Séminaire "Changement organisationnel, Gestion des Ressources Humaines, Communautés de Pratiques", L





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Université de Compiègne

Séminaire "Changement organisationnel, Gestion des Ressources Humaines, Communautés de Pratiques", l

sous-thème de la journée du jeudi 23 janvier

Réseau, Connaissance, Communauté : que reste-t-il de la firme ?"
Document 1

Mon intervention portera sur

« Externalités, réseau, et coopération, quelle théorie de la firme ? » 
Elle suppose en cadrage initial le texte suivant ainsi que quelques tableaux annexes sur les externalités, sur la typologie des firmes qui sont adjointe (document 2).
« Capitalisme cognitif et nouvelles formes de codification du rapport salarial »1
Yann Moulier Boutang
Professeur des Universités en sciences économiques2

Isys-matisse

La crise de la régulation du rapport salarial se traduit par une remise en cause du modèle canonique du salariat (le contrat à durée déterminée) à travers l’incidence des formes particulières d’emploi d’une part, et d’une réduction sensible du montant et de la qualité des formes de protection sociale en amont et en aval de l’entreprise. L’érosion du statut du salariat canonique qui définissait les emplois expose près du quart (22% exactement) de la population active employée à une incertitude systématique. Parallèlement, un autre quart du salariat qui bénéficie lui d’un régime de salariat atténué ou affaibli (statut de la fonction publique, quasi garantie d’emploi à vie, régime plus favorable des retraites), voit sa situation se dégrader à son tour3.

Le système de protection sociale a été conçu dans ses mécanismes institutionnels après la seconde guerre mondiale pour un régime de plein emploi, d’une population active jeune et abondante, d’une salarisation à temps plein croissante. Il perd à la fois son caractère automatique et universel, ainsi que sa légitimité car il cesse de couvrir toutes les formes de travail4, en particulier les plus défavorisées, donc celles qui attendent protection de la loi plutôt que de la négociation d'un contrat.

Dans un contexte de retour à une croissance plus forte, des voix s’élèvent pour réclamer une régulation plus ferme de la part des pouvoirs publics du travail intérimaire, des CDD, des formes d’emploi des jeunes afin que soit mis fin à un contournement du code du travail.
Ce papier se propose de montrer que la transformation des relations de travail, et plus particulièrement du salariat n’est pas simplement à un contournement conjoncturel du code du travail auquel la reprise de la croissance pourrait mettre fin aisément. Cette transformation est étroitement liée à une modification radicale du capitalisme dont le débat sur la fin du travail constitue un symptôme et non l’ultima ratio. Cette nouvelle "Grande Transformation" marque le passage à un nouveau régime de capitalisme que nous appelons le "capitalisme cognitif"5Pour mesurer l’ampleur des mutations intervenues depuis les années 1970, on citera l'un de ses aspects le plus important, le passage spectaculaire d’une interpénétration « des relations de services » et des services informationnels et relationnels immatériels, avec la production matérielle. 6
La thèse défendue ici est que la transformation qui touche l’économie capitaliste et la production de la valeur est globale et marque la sortie du capitalisme industriel né avec la grande fabrique manchestérienne qui reposait essentiellement sur le travail matériel ouvrier de transformation de ressources matérielles. Pas plus que le capitalisme industriel n’avait rompu avec la substance du capitalisme marchand esclavagiste, le capitalisme « cognitif » qui s'annonce et qui produit et domestique le vivant à une échelle jamais vue, n’évacue le monde de la production industrielle matérielle : il le ré-agence, le réorganise, en modifie les centres nerveux. Il ne s’agit donc pas d'entonner vingt ans après Daniel Bell, l’éloge de l’ère post-industrielle ni de proclamer avec les chantres de la New Economy l'avènement d'une société pacifiée et sans crise7, mais de lister les principales transformations stratégiques qui sont déjà considérables séparément et qui surtout font système.

Le passage du capitalisme marchand esclavagiste agricole de l’économie monde (déjà largement industriel dans l’économie de plantation8 à une transformation effective (subsomption formelle puis réelle) de son centre, a été déterminant pour l’interrogation des physiocrates sur le Tableau global de l’économie, puis des théoriciens de la valeur travail de Smith à Marx. Aujourd’hui ne vivrait-on pas un passage de même ampleur ? et ne doit-on pas reconstruire le tableau de la production, de la création de valeur, les principes de la division du travail, les limites mêmes de l’entreprise, la définition de l’activité humaine pour comprendre les mutations du salariat en cours ?

On développera trois points, moins destinés à livrer des résultats que des questions et des pistes d’un programme de recherche.

I) Les caractéristiques de ce qu’on appellera par raccourci une « économie cognitive » ou le nouveau capitalisme.

II) Nous revisiterons les types de production à travers un schéma input output plus analytique qu’opérationnel à partir d'une hétérogénéité irréductible de quatre types de biens et services qui apparaissent dans l'économie de l'information et qui restructurent l'ensemble de la production de valeur.

III) Nous essaierons pour conclure de repérer les corollaires de ces transformations qui s'amorcent à la fois du côté du contrat de travail, du statut du salariat. Il va de soi qu'une telle nouvelle "grande transformation" (Polanyi), possède aussi de fortes implications dans la sphère financière et dans celle de la monnaie. Nous les laisserons de côté ici.

Caractéristiques de l’économie de production de valeur aujourd’hui.
Résumons à l'extrême ces éléments qui ont été largement explorés mais beaucoup plus rarement rapprochés les uns des autres.


  • L'économie se caractérise aujourd'hui par une virtualisation croissante et par la montée irrésistible du rôle de l'information9. L'immatériel a dépassé vers 1995, l'économie matérielle dans le montant de la formation de capital10. Le caractère dominant dorénavant des services n'est que la manifestation du déplacement du centre de la valorisation vers les processus cognitifs.

  • Le rôle désormais fondamental de la saisie de l'information, de son traitement, de son stockage sous forme numérisée dans la production de connaissance et dans la production tout court à partir de petits ordinateurs décentralisés (1986) de plus en plus puissants reliés entre eux par l'Internet (1995) et la Toile. Il s'agit de la révolution des NTIC, nouvelles technologies de l'information et de la communication. 11 Cette révolution a été comparée à la révolution des chemins de fer12;  elle est en fait plus profonde. L'innovation commencée par les NTIC qui couple la démocratisation très rapide des ordinateurs personnels (PC) à l'utilisation de moyens de transmission de l'information révolutionnaire dans leur débit dans leur coût ainsi qu'à leur mise en réseau mondiale est loin d'être épuisée.13 La mutation des NTIC n'est ni celle de Gutenberg ni celle des chemins de fer. L'utilisation des supports biologiques plutôt qu'électroniques repoussera dans la décennie qui vient les limites des mémoires et leur coût tandis que l'utilisation de nouveaux conducteurs comme l'électricité permettra à l'information d'emprunter des réseaux déjà existants et donc d'abaisser leur coût davantage encore. Les innovations en matière de biotechnologie, de science de la vie (inventaire du génome) sont relancées par les NTIC et les relancent à leur tour. C'est un phénomène qu'on n'a pas observé durant la première révolution industrielle, mais plutôt au moment de la Renaissance et de la révolution copernicienne. En ce sens on doit parler d'un nouveau paradigme ou modèle socio-technique. 14

  • Les perspectives de croissance des économies développées, mais également des pays émergents sont étroitement liées à une réorganisation de la production. La production de marchandises, matérielles au moyen d'autres marchandises matérielles, perd son caractère central et cède la place à la production de connaissance au moyen de connaissance. 15

  • Dans la croissance, l'innovation continuelle revêt un rôle fondamental et endogène. 16Cette innovation prend sa source privilégiée dans les processus cognitifs interactifs de coopération sociale, de codification à travers la numérisation des savoirs jusque-là tacites (Nonaka)17 et leur captation aussi bien par l'entreprise, que par le marché et la puissance publique. Le progrès technique n'est plus une caractéristique exogène, il prend la forme d'un "système socio-technique" (C. Freeman et C. Perez) caractérisé par les N.T.I.C. (nouvelles technologies de l'information et de la communication). 18 La connaissance et la science qui avait été incorporées dans la valorisation du capital industriel mais en demeurant distinctes deviennent le lieu hégémonique, la leading part du système19. C'est ce qui est nommé par le terme de Knowledge based economy, (économie reposant sur la connaissance). 20

      1. Le modèle smithien de division du travail qui s'était imposé avec le modèle de la manufacture d'épingles et qui avait été perfectionné par le taylorisme est invalidé sur trois plans. Sur celui de la spécialisation de l'activité : la réduction du travail complexe au travail simple ainsi que la division de l'exécution manuelle d'avec la conception intellectuelle conçue pour diminuer le temps d'apprentissage ne sont plus les facteurs déterminants de l'augmentation de la productivité. La taille du marché perd également de sa pertinence dans un univers de production de petite série et une "économie de variété" (R. Boyer) soumise à une forte incertitude de la demande. L'innovation enfin, lorsqu'il s'agit de la coordination de processus complexes, est freinée par la division taylorienne et smithienne du travail ; les gains de productivité ne résultent plus d'économies d'échelle pour pallier la loi des rendements marginaux décroissants. 21 Ces derniers ne constituent plus la loi d'airain de l'économie.

  1. Dans les formes de division du travail post-smithienne, que certaines recherches récentes nomment une nouvelle division cognitive du travail, on observe le rôle dominant des économies d'apprentissage dans les phénomènes de différenciation des marchés et de concurrence inter-capitalistique. 22 Les valeurs d'autonomie, d'intelligence (définie comme la faculté de donner une réponse satisfaisante à une modification de l'environnement ou du contexte non prévue ou programmée) deviennent les sources majeures de la valeur puisque l'incertitude, bien plus que le risque calculable, s'impose comme partie intégrante de la complexité.

  2. Dans l'économie politique du deuxième capitalisme ou capitalisme industriel, l'usine et la production représentaient le coeur du système auquel étaient assujettis les autres moments (la circulation, la consommation, la redistribution et la reproduction). La valorisation de l'argent comme capital était subordonnée au passage par la forme marchande M, représentée par l'échange monétaire de biens manufacturés chez Smith ou Ricardo, à la consommation productive de la force de travail dans le schéma marxien. Le capital financier lui-même demeurait soumis à la sphère industrielle, toutes ses tentatives de s'en affranchir débouchant sur la spéculation ou la crise (qu'elle soit fonctionnelle ou systémique). L'indépendentisation croissante de la sphère financière depuis la fin des trente glorieuses a été largement analysée23 et caractérisée comme un "régime d'accumulation à dominante financière ou patrimoniale". Deux idées nous semblent essentielles pour notre objet : d'une part, la valeur semble désormais capable d'émerger de la sphère de la circulation monétaire, d'autre part la sphère de la production industrielle et l'entreprise au sens traditionnel du terme perdent le monopole de la création de valeur. La distinction du travail directement et indirectement productif perd de son pouvoir analytique.

  3. Cet élargissement de la notion de production de valeur était déjà présent dans l'apparition des fonctions financières au coeur du fordisme qui seules sont capables de traiter l'incertitude et le risque, mais avec l'avènement de l'information numérisée et la capacité de traitement des NTIC, le bouleversement des séquences productives touche aussi bien l'amont que l'aval du moment de la production. La consommation devient une coproduction dans la production en flux tendus puisqu'elle permet de ne produire que ce que l'on a déjà vendu. Le marché précède la production qui doit s'y intégrer de plus en plus étroitement24. La consommation par le public et les usagers produit l'information nécessaire à la régulation en temps réels de la production matérielle. Ceux que la vieille économie politique nommait des outputs deviennent des inputs déterminants pour la réduction du risque de non-réalisation de la marchandise et la multiplication des boucles de feed backs généralise les phénomènes de réversibilité (production flexible), d'indivisibilités mais également d'instabilité des combinaisons .

  4. Le déclin des concepts de travail directement productif s'accompagne de la perte de pertinence des concepts de performance individuelle au sein de l'entreprise de l’entreprise, de la performance factorielle (problème de l’indicateur de productivité) et, partant d'une, globalisation de la performance étendue au territoire productif25, à l'ensemble de l'économie d'un pays donné26. La détermination des éléments d'efficace dans la performance d'une économie aussi bien à l'échelle microéconomique que macroéconomique, semble d'autant plus difficile que l'homogénéité des inputs n'est plus donnée. Il ne s'agit pas seulement de la question traditionnelle de l'irréductibilité du travail complexe au travail simple, mais de la pluralité irréductible de l'ensemble des inputs et de la dissolution des lignes de partages traditionnelles entre capital et travail. Ainsi R. Nelson et P. Romer sont-ils conduits à généraliser la distinction ternaire entre le hardware (matériel-machine), le software (logiciel) et le wetware27 (activité du cerveau) au lieu de la distinction binaire capital/travail. Cette distinction doit d'ailleurs être complétée par une quatrième dimension qui s'est imposée partout, celle des réseaux comme modèle productif. On rapprochera ce wetware de l’économie politique académique, de ce que j’avais essayé de définir28 ; L’idée essentielle est que la séparation entre les deux principaux inputs de toute production (si l’on accepte de ranger ensemble machines, matières premières comme de l’argent qui fait face au travail vivant, en suivant le Marx, des Grundrisse) n’est pas satisfaisante dans l’absolu et plus spécialement dans le capitalisme développé. Au stade de la subsomption réelle du travail sous le capital, l’activité du travail vivant figure-t-elle seulement l’énergie musculaire, la dépense de transformation matérielle (le travail simple) ? Cela paraît peu satisfaisant, car le travail abstrait marxien n’est pas un invariant biologique. Mais d’un autre côté, s’il est complexe le travail vivant ne devient-il pas réductible à des machines sophistiquées et à la science objectivée comme procès de travail ? La solution que je propose pour sortir de cette aporie (qui au passage commande l’explication de la genèse de la production de survaleur, malgré la dimension croissante de travail mort, c’est-à-dire de capital accumulé) est de scinder en deux le travail vivant et de supposer qu’à côté du travail vivant comme dépense énergétique qui sera partiellement consommée et cristallisée dans un nouveau machinisme dans le cycle suivant, il subsiste du travail vivant comme moyen de production tout au long du cycle ; autrement dit, il n’est pas détruit comme une consommation intermédiaire ; s'il est usé comme énergie, il se développe comme moyen de production de travail vivant comme travail vivant. Il se construit comme compétence, savoir qui résiste à sa réduction à du pur capital humain objectivable. On peut rapprocher cette idée de celle des savoirs idiosyncrasiques ou des savoirs implicites29 contextuels et non réductibles à des données binaires intervenant comme des intrants substituables .

  5. C’est ce que l’on retrouve dans les travaux tentant de construire un concept de valeur ajoutée directe où l’on distingue les consommations incorporées dans le flux de richesses et détruites comme moyen de production survivant à un cycle donné, des consommations non incorporées qui deviennent le capital vivant de l’entreprise (Barraux, 1997, p. 98), mais cette notion doit être étendue à d’autres grandes organisations (administrations publiques) mais aussi à un tissu industriel (districts) voir plus généralement à un territoire donné (en particulier l’urbain comme producteur d’externalités technopolitaines)30.

  6. Si l'on devait résumer le trait distinctif par excellence du troisième capitalisme, on devrait mettre au premier plan la montée irrésistible dans les modèles de coopération sociale et productive d'une quatrième composante, le netware ou réseau 31qui s'impose comme un tertium quid entre le marché et la hiérarchie. La société de réseau est rendue possible par l'informatique (la numérisation, la programmation, par la diffusion de l'ordinateur personnel et par la constitution de l'Internet). Elle bouleverse les conditions de l'échange de connaissance, de la production de l'innovation et partant les possibilités même de captation de valeur par les firmes.

  7. La quadruple combinaison du hardware, du software, du wetware et du netware, inputs absolument nécessaires pour la production de biens-connaissance implique un rôle central du travail comme activité vivante non consommée et non réduite à du travail mort dans le machinisme32 ainsi que l'importance des savoirs implicites ou contextuels irréductibles à du machinisme, à du capital humain standardisé et à la science objective comme expression du niveau de développement des forces productives de la société. Si la marchandise matérielle est remplacée de plus en plus par un bien information dont le référant est le langage et la production de signe33, le paradigme énergétique et entropique qui avait servi à qualifier la force de travail dans le capitalisme industriel comme un quantum d'énergie consommé et à reconstituer est de moins en moins apte à qualifier la nature de l'activité humaine mobilisée ainsi que celle de la coopération indispensable34. Si c'est l'activité vivante du cerveau et l'interconnexion des cerveaux qui s'avère la source majeure de valorisation, la séparation canonique de la force de travail d'avec la personne du travail et ses affects devient une fiction de moins en moins opérationnelle35, tout comme la séparation de la formation de l'apprentissage d'avec la consommation productive de l'activité36. En ce sens, le déclin des formes canoniques d'emploi salarié, ne relèvent pas des ajustements conjoncturels aux fluctuations de la croissance ou d'une simple adaptation structurelle à la production flexible, mais à une crise constitutionnelle du salariat.

  8. D'un point de vue macro-économique, l'âge du capitalisme cognitif se caractérise par une crise des instruments de comptabilité nationale, par une remise en cause de ce que la doctrine économique avait érigé en lois immuables. La généralisation des phénomènes d'indivisibilité, d'interaction ne permet plus à l'analyse économique de rejeter les externalités dans les marges du système capitaliste. Les externalités positives comme négatives constituent les conditions générales de fonctionnement de la croissance, de l'investissement, de la distribution des revenus37. L'exaspération de la "norme marchande" se produit dans une situation paradoxale : les prix de transferts sont incommensurables avec les prix de marché38 et les coûts de transactions sont infinis. La multiplicité et la complexité des interactions de chaque opération ayant des implications économiques génère des ondes d'effets positifs ou négatifs qui défient les systèmes de mesure marchands (que ces derniers reposent sur un temps de travail de plus en plus incohérent, sur l'utilité marginale, sur la rareté ou le besoin éprouvé par un individu isolé). L'évaluation des externalités devient à la fois indispensable pour une vision de l'économie réelle, mais en même temps, elle soulève des difficultés de plus en plus grandes dans le cadre de l'allocation marchande des biens et des services car le coût de transaction cognitif devient infini. Il y a donc deux motifs à une globalisation du calcul économique : l'extrême complexité des opérations et le coût prohibitif d'attribution d'un prix via les mécanismes du marché. Cette transformation explique que l'hypothèse des rendements croissants ou constants s'avère davantage plausible que celle des rendements décroissants pour rendre compte de l'innovation dans les firmes39, de l'appropriation innovante des nouvelles technologies40, des économies externes de réseau.




  1. La spécificité du bien information quant à son usage, son amortissement, son enrichissement, son caractère non exclusif soulève deux types de problèmes redoutables pour le paradigme actuel de l'économie politique qu'elle soit d'obédience néo-classique ou d'obédience critique. Le premier type de problème déjà discuté à propos de la "new economy" américaine41 est celui de la pertinence des lois globales de la théorie des prix s'agissant de biens connaissance dont la rareté n'est plus la caractéristique fondamentale et dont la nature se rapproche des biens publics42.Certaines caractéristiques des marchés de la net economy (en particulier le stockage d'information sur le consommateur à travers les cookies, le coût marginal quasiment nul de reproduction des biens connaissance et des biens informations) remettent en cause le principe de l'unicité des prix et du même coup les caractéristiques rééqulibrantes du marché.

  2. Le deuxième type de problème est lié à la nature et à la spécification des actifs susceptibles d'entrer dans l'échange marchand. La nature de plus en plus publique des biens connaissance remet en question leur possibilité d'être produit à travers le système marchand. D'autre part, la nature même, des innovations mises en œuvre par les nouvelles technologies de l'information et de la communication (comme la levée des obstacles à une reproduction et à stockage presque infinis des biens immatériels), rend très problématique la création même de droits de propriété exerçables sur les nouveaux biens. L'exécution des droits de propriété privée se heurte à des difficultés croissantes. C'est le problème des nouvelles clôtures illustré par les procès autour des droits d'auteurs sur les morceaux de musique téléchargés à partir de l'Internet43. La question de la brevétabilité des logiciels est un second exemple. La question de la marchandisation des biotechnologies un troisième.


Ainsi le double paradigme du marché et de la hiérarchie s'avère de plus en plus étroit pour penser la coordination des agents dans des systèmes complexes et vivant. Ce "basculement du monde", pour reprendre l'expression heureuse de Michel Beaud, comprend trois piliers essentiels : le pilier des NTIC, celui des biens connaissances, mais il faut y ajouter un troisième, celui de la production du vivant au moyen du vivant. 44

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