Discours de M. le Préfet





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Seul le prononcé fait foi


Discours de M. le Préfet

Assemblée générale de l’association des Maires et Présidents d’EPCI d’Eure-et-Loir

Samedi 28 septembre 2013


Monsieur le Président de l’Association des Maires et Présidents d’EPCI d’Eure-et-Loir,

Madame et Messieurs les Députés,

Monsieur le Sénateur, Président du Conseil Général,

Messieurs les Sénateurs,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux,

Mesdames et Messieurs les Maires,

Mesdames et Messieurs les Présidents d’établissements publics de coopération intercommunale,

Mesdames et Messieurs les Sous-préfets, Directeurs et Chefs de Services,

Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Président, permettez-moi, tout d’abord, de vous remercier pour votre invitation. C’est avec grand plaisir que je participe pour la deuxième fois à votre assemblée générale. En cette fin de période de rentrée, elle constitue chaque année un des moments les plus importants de la vie publique départementale, témoignage du rôle crucial joué par votre association. Merci également à M. le maire de Châteaudun de nous accueillir aujourd’hui dans sa ville.
Comme vous pouvez le constater à la présence à mes côtés ce matin des membres du corps préfectoral et de nombreux chefs de service de l’Etat, j’attache une importance toute particulière à ce moment rare qui offre la possibilité à l’Etat d’aller à la rencontre de la quasi-totalité des élus euréliens, de mieux connaître leurs attentes et leurs préoccupations et de faire connaître priorités et résultats des services de l’Etat.
Comme de tradition, je saisi également l’opportunité de cette assemblée générale pour vous rappeler certaines arrivées récentes à la tête des services de l’Etat :
- M. Jean-Paul VICAT, secrétaire général de la préfecture et à ce titre sous-préfet de l’arrondissement de Chartres, que beaucoup d’entre vous ont déjà eu l’occasion de rencontrer, a pris ses fonctions en avril dernier, succédant à M. Blaise GOURTAY, promu secrétaire général de la préfecture de Corse Sud ;
- Arrivant de la Préfecture de police à Paris, M. Frédéric ROSE, a rejoint l’équipe préfectorale début septembre en tant que sous-préfet de l’arrondissement de Dreux, en remplacement de M. Abdel-Kader GUERZA, promu dans l’arrondissement de Rambouillet ;
- M. Patrick MARCHAND a été nommé responsable de l'unité territoriale d’Eure-et-Loir de la DIRECCTE Centre en mars dernier ;
- Le Colonel FONTAINE, nouveau délégué militaire départemental a pris ses fonctions le 31 août dernier et était précédemment affecté au Commandement du soutien des forces aériennes de Bordeaux-Mérignac. Il nous fera tout à l’heure le plaisir de nous faire découvrir le beau et célèbre musée CANOPEE de la base aérienne de Châteaudun.
Je vous signale enfin l’arrivée de M. Laurent BOILLEE, nouveau directeur de la réglementation et des libertés publiques à la préfecture. Il sera, avec les sous-préfectures – j’y reviendrai – un acteur important de la préparation administrative avec les mairies des prochaines échéances électorales.
Comme vous m’y avez invité M. le président de l’Association des Maires, je voudrai me livrer devant vous à un tour d’horizon de l’actualité départementale.



  1. Emploi/Economie




    1. La situation de l’économie départementale


Comme à l’échelle nationale, la situation de l’économie départementale demeure fragile mais présente des signes encourageants.
L’INSEE a enregistré une progression du produit intérieur brut (PIB) français de +0,5% au deuxième trimestre 2013, soit le plus fort taux de croissance connu par notre pays depuis début 2011. Pour 2014, le taux de croissance prévisionnel s’établit à 0,9 %. Dans le même temps, le chômage continue la progression entamée en 2011 mais à un rythme beaucoup moins rapide que l’an dernier. Nous sommes donc en droit de nourrir des prévisions moins pessimistes quant à l’évolution de la situation économique et du marché du travail dans les prochains mois.
La situation de l’emploi en Eure-et-Loir, vous me l’avez souvent entendu dire et vous l’avez rappelé M. le président, est ma principale priorité avec la sécurité des Euréliens et des Euréliennes. La bataille pour l’emploi est loin d’être gagnée. Un actif sur dix est aujourd’hui encore sans emploi dans notre département, soit un taux de chômage légèrement supérieur à celui de la région Centre – 9,9% – mais inférieur au taux national – 10,4%. Si le chômage continue de progresser dans nos territoires, le rythme de sa progression s’est significativement ralenti. Certains mois une baisse est même constatée : cela a été le cas en aout. Sur un an, la croissance du nombre de demandeurs d’emploi est repassée sous la barre symbolique des 10%, après avoir culminé à 15 %, elle s’établissait même à 6 % fin août. Personne ne peut toutefois s’en satisfaire et tous les services de l’Etat dans le département restent fortement mobilisés sur ce sujet, en particulier les sous-préfets dont vous connaissez l’implication. Je crois même pouvoir dire que cette mobilisation est celle de l’ensemble des pouvoirs publics tant le Conseil régional et le Conseil général mais aussi les agglomérations et les communes sont également engagées autour de cette priorité.
Je tiens aussi à saluer ici l’exceptionnelle tenacité de nos entreprises qui font face avec courage aux difficultés actuelles. Beaucoup annonçaient l’année dernière, à cette période, l’imminence de plans sociaux rarement vus par leur ampleur et il n’en fut rien. Mieux, l’excellence de nos entreprises cosmétiques et pharmaceutiques, de nos sous-traitants aéronautiques et de nos exploitations agricoles pour ne prendre que quelques exemples, nous permet d’envisager avec une relative confiance l’avenir de ses filières en Eure-et-Loir. En milieu urbain comme en milieu rural, des entreprises dynamiques et tournées vers l’avenir ne demandent qu’à se développer. D’autres rencontrent davantage de difficultés – je pense au BTP -. Notre devoir est de nous tenir à leur côté et de pécher ni par excès de pessimisme ni pas excès d’optimisme.


    1. L’action de l’Etat


Dans ce contexte difficile, le Gouvernement a fait de la compétitivité de notre économie et de nos entreprises un des axes principaux de sa politique en faveur de l’emploi. Un ensemble de mesures de soutien à l’économie a été décidé il y a un an, suite aux préconisations du Rapport Gallois. Sans rappeler les trente-cinq mesures constituant ce Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, je souhaite toutefois, si vous le permettez, mettre l’accent sur deux d’entre elles me semblant particulièrement importantes.
La création de la Banque publique d’investissement (BpiFrance), tout d’abord. Ce nouveau groupe public, regroupant les services d’OSEO, de la Caisse des dépôts entreprises et du Fonds stratégique d’investissement (FSI), constitue un nouvel outil au service du soutien du financement des PME et ETI. Sa représentation en région Centre, à l’inauguration de laquelle j’ai participé le 17 septembre dernier, propose également des services d’accompagnement et de soutien renforcé à l’innovation et à l’export.

La deuxième mesure que je souhaitais mettre en avant est le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) suivi de près par le Directeur départemental des finances publiques. Il a pour objectif l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises par la diminution de leurs charges, en offrant à l’ensemble des entreprises employant des salariés un crédit d’impôt équivalant à 4 % de leur masse salariale pour 2013 et à 6 % à partir de 2014. L’allègement portera en 2014 sur 20 milliards d’euros et sera porté à 30 milliards en 2015. Du fait de la création de ce CICE, la pression fiscale pesant sur les entreprises sera globalement en baisse de 10 milliards d’euros par rapport à 2013.

Pour les entreprises qui souhaitaient en bénéficier dès 2013, un système de préfinancement a été mis en place. Au 31 août dernier, le dispositif de pré-financement du CICE représentait déjà un gain de 3 millions d’euros pour les trésoreries des entreprises de notre département, ce qui est loin d’être négligeable.

Il me faut également aborder la thématique des aides directes à l’emploi. Loin de l’image qui leur est parfois accolée, les contrats aidés sont des dispositifs particulièrement utiles, à la fois dans le cadre de la lutte contre le chômage et du maintien de la cohésion sociale, de la solidarité nationale. Mais je prêche des convaincus puisque bon nombre d’entre vous ici l’ont compris et se sont à juste titre engagés dans la démarche, à l’image du Conseil général et du Conseil régional avec lesquels j’ai signé en avril dernier une convention tripartite relative à la création de cent emplois d’avenir dans les EHPAD du département.

Grâce (à l’engagement des services de l’Etat et) à la mobilisation importante des collectivités, du secteur associatif et des entreprises, ce sont 443 emplois d’avenir qui ont déjà été créés en moins d’une année. Ce sont autant de jeunes très peu ou pas qualifiés que l’Eure-et-Loir dans son ensemble a aidé à trouver le chemin de l’emploi, le chemin de la vie adulte, souvent le chemin du logement autonome,…. L’importance de ces 443 contrats se mesure à l’aune de la situation des 3 700 jeunes euréliens de moins de 25 ans qui étaient encore au chômage au 31 août 2013.

Je souhaite souligner que 86 de ces contrats d’avenir ont été signés dans le secteur marchand, c’est-dire en entreprises. Contrairement à ce que prétendent parfois certains, ce dispositif n’intéresse donc pas seulement le secteur public et para-public ou associatif. Il convient en outre de mentionner les 69 contrats de génération déjà signés dans le département et qui ne concernent eux aussi que des entreprises.

Les autres contrats aidés –CAE et CIE- bénéficient pour leur part à d’autres chômeurs notamment aux quinquagénaires et aux chômeurs de longue durée. Le nombre de ces contrats est également en forte progression de manière à ce qu’un maximum de demandeurs d’emploi ne perdent pas tout lien avec le monde du travail.

  1. Sécurité publique et routière


Les pouvoirs publics et les forces de l’ordre ont encore intensifié leurs efforts en faveur de la sécurité de nos concitoyens. Pris dans leur ensemble, les actes de délinquances ressortent à la baisse, confirmant la tendance des années précédentes. Nous n’avons cependant pas le droit de nous en satisfaire car la tâche reste immense et que des sujets d’amélioration sont identifiés.
Je sais que vous êtes – comme moi et comme le sont nos concitoyens - particulièrement sensibles à la question des cambriolages. Sachez que leur nombre est contenu depuis le début de l’année et que l’Eure-et-Loir reste, avec l’Indre-et-Loire, un département relativement épargné par la très forte augmentation qui touche le reste de la région Centre et plus largement le grand Ouest. En outre, comme l’année dernière, le taux d’élucidation de ces affaires est bien orienté. Je tiens ici à rendre hommage au travail des forces de police et de gendarmerie qui font preuve d’une mobilisation et d’une adaptation constante. La mise en place de la cellule de lutte contre les atteintes aux biens ou de dispositifs tels que « tranquillité vacances » aura ainsi certainement contribué à limiter ce phénomène.
Le ministre de l’intérieur a présenté jeudi dernier un plan national de lutte contre les cambriolages et les vols à main armée. Il sera dès les prochains jours décliné dans le département. Même si les VMA sont stables en Eure-et-Loir, les plans mis en place chaque automne pour sécuriser les commerces avant Noel seront renforcés et activés plus tôt.
Il appartient à chacun de se montrer particulièrement vigilant et nous devons continuer à communiquer auprès des Euréliens à ce sujet et à les aider à adopter des comportements adaptés. Trop de cambriolages ou de vols de voiture sont encore liés au fait qu’une porte ou une fenêtre de la maison était restée ouverte ou que la victime avait laissé ses clefs sur le contact. A l’inverse je me réjouis qu’environ 1/3 des faits de cambriolage comptabilisés par les services de police et de gendarmerie sont en fait des tentatives, c’est-à-dire que les délinquants n’ont pu aller au bout de leur forfait, sans doute gênés par des dispositifs de sécurité ou gênés par la présence de voisins…
La baisse des atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes, c’est-à-dire les « violences, les coups et blessures », est plus marquée, en particulier en zone police. Elle confirme la tendance favorable des années précédentes. Le niveau des violences intrafamiliales, en milieu urbain comme rural, reste cependant particulièrement préoccupant. Les services de l’Etat mènent en la matière un travail de fond, en lien avec le procureur de la République et la présidente du tribunal de grande instance.
De façon général, lorsqu’il s’agit de lutter contre la délinquance, la mobilisation de tous les acteurs concernés est nécessaire. Je salue en ce sens les membres des Comités locaux de sécurité et de prévention de la délinquance – communaux ou intercommunaux, les adjoints en charge de la sécurité et de la tranquillité publiques ainsi que les policiers municipaux dont le concours est précieux.
Nous continuerons à nous appuyer sur des dispositifs innovants en matière de sécurité et de prévention de la délinquance. Notamment sur la vidéoprotection, dont le département fut l’un des précurseurs. L’installation de caméras est loin de résoudre tous les problèmes mais elle joue d’abord un rôle dissuasif et s’avère souvent utile pendant les enquêtes. Le déploiement de la vidéoprotection se poursuit dans l’agglomération chartraine, et beaucoup de communes se sont engagées dans cette démarche, soutenues financièrement par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD).
Autre exemple d’outils innovants, l’implantation début 2013 d’une Zone de sécurité prioritaire à Dreux aura permis d’intensifier la coopération entre services et d’assurer un pilotage resserré des dispositifs de lutte contre une délinquance qui ne s’embarrasse pas des frontières administratives. L’économie souterraine, les trafics ne s’arrêtent pas à certains quartiers, ils en viennent à gangréner tout le territoire, des départements entiers. Je veux donc redire ici que les premiers résultats atteints sur l’agglomération drouaise en matière de démantèlement de trafic sont bénéfiques à tout l’Eure-et-Loir. Ces résultats seront présentés à l’occasion des Rencontres de la sécurité qui auront lieu du 16 au 19 octobre prochain, avec des actions dans tout le département.
La sécurité routière demeure aussi plus que jamais une priorité. Alors qu’il n’a été commis en Eure-et-Loir qu’un seul homicide cette année, dont l’auteur présumé a été rapidement interpellé, déjà 27 personnes se sont tuées sur nos routes. Si le nombre d’accidents mortels est en légère baisse par rapport à celui de l’année dernière à la même période de l’année, la situation demeure très préoccupante, d’autant que le nombre de blessés et d’accidents augmente. C’est d’autant plus regrettable que c’est à rebours de la tendance nationale. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces accidents mortels touchent d’abord des Euréliens, souvent à faible distance de chez eux.
Notre rôle à tous est donc d’approfondir encore nos actions en faveur de la prévention et de la sensibilisation des usagers de la route. Un effort particulier doit s’exercer auprès des jeunes générations. Je salue à cet égard la qualité du court métrage réalisé par les élèves du lycée professionnel de la Fondation d’Autheuil au Château des Vaux. Leur film a reçu il y a peu le 1er prix mondial du film de sécurité routière – catégorie « jeunes pour les jeunes. Je vous signale également dans cet esprit la présence dans la mallette qui vous a été distribuée d’un testeur d’usure des pneumatiques.
Sur ce sujet je voudrai à mon tour saluer la qualité du partenariat existant entre l’Etat, le Conseil général et l’Association des maires.



  1. Actualité des collectivités locales


Pour ne pas abuser de votre patience, je souhaiterais terminer mon propos par l’évocation de quelques dossiers ayant trait à l’actualité de vos collectivités. Je ne reviendrai toutefois pas sur le thème abordé ce matin. Les intervenants de grande qualité que vous aviez invités ont largement traité du sujet.



    1. Bilan du schéma départemental de coopération intercommunale


La coopération intercommunale tout d’abord. Il est désormais l’heure de dresser le bilan du schéma de coopération intercommunale (SDCI) qui devait être mis en œuvre entre le 1er janvier 2012 et le 31 mai 2013. Au regard des trois chantiers que vous aviez ouverts, le bilan est positif. Vous aviez en effet à l’époque trois objectifs :


  • l’achèvement de la carte de l’intercommunalité par l’intégration des communes dites « isolées ». Alors qu’il en restait encore 22 il y a deux ans, chacune des 402 communes du département fera partie d’une communauté le 1er janvier 2014 ;

  • la rationalisation du périmètre des EPCI à fiscalité propre : ils étaient 30 en 2010 et seront 22 au 1er janvier 2014. Je me dois de saluer ici tout particulièrement les agrandissements successifs de la communauté d’agglomération Chartres métropole et la création de la communauté d’agglomération du pays de Dreux. Par son ampleur, ses ambitions, sa méthode de travail, ce dernier projet mérite des félicitations particulières. M. le président, le travail que vous-même, que le député de la circonscription que les élus de ce territoire avez conduit suscite un intérêt mérité bien au-delà des frontières du département. Le nouveau sous-préfet de Dreux aura à coeur de vous accompagner dans la phase de mise en place effective de la nouvelle grande agglomération.

  • Enfin, la simplification de la carte des syndicats intercommunaux : leur nombre est passé de 225 à 185 ce qui est bien et je sais que beaucoup d’entre vous apprécient le travail réalisé sur ce sujet à la préfecture par Jean-Bernard ICHE et son équipe, mais l’effort devra toutefois à mon sens être prolongé car la trop fréquente cohabitation de syndicats et de communautés dans les territoires contribue encore à la complexité du « millefeuille » territorial. Annoncé par le Président de la République et plébiscité par les Français, le « choc de simplification » comporte indéniablement un volet départemental.



L’Eure-et-Loir a donc mis en œuvre son schéma dans sa quasi-intégralité, ce qui est assurément un succès. Ce succès en appelle d’autres et je salue les initiatives déjà en cours ou à venir visant à poursuivre ce travail d’organisation territoriale et d’aménagement du territoire. En ce domaine comme dans d’autres « l’union fait la force ».


    1. La réforme du scrutin municipal


Je souhaite également aborder la question de la réforme du scrutin municipal. Vous le savez car vous en êtes les premiers concernés, deux lois publiées le 18 mai 2013 ont profondément modifié le mode d’élection des conseillers municipaux et des conseillers communautaires. Le président HAMEL a rappelé l’essentiel, je vous ferai l’économie d’une redite. Je tiens à vous assurer que les services de l’État compétents accompagneront bien évidemment les mairies dans la mise en œuvre de ces réformes. Au nom de la proximité qu’elles entretiennent avec les mairies, les sous-préfectures seront plus que par le passé associées à la préparation des prochaines municipales. Les agents des sous-préfectures seront prochainement formés en ce sens.


    1. Le redécoupage cantonal


Le président du Conseil général a abordé ce sujet. Je le ferai en rappelant seulement que le redécoupage des cantons actuels étaient inéluctable tant les écarts démographiques s’étaient creusés en Eure-et-Loir comme ailleurs depuis 2 siècles, à peine corrigés par les refontes intervenus dans le département en 1973 et en 1982. Ecarts entre territoires urbains ou péri-urbains et territoires ruraux mais aussi entre territoires ruraux. La nouvelle carte cantonale se traduira donc à la fois par un agrandissement et un rééquilibrage démographique des cantons.
Sur le plan de la méthode, c’est le Ministère de l’Intérieur qui pilote dans tous les départements cette opération de refonte de la carte cantonale. Inédite par son ampleur (2/3 des départements n’ont pas vu leur carte évoluer depuis 1800), l’opération s’effectue sous le contrôle du Conseil d’Etat. Je serai amené en fin d’année à transmettre pour avis au Conseil général le projet gouvernemental. Le conseil général disposera alors d’un délai de six semaines pour émettre un avis. Le redécoupage fera ensuite l’objet début 2014 d’un décret en Conseil d’Etat en vue de l’élection en mars 2015 de 30 conseillers généraux ou « départementaux » par les Euréliens.



    1. les finances locales


Le PLF 2014 met en oeuvre les principales conclusions du Pacte de confiance et de responsabilité établi entre l’Etat et les collectivités territoriales en juillet dernier. Après une stabilisation en 2013, les concours financiers de l’État seront diminués en valeur de 1,5 Md€ en 2014, et de 1,5 Md€ supplémentaire en 2015. Cette baisse doit être mise en rapport avec les 227 milliard de dépenses totales des collectivités locales en 2012.

Pour 2014, cette baisse sera imputée sur la dotation globale de fonctionnement (DGF) et répartie entre les collectivités au prorata de leurs recettes totales, conformément aux préconisations du Comité des finances locales, soit - 840 M€ pour le bloc communal (56 %), - 476 M€ pour les départements (32 %) et - 184 M€ pour les régions (12 %).

Le bloc communal assume 56 % de l’effort, soit 840 M€, répartis entre les communes (588 M€) et les établissements publics intercommunaux (252 M€) au prorata des recettes réelles de fonctionnement.

Pour atténuer l’impact de cette baisse de la DGF sur les collectivités les plus pauvres, le Gouvernement a souhaité poursuivre la montée en puissance des dispositifs de péréquation (FPIC en particulier).

De la même manière, je souhaite vous informer que soucieux de ne pas pénaliser les territoires ruraux, le Gouvernement a décidé de préserver la DETR : 616 M€ sont réservés à cet effet, soit le même montant qu’en 2013.


    1. Le chantier de la rénovation énergétique


Avant de conclure, je tenais à aborder brièvement une politique publique qui occupera beaucoup les services de l’Etat dans les prochains mois et qui demeure encore trop méconnue. Il s’agit du vaste chantier de rénovation énergétique engagé par le Gouvernement. Dans le cadre de la transition énergétique, le président de la République s’est engagé à ce que 500 000 logements soient rénovés par an d'ici à 2017, ce qui entrainerait une diminution de 38 % la consommation d'énergie des bâtiments à horizon 2020.
Les dispositifs d’incitation mis en place sont triplement bénéfiques. Ils profitent en effet, premièrement, aux propriétaires de logement, qui verront leur consommation énergétique baisser, deuxièmement, à notre environnement, qui bénéficiera de la diminution de la consommation d’énergie et, enfin, au secteur du bâtiment, puisque que cela entraînera un surcroît d’activité de ses entreprises et de ses artisans.

Pour inciter les particuliers à entamer la rénovation thermique de leur logement, les aides fiscales et les subventions versées par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) ont été optimisées. Deux nouvelles primes de 1 350 et 3 000 euros auxquels deux tiers des Français sont éligibles ont été créées, notamment dans le cadre du programme « Habiter mieux ». Le président de la République a en outre annoncé la semaine dernière la baisse de la TVA de 10 à 5% sur les travaux de rénovation thermique des logements.

Sachez de plus que toute aide versée par une collectivité entraîne un supplément d’aide de l’Etat. Certains particuliers verront ainsi leurs travaux pris en charge jusqu’à 90% et pourront en sus bénéficier d’un prêt à taux zéro pour le reste à charge. Six EPCI nous accompagnent déjà sur ce projet, dont Chartres Métropole, et je vous appelle tous à vous y associer dans les mois à venir.

Sachez à titre d’exemple qu’entre une maison mal isolée et une maison très performante, la facture d’énergie peut être réduite de près de 200 euros par mois. Tout le monde a donc à y gagner.

*
Voilà les dossiers que je voulais évoquer avec vous aujourd’hui. Je m’excuse par avance de ne pas avoir abordé d’autres grands sujets intéressant la vie de notre département (qualité de l’eau, politique de la ville, préparation des commémorations du centenaire de la Première Guerre Mondiale,…). Je m’engage M. le Président à vous apporter par écrit des réponses aux questions posées pendant l’AG sur des sujets dont je n’ai pas parlé.
Vous le savez, la période que nous traversons est difficile. Elle nous commande des efforts nécessaires dans la perspective du redressement de notre pays. L’Etat est conscient que les sacrifices que les collectivités territoriales consentent sont importants, à l’image de ceux que les services de l’Etat fournissent eux-mêmes depuis plus de dix années déjà. Plus que jamais notre action doit être guidée à l’aune de l’intérêt général et de la ferme volonté de léguer une France dynamique et prospère aux générations futures.
C’est le défi que vous avez collectivement relevé pendant ce mandat qui s’achève. Même si les temps sont difficiles, j’espère que la confiance dont vous avez témoigné nos concitoyens il y a 5 ans aura su guider votre action et vous procurer de grandes satisfactions. Il n’est pas facile d’exercer des fonctions d’autorité dans nos sociétés modernes. Pour autant elles sont indispensables à notre « vivre ensemble », à notre démocratie, à notre Nation. Comme d’autres vous les incarnez et nos concitoyens vous doivent respect, considération et reconnaissance.
Dans cette salle placée sous le parrainage d’André MALRAUX, votre engagement pour les autres mérite d’être salué. En ayant une pensée particulière pour ceux et celles d’entre vous qui ne seront pas présents à l’AG 2014 de votre association, je le fait à l’instant avec sincérité.
Je vous remercie de votre attention.


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