Le Comité consultatif national d'éthique publie un avis sur les enjeux économiques, sociétaux et scientifiques du décryptage de l'adn





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Souris génétiquement modifiées
Mais ces vertus cachent un terrible vice. La sénescence nous fait… vieillir. En 2008, l’équipe de Jan van Deursen, à l’université de Rochester (New York), démontrait un lien entre les cellules sénescentes et certains effets du vieillissement. En 2011, ils allaient nettement plus loin et parvenaient à retarder l’apparition de ces mêmes pathologies en supprimant les fameuses cellules. Mais, pour ce faire, ils avaient utilisé un modèle de souris génétiquement modifié à vieillissement accéléré, bouleversant au passage la physiologie de l’animal. Qu’adviendrait-il avec des rongeurs « normaux » ?
Cette fois, l’équipe américaine balaie cette dernière objection. Leurs souris sont certes génétiquement modifiées. Mais c’est uniquement pour permettre d’éliminer les cellules que l’on souhaite, au moment où on le souhaite. Ces rongeurs ont en effet la particularité de produire une enzyme dans les cellules sénescentes que l’on peut activer par l’injection d’un produit catalyseur. Avec pour effet de provoquer l’apoptose desdites cellules, autrement dit leur mort. En revanche, ces souris vivent, sans intervention, comme toutes leurs congénères, environ deux ans.
Mais, si à mi-vie on commence à leur injecter l’enzyme, deux fois par semaine, jusqu’à ce que mort s’ensuive, leur espérance de vie moyenne est prolongée de presque un tiers par rapport à un échantillon témoin. Un résultat spectaculaire. Mais ce n’est pas seulement la vie qui est allongée, c’est aussi la jeunesse. A 22 mois, les souris traitées apparaissent en meilleure santé, leur activité comme leur capacité exploratoire sont mieux préservées et elles souffrent moins de cataractes. Elles sont également moins touchées par les pathologies cardiaques, rénales ou graisseuses, typiques du vieillissement. Enfin, le déclenchement des cancers est retardé.
Ce dernier fait est notable, car les cellules sénescentes sont réputées jouer un rôle important dans la prévention de certains cancers. « Or, nous n’avons observé aucun dommage collatéral », assure Jan van Deursen. Pas de tumeurs supplémentaires, donc, ni à l’observation ni à l’autopsie. Seule la capacité de cicatrisation apparaît clairement ralentie.
L’étude présente toutefois quelques résultats contrastés. Ainsi, les cellules sénescentes n’ont pas été éliminées de certains organes essentiels comme le foie ou le côlon. Les lymphocytes (cellules immunitaires) sont également restés sourds aux injections. Ailleurs, la disparition des cibles n’a eu aucun effet : la dégradation des capacités motrices, de la force musculaire ou encore de la mémoire reste inchangée. « Est-ce parce que le modèle de souris était mauvais, parce que d’autres types de cellules sénescentes étaient à l’œuvre ou parce que la sénescence ne joue aucun rôle dans ces fonctions, l’étude ne permet pas de le dire », affirme Dominic Withers, professeur de médecine et chercheur à l’Imperial College de Londres. « Cela invite à poursuivre le travail, comprendre les mécanismes fondamentaux qui sont ici en jeu, plutôt que de se ruer sur la recherche d’une application pour l’homme », souligne Miroslav Radman, figure de la recherche sur le vieillissement, professeur émérite à l’université René-Descartes et membre de l’Académie des sciences. Car là résident les deux voies qui se présentent aux chercheurs.
Pouvoir de la restriction calorique sur la longévité
Du côté des sciences fondamentales, la recherche avance tous azimuts. Le rôle des gènes dans les processus de vieillissement a été ainsi largement exploré. La seule modification d’une séquence dans un seul gène peut ainsi multiplier par deux la durée de vie du ver C. elegans. De plus en plus de chercheurs étudient, de leur côté, le pouvoir de la restriction calorique sur la longévité. Le même ver, mais aussi la mouche du vinaigre ou la souris ont vu leur durée de vie augmenter de… 30 %, là aussi, sous l’effet de régimes alimentaires moins riches.
D’autres encore étudient les phénomènes d’oxydation ou le rôle des télomères, qui protègent l’extrémité des chromosomes au fil des divisions cellulaires. « Une véritable révolution conceptuelle est en cours, insiste Jean Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d’éthique. La jeunesse, le vieillissement et la durée de vie ne dépendent pas uniquement du passage du temps, mais de processus actifs, dans le corps et dans son environnement. » Mais la quête de l’éternelle jeunesse ne va-t-elle pas faire passer au second plan cet appétit de compréhension fondamentale ? Au-delà de l’engouement récent pour le jeûne, chercheurs et industriels sont lancés dans la course au remède miracle. « Plusieurs laboratoires cherchent à trouver des médicaments susceptibles d’éliminer les cellules sénescentes, le potentiel est immense », se félicite Jan van Deursen. « Le problème majeur serait de conduire des essais pendant trente ans sur des personnes jeunes en bonne santé avec le risque d’effets secondaires importants », souligne toutefois Jean Claude Ameisen.
Plus facile d’offrir une cure de jouvence aux malades âgés ? Peut-être. Des chercheurs ont en effet montré qu’en mêlant la circulation sanguine de deux souris, une vieille et une jeune, la vieille « rajeunissait », autrement dit perdait les dégradations dues à l’âge. Seul problème : la jeune vieillit. Les scientifiques vont devoir être imaginatifs.

PERSONNALITÉS, FILMS ET OUVRAGES

Une chaire de philosophie inaugurée dans un hôpital parisien

Philosophie Magazine du 26 janvier 2016 par Cédric Enjalbert
La philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury inaugure une chaire de philosophie à l’Hôtel-Dieu (Paris), accessible à tous les publics, afin de faire de l’hôpital “un lieu ouvert, de circulation et d’échange des savoirs”.
« Réinventer la relation au soin, à la maladie, à la vie » : c’est avec ce crédo que la philosophe Cynthia Fleury inaugure, ce mardi à 18 heures à l’Hôtel-Dieu (Paris), la première chaire de philosophie au monde créée par l’hôpital. Elle tâchera, comme il est écrit dans un mot d’introduction, de faire du soin « une dimension constitutive du sujet dans la Cité », convaincue qu’en « intégrant l’hôpital, la philosophie rappelle la nécessité de penser le soin de façon holistique, et que le premier dispositif hospitalier – avant toute technicité – est la qualité intersubjective et interrelationnelle qui se tisse entre les différentes personnes qui traversent son espace/temps si particulier. »
Auteur notamment d'une Métaphysique de l’imagination et d’un essai sur Les Pathologies de la démocratie, Cynthia Fleury a récemment fait paraître Les IrremplaçablesAinsi qu’elle y insistait dans l’entretien qu’elle nous accordait en 2015, elle défend dans ce livre la nécessité pour chacun de prendre « conscience de son caractère irremplaçable, c’est-à-dire devienne capable d’agir en son nom propre, de penser par lui-même, sans se laisser influencer ou dominer par les autres. Il s’agit de devenir majeur, de se servir de son propre entendement sans direction de conscience ». La philosophe est sur tous les fronts. Également psychanalyste depuis 2009, elle est entrée dans la cellule d’urgence médico-psychologique (Cump) du Service d’aide médicale d’urgence (Samu) en 2011 et au Comité consultatif national d’éthique en 2013. Elle occupe donc aujourd’hui la première chaire de philosophie à l’Hôtel-Dieu. Elle promet d’y délivrer un enseignement ouvert à tous, « patients et passants », remettant au centre de la réflexion non la maladie mais le sujet malade « qui se vit comme sujet et non comme malade. Le soin nécessite de considérer aussi cette singularité. »
À ses côtés, dans le conseil scientifique présidé par le philosophe Frédéric Worms, des médecins, des philosophes et des éthiciens dont Jean Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d'éthique, Marc Crépon, directeur du département de philosophie de l'École normale supérieure mais aussi Claire Marin philosophe auteur d’un roman où elle relate son expérience de la maladie, Corine Pelluchon, qui s'est penchée sur la question de la vulnérabilité, et Jean-Luc Nancy. Tous sont animés par un désir commun : « faire de l’hôpital le lieu de vie et de réflexion, d’entraide et d’itinérance, qu’il est substantiellement. »
Inédite à l’hôpital, cette chaire n’est pas sans précédents. L’Espace éthique de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin ont ouvert la voie de la réflexion éthique. Ce dernier met par exemple à la disposition des patients et de leurs proches, ainsi que des équipes soignantes, « une aide et un accompagnement à la décision médicale éthiquement difficile ».

Comme nous le montrions dans une enquête sur l’éthique à l’hôpital, il regroupe des médecins, des juristes, des sociologues et des philosophes pour répondre aux cas de conscience rencontrés par les familles et les équipes de soins. Et s’il ne délivre jamais d’avis tranché, il sert à éclairer la décision finale
Penser le sujet malade, rendre aux individus les plus vulnérables leurs capacités, « refonder l’hospitalité », autant de défis que Cynthia Fleury et la nouvelle équipe philosophique de l’Hôtel Dieu s’engagent à relever. À suivre.

Euthanasie : la technique des petits pas

Le Figaro du 25 janvier 2016 par Damien Le Guay*
Des députés et des sénateurs se sont réunis en commission mixte paritaire pour voter une nouvelle version de la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. Damien Le Guay déplore une instauration progressive de l'euthanasie dans les esprits.
Le consentement euthanasique est déjà là…
Le 19 janvier, le Sénat et l'Assemblée Nationale, en commission mixte paritaire, se sont mis d'accord sur un même texte législatif. La future loi Leonetti-Claeys devrait être définitivement votée en février. Les partisans de l'euthanasie, bien que soutenu par plus de deux cent députés, se plaignent de n'avoir pu introduire un « droit à mourir ». Le monde des soins palliatifs se rassure tant bien que mal. Le pire fut évité. Et nos politiques ont clairement manifesté une ambition nationale : promouvoir un égal accès aux soins palliatifs et favoriser l'accompagnement dans la dignité. Mais, d'une certaine manière, à force de lassitudes et de petits renoncements, on doit constater, tout en regrettant, qu'après quatre ans de débats, un certain consentement euthanasique se soit installé dans les esprits. Il est désormais un peu partout présent. Consentement médiatique d'abord, avec de nombreuses émissions jamais équitables, rarement contradictoires, toujours pro-euthanasie.
Monsieur Roméro, président de l'ADMD, a son rond de serviette dans les médias. Il y a beaucoup d'amis. Et toute parole contradictoire est vite réduite à la portion congrue ou censurée. J'en ai fait l'expérience comme d'autres. Consentement législatif ensuite avec ce principe d'une « sédation profonde et continue », qui sera inscrite dans la loi. En tant qu'il est un droit, et un droit opposable aux médecins, il risque d'altérer cette confiance indispensable à la dignité palliative. Si l'hospitalité médicale se réduit à une distribution d'actes médicaux demandés par des malades impatients d'en finir avec la vie et arc-boutés à des droits, la bienveillance nécessaire à l'accompagnement palliatif aura plus de mal à s'installer. Doter les malades de toujours plus de droits, n'est-ce pas une manière de remettre en cause l'art médical - qui est une croyance commune autant qu'un savoir-faire et une expertise ? Et le droit de « dormir avant de mourir pour ne pas souffrir » (selon les termes de Jean Leonetti) est une sorte de philosophie d'interruption préalable de la conscience, une manière d'absenter une personne avant sa mort. Elle est là sans être là en attendant de n'être vraiment plus là.
Et quelles que soient les limitations légales et les garde-fous, les médecins pourront de moins en moins refuser d'introduire un patient, à sa demande, dans cette antichambre sédative pré-mortuaire. Car, le malade est seul en mesure d'indiquer si sa souffrance est ou non « réfractaire aux traitements » et s'il souhaite « ne pas prolonger inutilement sa vie » - expression effroyable ! Désormais des outils euthanasiques seront entre les mains des médecins. Avec bonne conscience, ils ne s'en serviront pas d'eux-mêmes mais répondront, non sans hypocrisie, aux sollicitations comminatoires du malade.
Et ce consentement euthanasique est déjà présent aujourd'hui dans les hôpitaux. Avant même le vote de cette loi, nombre d'équipes hospitalières doivent faire face à des demandes pressantes de mise en œuvre de ce droit sédatif. Elles surgissent de plus en plus. Nombreux sont les médecins qui ne savent plus comment s'opposer à ces demandes. Comment juger du caractère « intolérable » d'une souffrance et savoir si « le pronostic vital » est déjà « engagé » ? Avec ce droit à une sédation terminale, des situations inextricables vont apparaître. Comment faire pour clôturer ces phases de sédation quand elles ne se ferment pas d'elles-mêmes et peuvent se prolonger longtemps ? Soit le patient est « réveillé » soit il faudra, un jour ou l'autre, avoir un nouveau droit : celui de n'être jamais réveillé d'une sédation profonde ! Alors, les partisans de l'euthanasie auront gagné. Bien entendu, tout ce qui est donné au consentement euthanasique réduit l'espace d'un authentique accompagnement palliatif. L'accompagnement n'est pas un droit mais une responsabilité mutuellement partagée.
Et puis, le consentement euthanasique est favorisé par Marisol Touraine. Depuis le début elle a clairement indiqué être favorable à l'euthanasie. Elle est du côté des « droits du malade » et de la « fin de vie » plutôt que de celui de l'accompagnement, de la responsabilité éthique, et de la démarche palliative. Si début décembre 2015 elle a dévoilé un plan triennal pour le développement des soins palliatifs (14 mesures, 40 actions pour 190 millions d'euros) voulu par le Parlement, elle n'a pas pu s'empêcher de proposer, début janvier, le docteur Véronique Fournier, à la tête du Centre National des soins palliatifs et de la fin de vie - qui est une pièce maîtresse de ce plan. Ce centre aura pour tâche de promouvoir les soins palliatifs et de lancer, l'année prochaine, une grande campagne nationale de sensibilisation. Véronique Fournier, cardiologue, autrefois au cabinet de Bernard Kouchner, quand il était ministre de la santé, spécialiste de bioéthique, n'a pas d'expérience professionnelle particulière en soins palliatifs, ne connaît pas bien le monde palliatif mais surtout a clairement indiqué, dans ses interventions, que la distinction entre le « faire mourir » et le « laisser mourir » distinction au cœur de la démarche palliative, ne tenait pas. Elle est très critique à l'égard de la loi Leonetti - qu'elle serait chargée de promouvoir - et va même jusqu'à considérer que la médecine doit assumer son « intention de mort ». Face à cette nomination, sans concertation, sans négociation, les équipes palliatives se sentent méprisées. Le mécontentement monte contre le ministre de la santé qui s'en moque !
Les enjeux pour la discussion parlementaire sont doubles. D'une part considérer que trop de droits défensifs risquent de tuer l'éthique. Le sujet de droit est rationnel quand, nous dit Georges Canguilhem, la vie est « anarchique comme un artiste ». D'autre part, en refusant des nominations clivantes, il importe de demeurer dans le consensus politique mis en œuvre par MM. Leonetti et Claeys à la demande du président de la République. La sagesse est fille du consensus ; la prudence doit être au cœur de toutes législations relatives à la fin de vie.
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