1. Le projet Sarkozy–ceseda ne doit pas passer ! Mobilisation jusqu’au retrait !





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Lettre d’information numéro 108
SOMMAIRE

1. Le projet Sarkozy–CESEDA ne doit pas passer ! Mobilisation jusqu’au retrait !
2. Bilan du Conseil d’UFR d’Histoire du mardi 9 mai 2006
3. Mobilisation contre la « liste noire » d’étudiants de la Sorbonne
4. Bilan de la coordination francilienne du mercredi 10 mai 2006
5. Recommandations de la Commission européenne pour la « modernisation » des universités
6. L’arme des examens pour casser la grève : un texte d’étudiants de Rennes II
7. La contestation étudiante s’amplifie en Allemagne et en Espagne
8. Informations diverses
8.1 : Pétition nationale « Nous les prenons sous notre protection »

8.2 : Quand l’obsession de la paix civile qui irrigue les programmes conduit à un dévoiement de la leçon des Lumières : un texte de Robert Weiner

8.3 : Encore étudiants en journalisme et déjà jaunes : un article du « Plan B »

8.4 : La capitalisation de la justice


OXYGENE-FSE : local Tolbiac B902, 01-44-07-86-92
Prochaine Assemblée générale de la FSE Paris 1 et 4

Mercredi 17 mai à 18h RDV dans notre local de Tolbiac
Site local (réactualisé tous les week-end) : http://oxygenefse.free.fr,

Site national : http://www.luttes-etudiantes.com
oxygenefse@free.fr



  1. Le projet Sarkozy–CESEDA ne doit pas passer !

Mobilisation jusqu’au retrait !
Tract de la FSE diffusé dans la manifestation du samedi 13 mai à Paris
ABANDON DE LA LOI CESEDA
Des mesures utilitaristes (au service des patrons), lâchement électoralistes

et dangereusement xénophobes
Le gouvernement, à moins d’un an des présidentielles, veut à tout prix veut à tout prix regagner la confiance des français, après les mouvements sociaux de l’automne et du printemps. Comment ? En repassant une bonne vieille couche de lois xénophobes. La peur de l’étranger, ça marche souvent et ce n’est pas très risqué : au contraire des militants d’extrême-droite, les étrangers ne votent pas.
La loi Sarkozy sur l’immigration ou loi CESEDA, c’est :


  • Le durcissement des conditions du regroupement familial

  • Des nouvelles difficultés pour les conjoints étrangers de français

  • L’apparition de critères troubles – et troublant – d’« intégration républicaine dans la société française ». L’obligation de participation à une « cérémonie d’accueil » (à l’américaine) lors de l’obtention de la nationalité française

  • La suppression de la régularisation après 10 ans de présence en France

  • Le durcissement des conditions d’obtention d’une carte de long séjour. L’allon-gement mesquin des durées nécessaires à l’obtention des divers titres de séjour

  • La création d’un titre de séjour de 3 ans pour les étrangers susceptibles de participer au développement de l’économie française.

  • Le retrait des cartes de séjour temporaires en cas de licenciement

  • Toujours plus de droits pour la police, toujours moins pour les gens « suspects »


Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de piller compétences et talents et son profond désintérêt pour la situation personnelle de l’immigrant. Il multiplie les obstacles à l’obtention du titre de séjour et restreint les droits des immigrés jugés « inutiles ». L’étranger est réduit à une pure marchandise qu’on « importe » ou qu’on « exporte » selon les besoins du patronat.
En clair, le gouvernement français encourage poliment les séropositifs, boiteux, malades, enfants, délinquants d’opinion, dissidents politiques (et autres enfoirés de parasites basanés) à retourner mourir dans leur pays d’origine.
Nous devons maintenant montrer que les jeunes ne se mobilisent pas que pour défendre leurs seuls intérêts immédiats. CESEDA NE DOIT PAS PASSER !
POUR EN SAVOIR PLUS OU POUR NOUS REJOINDRE

http://oxygenefse.free.fr, oxygenefse@free.fr, local B902 à Tolbiac
Analyse du projet de loi CESEDA
On choisissait un esclave d'après ses dents et ses muscles, on choisira l'immigré d'après ses diplômes et sa dévotion à la république…
La nouvelle réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) est sans appel. L’immigration ne peut et ne doit être qu’utilitariste. Elle favorise l’intégration d’étrangers présélectionnés sur des critères tels que l’âge, la qualification, l’expérience professionnelle, les promesses d’embauche. En plus d’être rentable et jetable, le « parfait petit immigré » doit prouver son attachement et sa dévotion à la Nation
Qu’il s’agisse des conditions de travail …
– Le rapport annuel du gouvernement sur l'immigration évaluera le nombre de visas et de titres à délivrer en fonction des besoins économiques des trois ans à venir (conformément à l'article L 111-10) ...
Pas de titre de séjour délivré sans emploi (L 313-10), ce qui signifie donc une totale dépendance vis-à-vis de l’employeur. Bien entendu, la carte de séjour temporaire sera retirée si son titulaire cesse de remplir l'une des conditions exigées pour sa délivrance (L 313-5)
– Les personnes ayant eu une interdiction du Territoire Français suite à un retrait de carte pour non respect de la législation du travail n’ont plus le droit d’exercer une activité professionnelle en France pendant 3 ans (L313-5).
– Vient alors la cerise sur le gâteau. Cartes de séjour « compétences et talents » destinées à l’étranger susceptible de participer du fait de ses compétences et talents, de façon significative et durable au développement économique ou au rayonnement, notamment intellectuel, culturel et sportif de la France dans le monde ou au développement économique du pays dont il a la nationalité (carte valable au maximum 3 ans permettant l’exercice professionnel de son choix ainsi que l’obtention de plein droit de la même carte pour les conjoints et enfants).
De la vie privée …
– la carte pour conjoint de français n'est plus de plein droit (L314-11 et L 314-9)
– En ce qui concerne la carte pour les liens personnels et familiaux, ceux-ci seront appréciés au regard de leur intensité, leur ancienneté et leur stabilité, des conditions d'hébergement, des revenus et une fois de plus de l'intégration républicaine de l'étranger.
– Cette reforme s'attaque, de plus au cadre familial qu'elle déstructure abominablement. Ainsi, une personne mariée avec une personne française n'acquérra désormais la nationalité française qu'après 4 ans de mariage (au lieu de 2 actuellement) et 5 ans (au lieu de 3) si pendant cette période la personne a résider moins de 3 ans de manière ininterrompue et régulière en France (art 21-21 du Code Civil). De même, le conjoint et les enfants d'un titulaire de la carte de résident peuvent obtenir une carte après une résidence ininterrompue en France de désormais 3 ans et non plus de 2 ans.
En cas de rupture de la vie commune, le titre pourra être retiré au conjoint si le mariage a été célébré il y a moins de 4 ans (L 314-5-1).
–La méthode est quasi similaire quant à l'accès à une carte de séjour temporaire (retrait en cas de rupture de la vie commune pendant 3 ans après l'entrée en France)
– De plus, le principe du regroupement familial est ébranlé : le délais de séjour régulier nécessaire pour faire une demande de rassemblement est allongé à 18 mois (L411-1).
– Les ressources considérées sont fortement restreintes, l'article L411-5 prévoit de ne plus prendre en compte la plupart des allocations.


– De même, les conditions d'acquisition de la nationalité sont remises en cause puisque la possibilité de naturalisation sans condition de stage pour l'enfant mineur, pour le conjoint ou l'enfant majeur d'une personne ayant acquis la nationalité française et le ressortissant d'anciens territoires sous souveraineté française est ABROGEE
– Pire, le gouvernement crée une procédure d'opposition à la reconnaissance d'un enfant puisque l'officier d'Etat-civil peut et se doit "en cas de doute" de saisir le procureur de la République au vue d'une enquête sur la paternité suspecte. La reconnaissance peut ainsi être considérablement retardée.




Du parcours universitaire…
– Quant aux étudiants, un titre de séjour de 6 mois pour rechercher du travail à l'issue de leurs études leur est gracieusement attribué , si tant est qu'ils soient diplômés d'un master ou équivalent (emploi pour lequel un seuil de rémunération minimal est notamment imposé) ( L 313-7)
Des droits fondamentaux…
L'abrogation de la loi Chevènement du 11 mai 1998 prévoyant la délivrance d'une carte de plein droit après 10 ans de présence en France (L314-11)
– Les personnes sous le coup d’une interdiction du territoire français ou d’une obligation de quitter le territoire peuvent être placées en rétention en vue de leur éloignement (L 555-1). De plus, une entrée en France avec un Arrêt préfectoral de reconduite à la frontière de moins d’un an peut, conformément à l’article L 624-1, entraîner une peine de 3 mois de prison. Un juge unique statuera seul sur tous les litiges concernant le statut des étrangers (L 512-2).
– Désormais, le rejet d’une demande de titre peut permettre au préfet de délivrer une obligation de quitter le territoire comprenant un pays de renvoi et permettant l’exécution d’office d’une mesure d’éloignement, qu’au bout d’un mois (L511-1). Comme en dispose l’article L513-3, cette décision ne peut faire l’objet d’un recours qu’auprès du tribunal administratif sous un délai de 15 jours et doit également attaquer le pays de renvoi. L’article 512-1, quant à lui, précise que le tribunal administratif doit statuer dans un délai de deux mois.
– Les centres d’accueil pour demandeur d’asile (CADA), sujets à une forme de contrôle, transmettent directement les noms des exclus du droit d’asile qui sont ainsi directement intégrés à ce système d’expulsion automatique. Les CADA vont notamment devoir obtenir des habilitations pour accueillir des bénéficiaires de l’aide social (Code de l’Action sociale et des Familles), habilitations pouvant être retirées s’ils ne respectent pas les catégories de personnes correspondant à leurs missions. Demandeurs d’asile sans document de séjour, personnes exclues par la Commission des Recours ne sont pas admis dans les CADA. Les admissions en CADA sont gérées par un gestionnaire qui peut être une entreprise privée (!) sur accord d’une autorité administrative compétente (préfet ?).
Le plus inquiétant reste l’importance accordée à l’Intégration Républicaine ; l’étranger admis pour la première fois au séjour doit conclure avec l’Etat un contrat d’accueil et d’intégration. Il doit notamment exprimer et prouver régulièrement son attachement à la nation ainsi que son entière adhésion à nos « chères valeurs républicaines ».
LE GOUVERNEMENT ENTEND FAIRE DE « L’IMMIGRE » UNE VALEUR MARCHANDE DEVANT SE SOUMETTRE A L ECONOMIE FRANCAISE ET AUX CAPRICES DU PATRONAT
N’ATTENDONS PAS 2007, SEULE LA LUTTE PAIE, FAISONS PLIER LE GOUVERNEMENT !

EMPECHONS LA MISE EN VIGUEUR DU CESEDA !!!!

2. Bilan du Conseil d’UFR d’Histoire du mardi 9 mai 2006
Les 3 élus de la FSE étaient présents. Nous regrettons l’absence des élus de SUD étudiant ; leur présence aurait pu nous permettre de faire front commun contre M. Bertrand, directeur d’UFR, toujours aussi méprisant envers les élus de la FSE.
M. Bertrand a refusé de soumettre nos motions au vote (pour voir nos motions : http://oxygenefse.free.fr/jour/mai2006/conseil-ufr-histoire.htm)
Il a confirmé que les examens de fin d’année auront bien lieu en TD (rupture dans l’égalité de traitement des étudiants).
Il a par ailleurs indiqué qu'il y avait toujours une liste noire à la Sorbonne (étudiants interdits d’entrée ou particulièrement surveillés), qui comprenait à sa connaissance 3 noms, dont un militant de la FSE. M. Bertrand a par ailleurs eu un comportement particulièrement ignoble en cautionnant cette liste noire et en demandant à des vigiles de la Sorbonne de rajouter un nom à cette liste (un militant de la FSE)
En outre, notre motion contre la loi CESEDA a été « plus ou moins » adoptée. « Plus ou moins » car il n’y a pas eu de vote formel. Le Conseil d’UFR est décidément une parodie de démocratie …

3. Mobilisation contre la « liste noire » d’étudiants de la Sorbonne
Mercredi 10 mai à 17h, une trentaine d’étudiants se sont réunies pour protester contre l’existence de cette liste noire d’étudiants bannis ou surveillés dans la Sorbonne.
Il a été d’aller à la présidence de Paris 4 pour exiger une condamnation claire de cette liste. Un dialogue de sourds s’en est suivi avec un vice-président de Paris IV qui a dit ne pas être au courant de cette liste (!) et que de toute façon cela relevait du recteur !! Quel courage !
Le lendemain, un étudiant de Paris 4 qui avait participé à l’action a pu s’entretenir avec le directeur de cabinet du président de Paris IV. Voici le compte-rendu :

http://oxygenefse.free.fr/jour/mai2006/entretien-listenoire.pdf
Bref, cette liste noire demeure, et la présidence de Paris IV refuse toujours de la condamner. Le combat doit continuer jusqu’à la disparition totale de cette liste et la condamnation sans ambiguïté de telles pratiques. Encore ce matin lundi 15 mai, un étudiant qui avait cours à la Sorbonne s’est vu interdire l’entrée

4. Bilan de la coordination francilienne du mercredi 10 mai 2006
Voici le compte-rendu très complet de la coordination qui s’est tenue mercredi dernier à Censier (compte-rendu effectué par un étudiant du comité Sorbonne) :
http://oxygenefse.free.fr/jour/mai2006/coord-francilienne-10mai.pdf
Par ailleurs, une AG francilienne est prévue tous les vendredi à 17h aux Arènes de Lutèce

5. Recommandations de la Commission européenne pour la « modernisation » des universités
Communication du 10 mai 2006 de la Commission européenne sur la « modernisation » des universités
http://www.europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/592&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en
Commentaires
Pour la Commission, il faut « moderniser », « adapter » les universités pour qu’elles répondent aux « exigences d’une économie mondialisée ». La Commission développe une vue complètement utilitariste de l’université : elle doit servir les intérêts des patrons européens dans la concurrence mondiale.
Pour cela, la Commission propose :
plus de stages pour les étudiants : pour fournir de main d’œuvre gratuite aux patrons, et pour apprendre la soumission aux étudiants
– d’« introduire dans la carrière des chercheurs une formation dans les domaines de la gestion de la propriété intellectuelle, de la communication, de la connexion en réseau, de l’entrepreneuriat et du travail en équipe ». Le message est clair : les chercheurs ne doivent pas être indépendants, ils doivent servir les patrons
– d’étendre « l’autonomie [des universités] dans le choix de ses enseignants et chercheurs ». Pour s’assurer de la docilité des chercheurs, il faut supprimer leur statut de fonctionnaire et instaurer la précarité.
– d’adapter les enseignements aux « besoins de la main d’œuvre européenne ». Pour cela la Commission propose de renforcer l’autonomie des universités et de mettre l’accent sur les « grands domaines de recherche » plutôt que sur les « disciplines » (trop rigides)
– de « mettre en place de nouveaux systèmes de financement des universités davantage axés sur les résultats » : il s’agit que des experts, au service du patronat, évaluent les universités afin de les contraindre à poursuivre certains objectifs

6. L’arme des examens pour casser la grève

Un texte d’étudiants de Rennes II
L'arme des examens (dialogue entendu dans le hall B)
– Tu sais où il en est le mouvement anti-CPE ?

– Je sais pas, sûrement une dissertation en 4 heures. Rennes, le 12 Mai
Le mouvement que nous venons de connaître a été le premier, depuis plus de dix ans, à imposer un recul au gouvernement (le retrait du CPE). Un recul, non une défaite. Dans une offensive prolongée, il n'est pas toujours possible d'enchaîner les victoires écrasantes. Lâcher du lest sur le CPE, pour qu'on ne parle plus du CNE, de la loi d'égalité des chances, et maintenant de la loi Sarkozy sur l'immigration. Pour que tout rentre dans l'ordre. Qu'il n'y ait plus de troubles dans les rues, plus de routes bloquées, d'entreprises perturbées, de palabres dans les facs occupées. Plus de politique, surtout, plus de politique. Pour que les commerçants puissent à nouveau faire leur beurre, les marchandises circuler, les touristes déambuler, les étudiants penser à leur avenir. Pour que la police puisse prendre des vacances.
Aujourd'hui, c'est à qui parviendra à capitaliser la « victoire historique », en nombre d'adhérents, en voix aux élections, en reconnaissance médiatique. Cessons de nous raconter des histoires. La victoire réelle du mouvement, ce n'est pas d'abord son effet incident -le retrait du CPE- c'est d'avoir dégagé l'horizon politique du retour dépressif des sempiternelles « journées de mobilisation » à peine moins ternes que des jours fériés, où les discours, même témoignant d'ambitions fort modestes, restent cent fois plus belliqueux que les actes qui seraient sensés les soutenir. Aujourd'hui il est évident pour tous (ceux qui le nient mentent, et ils le savent) qu'il n'y a pas de lutte réelle en deçà du blocage de l'économie, de l'attaque immédiate des dispositifs d'instauration des politiques libérales, de la perturbation des centre-ville comme espaces entièrement dévolus à l'absorption et à la digestion de toute secousse politique ou existentielle -espaces de paix consacrés à la guerre économique.
Si nous avons lutté pendant deux mois et demi, c'est d'abord pour affirmer l'existence même de la politique, mettant ainsi en évidence le fait qu'en temps normal, où chacun est individuellement requis par des exigences d'ordre économique -mobilisant ce qui de nos activités et affects est irréductiblement pris dans des rapports d'exploitation- il n'y a pas de politique pour nous, il n'y a que la souveraineté de l'économie, c'est à dire la politique déployée contre nous par le capital. Le mouvement s'est arrêté sous la pression croisée des professionnels du défilé protestataire, des médias et des étudiants hostiles au changement profond. Il s'est arrêté également du fait de l'impossibilité pour la plus grande part d'entre nous d'assumer ce que la lutte nous a permis d'entrevoir : qu'il n'est pas possible de contribuer ponctuellement à la naissance d'un mouvement politique, qu'il ne s'agissait pas là d'un engagement révocable à durée déterminée. Assumer ce qui avait eu lieu, continuer à lutter, cela voulait et veut toujours dire, dans le même mouvement, poursuivre l'offensive contre les politiques libérales, élaborer collectivement des manières de vivre qui soient adéquates à nos inclinations anticapitalistes. Cela veut dire également, ne pas se laisser prendre au piège des semestres à boucler, des cours à rattraper, au chantage des examens à passer à tout prix. Déjà le mouvement des profs en 2003 qui avait duré plusieurs mois, s'était écrasé sur sa peur de toucher au bac, la seule chose qui aurait pu conjurer la défaite annoncée. Il en a été de même, l'année dernière, pour le mouvement lycéen. Comme si la gravité de la situation, la générosité de l'affirmation politique et la sincérité du lien qui s'était noué au sein de la communauté de lutte, tout cela ne pesait pas si lourd, n'était pas assez sérieux au regard du nécessaire passage d'examens -c'est à dire, dans le fond, de la nécessaire reprise en main de la situation par le gouvernement, de la nécessaire reprise en main, par l'économie, du cours de nos existences quotidiennes. Que nous acceptions de nous plier à la mobilisation générale des examens en juin serait une défaite réelle parce que nous reproduirions le geste qui accompagnait l'essoufflement des anciens mouvements sociaux d'avant novembre -enterrer, à la fin, les liens qui auraient pu devenir politiques et donc irréversibles- alors que ce mouvement a été de bout en bout politique, et qu'il aura, quoi qu'il advienne, des conséquences irréversibles.
Geste absurde d'enterrer ce qui est vivant. Si, au contraire, il nous semble déterminant qu'une continuité ou reprise du mouvement dans les jours ou semaines qui viennent passe par le refus des examens comme symbole de la faiblesse politique du mouvement, de la faille par laquelle s'est engouffré l'appétit de restauration des plus tièdes, il ne faut pas voir là le moindre esprit de sacrifice. Nous n'appelons pas au boycott individuel des partiels mais à des actions collectives, concertées sur tout le territoire, des actions de pression sur les institutions liées au ministère de l'enseignement supérieur pour exiger la validation, pour chaque étudiant, du second semestre de l'année universitaire. Menacer les examens, c'est retourner contre le gouvernement l'arme par laquelle il a pu étouffer, sous le pragmatisme économiste qui lui sert de philosophie, les aspirations au changement exprimées massivement au cours de ces derniers mois. Actuellement, notre principale capacité de blocage réside à cet endroit. Mais une telle pratique appelle naturellement la reprise, partout où cela sera possible, conjointement avec les salariés, chômeurs et précaires, des blocages économiques.
C'est maintenant la politisation de tous les aspects de ce qui compose nos conditions de vie qu'il nous faut viser. La précarité naît d'abord de l'injonction perpétuelle à faire de sa vie une lutte pour ne pas déchoir -ne pas tomber dans une des misères variées que ce temps accumule - pour ne pas faire partie de la charretée des perdants, des vaincus de toutes sortes. Accepter de se plier au bon vouloir des patrons, travailler incessamment à son employabilité, à l'entretien de sa valeur marchande, augmenter sa compétitivité, passer vaille que vaille des examens ou des concours après une crise politique d'une telle ampleur, cela participe de la même logique, que nous refusons, celle du marché, de la concurrence, du libéralisme. Continuer -reprendre le mouvement, cela ne sera possible qu'en heurtant de front les pseudo-évidences qui sont ce par quoi l'ordre se rétablit : la politique se limiterait à se défendre ponctuellement contre des réformes gouvernementales, et s'arrêterait nécessairement à l'approche des examens. Au contraire, il s'agit d'affirmer que la politique n'existe qu'en entraînant toute la vie, en modifiant notre rapport au travail et à l'étude, et en nous dégageant, pas à pas, du monde de l'économie.
Comité anti-examens de Rennes 2

7. La contestation étudiante s’amplifie en Allemagne et en Espagne
Allemagne : texte publié sur Indymédia
La contestation étudiante s'intensifie en Allemagne

Les études payantes arrivent. Plus de 1000€ par an seront d'ici quelques années la règle pour la plupart des Universités d'outre-rhin. Après une mobilisation relativement forte l'été dernier, une deuxième vague de contestation apparaît.
Fin Avril 2006. Après que les gouvernements de droite en Bade-Wuerttemberg, Bavière et Basse-Saxe ont adopté l'augmentation des frais d'inscription de 500% - sans avoir tenu compte d'intenses manifestations à Stuttgart le 30.11. Notamment - c'est au tour des jeunes de Nord- Rhin -Westphalie, de Sarre et de Hesse de gober le paquet. Mais dans l'ouest, la loi ne semble pas être plus populaire qu'ailleurs... Occuper des rectorats - oh oui ! Depuis l'invasion du rectorat de Freiburg le 2. Mai 2005, cette forme de contestation semble être en vogue. Une année plus tard, presque 30 actions de la sorte se sont produites dans les 4 coins du pays, Bielefeld ayant tenu le coup pour plus d'un mois ! La semaine dernière ce fut au tour de Siegen, Duisburg, Bonn et Cologne de visiter leurs patriarches locaux et d'occuper les lieux sacrés du pouvoir. Certains présidents d'Universités semblent plutôt avoir entendu les actions comme des sacrilèges et ont demandé à la Police d'évacuer les lieux .
Le tout est reparti de petites Manifs en début de semestre (mi-Avril), auxquelles ont participé plusieurs milliers de jeunes, étudiant(e)s et écolier(e)s... Münster, Giessen, Cologne et Bochum ont progressivement intensifié leur mobilisation, ce qui a permis l'invasion des Senat à Bochum et Cologne, pendant la séance censée décider de l'application de la loi - au niveau des facs. Des Manifestations plus petites ont eu lieu à Kiel, Bielefeld, Paderborn et Münster, début Mai. Depuis les occupations d'Universités et de bâtiments administratifs à Cologne, Siegen et Duisburg la semaine dernière, l'appareil répressif semble resserrer d'un cran... Duisburg à été évacué au bout de 24 heures et aussi l'évacuation de la fac de Bochum il y a 15 jours à coûté des bleus et des lacrymos... Mais comme nous à montré le passé, ce n'est généralement pas la répression rapide (presque préventive/en début de mvt.) qui fait capituler, au contraire... Cette semaine, diverses actions ont eu lieu, notamment à Hambourg, où le ministère d'éducation régional à été envahi par des activistes avant hier. A Cologne, ce fût au tour de la centrale du parti ultra- libéral FDP d'être envahi, pendant qu'une AG exceptionnelle réunissait plus de 6000 étudiant(e)s à Frankfurt. Par la suite, une manif sauvage s'est déroulée dans les rues de la capitale du Capital. Des voies de tram et nombreuses rues ont été bloquées, et des affrontements avec les forces de l'ordre étaient suivies de nombreuses arrestations. Aujourd'hui c'était le tour de Fulda, Darmstadt et Marburg de se montrer. A Marburg les 5000 Manifestan(te)s ont choisi le périph et l'autoroute pour ensuite affronter les forces de l'ordre...
Le mois de Mai est lancé. La coordination nationale se tient à Frankfurt ce weekend et a débuté avec une soirée débat sur ... le mouvement anti-CPE/CNE en France (la même demèr de loi nous attend d'ailleurs) dans l'Institut autogéré de L'Université Goethe. Demain, quelques actifs et actives de la fac UMB de Stras' viendront se joindre à nous d'ailleurs, histoire d'échanger nos expériences et peut-être coopérer plus intensément ds. le futur. D'ailleurs nous nous sommes invité(e)s pour venir à Montpellier le week-end prochain...
Il ne faut pas espérer un été chaud, il faudra le chauffer - ensemble !

Espagne : Manifestation du 11 mai à Madrid contre le Processus de Bologne

Posté par un membre d'ACME Madrid sur Indymedia Barcelone.
Aujourd'hui, jeudi 11 mai, avait été décidée une journée européenne de mobilisation estudiantine contre les plans mercantalisation et de précarisation de l'enseignement supérieur, rassemblés dans l'Espace Européen d'Éducation Supérieure (EEES). Cette journée de mobilisation est née du Forum Européen d'Étudiant(e)s, qui a eu lieu en mars dernier à Bakaiku (Pays Basque, Espagne), et était vue comme un outil pour construire une coordination pratique des différentes luttes contre les processus de mercantalisation de l'université. Par conséquent le 11 mai prétendait être, et il l'a été, un pas de plus sur le chemin de confluence qui doit aboutir à la grève européenne d'étudiants, qui déjà est proche, du 17 novembre.
Cette journée de mobilisation a eu différentes expressions, tant dans l'État espagnol, que dans le reste de l'Europe. Elles ont varié selon les contextes et les conjonctures, depuis des occupations de rectorats, des bloquages de routes, des manifestations par les universités et des grèves dans quelques villes.
À Madrid l'Assemblée Contre la Mercantalisation de l'Éducation (ACME) a décidé de convoquer une journée de grève, qui avait comme précédent la mobilisation du 4 avril, celle-ci ayant servie à chauffer les moteurs. La proximité des examens et une certaine usure des activistes d'ACME après une année de mobilisations, a rendu plus difficile pour eux-mêmes la préparation de la grève. Mais malgré cela, nous avons élaboré un ambitieux calendrier d'activités qui s'est conclu le 11 mai avec une grève et une manifestation suffisamment importante pour être une bonne fin des festivités et permet pour l'année qui vient de commencer avec de nouvelles forces la lutte contre ce modèle d'EEES.
Le calendrier préalable à la grève du 11 mai, a été composé de multiples activités entre lesquelles nous pouvons souligner : les actions effectuées dans les manifestations du 1er mai, le concert du 6 mai au CSO EL CABO, plus de trente petites conférences et débats dans des instituts et des universités, les communiqués d'appui de professeurs et certains syndicats aux mobilisations du 11, les différentes conférences dans tout le pays qu'ont effectuées les camarades d'ACME pour étendre la mobilisation et l'extension du réseau de coordination qui a été effectué au FSE d'Athènes.
Toutes ces activités ont rendu propice, dans une certaine manière, une atmosphère de mobilisation qui a résisté à la désinformation et à l'apathie qui existe dans la Communauté universitaire avec le processus de construction des EEES. Malgré cela, la grève a été majoritairement suivie dans les facultés historiquement les plus mobilisées (Politiques, Sociologie et Philosophie UCM) avec la réserve d'Environnementaux de l'Université Alcala et du campus de Getafe de Carlos III.
La Manifestation a commencé dans la gloriette d'Atocha à 12 :14 heures dans une atmosphère ludique et combative, avec un nombre important d'étudiants de l'enseignement secondaire. Pour aider à dynamiser la manifestation et favoriser l'intervention politique des différents secteurs qui formaient la manifestation, on a organisé un camion de sonorisation depuis lequel on a effectué différentes interventions politiques, avec des thématiques très variées, en exposant une multiplicité de subjectivités contre l'application des EEES.
Ces interventions abordaient des thèmes allant de la suppression de titres suite à l'application des EEES, la précarité du travail, la répression contre les étudiant-e-s (jugements pour les mobilisations contre la LOU à Séville, à Madrid, au Pays Basque, en Galice, jusqu'aux plus récents cas de répression contre la manifestation du 4 avril dernier) à la lecture, par les camarades du bloc libertaire, d'un manifeste en défense d'un modèle auto-géré de l'éducation.
Après une heure de parcours, la manifestation comptait quelque 5000 personnes plus ou moins, à l'heure où l'on effectuait un hommage émouvant aux avocats spécialistes du droit du travail, devant le bâtiment où ils furent assassinés pendant la transition par des fascistes pistoleros.
La manifestation s'est terminée à la Puerta del Sol, après plus de deux heures de manifestation, avec la lecture du manifeste d'ACME et l'appel à continuer la lutte contre ce modèle d'EEES au prochain semestre, en marchant de manière ferme et décidée vers la convergence des luttes européennes pour une autre université et pour une autre Europe, ce qui se passera très bientôt, le 17 novembre.
http://www.nodo50.org/acme

A ce titre, la Coordination Nationale Unitaire en France avait elle aussi appelé à une grève européenne et à des actions massives le 11 mai, sur ses revendications qui exigent entre autres l'abrogation de la réforme LMD, en soutien notamment aux camarades espagnols en lutte contre le Processus de Bologne.
8. Informations diverses
8.1 : Pétition nationale « Nous les prenons sous notre protection »
http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=24

8.2 : Quand l’obsession de la paix civile qui irrigue les programmes conduit à un dévoiement de la leçon des Lumières : un texte de Robert Weiner
http://www.ecoledeslettres.fr/pdf/7_R_Wainer.pdf
8.3 : Encore étudiants en journalisme et déjà jaunes : un article du « Plan B »
http://www.leplanb.org/page.php?article=12&PHPSESSID=65d935e344b38db5425a9ff4f3087ea8
Qui étaient les plus fervents opposants au blocage de l'université de Tours au cours de la lutte antiprécarité de ce printemps ? Des étudiants de l'IUT de journalisme. Lors d'une assemblée générale à laquelle assiste Le Plan B, l'un d'eux prend la parole : « Le blocage de l'IUT doit cesser. Nous, nous avons des stages pratiques avec des professionnels qui viennent parfois de Paris : deux mois pour apprendre le métier de journaliste. Nous ne pouvons pas les louper, sinon nous n'aurons jamais la connaissance du travail sur le terrain. » L'orateur a déjà assimilé l'essentiel du métier : négliger le terrain sous ses semelles et courtiser ses supérieurs. Béatrice Schönberg fut séduite : « Après une AG mouvementée, une vingtaine d'étudiants ont même porté plainte, à l'initiative de l'IUT de journalisme », triompha Mme Borloo le 10 mars. Yoann Gillet, étudiant en journalisme à Tours et porte-parole des jaunes, n'eut plus qu'à bramer que « le blocus ne sert à rien dans la lutte contre le CPE. [...] Pour nous ce sont des atteintes aux libertés publiques » (« 20 heures » - France 2, 10.3.06). Yoann, on te souhaite une belle carrière...
8.4 : La capitalisation de la justice
Il n'y a pas que l'éducation qui soit restructurée et dont le mode de production s'adapte à la logique du capital : standardisation, rendement, etc. Le primat de la logique économique se fait évidemment au détriment des droits des accusés.
Un excellent dossier dans Libération du lundi 15 mai. Extraits
« On gère maintenant la justice comme une entreprise comptable, en flux et en stocks. Et il s'agit de déstocker un maximum »
« En privé, ils parlent d'abattage ou des trois-huit. Mais peu osent ouvertement critiquer la tâche qu'on leur inflige. Carrière, notations et tradition d'obéissance y sont pour beaucoup. »
« Une audience où l'on rend justice en onze à dix-huit minutes »
« A cette audience, 16 prévenus ont été jugés. Au début, le rythme était de dix-huit minutes par dossier, pour finir avec une moyenne de onze minutes. 57 mois de prison ferme ont été distribués à 11 personnes. »
Pour Dominique Dray, anthropologue, une des marques de compétence pour ces magistrats est la rapidité. Elle affirme : « Très souvent, les substituts n'avaient pas eu le temps de lire les dossiers et les découvraient à l'audience. Quant aux juges, ils avaient souvent moins de deux heures pour lire l'ensemble des dossiers (environ une trentaine). Ils avaient fini par développer une technique de lecture ciblée et rapide.

Avec ce dispositif, l'institution judiciaire est mue par une logique de la production pénale : toujours plus de poursuites, toujours plus de jugements. »

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