Chapitre Suffit-il de réduire le coût du travail pour lutter contre le chômage ?





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date de publication21.10.2017
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Sciences économiques et sociales Terminale Thème 2 : travail et emploi

Chapitre 5.
Suffit-il de réduire le coût du travail
pour lutter contre le chômage ?

Notions à acquérir

Marché (de biens et de services)

Salariat

Salaire

Coût du travail

Marché du travail

Chômage

Précarité

Marchés interne/externe du travail


Introduction

Analysez le sujet-titre du chapitre
Introduction à compléter en suivant les consignes

À compléter après avoir

  • fait l’exercice suivant : http://ecomultimedia.free.fr/exodim2.html, si ce lien ne fonctionne pas : http://ecomultimedia.free.fr/ puis « cours et animations pour la terminale » attention il faut cliquer deux fois, puis « travail et emploi » et enfin « les composantes du coût salarial » ;

  • lu le document « chômage » que vous trouverez dans le dossier « données » de la classe.


La plupart des organisations syndicales patronales en France (MEDEF, FNSEA par exemple) demandent l’allègement voire des exonérations des charges sociales afin de favoriser l’emploi.

Les revendications des chefs d’entreprises laissent penser que c’est parce que le travail coûte trop cher qu’il y a trop de chômage. Le coût du travail est définition. Comment expliquer que son niveau ait une influence sur le nombre de chômeurs, c’est-à-dire le nombre définition ? N’y a-t-il pas d’autres mesures à prendre pour permettre à plus d’actifs de travailler ? Nous savons que les gains de productivité, le progrès technique ont une influence sur le niveau de l’emploi et sur la nature des emplois. Nous savons aussi que les entreprises embauchent lorsqu’elles doivent augmenter leur production pour faire face à la demande. Aussi nous pouvons nous demander si la baisse du coût du travail n’apparaît comme solution au chômage que si on retient l’une des explications possibles du chômage. Par ailleurs, abaisser le coût du travail soulève d’autres questions que la seule réduction du chômage, notamment en termes de protection sociale.

Nous expliquerons dans une première partie comment la théorie néoclassique décrit le marché du travail afin de montrer que le chômage repose sur un coût du travail et des rigidités trop importantes. Nous verrons ensuite que d’autres explications peuvent mener à d’autres politiques économiques : favoriser la demande, former les travailleurs et modifier le mode de recrutement. Enfin nous montrerons que les mesures de réduction du coût du travail peuvent ralentir la croissance, fragiliser la protection sociale et donc générer des conflits.
I. Pour les néo-classiques, réduire le cout du travail permettra de réduire le chômage
La réduction du coût du travail est parfois présentée comme la solution pour lutter contre le chômage en particulier des jeunes et des moins qualifiés. Nous allons étudier la théorie économique sur laquelle repose cette idée, mais aussi celle selon laquelle il faut fluidifier le marché du travail en réduisant les règles protégeant les travailleurs.
A. Pour les néo-classiques, le marché du travail est un marché comme un autre

En travaillant sur le document theorie_neoclassique_chomage, vous allez découvrir quand est apparu ce courant théorique, et à l’instigation de qui, et enfin les éléments que vous devez connaître concernant leur représentation du marché du travail.

En suivant le diaporama, quand vous accédez au premier tableau, cliquez dans les cases afin de faire apparaître les chiffres. Pour les tableaux suivants cherchez à compléter les premières cases sur un brouillon à part, puis cliquez pour vérifiez si vous aviez raison.

Pour noter les éléments essentiels, répondez aux questions portant sur le document 21 page 116 de votre manuel.
Faites aussi l’exercice qui l’accompagne.

B. Il faudrait donc réduire le coût du travail pour lutter contre le chômage

Nous présenterons des mesures politiques qui ont visé à réduire le coût du travail en nous posant la question de leur efficacité.

Travail sur le document 23 page 117 et sur le document A (questions 1 et 2).

C. Il faudrait aussi faciliter la fluidité de l’offre et de la demande de travail

Qu’appelle-t-on la fluidité de l’offre et de la demande sur le marché du travail, quels types de politiques économiques et sociales sont visés par cette expression ? Alors que des négociations entre les partenaires sociaux sont en cours sur la « modernisation du marché du travail » et après que l’OIT ait déclaré le CNE contraire à sa charte comment comprendre le projet de contrat de travail unique ?

Travail sur le document 24 page 117.
II. Mais cette analyse néglige d’autres facteurs explicatifs du chômage
Mais le chômage ne dépend pas uniquement du fonctionnement du marché du travail, mais aussi du nombre d’emplois dans l’économie et donc du niveau de la production dans les entreprises, et plus largement du rythme et des conditions dans lesquelles la croissance se réalise.
A. Les débouchés des entreprises

Nous reviendrons rapidement sur la raison principale qui pousse les entreprises à créer des emplois.

Travail sur les documents 33 et 34 page 122.
B. La formation des travailleurs

Les phénomènes de destruction créatrice et de déversement des emplois soulèvent l’enjeu de la formation des travailleurs afin de leur permettre de se recycler et donc de retrouver plus facilement un emploi.

Travail sur le document A, question 4, et sur le document B.
C. Le marché du travail est segmenté

Lorsqu’un emploi est à pourvoir, il n’est pas toujours accessible aux chômeurs, il n’y a pas un seul mais plusieurs marchés du travail.

Travail sur le document 31 page 121, travail sur le document C.

III. Et néglige les enjeux sociaux et politiques d’une telle politique
Enfin, réduire le coût du travail peut avoir des conséquences négatives au niveau macroéconomique, politique et social
A. Les conséquences envisageables d’une baisse des salaires et/ou du pouvoir d’achat

Si pour baisser le coût du travail, les salaires sont diminués, ne suivent plus l’inflation ou si le nombre de salariés rémunérés au salaire minimum progresse, cela risque de freiner la consommation et la productivité et donc la croissance, mais cela peut aussi générer des conflits.

Travail sur le document 37 page 124 et document 1 question 5.
B. Les conséquences de la précarisation

Renvoi à la fin du chapitre 4.
C. Les conséquences envisageables d’une diminution des charges sociales

Nous nous demanderons rapidement à quoi servent les charges sociales et pourquoi leur réduction soulève des problèmes sur lesquels nous reviendrons dans le cadre du chapitre 12.
Conclusion

A rédiger en évaluation sommative.
Documents complémentaires

Document A : Du bon usage des baisses de charges

Pour la première fois en 2007, les allégements de cotisations sociales patronales dépasseront les 25 milliards d'euros. Soit plus d'un point de produit intérieur brut (PIB) et un montant bien supérieur aux sommes consacrées chaque année aux politiques dites « actives » du marché du travail - comme la formation des demandeurs d'emploi - en France[…]. Dans un pays où la dette publique dépasse 64 % du PIB, autrement dit où l'argent est un bien rare, est-il de bonne politique que ces allégements atteignent de telles sommes pour une efficacité pas toujours démontrée ?

L'interrogation n'est pas nouvelle, mais elle a pris, en 2006, un relief particulier. Réservées, à la fin des années 1970, à des publics rencontrant des difficultés d'insertion ou de réinsertion qu'on imaginait alors passagères, les exonérations de cotisations sont devenues, à partir de 1992, un instrument majeur des politiques publiques de l'emploi. […]

Depuis la récession de 1993, les allégements généraux de charges par opposition à ceux qui sont ciblés sur certains publics ou sur des zones géographiques (zones franches urbaines, DOM-TOM, etc.) se sont multipliés. […]

Si les baisses de charges coûtent cher - plus de 20 milliards d'euros pour les allégements généraux et 5,9 milliards pour les ciblés -, leur impact sur l'emploi demeure difficile à mesurer. Les principales évaluations macro- et microéconomiques, conduites entre 1998 et 2005 par des économistes très divers, qui ont nourri des polémiques à n'en plus finir entre la gauche et la droite, ont conclu à une fourchette d'environ 100 000 à 500 000 créations nettes de postes non qualifiés pour un budget de 5 milliards d'euros. De l'avis du Conseil d'orientation pour l'emploi, la synthèse des différents travaux effectués à ce jour permet de « considérer que les allégements décidés au début des années 1990 et ayant été mis en œuvre avant la réduction du temps de travail auraient créé autour de 300 000 emplois ».

Sur la période 1993-2000, analysée par la chercheuse Pascale Turquet de l'université Rennes-II, le coût du travail des salariés à temps complet a augmenté de 2,8 % pour les qualifiés et baissé de 1,6 % pour les non-qualifiés. Parallèlement, la part de l'emploi non qualifié dans l'emploi total a cessé de diminuer, ce qui était le cas depuis le milieu des années 1990. Il y a bien eu, confirme la Cour des comptes, « un net retournement » en 1994. A cette aune, les allégements ont prouvé leur efficacité.

Toutefois, dès que l'on sort de la macroéconomie pour s'intéresser aux effets sectoriels de cette politique et aux publics qu'elle a concernés, le bilan est plus nuancé. Première surprise : « Les industries manufacturières directement exposées à la compétition internationale et au risque de délocalisation ont peu profité des exonérations », relève la Cour des comptes, alors que c'était un des objectifs des pouvoirs publics. « A l'inverse, analyse-t-elle, en dehors de l'industrie agroalimentaire et en partie du transport et du tourisme, les principaux secteurs bénéficiaires ne sont pas directement exposés » à la concurrence internationale.

« TRAPPES À BAS SALAIRES »

Mais il y a plus. A l'intérieur du tertiaire, qui représente 52 % des emplois mais 64 % des allégements, les super- et les hypermarchés figurent parmi les tout premiers bénéficiaires des exonérations. Or, analysent les magistrats financiers, l'emploi dans la grande distribution semble « assez largement régi au niveau des magasins par des standards en fonction de leur taille, de la nature des produits proposés, de la zone de chalandise, des heures de fréquentation et finalement du chiffre d'affaires attendu ». Autrement dit, autant, dans l'industrie, les baisses de charges peuvent avoir aidé à ralentir le rythme des destructions d'emploi, autant, dans la grande distribution, elles auraient surtout un effet d'aubaine.

De plus, les personnes peu qualifiées continuent d'être les premières victimes du chômage et de la précarité. En 1990, parmi les jeunes de moins de 25 ans, 27 % des sans-diplôme étaient au chômage et 15 % des détenteurs d'un CAP ou d'un BEP. En 2004, ces pourcentages étaient respectivement de 35 % et de 20 %. Cette détérioration incite à penser qu'une partie des postes non qualifiés reste occupée par des personnes qualifiées, et que des phénomènes de liste d'attente dans l'emploi jouent contre les sans-diplôme.

Enfin, la concentration des allégements, même s'ils sont dégressifs, sur les salaires inférieurs à 1,6 smic crée un effet de « trappe à bas salaires » sur lequel l'Insee ne laisse guère de doute : aujourd'hui, près de la moitié des salariés se trouvent dans ces tranches de salaires. Pour éviter ces effets de seuil et de piège à SMIC, un groupe de travail du XIe Plan présidé par Bernard Brunhes, ancien conseiller social de Pierre Mauroy à Matignon, avait préconisé, en 1993, l'adoption d'une franchise de cotisations sociales sur les 1 000 premiers francs de salaire mensuel. Jugée trop coûteuse, l'idée fut abandonnée.

La Cour des comptes n'y revient pas. Mais elle préconise un usage plus limité et une simplification des allégements de charges. […] L'État se dégagerait ainsi des marges de manœuvre précieuses pour encourager le développement d'activités et d'emplois à haute valeur ajoutée dont l'économie française a besoin.

En 1998, peu après la publication du rapport Malinvaud sur les cotisations sociales employeurs, l'économiste Pierre Concialdi se demandait s'il fallait prendre le risque de « sacrifier la productivité » aux dépens d'activités innovantes. Huit ans plus tard, sa question sur des dispositifs que la gauche et les syndicats ont souvent présentés comme des cadeaux aux patrons est plus pertinente que jamais.

Source : Claire GUÉLAUD, Le Monde, 8 novembre 2006.

Questions :

  1. D’après ce texte, comment diminue-t-on le coût du travail en France ?

  2. Quelles sont les étapes historiques de cette politique ?

  3. Est-il certain que cette politique soit efficace ?

  4. Qu’est-ce qu’une politique active de lutte contre le chômage ?

  5. Quels sont les effets pervers de la politique de réduction du coût du travail ?


Document B : Nouveau départ chez Damart

L'usine roubaisienne de textile a encouragé ses salariés à changer de travail... sans changer d'entreprise. Le groupe a ainsi pu préparer socialement la délocalisation de sa production

ROUBAIX (Nord) ENVOYÉ SPÉCIAL

Tout recommencer ? A 40 ou 50 ans ? Quitter les " copines " ? Se retrouver avec d'autres collègues ? Réapprendre un métier ? L'angoisse !

Pourtant, c'est le pari gonflé mais sensé proposé par Gilles Damez, directeur de Despature et fils, aux ouvrières de son usine. Installée à Roubaix (Nord), cette filiale du groupe Damartex fabrique, depuis 1953, les fameux sous-vêtements Thermolactyl Damart.

En 2003, anticipant une délocalisation totale de sa production en Tunisie - finalement annoncée par le groupe le 5 février -, Gilles Damez propose aux " filles " de la confection de changer... de travail. " Je leur avais expliqué que nous pouvions les former à d'autres postes, à nos frais et avec le même salaire, raconte-t-il. Leur métier d'ouvrier allait disparaître. Or, au sein du groupe nous avons d'autres besoins. "

Trente-cinq ont accepté. Certaines avec pas mal d'hésitation. Craintive ? Martine Derycke l'a été. Comment devenir opératrice téléphonique (OP) lorsqu'on n'a jamais vu un ordinateur de sa vie ? Après un an de formation, une remise à niveau, les " vannes " de son fils - car " je suis retournée à l'école ", raconte-t-elle amusée -, Martine fait partie aujourd'hui des soixante OP de l'entreprise. Une oreillette dernier cri a remplacé son tablier désuet.

" Je suis enfin heureuse, lâche-t-elle. A 48 ans, refaire sa vie, ce n'est vraiment pas facile. J'ai dû apprendre à taper au clavier et à gérer la clientèle. " Elle n'est plus ouvrière " surjeteuse " - du nom de la machine à coudre sur laquelle elle travaillait - mais employée. Un changement de statut qui lui rapporte 75 euros de plus par mois. " Je suis passée de 6 000 à 6 500 francs - 995 euros - après 34 ans de maison ", précise néanmoins Martine avec un peu d'amertume. " Mais je travaille enfin avec ma tête, et c'est moins pénible qu'à l'usine ", martèle-t-elle.

D'autres affirment avoir saisi l'opportunité de leur vie. Comme Sabine Delparte, 40 ans, la moitié à Damart. Pendant 17 ans, elle a été " surpiqueuse ". Maintenant, elle s'occupe de la mise au point des produits au bureau d'étude.

Avant, elle a dû passer des tests. Du français, de la physique, des maths... Histoire d'évaluer ses compétences. Puis ce fut la phase d'observation sur le poste. " A la fin de mes six semaines de formation, raconte Sabine, j'ai obtenu un certificat d'aptitude professionnel - CAP - . " " Je ne regrette rien mais j'ai quand même perdu 10 euros par mois sur mon maigre salaire ", souligne-t-elle.

Katherina Paico, 46 ans, se serait bien passée de cette formation. Mais sa patience a été récompensée par l'obtention d'un CAP commercial. Après 22 ans passés à la confection, elle est aujourd'hui vendeuse chez Damart. Elle se dit heureuse et épanouie. " Si ce travail ne m'avait pas plu, j'aurais pu revenir à l'usine ", explique-t-elle.

Revenir à l'usine ? Pas question, pour Manuela Ferreira, 43 ans et Bernadette Noël, 48 ans. Elles sont passées de la confection au gigantesque bâtiment de la logistique où elles s'occupent de l'emballage. Et même si l'ambiance avec les " copines " leur manque, " au moins nous avons eu la chance de choisir notre nouveau métier. Nous ne savons pas si ce sera le cas pour les filles à l'usine ", s'inquiètent-elles. " J'encourage les plus réticentes à franchir le pas, lance Manuela. Si j'avais su, je l'aurais fait plus tôt. "

Aujourd'hui, la délocalisation totale de la production de Despature et fils en Tunisie d'ici à 2009 est une réalité. Sur les 117 salariés de l'usine (46 ans en moyenne), 90 vont devoir, eux aussi, changer de métier. Pas le choix ! Car contrairement à d'autres marques qui connaissent actuellement le même sort - Aubade, Dim, Well, Arena -, " personne ne sera licencié, assure Gilles Damez, le directeur de l'usine. Les ouvrières seront reclassées au sein du groupe ".

Ces dernières se disent soulagées de ne pas être " virées ". Car à Roubaix, trouver un gagne-pain dans le textile est désormais mission impossible. Et dire que la ville a compté jusqu'à 50 000 ouvriers et plus dans ce secteur il y a quelques décennies ! Il en reste moins de 1 500 en 2007. Et c'est sans compter un taux de chômage flirtant avec les 21 %. Malgré tout, les ouvrières sont inquiètes, assure Sabine Waymel, secrétaire du comité d'entreprise. Car ces femmes qui, depuis dix, vingt, voire trente ans n'ont connu que la confection, appréhendent la reconversion professionnelle.

" Quoi ? Apprendre un métier à 50 ans ? Mais on n'a plus le cerveau d'un jeune pour ça ", ironise Martine Peron, 51 ans, dont 34 chez Damart. " La direction nous demande de changer de vie, angoisse Béatrice Hervieu, 50 ans, 34 à l'usine. Où va-t-elle nous reclasser ? Dans un des magasins Damart comme vendeuse ? Il faut une jeune personne qui a du charme. Pas une femme de plus de 50 ans. "

Certaines, plus radicales, disent qu'elles préféreraient même un licenciement. Difficile d'accepter la mort de son savoir-faire, qui " part à l'étranger ". " Ces réactions sont naturelles, convient Christine Soto, responsable des ressources humaines à l'usine. Elles ont peur de perdre leurs repères. "

Pour tenter de convaincre les plus sceptiques, Ann Godelle, directrice des ressources humaines de Damart France, veut s'appuyer sur la " belle réussite " de la reconversion des trente-cinq premières ouvrières.

Les résultats du groupe Damartex (557,5 millions d'euros de chiffre d'affaires pour un bénéfice net de 15,3 millions en 2006) et sa taille (2 000 salariés) la rassurent : " Nous créons trente emplois net par an. Les ouvrières de Despature et fils seront toutes reclassées dans les trois ans. "

Pour cela, l'usine (27 millions de chiffre d'affaires) verse 4 % de sa masse salariale - 110 000 euros par an - à un organisme de formation, le Forthac. La loi prévoit un minimum de 0,9 %. En 2006, 30 000 personnes sont passées par cet organisme, sur les 206 650 salariés des 7 291 entreprises adhérentes. " Le but est de développer les compétences du salarié et de l'accompagner dans la mobilité professionnelle ", résume Bernard Vandeputte, directeur régional pour le Nord.

" Rares sont les entreprises comme Damart qui insistent sur la reconversion des salariés ", assure-t-il. " Et pourtant, c'est ce qu'il faudrait faire pour éviter les délocalisations ", atteste Freddy Marcy, président du Comité de liaison des industries de main-d'oeuvre (Climo), qui regroupe neuf secteurs (chaussure, habillement, textile...). " Nous avons perdu, en cinq ans, près de 200 000 emplois, constate-t-il. Il faut permettre au salarié de développer ses qualifications. C'est un moyen de l'adapter à la mutation de nos secteurs. "

Le 8 novembre 2006, à Paris, les représentants des neuf industries du Climo (3 050 entreprises, 42 milliards de chiffre d'affaires) ont tenté d'expliquer à onze députés de droite et deux sénateurs - dont les anciens ministres Jean Arthuis (UDF) et Gérard Longuet (UMP) - l'intérêt de la reconversion des salariés. Tous devaient être présents. Trois députés seulement sont venus écouter " ce cri avant la mort ".

Source : Mustapha Kessous, « Nouveau départ chez Damart », Le Monde, 24 février 2007.

Questions :

  1. Quelle innovation au sens de Schumpeter a poussé l’entreprise à former ses ouvrières textiles à d’autres métiers, et pourquoi ?

  2. Quel est le coût de cette politique de ressources humaines pour l’entreprise ?

  3. Quelles sont les difficultés pour les salariées concernées ?


Document C : Il y a différentes procédures de recrutement



Tandis que la littérature nationale s’est essentiellement penchée sur le rôle des réseaux de relations dans les pratiques de recrutement (Degenne et alii, 1991 ; Fontaine, 2007), des travaux récemment publiés soulignent la place primordiale qu’occupent les candidatures spontanées (Garner, Lutinier, 2006 ; Marchal, Rieucau, 2006 ; Bessy, Marchal, 2007). Il s’agit en effet du premier canal de recrutement en France, que l’on interroge les salariés embauchés depuis peu (enquête Emploi) ou les entreprises qui les ont recrutés (enquête Offre d’emploi et recrutement-Ofer). […] Le tableau indique également que les titulaires du brevet d’études professionnelles (BEP) et du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) ont plus de chance d’avoir été recrutés par candidature spontanée que les non diplômés et ceux qui ont fait des études supérieures. Ces derniers peuvent recourir à des canaux plus élitistes, comme les annonces d’offres d’emploi ou les cabinets de recrutement, qui sont aussi plus onéreux pour les entreprises. Ce n’est pas le cas des personnes dépourvues de diplômes, qui maîtrisent plus difficilement les codes de présentation de soi par écrit et ne peuvent compter que sur leurs relations pour être embauchées. Ces résultats sont cohérents avec ce que l’on observe en matière de catégories socioprofessionnelles : aux deux extrémités de l’échelle (cadres et ouvriers non qualifiés), la probabilité d’obtenir un emploi par candidature spontanée est moindre que lorsque l’on appartient à la catégorie des employés.

Source : C. BESSY, E. MARCHAL, G. RIEUCAU, « L’importance des candidatures spontanées en France », Connaissance de l’emploi, n°47, Centre d’étude de l’emploi, Noisy-Le-Grand, Octobre 2007.

Questions :

  1. Quelles sont les différentes manières de trouver un emploi citées par les trois auteurs ?

  2. Tout le monde trouve-t-il un emploi de la même manière ?







Lycée Olympe de Gouges, Madame Nave-Bekhti

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