêts particulier > général est seulement postulé.
Suart Mill va perfectionner la morale utilitaire sur ces deux points :

• D’abord il éclaircit l’idée de bonheur en distinguant des degrés dans les plaisirs :

« On donne une préférence à la vie qui exerce nos facultés les plus élevée. Aucun homme ne consent à devenir imbécile… Celui qui suppose qu’un être supérieur n’est pas plus heureux qu’un être inférieur confond les deux idées de bonheur et de contentement. (…) Si l’imbécile et le pourceau sont d’un avis différent c’est qu’ils ne voient qu’un côté de la question. (…) La disposition aux plaisirs élevés est une plante délicate facilement flétrie par les influences hostiles. Elle meurt facilement chez les jeunes. Mais on peut affirmer qu’une personne capable de choisir entre les deux n’a jamais préféré le plus vil en connaissance de cause (…). »

On voit nettement l’orientation de la morale utilitaire : elle privilégie les plaisirs qui supposent une éducation. Les plaisirs ne sont des plaisirs que lorsqu’ils ont été éduqués (“en connaissance de cause”). C’est dire que le lien est dorénavant étendu vers l’universel. Il n’y a pas de bonheur particulier, le bonheur est universel ou n’est pas. Et Mill écrit nettement que « le critérium utilitaire de ce qui est bon n’est pas le bonheur propre de l’agent mais celui de tous les intéressés. »

On voit que la morale utilitaire tend vers l’universel et qu’elle ne parvient à le fixer qu’en allant vers une morale de la sympathie, de la moralité subjective. Le sentiment de bonheur qui est le plus partagé doit être en même la fin de la société. En faisant coïncider bonheur particulier et sentiment partagé, se pose alors le problème de la genèse de l’obligation.
3. La genèse de l’obligation
Bentham voulait que l’intérêt particulier concorde avec l’intérêt général et Mill y trouve un excès, sinon un risque (porter atteinte aux libertés individuelles). Mill pose que le sacrifice du particulier doit se faire sans heurt dans le cadre d’une harmonie sociale. Une association d’idées qui vient de la société favorise la genèse de l’obligation morale. Le fond n’est donc plus l’égoïsme mais la sympathie. Nous passons ainsi d’une morale de l’utilité particulière à une morale du sentiment (comme subjectivité universelle, sensus communis). Un saut est effectué. Mais on se limite à poser une croyance générale à cet accord comme Bentham ou bien à l’explication de sa genèse à travers une habitude sociale.
B. La morale du sentiment ou moralité subjective
1. Le principe de sympathie est formulé par Adam Smith. Chacun cherche plaisir, intérêt ou bonheur. Comment alors expliquer le sacrifice de l’intérêt personnel ?

• On fait intervenir l’altruisme et on le fait même sortir de l’égoïsme.

• A mesure que la morale utilitaire comprend un plus grand nombre d’actions, le “je” devient un “nous”, l’égoïsme un altruisme, par une élévation moyenne des plaisirs.

C’est ainsi que l’on prend l’altruisme ou la sympathie pour principe de développement d’un bonheur social et l’on cherche à comprendre les sentiments moraux par là.

1° La sympathie consiste à se mettre à la place des autres pour partager leur sentiment et cette sympathie a son origine dans l’imagination.

2° Rien n’est plus agréable qu’une communication par sympathie.

3° Pouvoir sympathiser avec l’autre de proche en proche produit bonheur & morale. On approuve ou désapprouve immédiatement ce qui est bien ou mal par sympathie. Par ex. générosité, amitié ≠ haine, ressentiment. Il s’agit de sentiments sociaux.

Pour Smith, le jugement moral traduit un 1er sentiment de sympathie, non l’inverse (cad. le sentiment moral suit le jugement moral). Par ex. rendre service implique la reconnaissance de l’autre. Dire que le bienfaiteur mérite récompense cela revient à sympathiser avec la reconnaissance de l’obligé (ce n’est pas passer par une règle mais par un sentiment). A l’inverse, s’il y a nuisance, l’offenseur a démérité et nous portons la sympathie sur le ressentiment de l’offensé.

Le problème se pose entre justice et charité. L’action dont le but est de nuire provoque bien l’indignation, et l’action bienfaisante la gratitude. Mais la justice n’est pas la charité. Quand il s’agit de soi-même, comment faisons-nous ? Mill pense que le sujet se divise en un moi qui agit et un moi qui juge. Si “le juge” sympathise ou non, il y aura une satisfaction ou des remords.

Objections : 1. La sympathie est variable, subjective, mobile et ne permet ni de fonder une morale ni d’assurer un bonheur. On ne peut contester qu’il y ait des courants de sympathie.

2. Quand la sympathie est en opposition avec le sens moral : il y a des raisons qui sont particulières répond Mill. Cela ne trouble pas le sens général de son principe.

Objections fortes : 1. Mill ne fonde pas l’obligation morale, il en fait la genèse sociale. Elle se réduit au désir de provoquer la sympathie.

2. Tout en faisant du sentiment un principe, Mill fait appel à un principe d’ordre intellectuel. Répondre par “la nature” est insuffisant. La morale du sentiment ne se suffit pas à elle-même : elle présuppose encore autre chose : une idée.
2. Le principe de renoncement est un autre aspect, posé par la religion. [Bergson distingue les religions statique & dynamique : la 1ère cherche le renoncement de l’intelligence pour refaire le tout. La 2ème est élan créateur & mystique.]

Schopenhauer représente un cas intéressant. Le bonheur est une illusion produite par la volonté afin de toujours vouloir. Être c’est persévérer dans l’être, c’est vouloir. Toutes les volontés sont la même. On découvre la compassion pour tous les êtres : comment la volonté serait-elle satisfaite s’il est de son essence de vouloir ? Il faut la replier.

Le bonheur, toujours voulu et poursuivi, n’est cependant jamais atteint. L’échec n’est pas un hasard, il est nécessaire pour que la volonté reste volonté. Il entretient le désir. Ainsi, la volonté est aveugle sur elle-même. Elle chasse l’autre et le manque pour continuer à le chasser. Le désir doit s’auto-entretenir en même temps qu’il doit se satisfaire. Il y a un nihilisme de la volonté qui immole tous ses objets. Là réside la négativité radicale, jusqu’au néant. C’est ainsi que le renoncement est la seule voie.

Seul le sage comprend cela jusqu’au bout parce qu’il a approfondi ses désirs. il peut accepter de se détacher. Le sage, c’est la volonté qui se sépare en se niant elle-même.

En quoi consiste cette négation de la volonté ? Le moi est un rêve sur le rêve. A l’ennui succède la joie quand il voit la vacuité de ses reflets. Le premier devoir est de ne pas s’imaginer différent des autres mais de fixer l’identité d’essence entre les désirs et les êtres : la souffrance est le 1er apparaître. L’approfondir est la rendre universelle. La pitié, la sympathie, c’est le même vouloir en chacun : le vouloir universel = l’essence vitale. Le temps et l’espace représentent le voile de Maïa. Nous sommes tous, dans un pli du voile, le même pli de souffrance dans l’apparaître universel. Tel est le fond de l’identité. Mais le vouloir vivre lui est indestructible et c’est pourquoi l’ultime effort doit être de le replier contre lui-même pour l’accomplir. Il revient à chacun de méditer à fond. Se détacher de soi, c’est s’accomplir soi-même, s’accomplir soi-même, c’est devenir tout autre, devenir tout autre c’est être soi-même l’universel qui se réfléchit. Le suicide est une erreur : on ne s’échappe que par l’accomplissement, l’affirmation et l’affrontement contre ce qui illusionne (l’éveil final est Nirvana).

L’objection est de demander si l’autre est à considérer comme un rêve. Quel peut être l’être d’un rêve ? S’il réalise un désir (illusoire), il y a un être qui s’éveille. La naissance du désir est la naissance de l’être. Mais s’il n’y a qu’apparence, on peut aussi bien dire qu’il n’y a que réalité. Si bien que le problème reste concernant la volonté.
  1   2   3

similaire:

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconLe bonheur est dans l’amphi !
«droit au bonheur» n’étonne donc guère, comme naissent ici et là des programmes de recherche à l’instar du projet «BonDroit» (Bonheur...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconA. Le bonheur se distingue du plaisir par sa durée 14

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconArticle de la rubrique «Le point sur »
«le plus grand bonheur du plus grand nombre», l’économie du bonheur se présente ainsi comme une réflexion ouverte sur les déterminants...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconChapitre 3 : L'identité de l'entreprise : une image, un projet, une culture
«culture d'entreprise» à Elliot Jacques du Tavistock institute à Londres. Pour lui, la culture de l'entreprise se définit comme son...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconLe pib ne fait pas le bonheur Antoine de Ravignan, Sandra Moatti...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( icon«Note préliminaire : parcours, méthodologie et conception de la recherche»
«Etudes africaines» 52 h sur mes domaines de spécialité depuis mon recrutement en 1999. L’enseignement de la recherche et la discussion...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconC’est un grand plaisir pour moi de vous présenter le nouveau schéma...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconFiche n°1 : Dans un monde aux ressources limitées, comment faire...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconTrame de preparation autour de l’album : titre/ auteur/ editeur
«je vous montre d’abord l’image, vous la regarder bien pour comprendre quel est ce petit plaisir, puis je vous lis le texte; ensuite,...

= recherche du plaisir); l’utilité comme bonheur partagé ( iconVersion du 26/11/08 Trame du livret Utilité Sociale des Organisations...
«tronc commun» de critères et de types d’indicateurs pour mesurer l’utilité sociale générée spécifiquement par toutes formes d’entreprises...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
e.20-bal.com