Cours de M. Daniel van Eeuwen, iep aix, année 2010-2011





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Analyse politique de l'Amérique latine et des Caraïbes
Cours de M. Daniel van Eeuwen, IEP Aix, année 2010-2011
LIRE LE DOCUMENT DE THE ECONOMIST POUR LE PARTIEL (+élections et latino barométro)
1ère Partie : Espace, Peuplement et Sociologie historique
Chapitre 1 : L'inscription de la politique des Etats Latino-Américains dans leur géographie
1. Diversité et unité des profils territoriaux
Le continent américain est entre Atlantique et Pacifique. Très longtemps, l'axe principal était l'Atlantique (colonis arrivaient sur les côtes...). La circulation des flux migratoires se sont faits par l'océan: importation des cultures (normes de droit, philosophie...) ont circulé par l'Atlantique.

L'une des grandes difficultés d'intégration des Amériques est la connexion est-ouest. Il ne faut pas non plus oublier que le Pacifique est l'autre espace de circulation des Amériques.

Il y a une immigration japonaise importante au Pérou. Ces immigrations existent depuis longtemps et nourrissent l'Amérique latine.

Il faut aussi considérer le problème des passages: l'Amérique latine a deux voies de passage transocéanique: le canal de Panama et le Cap Horn. Mais il y a également la voie maritime du Nord, par les pôles. Et au Sud, il y a l'Antarctique, sur lequel des pays comme l'Argentine et le Brésil ont des prétentions territoriales.
3 ensembles territoriaux: Amérique du Nord, Amérique du Sud et Amérique Centrale.
Tout d'abord, l'Amérique du Nord. Où s'arrête-t-elle? La question est celle du Mexique. Il est plutôt catholique, hispanophone. Les mexicains sont plutôt blancs (même si c'est un "blanc" très différent du blanc européen).

Le Sud commence au niveau de Panama, on sait où il commence, mais où finit le Nord? Les USA considèrent que leur frontière n'est pas au Mexique mais au Sud du Mexique.

Le Mexique commerce à 95% avec les USA, et le Sud des USA est en grande majorité mexicain, donc le Mexique est très proche des USA. C'est une sorte de relais entre les USA et l'Amérique Centrale.

Il y a également l'ALENA, accord de libre échange NORD-Américain (USA, Canada, Mexique). En même temps, les USA considèrent aussi que le Mexique est extérieur à leur territoire et l'immigration doit donc être contrôlée.

Selon ces différents facteurs, on peut être amené à penser que le Mexique fait partie de l'Amérique du Nord. Le Mexique est très vulnérable à l'économie américaine, en cas de récession aux USA, le Mexique sera nécessairement touché.
L'Amérique du Sud: 2 océans, la Sierra, Selva, le Venezuela, les 3 Guyanes (Guyane française, Guyane d'Inde, le Suriname -Guyane néerlandaise-), l'Equateur, le Pérou, le Chili... Quelle unité? Ils sont très différents. On parle de pays Andins car ils sont traversés par la Cordillère des Andes. Leur principal point commun est l'instabilité politique. Il n'y a pas une Amérique latine mais des Amériques latines. Il y a un marché commun autour de la Colombie et du Vénézuela, mais qui ne fonctionne pas bien car ces deux pays ont toujours commercé entre eux et n'ont pas besoin d'un marché commun. Il y a également un espace fermé, vers l'Atlantique: les Caraïbes.

Nombre de ces pays ont en commun un territoire amazonien. Il y a un pacte amazonien, comportant des objectifs sur l'exploitation ou sur le développement durable, mais qui ne sert pas à grand chose.
Il y a également les pays du cônes Sud: Paraguay, Uruguay, Argentine, Sud du Brésil (Etat du Rio Grande du Sud à population majoritairement blanche). Ce cône a une réalité dans la mesure où ces pays ont en commun le MERCOSUR (marché commun des pays du cône Sud, en espagnol).
Ces ensembles s'interpénètrent (ex: le Chili est un pays Andin mais également un pays du Cône Sud).

Il y a également les 3 Guyanes: la Guyane française, frontière au Nord avec le Suriname. Au Nord il y a l'ancienne Guyane britannique. Population noire. Les Guyanes sont tournées vers les Caraïbes. Elles appartiennent à l'Amérique du Sud.
Ensuite il y a le mileu, la "mezzo Amérique" selon certains géographes. Il y a 7 pays et surtout 5: Guatemala, Handuras, El Salvador (seul pays de l'Amérique Centrale sans façade sur l'Atlantique), Nicaragua, Costa Rica, Belize (ancien territoire britannique, indépendant depuis 1981. Pays très tourné vers les Caraïbes), Panama (jusqu'en 1903, c'était un territoire Colombien, que les Américains ont détaché quand ils ont voulu creuser le Canal. Les Panaméens ne se considèrent pas centre-américains, mais panaméens seulement).
Prolongeant cet espace, il y a un ensemble d'îles qui va du Sud des USA jusqu'à Cuba. Des îles ayant des statuts très différents: Cuba, Jamaïque, des territoires français (Antilles, Saint-Martin)

Les Antilles Néerlandais: Curacao ("status apparte": statut appart). Ile de Sabat, Saint Eustache.

Puerto Rico: territoire neutre rattaché aux USA, qui a un statut de territoire libre associé. La question d'en faire un Etat américain est souvent posée, mais les USA ne veulent pas, et les habitants de Puerto Rico bénéficient d'avantages fiscaux auxquels il faudrait qu'ils renoncent s'ils étaient définitivement rattachés aux USA.
Cuba: 11 millions d'habitants, régime des deux frères Castro depuis 1959 (Fidèle puis Raoul). Alors que le règne des Castro s'approche de sa fin, la question est de savoir ce qu'il se passera après, au niveau de la transition politique (prise de pouvoir de l'armée? Retour en force des USA?...). Avenir politique incertain. Grande île qui a des ressources, bien que mal gérées (pétrole off shore, high tech au niveau des vaccins et de la médecine...).
Faut-il dire la ou les Caraïbes? C'est un ensemble insulaire d'îles à sucre, de pays colonisés par les puissances européennes, qui ont importé du colonisateur (la traite et l'esclavage ont importé des populations noires, les populations sont d'abord arrivées dan les ports). Il y a de nombreux facteurs d'hétérogénéité: pas la même population, pas la même religion, concurrence entre les économies parce qu'elles sont semblables et non complémentaires, etc... Il n'est pas illégitime de dire LA Caraïbe, mais en réalité il y a plus d'hétérogénéité que d'homogénéité.

On dit souvent l'Amérique (latine) et les Caraïbes.
2. Le tropisme atlantique
Les populations sont arrivées de l'Atlantique dans les ports.

Flux commerciaux. Les échanges ont eu essentiellement lieu dans cette façade maritime d'abord (c'est pourquoi on parle de tropisme).

Ce tropisme sera déplacé vers le XXè siècle (construction de voies au Brésil=>ouest=>Pacifique).
3. Les grands ensembles régionaux
Non traité en cours.
Chapitre 2 : Etapes, caractéristiques et conséquences du peuplement
1. Grands foyers de peuplement/ Métropolisation
-les premiers peuplements: incertitude de peuplement arrivé par le Pacifique Sud dans les Amériques. Colonisation. Les conquérants étaient des hommes, qui se sont donc mélangés avec les indiennes. Il y a d'abord eu une mise en servage des populations, qu'on a fait travailler dans les mines. Exploitation des grands domaines agricoles. La sienda va structurer tout le système social.

Les conquérants arrivant, il va y avoir des massacres (pas d'extermination), les populations indiennes vont fondre de moitié ou 3/4 suivant les régions (mais pas par les massacres, par le travail forcé, les suicides...). Les indiens attrapent des maladies d'européens contre lesquelles ils ne sont pas immunisés. La définition de la population indienne est une question antropologique: jusqu'où est-on indien? Les indiens sont des communautés villageoises, rurales, parlant des langues différentes, portant parfois des costumes traditionnels. Mariages endogames. Religion: culte du maïs dans certaines populations.

Dans les villes, les indiens sont tout de suite repérable, y compris par leurs semblables des campagnes: ils perdent le costume traditionnel, perdent leur langue. Migration par étape: les fils aïnés remplacent leur père, qui retournent dans leur région. Ce sont des indiens déculturés et aculturés (métisses). Donc dans les décomptes des indiens, la tâche n'est pas facile car ils ne forment plus une homogénéité. 40 ou 50 millions. Depuis les années 90, il y a un réveil indien qui a permis aux indiens de se faire entendre. Mais les massacres continuent. Dans les Caraïbes, les indiens ont complètement disparu.

Les grands doyens de peuplement indien sont le haut plateau du Mexique, l'Amérique centrale (notamment les mayas, jusqu'au sud de l'Amérique centrale. En Amérique du sud, il y a l'Empire Inca, qui va s'étendre jusqu'à la Colombie et au Chili. Les indiens amazoniens sont peut-être d'une origine différente, arrivés par le Pacifique sud. Le tourisme menace ces populations, qui les transforme en un zoo (les guides disant par exemple d'emporter des bonbons pour les indigènes comme on jetterait des cacahuètes à des singes).
-les conquérants arrivent par la mer: Pérou, Mexique... C'est la rencontre de deux mondes. Ils ne vont pas prendre grand chose des indiens si ce n'est les femmes. Le rapport de force est donc très inégal. Ils vont asservir les populations locales (pas esclavage, mais travail forcé).
En 1650, 150 après la conquête, on ne compte plus que 12 millions d'habitants en Amérique latine. En 1810, un géographe parle de 8 millions d'habitants. La conquête est donc une catastrophe démocratique: la "destruction des Indes". Indiens caraïbes, indiens arawacs... sont complètement anéantis. En 1519, 25 millions d'indiens au Mexique: en 1605, il n'en reste plus qu'un. Dans la Cordillère des Andes, en 30 ans, la population diminue de 80%. Traumatisme de la conquête. Catastrophe démographie, mais aussi acculturation et transfert de population. Tout ceci est un réel traumatisme pour les indiens. C'est un monde découvert, certes, mais aussi conquis. On épuise les sols. Il n'y a pas de peuplement stable en Amérique latine, ce qui "humanise" le paysage. Modèle agro-exportateur.
A partir du début du XVIIIe siècle va commencer la traite des Africains (9 à 10 millions). Il en arrive 6,5 millions en Amérique latine. Ils sont déplacés dans les zones où il y a peu d'indiens: les terres basses, les mines des côtes chaudes, les lieux où il y a de la canne à sucre... Cuba également. Haïti est la première république noire: 90% de noirs dès 1804. On met fin à la traite au début du XIXè siècle, sauf au Brésil où ce n'est qu'en 1850; l'esclavage n'est aboli au Brésil qu'en 1888.
2. Flux migratoires internes/ externes dans les Amériques
Immigration européenne massive: environ 3 millions de blancs en 1810. Immigration fin du XIXè: ex: population d'Argentine s'élève à environ 1,7 millions vers 1870. La population dépasse les 5 millions après la vague d'immigration de 1880 jusqu'en 1930. Jusqu'en 1914, la population Argentine doublait tous les 20 ans. Les européens représentaient 30% de la population, avec une majorité d'Italiens et d'Espagnol. Ce flux va chuter avec la crise des années 30. Entre 1884 et 1939, le Brésil va recevoir 4,2 millions d'Européens, toujours beaucoup d'Italiens et d'Espagnols. On y trouve également des Allemands (Santa Catarina, par exemple, est une ville essentiellement allemande). Au Vénézuela, 1 million d'immigrants arrivent.

L'autre vague d'immigration sera indienne, chinoise (dense sur la côte Pacifique: Pérou...) et japonaise (Pérou, Brésil...). L'immigration va très vite connaître des positions de pouvoir politique, par l'éducation et l'éducation supérieure (ils deviennent hauts fonctionnaires, ministres...).

Il y a également une immigration qui vient d'Europe Orientale (Syrie, Liban... qui viennent de l'Empire Ottoman). Ceux-là ont occupé des positions de pouvoir significative: premier ministre jamaïcain...
Les foyers de peuplement: l'urbanisation va être précoce et importante: 3/4 de population urbaine. Le taux de métropolisation était le double de celui de l'Asie, le triple de celui de l'Afrique... Avec de très fortes disparités cependant. Peuplements qui s'étendent parfois jusqu'à 500 km2.
L'Amérique latine représente 1/10 de la population mondiale: environ 600 millions (200 millions au Brésil, Amérique centrale 75 millions, pareil pour les Caraïbes....). Les indiens représentent environ 8%.
Il y a un certain nombre des plus grandes villes du monde en Amérique latine: Mexico (en 2000, environ 25 millions pour le grand Mexico), San Paolo (25 millions), Rio de Janeiro (15-20 millions), Buenos Aires (13-14-15 millions).
En 2020, les projections des USA sont de 42 millions de noirs et 54 à 55 millions d'hispaniques. Et d'ici 2050, les minorités devraient représenter plus de la moitié de la population!
3. Une région polyculturelle entre indianité, Occident et africanité
On parle de nations latines, invention de Napoléon III pour justifier l'intervention de la France au Mexique.

Une Amérique indienne (à l'origine), hibérique, africaine (moitié de la population du Brésil), il faudrait donc parler d'une Amérique indo-hibéro-africaine pour rendre compte de la réalité culturelle. Ces trois racines sont le fondement identitaire pour certains pays, d'autres vont en privilégier une particulière: par exemple, en Bolivie, Hugo Moralès voudrait mettre les blancs dehors et retourner à la culture indienne.

Depuis les années 30 et la naissance de l'APRA, le Pérou revendique l'identité indienne en faisant référence à l'âge d'or inca. Revendication de fonder un projet politique sur des valeurs indiennes. Dans les années 60, cela va continuer.
L'Occident: tout est importé: la philosophie de Saint Thomas d'Acquain, les religions, les Lumières au XVIIIè/XIXè siècles, le drapeau brésilien adopte la devise d'Auguste Comte, des élites sont complètement anglophiles... Tout est importé et hybridé (adapté à la société latino).
L'Africanité: importation des religions (vaudou...) hybridées également...
=> L'Amérique latine est un continent métisse.


Chapitre 3 : Les déterminants historiques des relations sociales
1. Les conséquences socio-politiques du passé agraire
Ces sociétés sont marquées même aujourd'hui par une société rurale importante, un pourcentage élevé de la production agricole dans les exportations, et la prépondérence de la propriété.
Il y a une dispersion du peuplement : dans les pays andins par exemple, qui sont aussi des pays indiens, les sociétés sont essentiellement rurales (Bolivie, Salvator, Parguay...). Même dans des pays avec une urbanisation galopante comme le Brésil, il y a des populations rurales importantes. Ce sont des zones de moindre développement par rapport au reste de l'Amérique latine.
Importance de la richesse agricole, qui est un enjeu politique. La part de l'agriculture dans les exportations ne baisse pas. Le café en Colombie représentatit 70% des exportations à la fin du XXè siècle. Les bananes représentaient 80% des exportations de l'Equateur. Les producteurs de ces biens ont évidemment une influence sur les grandes orientations de la vie nationale. Dans les sociétés coloniales, ils ont imposé leur marque dans l'agro-exportation (cad l'exportation tout simplement...).
Concentration des propriétés foncières, dûe à la colonisation : avant, on avait en haut des terres qui étaient de propriété d'Etat, et en bas une organisation communautaire ("ayllu" chez les incas....), dans laquelle il y a un usufruit des familles, les parcelles étant à tout le monde.
Avec l'arrivée des conquistadors vont se mettre en place de nouveaux systèmes coloniaux. Beaucoup d'entre eux ont fui l'Espagne pour ne pas être contraints de travailler la terre, alors ils viennent en Amérique latine pour s'enrichir et gagner puissance et prestige. Ces conquérants n'ont jamais conçu les colonies comme des colonies de peuplement (des colonies à peupler). Ils étaient influencés par l'esprit féodal : en s'appropriant les terres, on s'approprie les gens qui sont dessus. Le prestige gagné leur permettant ensuite de retourner dans leur pays et d'obtenir des postes importants par la couronne par exemple.

Les terres, quand elles étaient communautaires, étaient très étendues puisqu'il n'y avait pas de parcellement dû à une appropriation. Après la conquête, certaines de ces terres vont être distribués par la couronne, mais le plus souvent, c'est en détournant l'institution de "l'encomienda" : les conquérants se voient chargés par la couronne d'une responsabilité administrative (levée de l'impôt...) et religieuse. Les encomiende (les conquérants titulaires de l'encomienda) vont envoyer les populations aux mines, les astraignant au travail forcé. La couronne demande de sauvegarder les terrains communautaires, les indigènes vont donc travailler de façon contrainte sur ces terres et paient l'impôt.
De cela découle un certain nombre de rapports sociaux : le travail de la terre est associé à un aspect servile, même après l'abolition de l'esclavage. Confusion féodale entre les tâches administratives et les intérêts privés : les conquérants vont devenir une sorte de seigneur avec un fief, ce qui va influencer les configurations sociétales : prégnance des relations interpersonnelles et distance sociale. Dans les pays andins, tout ceci est resté dans les mentalités : le patron, l'homme blanc, incarne l'autorité, et ceux sur qui il exerce cette autorité ont intériorisé leur infériorité : on y appelle le patron "don" (cf dominus) ou "votre grâce"...

Au moment de l'indépendance, les colonies sont émancipées politiquement, et les locaux vont prendre le pouvoir, mais ce sont les locaux qui avaient déjà le pouvoir : ils vont garder le pouvoir pour eux et vont parfois s'affronter aux masses indiennes ou métisses. Au nom de l'égalité des citoyens et du libéralisme, on va parcéliser les terres communautaires, qui vont être à vendre. On va également séculariser les biens de l'Eglise, ce qui va permettre une nouvelle appropriation, les seigneurs locaux en profitant pour étendre encore leurs biens. Ce mouvement d'expropriation, c'était l'esprit de modernisation. Comme on dépossède les paysans de leur moyen de subsistance (leur terre), ils vont devoir se faire engager ailleurs, ce qui va encore diminuer le prix de la main d'oeuvre.

Tout ceci s'accompagne d'une campagne de pacification et d'extermination pour récupérer les terres, notamment dans le cas de résistance lors d'expropriation (idée de Cluster : "un bon indien est un indien mort").

La conquête domaniale a donc continué même après les indépendances, pendant tout le XXè siècle. La Colombie, par exemple, a été marquée par une période que l'on a appelé "la violencia". Des gens se sont installés sur des terres inoccupées, puis lors de la mécanisation, on a eu besoin de nouvelles terres, donc on a continué à exproprié. Il y a des conflits de la terre un peu partout : rareté de la terre disponible, ligues agraires pour défendre les précaristes (aidées par l'Eglise...).
Il y a une solution : c'est de transformer le statut de la terre (réformes agraires) : il y des terres accaparées mais non cultivées, alors que de nombreux paysans sont sans terre. Il y a eu des tentatives de réformes agraires consistant en distribuant des terres d'Etat, ou encore des expropriation agraire comme à Cuba avec ou sans indemnisation. Le Nicaragua avait trouvé un système mixte : on laissait la propriété des terres, mais on a développé un vaste mouvement de coopératives.

L'appropriation de l'espace n'est pas socialement neutre, elle va de paire avec une dépossession des dominés. Quand on est entré dans une économie capitaliste à la fin du XIXè (culture extensive et mobile de rentabilité), les mêmes moyens ont été employés (domination sociale...).
2. Le "système de l'hacienda", institution sociale et politique
C'est le nom donné au système de domination et d'exploitation des terrains agricoles ci-dessus mentionné.

Il s'agit moins d'une entreprise que d'une institution sociale et politique. Ce système se trouve dans les zones andines, en Amérique centrale, et tire davantage sa richesses des hommes que de la terre.

L'esprit de domination est au coeur de ce système, qui se reproduit d'abord parce que l'esprit de domination se perpétue, et non pas dans lune logique de rendement. Il y a parfois un paternalisme, mais qui se limite parfois au patronage. Les travailleurs peuvent s'endetter auprès du patron sur plusieurs générations.

L'hacienda est lié à un mode de production.

C'est l'isolement de l'hacienda qui renforce le pouvoir du patron : pour sortir à l'extérieur, c'est le patron qui contrôle les moyens de transport, les loisirs sont organisés par le patron, etc... Il n'y a pratiquement aucun moyen de monter une action collective pour les travailleurs : le seul moyen de s'en sortir est la violence.

Il ne reste sinon que la fuite vers la ville : la modernisation des campagnes réduit la main d'oeuvre nécessaire. Les parcelles qui avaient été distribuées par le grand propriétaire sont récupérées.

Configuration hiérarchique latifundio se retrouve aussi dans des sociétés qui ne sont pas latifundiennes : c'est un phénomène assez fréquent au XXè siècle.
3. L'héritage du "patronage"/ sociétés holistes et clientélisme
Le système de l'hacienda a imprégné un tissu social particulièrement rigide. Comme on est dans une société hiérarchique, on est dans une situation d'assymétrie paersonnalisée : échange réciproque : un patron distribue des avantages et des ressources rares, contre quoi il reçoit allégeance et clientèlisme de ceux qui sont en-dessous de lui, ce qui va lui donner un prestige qu'il pourra utiliser pour ceux qui sont au-dessus de lui (système hiérarchisé patron/clients). Les attentes de protection des puissants surdéterminent les rapports sociaux : on attend pas une place sociale ou une reconnaissance que l'on pourrait attendre des démocraties, mais on attend la protection du puissant : société holiste où ce qui compte c'est l'individu situé, cad la personne : sa place dans la société va déterminer ses droits.

La structuration étatique étant assez faible, l'Etat ne parvient pas à supprimer ce système de clientélisme. En revanche, l'Etat va lui-même devenir patron : il distribue des avantages. Un mouvement social dans une entreprise ne va pas s'adresser au patron : les syndicats vont s'adresser à leurs dirigeants, qui vont eux-mêmes s'adresser à l'Etat pour obtenir des avantages qui retomberont sur les syndiqués.
Importance du pouvoir privé. Après les indépendances du XIXè, l'Etat est fragile. On va donc observer la poursuite du pouvoir économique, social, toujours aux mains des mêmes, et la verticalité des rapports sociaux (patronage, clientélisme...) qui se perpétuent. Incertitude du statut, rareté d'un bien (rareté de l'eau, de la terre, du crédit...), cèlent le système de l'hacienda, qui est un raiseau de faveur. Sorte de politique de la rareté : chque individu favorisé est éternel débiteur, captif, même si chacun essaie de tirer de cet échange un profit (échange réciproque).
C'est un système qui a trouvé naissance dans les campagnes, mais il n'a absolument pas disparu avec l'extension des villes, car on le retrouve également dans ces villes, les individus y recherchant une sécurité d'accè à un logement, au transport, à un travail...

Prépondérence du pouvoir privé, avec tendance à la patrimonalisation.
Chapitre 4 : Les rapports de domiantion dans les sociétés post-coloniales
1. Permanence du colonialisme interne
On observe la permanence du colonialisme interne, notamment à l'égard des indiens.

Il y a eu cependant quelques mouvements de protection des indiens, ou de prise en compte de ceux-ci : mise en valeur de l'Amazonie au Brésil : la FUNAI (fondation nationale d'aide aux indiens) dont le but était de protéger les indiens de l'assimilation.

Dans les pays andins, le racisme vis-à-vis des indiens reste très présent.

Le réveil indien se fait dans les années 1970 : apparition d'organisations, dont la plus importante est la CONAI (confédération des nations indiennes d'Equateur), organisation capable de complètement bloquer la capitale, donc leur voix est entendue.

Menchu, indienne qui a eu le prix nobel de la paix, a fait 3% lorsqu'elle a participé à des élections : le vote indien n'est pas du tout homogène. La meilleure solution est de rentrer dans un parti important et d'essayer de faire avancer la question indienne (ou de voter pour un parti que l'on croit pouvoir défendre la question indienne).

1972 : procès dans lequel des métisses ont assassinés 11 indiens. Ils ont affirmé ne pas comprendre de quoi où on les accusait, car considérant les indiens comme des animaux nuisibles, ils croyaient avoir le droit de les tuer. Ils ont été acquités... (après quoi il y a eu appel, etc).

L'indien est exploité comme producteur, comme cultivateur, et il appartient à un groupe social isolé et dépossédé.

"La situation de l'indien est la forme que prend l'aliénation absolue dans les pays latino-américains"

Les métisses aspirent à rentrer dans la classes des blancs, ils travaillent pour des blancs, et ce sont eux qui veulent tirer vers le bas les indiens.
Les mouvements sociaux en Amérique Latine :
Ils sont vastes et diverses mais constituent au final une certaine unité.
I Une diversité mais une vitalité de ces mvts ( fin années 60 début 90’s)
Ces mvts se constituent dans le cadre de revendications sociales, d’un réveil indien un réveil des sans terre au Brésil.

La transition démocratique facilite l’exp des demandes et émergence de nvx mvts sociaux d’autres facteurs : chgmt du modèle de dvtp, une modernisation du monde agri donc exode, une crise éco avec chômage, inflation et ap 1968 la Conférence des évêques latinos américains et l’option pour l’église catholique.

Les zones rurales

La question agraire et le réveil amérindien.

Ap 70’s question de la modernisation agri, exode rural qui n’améliore pas la situation des agriculteurs.

Nb des familles sans terre 15000. Question de la répartition de la terre reste centrale.

Les pb de la reforme agraire illustre l’archaïsme des rapports sociaux.

En 2003 57% de la surface rurale répertorie était divise entre 3.5% des propriétaires terriens.

Les conflits se dvpe, mvt des sans-terre née dans le giron de l ;église mais va s’en distancier puis se radicaliser. Il organise des marches et invasion de propriété. Parfois violents affrontements.

Ce mvt gd espoir avec arrivée de Lula mais peu de retombées.
Cette question de la terre fait aussi naitre les mvts indiens. Dans 70’s 80’s la question indienne devient imp. Des variations selon les pays et les mvts, mais ce mvts vont naitre au sein de luttes sociales sur les questions de la terre. On introduit des revendications de type culturel ou identitaire.

Cas de l’Equateur : cas spectaculaire du réveil indien. Mai juin 90 les indiens parviennent a mobiliser le pays et a la bloquer. Pour la question de la redistribution des terres.

Affirmation du mvt indien au niveau national. Droit a participer en tant qu’indien a la vie nationale.

Ce mvt s’institutionnalise et devient le plus imp du pays.

L’élection de 2002 va l’élection de ministres issus de ce mvt. Julie Massal : les mvt indien ont une influence notable dans le processus de démocratisation équatorien. Revendication e droits économiques, sociaux et économiques et contre les inégalités croissantes. La figure de l ;indien affecte la pauvreté qui joue pour bcp d’indiens. Un repli identitaire au lieu de prise de participation aux prises de décision. Pris en compte des indiens dans la question politique : décentralisation du pouvoir local, démocratisation, participation des populations civiles.

90’s les pays andins adoptent de nvelles const en reconnaissant le caractère multiculturel de leur nation.

Si les élites indiennes ont un accès réel au débat pol, mais toutes les min indienne n’ont pas les mêmes droits et reconnaissance. Une indianisation d’un mvt social.
Au Mexique la question indienne revient dans les 90’s pour l’anniversaire en 1992. Le soulèvement de l’armée en 94 ( Marcos) donne une importance sur la scene internationale au mvt. Il lance l’occupation des principales villes. La population demande l’arrêts des combats, le mvt se lance dans de nb négociations… Les dimensions ethniques et pol sont inextricables. Revendication : sante, éducation, paix, démocratie….

Des rencontres en 96 pour l’humanité et contre le néo-libéralisme. Ce mvt s’intéresse autant a la cause indienne qu’au mvt démocratique. Le mvt zapatiste, va participer et poser les premières pierres du mvt altermondialiste ( Seattle en 99).
Cette question du réveil indien est au cœur des pb sociaux dans 80’s 90’s. Nb ONG apportent leur soutient a la cause indienne sur le terrain. Cela pousse l’Etat a reformuler sa vision de l’Indien.

Des constitution sont amendées et reconnaissent la place de l’indien dans une nation multiculturelle.

Cette entrée en politique donne une nouvelle visibilité a la question indienne, même si elle est liée a d’autres questions : démocratie, distribution du pouvoir.
Les mvts sociaux urbains, des classes populaires et classes moyennes
Ces revendications ont lieu aussi dans les milieux urbains.

2 mvts sociaux organisés au sein des mileux pop.

Réseaux associatifs

Font débats pour les chercheurs. Peuvent-ils vraiment apparaitre comme des mvts sociaux ?

Cette organisation a une vraie imp pour le futur des mvts populaires en Am lat.

70’s un fort exode rural une forte augmentation du chômage une augmentation du travail informel. Les syndicats ont perdu de leur puissance et l’ent d’apparait plus comme un lieu de socialisation pour les pop les plus pauvres. LE quartier devient un lieu fort de socialisation. Dvpt de stratégies de lutte pour la survie avec aide de prêtre proche de la théologie de la libération.

Avec e soutient de ces prêtres, les pauvres mettent en place des réseaux associatifs pour résoudre des pb urgents. Ils s’organisent autour de la question de l’invasion de terres légalisation des terres occupées et accès aux fonctions publiques.

Des mvts s‘organisent, des protestations contre la vie chère, des volontés d’accès aux choses hospitaliers.

Les populations se mobilisent pour la mise ne place des transports urbains. Le mvt dans ces quartiers reposent sur une politisation de besoin concrets et immédiats. Cela se traduit aussi par le fait que qd la réponse est trouvée le mvt se défait. Il n’y a pas une réelle continuité. On perd la capacité contestataire.
Mvts de Piqueteros en Argentine :

La crise de 2001 s’achève avec la chute du gvnt de Fernando de la Rura ???? Cette crise argentine s’achève par la chute du gvnt et révolte populaire de 2001. Les manifestations menées au rythme des battements des casseroles. Qu’ils s’en aillent tous et mvt des Piquetreros. Mvt dont les protagonistes sont des personnes les plus pauvres de la ville. Ils coupent les principales routes, autoroutes et voix du pays.

Caractère novateur de ce mvt mais s’inscrit dans une continuité. Les catégories mobilisées sont celles d’il y a 30 ans mobilisées en réponse a la crise sociale. IL apparait comme une revendication contre l’occupation illégale des terres. Si les premiers Piquette sont dans des petits villages c’est dans les quartiers pauvres qu’ils s’organisent. Il traduise le malaise social au moment de la crise financière.

Les populations laissées sur le chemin.
On voit apparaitre un lien avec le mvt social associatif des 70’s et le mvt Piquetero en Argentine. Le mvt P compte sur un travail de recomposition sociale communautaire. IL est un acteur pleinement constitue. Il est catapulte au centre de la scène politico sociales. Dvpe des liens avec les autres structures sociales.

Le mvt P sera victime d’un travail de delegitimation a partir de l’arrivée du Président Kirchner.

Ce travail de légitimation fait voir que l’on désire un retour a la vie constitutionnelle.
La question du mvt social populaire met en évidence la difficulté du mvt social à perdurer.

Difference entre le mvt social populaire et le mvt social de classe moyenne
Mvts de classe populaires sont plus dépendants des classes populaires que ceux des classe moyennes qui peuvent s’autonomiser.

Ne pas opposer de manière trop simpliste ces deux mvts. Genre ceux dans la rue sont des classes populaires et les classes moyennes référence aux partis politiques et aux syndicats.

Les classes moyennes et hautes un facteur majeur pour les demandes institutionnelles et représentation politique. Ap 1982 avec la crise de la dette et inflation record, puis les Pol d’ajustement structurel, la hausse du chômage stagnation du pouvoir d’achat, un sentiment de frustration se dvpe en Am Lat. cette frustration se traduit svt par des mobilisations sociales imp ( ex en 2001) et se traduit par une défiance de ces classe moyennes vis-à-vis de la classe pol traditionnelles vis-à-vis des partis pol traditionnels qui sont incapables de répondre a leur attentes.

Néo-libéralisme est le nvel ennemi, privatisation des ent publiques… donne place a des mobilisation imp. Ex du Costa Rica, au XX peu de mobilisation sociale mais pourtant ap 90’s avec privatisation de la gd ent pub d’électricité et communication de mvts sociaux se dvpe. Référendum en 2006 pour ou contre traite de libre échange apparait de nb mobilisation sans précédent dans ce petit pays.

Référence aux enseignants touches par ces plans structurels et sont l’avant garde en Am lat.

Violente émeutes en 95-96 sur la réduction de salaire et non paiement de salaire sont l’objet de revendication sociale.

Event de la Raca commence avec des revendications annuelles des enseignants.
Se dvpe aussi d’autres mvts qui mettent le point sur d’autres pb : les droits de l’homme (Colombie) , mvt féministe( parité ,droit reproductif)/

Avec la vague de transition démocratique, la question des droits de l’homme fait son apparition dans les mobilisations. Ex en Uruguay, 50000 personnes manifestent pour la vérité pour la mémoire pour ne plus avoir a manifester en silence contre la dictature et la violation des droits de l’homme.

En Colombie, les mobilisations pour la paix civiles élargissent le débat public dans le domaine des droits de l’homme. Dictature répressive et violent, des mobilisations continus par les défenseurs des droits de l’homme : les mères de la place de Mai. Ces mobilisations trouvent une réponse dans la réouverture des procès des responsables mil ap de 2005 ex au Chili, l’immunité de Pinochet.

Les modes d’action des ces défenseurs des droits de l’homme de ce que l’on trouve dans les classe sociales.

Disposent de moyens pour s’insérer dans les réseaux internationaux, régionaux …
2006 au Mexique :

Mvt de dénonciation des soupçons de la fraude électorale. Nvx types de mobilisation qui ne sont pas le seul cas des classes moyennes. Mvt des Planctons. Demande d’élection sans fraude.
Une grande variété des mvts sociaux en Am lat en 70’s 90’s. Ceci accompagne l’évolution politique des ces pays.

Bilan de ces mvts sociaux : Depuis le milieu de 90’s une baisse de l’intensité des mobilisations.

Pas la fin des mvts sociaux mais une réelle baisse de l’intensité, mène des scientifiques a être désenchantés.
Lien entre le mvt social et la démocratie :
Malgré le désenchantement de certains intellectuels il ne faut pas nier les aspects positifs. Une vigueur des modes populaires d’action politique : mvt indien, populaire pour les droits de l'homme. Un investissement de l’espace public. Ceci permet d’alimenter le processus de délibération démocratique. Cela permet une amélioration de la démocratie par le bas, même si ce n ;était pas vraiment le but rechercher par ces mvts.

Points négatifs : la mise en place de ces gvnt représentatifs ne se traduisent pas par une démocratisation en profondeur de ces sociétés qui sont tj violentes et inégalitaires.

2elemenet, ces mobilisations créent des crise de gouvernabilité et crée des difficultés a reformer pour les gant. Certains gvnts reforment alors par décrets, par des pactes ou en déclarant l’état d’urgence. Cela va renforcer la défiance des latinos américains au près du pouvoir politique.

Question de la recomposition des mvts sociaux dans la fin des 90’s.

Des observateurs et intellectuels de gauche expriment leur désenchantement. Souligne les échecs, fragilité les limites du chgmt social. Bcp de mvt ce sont institutionnalises. Certains parlent d’une compromission des militants. L’institutionnalisation des mvt sociaux est svt interprété comme un échec.

Mais repenser cet échec des mvts sociaux en s’intéressant aux logiques de recomposition des mvts sociaux. Bcp de ces militants des mvts sociaux sont entre en politiques comme Lula. Ila milite dans la dictature et après, ou Evo Morales.

Outre ces militants issus de mvts pop et qui entre en pol, une partie des dirigeants associatifs réussissent a obtenir un place dans le professionnalisme. Ex la ville de Recife dirige par le mvt travailleur. Ceux des mvts associatifs sont nb dans l’administration de cette ville.

Analyse de Mexico, la ville est gvnee par un parti de gauche amène aux mêmes ccl.

Cela amène des pol municipales dite participatives. Ces institutionnalisations des mvts sociaux instituent une formalisation des mvts sociaux. Des espaces canalisent ces demandes.

Si cette autonomie des mvts sociaux a été éphémère elle a été du a un mvt spécifique.

70’s la gauche est presque inexistante et décrédibilise, donc les organisations s’organisent en dehors des mvts pol. Des demandes sociales qui a l’extérieur de partis non encore construits.

En 90’s le mvt institutionnalise de la demande sous la forme de partis politiques de gauche. Partis des travailleurs brésiliens, en Uruguay, le PAC au Costa Rica. La formation de Parti-mouvement qui permet a des mvts sociaux de passer au stade politique. L’action s’inscrit dans un continuum de ces réseaux sociaux.
2. Etats esclavagistes et "barrière de couleur"
L'esclavage au Brésil ne sera aboli qu'en mai 1888, donc plus tard que de nombreux pays. Il va rester un écart important dans les mentalités et les relations sociales.

Gilberto Freyre : "l'esclave noir était traité comme un animal et une machine". A partir du moment où l y avait une main d'oeuvre abondante (esclaves), cela a rallenti la révolution industrielle, le progrès technique étant freiné.

Dans le folklore brésilien, le noir descendant d'esclaves est méprisé : un blanc qui court est un athlète, un noir qui court est un voleur. "La place du noir est dans la cuisine"... Le Brésil se présente comme "la plus grande démocratie raciale du monde" : c'est un pays de mélanges des races importantes. Toute référence à l'esclavagisme est aujourd'hui tabou.

Il n'y a jamais eu d'appartheid. Un blanc et un noir sont égaux, sauf que le blanc est riche et le noir est pauvre. L'idéal pour un noir est le mariage avec un blanc, car c'est le seul moyen d'accéder à l'ascenseur social. Plus on est blanc, mieux c'est. La séparation de classes va redoubler la séparation de races.
Les noirs intègrent l'infériorité qui leur est prêtée par les blancs : lors des recensements, les populations auto-déclarent leur couleur. Le nombre de noirs auto-déclarés est de 7 millions, mais le nombre de bruns et de métisses auto-déclarés est passé de 9 millions à 46 millions.

Un ethnologue a relevé environ 300 termes pour désigner les différences du noir au blanc. La hiérarchie sociale s'identifie aux écarts économiques et aux écarts culturels. Tous les pauvres ne sont cependant pas noirs, donc la question est plus compliquée. Le Brésil est un des pays où les écarts de revenus sont les plus importants : grande proportion de pauvres très pauvres et faible proportions de riches très riches. Mais dans la grande majorité des cas, on peut identifier le pauvre à sa couleur de peau. Toutefois, plusieurs dizaines de millions de brésiliens ont accédé à la classe moyenne sous le mandat de Lula, donc un ascenseur social existe. Le moyen d'y parvenir, c'est l'éducation. Mais Il n'y a que 6 ou 7% de noirs à l'université. Lula a donc mis un système de discrimination positive et de quotas pour permettre à plus de noirs de rentrer à l'université. Cette politique a plus de chances de modifier les mentalités sur le ong terme que d'avoir un impact immédiat, ce qui explique que la situation n'évolue que lentement.

Le Brésil est un pays émergent, qui s'avance petit à petit vers le 5è rang mondial, le pays où il y a le plus de mulâtres. Le Brésil représente plus d'1/3 de la population d'Amérique latine entière, donc l'évolution de la situation et des mentalités y est très importante.
Cuba est un pays où les noirs représentent 20% de la population, beaucoup plus avec les mulâtres, mais la situation y est aussi paradoxale.

Fidel Castro remplace un dictateur, Batista (sous-officier), qui était entouré de sous-officiers qui sont des mulâtres. Fidel arrive avec des idées communistes et internationalistes, politique à gauche toute, donc la situation devrait évoluer vers le libéralisme, mais il n'y a pas de noir dans son gouvernement, ils restent là où ils étaient. Lorsque les ressources vont commencer à manquer, Fidel va se servir de l'internaitonal du PC pour ramener à lui les populations noires. Il s'en est donc servi. Il va par la suite prendre en compte les modes de vie des populations cubaines : par exemple, la santeria est un culte afro-américain que les cubains pratiquent en parallèle du christianisme, et que Fidel n'a pas censuré.
Haïti est une république noire à 95%. Les oppositions de classes tiennent à la couleur de peau. Un riche ne peut qu'avoir la peau claire, donc réputé clair même s'il est mulâtre. Duvallier a fait la théorie du noirisme. C'est un ethnologue et médecin qui va instaurer une dictature rédemptrice. La fin de la dictature de Duvallier a été marquée par la fin du soutien inconditionnel aux noirs. Par la suite, Jean-Bertrand-Aristide va également être un prêtre pauvre qui va défendre les noirs pauvres lorsqu'il sera au pouvoir. Cela va mal finir (traffic de drogues, etc). Depuis on est dans une situation d'entre deux. Haïti a toujours été matqué par une ethnicisation des relations politiques.
3. Métissage et "pigmentocratie"
L'Amérique latine est un continent de métissage, de mélange des sangs et des nations.
Le système colonial est un système de discrimination légale, un système de castes, sans mélange. Le mélange de sang était une honte. Les non-blancs avaient de nombreuses interdictions. Si ces discriminations ont été supprimées au moment de l'indépendance, on reste frappé par l'importance des problèmes des relations raciales.
Comme illustration, on peut prendre Bolivar, qui a fait beaucoup pour la liberté des noirs, mais dans ses lettres, notamment vers la fin de sa vie, il prophétise un grand conflit racial et surtout l'avénement d'un pouvoir brun, et il dit que c'est l'horreur absolu, une situation inacceptable. Il a fait beaucoup pour les indiens, mais il refuse donc l'idée d'un pouvoir métisse.
Conclusion :
Les différences ethniques renforcent donc les différences raciales. Les inégalités de revenus sont renforcées par les différences ethniques : les sociétés sont verticales, rigides, ce qui renforce l'inégalité des rapports dans un cercle vicieux.
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