Henri Duveyrier chez les Touaregs : le destin saharien d’un saint-simonien rebelle





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Dominique CASAJUS

Henri Duveyrier chez les Touaregs : le destin saharien d’un saint-simonien rebelle

Article paru dans Gradhiva, 33, 2003, pp. 11-31.

Henri Duveyrier avait 24 ans lorsqu’il publia, en 1864, Les Touareg du Nord. La notoriété fut immédiate. Une commission composée de Duval, d’Avezac, Quatrefages et Vivien de Saint-Martin lui décerna — « d’une voix unanime », précise le rapporteur — la grande médaille d’or de la Société de Géographie de Paris. Sainte-Beuve l’accabla d’éloges dans Le Constitutionnel du lundi 21 novembre 1864, lui faisant un mérite d’avoir publié non un « Journal suivi » mais un ouvrage composé selon « la méthode de Volney » (Sainte-Beuve 1874 : 116). De fait, comme l’auteur du Voyage en Syrie et en Égypte1, Duveyrier décrivait successivement l’état physique et l’état politique des pays qu’il avait parcourus entre le 13 juin 1859 et le 2 septembre 1861. La géographie, la géologie, la météorologie, les productions minérales, la flore et la faune étaient d’abord traitées ; l’auteur considérait ensuite les centres commerciaux et religieux ; enfin, il parlait des Touaregs2 septentrionaux, de leur origine supposée, de leur histoire, de leurs caractères distinctifs, de leur vie familiale et sociale. La similitude s’arrête là : Duveyrier n’a pas le regard désolé de son devancier de 1787. Son livre a la fraîcheur d’une première rencontre. Le voyageur n’avait que vingt ans, ses hôtes n’étaient pas encore assujettis.

Sur les quelque vingt-sept mois de son voyage, Duveyrier en avait passé plus de sept à l’ouest du Fezzan parmi les Touaregs Kel-Ajjer. Si d’autres Européens les avaient déjà approchés, aucun n’était demeuré si longtemps auprès d’eux. Heinrich Barth, qui avait traversé leur pays en 1850, n’y avait recueilli que des renseignements sommaires, pressé qu’il était d’atteindre le Soudan (Capot-Rey 1948 : 221). Gordon Laing avait lui aussi séjourné à la fin de 1825 en pays kel-ajjer, où les hôtes de Duveyrier se souvenaient encore de lui ; il avait été assassiné quelque part au nord de Tombouctou le 24 septembre 1826, et ses papiers ramenés à Ghadamès par ses compagnons de route n’avaient jamais été retrouvés. Friedrich Hornemann avait venant du Caire passé quatre mois au Fezzan en 1799, était remonté de là à Tripoli puis s’était dirigé vers le Noupé où il était probablement mort en 1801, ne laissant de son passage dans le Fezzan que quelques lettres envoyées de Tripoli. Quant aux brochures du général Daumas, de l’abbé Loyer, du baron Aucapitaine3, elles ne rapportaient que des témoignages de seconde main, hâtivement recueillis auprès de nomades rencontrés dans les oasis du nord du Sahara. Il s’agissait bien d’une première rencontre — ou du moins de la première rencontre relatée.

Souvent cité jusqu’à aujourd’hui, pillé plus souvent encore, le livre de Duveyrier occupe dans les études touarègues une place particulière, que Francis Rennel Rodd a bien située (Rodd 1926 : 9) : « His systematic study of the ethnology of the Tuareg, his geographical work and his researches into the fauna, flora and ancient history of the lands he visited, were presented to the world in a form which has since been taken in France as the model of what a scientific book should be. » En réalité, on l’a vu, Duveyrier avait au moins un prédécesseur sur ce point, mais il est un fait que Les Touareg de l’Ouest, Six mois chez les Touareg du Ahaggar, Les Touareg du Sud-Est, Les Touareg Ajjer, ou encore Les Touaregs du Hoggar4, semblent imités de son livre, sans en avoir la fraîcheur. Une fraîcheur dont Rodd a compris qu’il ne la retrouverait qu’en suivant un autre modèle. Son People of the Veil est un beau Journal suivi.

Que Sainte-Beuve ait accepté de recenser un livre si différent de ceux auxquels il dédiait habituellement ses Lundis me surprend un peu, et je soupçonne que ses raisons n’étaient pas exclusivement intellectuelles. Quelques mots sur le milieu dans lequel le voyageur avait grandi les feront apparaître. Charles Duveyrier, le père d’Henri, avait été dès sa jeunesse converti au saint-simonisme. C’est dans son appartement que, le 31 décembre 1829, Olinde Rodrigues, celui qui avait reçu et transmis la parole de Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon, accomplit l’un des actes fondateurs de la nouvelle Église : sanctionnant de son autorité les décisions prises une semaine plus tôt par le collège des disciples les plus anciens, il proclama la primauté spirituelle de Saint-Amand Bazard et Prosper Enfantin. En avril 1832, quand Enfantin, devenu le seul Père suprême après que Bazard eut fait schisme, se retira avec quarante apôtres dans sa propriété de Ménilmontant, Charles était du nombre. Sur le gilet que les cénobites devaient marquer de leur nom, il écrivit : « Charles, poète de Dieu ». Poète, il l’était sans doute. Dans un texte écrit cette année-là, La ville Nouvelle ou le Paris des Saint-Simoniens, il détaillait magnifiquement, ville de pierre, de fer et de verre, la nouvelle Jérusalem qui se dresserait sur l’emplacement de Paris après la venue des temps espérés par les quarante prosélytes. Ces hommes ardents que la clôture portait à l’exaltation ne doutaient pas que l’eschaton annoncé par Saint-Simon allait bientôt s’accomplir. En répandant sur elle les réalisations de l’industrie, ils pareraient la terre comme on pare le visage d’une déesse, ils feraient de la Méditerranée le lit nuptial de l’Orient et de l’Occident, ils uniraient la race noire à la race blanche, ils fertiliseraient les déserts, ils les perceraient de routes… Car le désert aurait sa place dans leurs visions, et certains d’entre eux iraient bientôt vers lui : après la fin de l’épisode de Ménilmontant, Enfantin et quelques disciples s’embarquèrent pour l’Égypte, décidés à convaincre Mehemet-Ali de faire creuser « le canal-des-deux-mers rêvé par Napoléon » (Régnier, 2002 : 250).

Lorsque leurs idées sur le mariage eurent conduit les membres de la communauté devant la cour d’Assises au mois d’août 1832, Charles Duveyrier, Prosper Enfantin et Michel Chevalier (le fidèle qui avait célébré dans son Système méditerranéen les noces futures de l’Orient et de l’Occident) furent condamnés à un an de prison. Alfred de Musset qualifia ce châtiment de « bien sévère », jugeant que les extravagances de la secte relevaient moins des tribunaux que « des tréteaux du vaudeville et des variétés »5. Les gens de lettres ne partageaient pas tous sa goguenardise, et quelques-uns furent au moins pour un temps intéressés par la prédication d’Enfantin. C’était précisément le cas de Sainte-Beuve, lequel collabora même à la revue saint-simonienne Le Globe. S’il prit rapidement ses distances avec la jeune Église, il resta en bons termes avec certains de ses membres, et son nom apparaît encore en 1860 dans la correspondance de Charles Duveyrier6. Le lecteur du présent article sachant aussi bien que moi comment les comptes rendus se rédigent, il ne s’offusquera pas si je lui suggère que c’est un peu par amitié pour le père que le critique a recensé l’ouvrage du fils. Cependant, même si le livre a peut-être été déposé sur sa table de travail par des mains amies, les éloges qu’il lui décerne paraissent sincères. En revanche, je crains que le cas Duveyrier ne donne raison à Proust contre Sainte-Beuve. S’il est un livre qui, pour paraphraser le Contre Sainte-Beuve, est le produit d’un autre moi que celui que l’auteur a manifesté dans sa vie, c’est bien Les Touareg du Nord. Cet article parlera des deux Duveyrier, celui qui a produit le livre et celui qui s’est manifesté dans son voyage.

Les anathèmes du père suprême

À l’époque où Henri préparait son voyage, les quarante de Ménilmontant étaient depuis longtemps rentrés dans le siècle, et pour la plupart revenus de leurs chimères. L’épisode égyptien s’était achevé, et Ferdinand de Lesseps réalisait à leur place le rêve de Napoléon. Mais beaucoup d’hommes distingués, qui ne gardaient de Saint-Simon que sa foi dans les promesses d’une industrialisation alors naissante, se réclamaient d’un saint-simonisme terrestre et pragmatique. Banquiers, industriels, publicistes, officiers, ils avaient la faveur de Napoléon III et leur influence dans les cercles du pouvoir était considérable. Michel Chevalier enseignait l’économie au Collège de France ; Prosper Enfantin, sans avoir renié les croyances dont il s’était voulu le prophète, figurait dans les conseils d’administration de plusieurs sociétés ; quant à Charles Duveyrier, il partageait son temps entre la littérature, le journalisme et des entreprises financières le plus souvent malheureuses. Il destina d’abord son fils à la carrière commerciale. Émerit croit qu’il voulait faire de lui le rénovateur saint-simonien du commerce, comme d’autres l’avaient été pour l’industrie, les transports et la banque (Émerit 1941 : 220), mais je doute fort que la Doctrine ait gouverné sa vie de façon si entière. Dans une notice autobiographique écrite vers 1864, Henri lui-même présente les choses plus simplement — et plus plausiblement (AN 47 AP 47) :

Je suis né en 1840 ; j’ai fait mes classes jusqu’à la troisième, moment où mon père me conduisit en Allemagne, pour diriger mon éducation dans une voie qui donnât l’indépendance et le gagne pain plus rapidement que la filière universitaire tout en formant l’esprit.

Charles fut soutenu matériellement par l’homme d’affaires Arlès-Dufour, un converti de la première heure dont les réserves à l’égard de l’épisode de Ménilmontant n’attiédirent jamais ni l’affection pour Enfantin ni la générosité envers la Famille (ARS. 7720/123) :

Il est certain pour moi, lit-on dans une lettre du 11 août 1861 de Charles Duveyrier à Enfantin, qu’Arlès a eu à un moment donné, quand il a cru que Henri emboîterait le pas commercial, l’intention de faire de ce cher et digne enfant, un de ses enfants. Il avait vu la maman en rêve [la mère d’Henri était morte en 1854]. Il me disait : J’en fais mon affaire ! Il est à moi ! Ne vous inquiétez plus de lui !…

Mais Henri avait d’autres aspirations. L’autobiographie citée plus haut se poursuit ainsi :

Je passai un an à Lautrach près du Tyrol, puis un an à Leipzig (Saxe), où tout en suivant les cours de l’école de commerce, je prenais des leçons d’Arabe du célèbre orientaliste Fleischer, professeur de langues orientales à l’Université. Déjà alors, agé [sic] de 16 ans, j’avais conçu le projet d’explorer quelque partie inconnue du continent africain.

Son père s’inclina et lui fournit même les ressources nécessaires pour entreprendre en 1857 un voyage d’essai jusqu’aux lisières du Sahara : guidé par le saint-simonien Oscar Mac Carthy qui plus tard aiderait Charles de Foucauld à préparer son exploration du Maroc, Henri atteignit Laghouât et eut l’occasion de se lier d’une brève amitié avec un jeune Touareg. Puis, après une année de préparation à Londres sous la direction d’Heinrich Barth, il se remit en route en mai 1859.

Faut-il penser avec Émerit que ce voyage fut une mission à lui confiée par la Famille saint-simonienne ? Là encore, une telle vue me paraît excessive. Sans doute les saint-simoniens attachaient-ils toujours un grand prix à l’exploration d’un désert où plusieurs d’entre eux s’étaient aventurés dès la dispersion de la communauté de Ménilmontant. Mêmes si les années écoulées et les déconvenues accumulées avaient engourdi en eux l’exaltation des premiers temps, leur aspiration à franchir cette barrière de sable et à rapprocher les peuples qu’elle séparait ne les avait pas quittés. Dès 1838, Charles Lambert, un ancien de Ménilmontant que nous retrouverons, remontait le cours du Nil pour le compte de Mehemet-Ali ; en 1844, Ernest Carette, un officier du génie qu’Enfantin avait attiré au saint-simonisme vers 1840 alors que tous deux participaient aux travaux de la Commission d’exploration scientifique de l’Algérie, publiait un opuscule qui fut la meilleure source de renseignements sur le Sahara jusqu’à la publication des Touareg du Nord ; en1848, Louis Prax, un polytechnicien qui avait comme Lambert été de l’équipée égyptienne, atteignait Touggourt et Biskra ; dans La Colonisation de l’Algérie, Enfantin lui-même dressait en 1842 une liste de questions auxquelles il lui paraissait urgent d’apporter des réponses (cité in Émerit 1941 : 208) :

… où commence le grand désert, s’il y a un désert, ce que c’est que le désert, s’il est partout inhabité, s’il y a des eaux, des lacs, une mer peut-être ; si, […] sur la limite septentrionale de ce désert, il y a des Touariks, comme il y en a au Sud, à l’Est, à l’Ouest […] quelles sont les relations du Maroc avec Tombouktou, et si nous pouvons en profiter…

Mais je ne suis pas sûr qu’il était nécessaire d’être pénétré de philosophie saint-simonienne pour ambitionner d’explorer le Sahara. Après tout, Heinrich Barth, le seul homme qu’Henri Duveyrier ait considéré comme son maître en ce domaine, ne l’était pas. Disons qu’après avoir d’abord pris au dépourvu son père et son bienfaiteur, sa vocation ne pouvait être vue qu’avec faveur par son entourage saint-simonien. Arlès-Dufour et Isaac Pereire, un autre saint-simonien qui lui aussi s’était tenu à l’écart lors de l’épisode de Ménilmontant, lui fournirent des subsides.

La bibliothèque de l’Arsenal conserve une note où Duveyrier a soigneusement détaillé son projet peu avant de quitter Paris. Datée du 8 avril 1859 et intitulée Note sur un projet d’exploration du Sahara et du Touat, elle est citée par Émerit comme une lettre à Enfantin (Émerit 1941 : 221). En réalité, elle ne porte aucune mention de son destinataire, et tout ce qu’on peut dire est qu’elle figure effectivement dans le fonds Enfantin au côté de plusieurs lettres réexpédiées au Père suprême. Si elle n’a pas été envoyée directement à Enfantin, elle lui aura vraisemblablement été remise par son destinataire premier, sans doute Charles Duveyrier ou l’un des deux bienfaiteurs d’Henri. Après une année passée dans le Mzab pour s’acclimater et parfaire sa connaissance de l’arabe, le voyageur projette de visiter deux régions : le Touât, centre de production agricole et voie de passage pour les marchandises qui s’échangent entre le Soudan et la Méditerranée (ce sont là des renseignements qu’il doit sans doute à Prax) ; le massif de l’Ahaggar (le Hoggar des Arabes), où les Touaregs Kel-Ahaggar vivent de l’élevage et « n’ont pas coutume, comme leurs frères les Touareg Azgar [les Kel-Ajjer], d’aller piller les caravanes ». Il a une idée fort claire de la tâche qui l’attend dans ce Sahara algérien déjà « traversé en divers sens par des colonnes et même par des voyageurs isolés mais jamais encore étudié par un observateur stationné » (ARS 7720/239) :

Selon moi un explorateur doit s’appliquer à embrasser le plus de faits possible ; il doit être à même de dépeindre les contrées qu’il a visitées sous leurs différents aspects, en faire connaître la géographie, les variations de températures, les minéraux, les végétaux et les animaux, les mœurs, leurs affinités de races, leurs religions, leurs langues et leur histoire, leurs relations commerciales et leur état politique.

C’est à peu près le sommaire des Touareg du Nord, sauf que le livre ne traitera ni du Touat ni des Kel-Ahaggar. Un seul détail dans ce texte pourrait à la rigueur être d’inspiration saint-simonienne. L’auteur observe que l’ouverture d’une route caravanière à travers le Sahara permettrait d’importer du Sénégal la main-d’œuvre dont l’Algérie a besoin — préoccupation absente de ses textes ultérieurs, alors qu’on la retrouve dans une lettre adressée à Enfantin par Gustave d’Eichtal, un autre ancien de Ménilmontant8. S’est-il senti obligé de se mettre, au moins sur ce point, en conformité avec les vues de ceux qui finançaient son voyage ? Je ne peux que poser la question. Quoi qu’il en soit, une fois en route, il prit ses distances avec cette pesante tutelle. Deux lettres en témoignent. La première, datée du 18 août 1859 à Ghardaïa, est adressée à Charles Lambert (ARS 7720/238) :

Monsieur et cher maître

Vous me trouvez peut-être bien négligent de ne pas vous avoir écrit jusqu’à ce moment. Mais il y a une chose qui m’a retenu et qui me retiendra encore vis-à-vis de vous, c’est que je sais que les détails que je pourrais vous donner seraient sans intérêt direct à vos yeux […].

J’ai mis de côté pour le moment tout espoir de recherches sur les sujets religieux, j’avoue franchement que je risquerais à y perdre la tête, et j’ai lieu de souhaiter que pareille chose n’arrive ni au propre ni au figuré. Pour le présent, je me contente d’une incrédulité sans bornes pour tout ce qui est hors des choses et des phénomènes de ce monde, et je n’en suis pas malheureux contrairement à ce que j’aurais cru. Je mange avec autant d’appétit, mon blé, ma viande et mes citrouilles bouillies, car tel est mon ordinaire invariable. […]

Disons pour situer le destinataire de cette lettre que ce polytechnicien talentueux et profondément généreux était demeuré en Égypte bien après que la lassitude ou le changement d’humeur en eurent fait revenir ses compagnons, y avait dirigé jusqu’en 1849 une école où se forma une génération d’ingénieurs égyptiens9, et vivait depuis son retour en France dans le proche entourage d’Enfantin. Jusqu’à sa mort, il ne varia jamais dans sa fidélité à celui dont chaque parole était pour lui « parole du Père »10. Son adhésion au saint-simonisme, restée de nature religieuse, lui inspira des spéculations publiées par la Revue philosophie et religieuse. Je suis sûr, compétent et bienveillant comme il l’était, qu’il s’est empressé de répondre aux questions d’astronomie que Duveyrier lui adresse dans la suite de la lettre.

La seconde lettre, datée du 9 novembre à Laghouât, est adressée à Enfantin. On doit la citer intégralement (ARS 7720/236) :

Père

Vous avez été très bon pour moi, et je crains que vous n’ayez pris pour une marque d’oubli le long silence que j’ai tenu à votre égard. Il est assez temps que je me justifie, et je vais vous écrire aujourd’hui, quelque bête que doive vous paraître ma lettre. Je pense souvent à vous, Père, et la raison pour laquelle j’ai si longtemps hésité à vous donner directement de mes nouvelles, la voici : je me trouvais très embarrassé pour trouver quelque chose qui vous convînt, dans mon idée. J’ai beaucoup de raisons pour ne pas vouloir être Saint Simonien. Et je me croyais obligé à vous exposer mes motifs dans ma première lettre, ce qui aurait pu vous paraître très outrecuidant. Somme toute je préfère que vous me croyiez un enfant capricieux.

Il me semble que si je vous parlais des choses que je raconte à mon père et à mes amis, je vous ferais un tort, et lorsque je suis sur le point de prendre le ton philosophique, je me souviens de ce que j’étais le frère de Bébé11, donc un marmot qui doit encore se taire, et devant vous plus que devant tout autre.

Vous me permettrez donc de me taire, et d’écouter, parce que, quoique je ne veuille pas être Saint Simonien, j’ai un faible pour la philosophie. Je suis en cela comme les vieilles bonnes femmes qui préfèrent lire la messe en latin quitte à ne rien comprendre. Il faut espérer que le bon Dieu leur en saura gré ; soyez alors indulgent pour moi.

Je regrette beaucoup d’avoir à vous annoncer que le beau poignard que vous m’aviez donné m’a été volé, je le regrette d’autant plus que je n’avais pas encore commis un seul petit crime avec cette arme.

Adieu, Père, je souhaite pour Pierre qu’il soit un bon Saint Simonien, et que vous soyez aussi bon pour lui que vous l’avez été pour son frère. Je suis sûr en tout cas qu’il vous aimera plus que ma triste figure. — je n’oublierai ni votre bienveillance ni vos bons enseignements, mais je ne puis pas m’empêcher de vous en vouloir. Je vous souhaite de tout cœur une parfaite santé.

Votre petit-fils dévoué. Henry12 Duveyrier.

Les commentateurs ne se sont guère attardés sur ces deux lettres, quand ils ne les ont pas tout simplement ignorées. Elles sont pourtant révélatrices. Voilà un jeune homme de dix-neuf ans qui depuis le 13 mai, jour où il a quitté Biskra, marche dans un désert dont il a atteint la zone encore insoumise. Un de ses domestiques a tenté de l’empoisonner, des nomades ont voulu lui interdire leur puits, les Mozabites lui ont d’abord refusé l’accès à leurs livres saints, les Cha’amba l’ont expulsé d’El-Goléa qu’aucun Européen n’avait jamais approché ; et lui, dans les lettres qu’il envoie à son père, sourit de ces périls comme d’autant de jeux proposés à l’enfant qu’il n’a pas vraiment cessé d’être. Une angoisse pourtant le tourmente, ancienne sans doute, dont il ne dit rien à son père. Il songe à ce qu’il s’est résolu d’avouer à deux vieillards qu’il connaît depuis toujours : « Je ne suis pas saint-simonien ». Autrement dit : je n’ai que faire des croyances qui ont guidé votre vie, dont votre jeunesse a alimenté ses folies et que vous tenez tant à me faire partager. Confession si difficile qu’il a dû mettre l’Erg et la mer entre eux et lui pour s’en donner la force. Il écrit d’abord au doux Lambert puis attend trois mois pour oser faire de même avec Enfantin, assortissant ses lettres de quelques plaisanteries et d’un peu d’insolence pour raffermir son cœur. Et, dans la lettre à Enfantin, il glisse juste avant les déférentes formules de conclusion un reproche dont je suis sûr qu’il compte plus encore à ses yeux que l’aveu d’incroyance : je ne puis m’empêcher de vous en vouloir. Un reproche qu’il ose à peine se donner le droit de formuler. La grave et tutélaire présence du vieux prophète a décidément pesé bien lourd sur l’enfance du voyageur, car c’est bien de cela qu’il s’agit et non du saint-simonisme en soi ; il n’est pour s’en persuader que de comparer le ton de ces lettres à celle du 7 juin qu’il a écrite de Biskra à Ismayl Urbain, un autre saint-simonien pourtant. Là, l’affection et la reconnaissance se disent sans réserves, et il est assez en confiance pour laisser deviner son appréhension (ARS 13739/153) :

Vous voyez combien vos recommandations m’ont été précieuses. L’expérience m’a appris que sans elles je n’aurais rien pu faire du tout, tandis que me voilà à la veille de quitter le dernier poste français, pour aller à l’ouest Mezab par une route qu’aucun Européen n’a encore suivie, et de commencer la partie de mon voyage où mon appréciation seule décidera des pas que j’aurai à faire.

Ismayl Urbain est une figure atypique du saint-simonisme, l’un des plus attachantes aussi. Né à Cayenne d’un créole et d’une quarteronne, il est venu à Ménilmontant un peu après la première heure. En Égypte, il s’est converti à l’islam, moins par conviction religieuse que par désir de se rapprocher des Arabes. En Algérie où il a servi de nombreuses années comme interprète, ses plaidoyers en faveur des indigènes lui ont valu à la fois la haine des colons et l’attention de Napoléon III à qui il inspirera la politique dite du « Royaume arabe »13. Une politique qui aurait pu avoir des effets heureux si l’Empereur avait été moins velléitaire. Le mariage de l’Orient et de l’Occident, l’union de la race noire et de la race blanche (sujet sur lequel il a écrit un essai avec d’Eichtal) ne sont pas de vains mots pour lui comme ils le sont peut-être pour ces compagnons. À l’époque où il a reçu cette lettre, il résidait à Paris. Il a recommandé le voyageur à des notables algériens et à des militaires qu’il avait connus à Constantine où il a longtemps résidé, recommandations qui se sont avérées précieuses. À un saint-simonien comme celui-là, trop rebelle lui-même pour verser dans le prosélytisme, Duveyrier n’avait aucune raison d’en vouloir.

La réponse d’Enfantin ne tarda pas. Elle est datée du 29 novembre, ce qui, vu les délais d’acheminement du courrier, laisse supposer qu’elle a été rédigée dès réception de la lettre de Duveyrier (ARS 7769/11) :

Mon cher Henri

Ta petite lettre vaut infiniment moins que ton silence.

Tant que tu sentiras m’en vouloir et avoir beaucoup de raisons de ne pas être saint-simonien et te tenir en dehors des croyances de ton père, d’Arlès, de moi, non seulement tu feras bien de ne pas me le dire mais je te prierai, à regret, de t’abstenir de toute relation avec moi.

Sans suite [en haut de la page de verso. Semble indiquer que la phrase précédente s’est bien achevée au recto].

Tu ne comprendras pas mieux cette leçon de convenances envers moi que celles que je t’ai déjà données et fait donner à Paris et qui sont la cause de ton mauvais vouloir à mon égard.

Voilà pourquoi je t’avais recommandé pour ton voyage d’emporter et de lire la lettre où Arlès te félicitait d’avoir trouvé sur ta route d’enfant un homme comme moi.

Tu ne me parais pas l’avoir lue.

J’en suis fâché pour toi et je souhaite que tu y songes.

Enfantin

Paris 29 9bre 1859

Charles Duveyrier s’était déjà fait réprimander ainsi près de trente ans plus tôt. En 1832, ayant eu l’imprudence d’annoncer à Enfantin une « simple lettre », il avait eu cette réponse (Charlety, 1964 : 63-64) :

Une simple lettre ! Elle ne me sera pas adressée. Lorsque vous saurez parler à Moïse, à Jésus, à Saint-Simon, Bazard et moi recevrons vos paroles. Avez-vous bien songé que nous n’avons, Bazard et moi, personne au-dessus de nous, personne que celui qui est toujours calme, parce qu’il est l’éternel amour.

En 1859, je pense qu’aucun de ses fils en Saint-Simon n’aurait accepté un tel langage de la part du Père suprême. Les lettres de Charles Duveyrier de cette période, toujours respectueuses, étaient devenues familières. Mais le vieillard aimait encore à prendre la pose du prophète avec les jeunes gens de son entourage, petits-fils qui ne jouissaient sans doute pas à son égard des libertés que leurs aînés s’étaient octroyées. Et Henri moins qu’aucun autre : on n’est pas impunément le fils du Poète de Dieu. Puisqu’il doutait, il devait jusqu’au repentir être rejeté dans les ténèbres extérieures. Ce lointain anathème dut cependant lui paraître bien dérisoire au milieu des périls qu’il traversait. Plus tard, dans des circonstances dramatiques dont j’aurai à parler, la culpabilité reviendrait.

Plus encore que celles de Duveyrier, cette lettre assez odieuse est passée inaperçue. Émerit, le seul à la mentionner, ne l’a lue que distraitement14. Elle oblige à corriger le portrait d’Enfantin en vieillard bonhomme que nous propose Charlety dans son Histoire du saint-simonisme. À supposer que le voyage de Duveyrier ait été patronné par la Famille, il ne le commençait pas avec la bénédiction du Père. Celui-ci n’a pas un mot de conseil ou d’encouragement, au contraire d’Urbain et, on peut le penser, de Lambert. Absorbé dans la contemplation de lui-même, l’entreprise de Duveyrier lui est indifférente.

Ces échanges avec les aînés de la Famille sont à rapprocher de ce qu’il écrit à Ghardaïa sur la première page de son journal de route, le 23 juin 1859 (AN 47 AP 6) :

Avant de commencer le récit du premier voyage que j’entreprends par amour pour la science et pour satisfaire une grande passion pour les découvertes de contrées lointaines, je veux résumer en peu de mots mes intentions, afin que l’on n’aille pas chercher dans mes travaux ce que je n’ai jamais promis de faire.

Depuis l’âge où les idées commencent à prendre une tournure raisonnable, un attrait invincible m’a attiré vers le continent africain ; en 1857, lorsque je visitai la province d’Alger, et que je fis connaissance avec le désert auprès de l’oasis de Laghouat, je me promis bien d’y revenir, et, maintenant, je mets à exécution les projets que j’avais formés, presque sans y faire de modifications. Toutes les fatigues et les privations qui m’attendent sur la route pénible que je me suis tracée, tous les risques que je vais courir, seront amplement récompensés si je puis concourir en quelque chose au progrès de la connaissance du continent qui, depuis les dernières découvertes dans le centre de l’Australie, est encore celui qui est le moins connu.

Par quelles promesses non faites craint-il qu’on le tienne pour lié ? Et à qui dénie-t-il par avance le droit de les chercher dans ses travaux ? Aux destinataires de sa Note d’avril ? Il paraît en tout cas prendre le contre-pied de ce qu’il y écrivait. Il évoquait la perspective d’un Sahara ouvert aux routes caravanières, montrant ainsi que son voyage pourrait rendre des services, alors qu’il le présente aujourd’hui comme une entreprise désintéressée, animée par le seul souci de la connaissance. Et surtout il rappelle qu’il en a formé le projet bien avant l’écriture de la Note, et qu’il a même commencé à y penser dès l’enfance. À cette page écrite pour lui-même, il confie ce qu’il n’a sans doute pas osé dire à ses bienfaiteurs : « quelque gré que je vous sache de votre aide, ne prétendez pas m’avoir inspiré ce que j’entreprends aujourd’hui ». À vrai dire, je n’exclus pas que des conversations entendues dans son enfance aient influencé sa vocation, mais il avait besoin pour la réaliser de se persuader d’abord du contraire.

Rien ne se passa comme il l’avait prévu. Les subsides d’Arlès-Dufour et de Pereire ayant eu tôt fait de s’épuiser, des crédits gouvernementaux prirent la relève, obtenus grâce à l’entregent des amis saint-simoniens de son père. En contrepartie, il devait recueillir tous les renseignements pouvant servir à l’établissement de relations commerciales entre le Soudan et la colonie algérienne, et disposer les esprits à cette perspective. Son voyage prenait une allure plus officielle et perdait de sa gratuité. D’explorateur, il devenait presque un diplomate. On le laissait néanmoins libre de choisir ses itinéraires et de conduire parallèlement des investigations personnelles. Même sur ce point, il ne réalisa pourtant rien de ses projets. Le Touât ayant été mis en effervescence par les mouvements des colonnes françaises sur ses confins septentrionaux, il ne put s’en approcher. Il n’alla pas non plus chez les Kel-Ahaggar, mais séjourna chez leurs voisins kel-ajjer, ces Azgar que sa Note d’avril 1859 peignait en pilleurs de caravanes. Il ne cessa d’envisager de nouveaux itinéraires, auxquels les obstacles qui surgissaient lui faisaient à chaque fois renoncer. Après avoir abandonné l’idée de visiter le Touât et le Hoggar, il songea à rejoindre le Bornou par le Fezzan, pour atteindre ensuite le pays haoussa. Il s’imagina même que les autorités françaises pourraient envoyer un aviso à sa rencontre dans l’embouchure du Niger. Au bout du compte, il ne dépassa pas Ghât, dont les portes se fermèrent devant lui, et revint épuisé à Tripoli15. Son livre aura été le sous-produit d’une entreprise qui garderait pour lui le goût de l’inachevé. Les Touareg du Nord devait être suivi d’un ouvrage sur le commerce saharien, qu’il n’écrivit pas, et d’un voyage au Soudan, qu’il ne fit pas. Mais les lenteurs, les obstacles invaincus, l’hostilité des Touâtiens et de Ghâtia l’auront contraint à rester sept mois durant l’« observateur stationné » des Kel-Ajjer. Cet objectif-là, il l’a réalisé, et le reste aujourd’hui n’a plus vraiment d’importance.

L’observateur stationné

Une lettre à son père du 13 février 1861, adolescente et grave comme toutes celles qu’il lui écrivait, donne une idée de ce en quoi consista son observation stationnée. Il est alors dans le campement d’Ikhenoûkhen, le chef des Kel-Ajjer, qui lui a offert sa protection. Les nouvelles qui lui parviennent de Ghât (Rhât dans le texte) sont mauvaises, et il ne pourra finalement pas y entrer, ce qui sera un échec pour lui et une humiliation pour son protecteur (AN 47 AP 1) :

… Tu voudras bien sûr connaître quelle est la vie dans le pays des Touâreg. Le matin je suis réveillé par les cris des petits chameaux qui voient traire leurs mères juste au moment où ils voudraient déjeuner. Ikhenoûkhen m’envoie une jatte de ce lait de chamelle qui n’est pas très agréable au goût, mais très nourrissant et fortifiant. C’est en ce moment la seule nourriture même des seigneurs des Touâreg.

La matinée se passe soit à causer sur les sujets qui m’intéressent, soit à écrire. Quand nous changeons de campement nous ne partons que tard, et nous nous arrêtons toujours avant la fin du jour. Ce serait désespérant si j’étais pressé d’atteindre mon but, mais par bonheur l’habitude des Touâreg coïncide avec mes besoins. Je n’ai aucun intérêt d’atteindre Rhât si tôt, puisqu’on y est mal disposé envers moi. […]

Je fais deux repas par jour, et ils se composent invariablement d’un peu de kouskousi avec ou sans viande selon les circonstances. Je n’ai d’autre délicatesse qu’un peu de café noir sans sucre. Ikhenoûkhen ayant appris que j’avais épuisé jusqu’à mon café m’en a envoyé du sien. Je mange peu à cause du manque de variété de ma nourriture. Une fois arrivé à Rhât j’aurai les moyens d’améliorer beaucoup mon ordinaire.

En somme, je suis assez content de mes guides maintenant. Ikhenoûkhen a des attentions qu’il n’avait pas au commencement. Il est vrai qu’il fallait le temps de le connaître. On parle de partir demain, et je sais qu’une fois démarré de cette vallée, nous n’aurons plus d’arrêt qu’à Rhât qui n’est plus loin.

Ce sont là des lignes comme bien des ethnologues ont en par la suite confié à leur journal. Après tout, qu’est-ce qu’un ethnologue sinon un observateur stationné et, paraît-il, quelquefois participant ? Il est vrai qu’il ne se contenta pas d’observer puisqu’il fut aussi, comme je l’ai dit, une manière de diplomate ; vrai aussi qu’il ne se donna jamais le titre d’ethnologue — le seul label académique qu’il se soit accordé ayant été celui de géographe16. Mais cet aspect au moins de son voyage en fait un ethnologue, mot qu’on peut, à condition de ne lui donner que les connotations qu’il avait à l’époque, lui appliquer sans commettre un anachronisme trop criant : la Société d’ethnologie de Paris existe depuis 1839, et (coïncidence ?) elle compte Gustave d’Eichthal parmi ses premiers membres.

On comprend aussi dans cette lettre que ses rapports avec Ikhenoûkhen n’ont pas toujours été faciles. Leur première rencontre avait eu lieu à Ghadamès six mois auparavant, et il l’avait relatée avec enthousiasme dans une lettre à son père du 28 août 1860 (AN 47 AP 1) :

[…] Ikhenoûkhen est venu, c’est un vieux géant à barbe blanche auquel on donnerait 40 ans si son voile noir ne laissait pas de temps en temps apercevoir une ride. Je n’ai jamais vu autant de force majestueuse. Ikhenoûkhen est bien disposé envers nous ; je suis très satisfait de mon entrevue avec lui. Le premier résultat de cette entrevue est qu’il m’a promis de me mener à Rhât en sûreté envers et contre tous…

L’enthousiasme ne dura guère. Peu après, le chef touareg fit la moue devant les présents, mesquins à ses yeux, que son visiteur croyait bon de lui faire. Par la suite, il se montra souvent avide, n’hésitant pas à puiser dans les provisions de celui dont il avait pourtant fait son hôte. Puis les choses changèrent. Le journal de route de Duveyrier laisse deviner que le vieil homme se prend peu à peu d’une tendresse grondeuse pour ce voyageur de vingt ans dont l’intrépidité l’étonne et les maladresses l’amusent. Un jour, il s’excuse de sa rudesse ; un autre jour, il l’exhorte à la patience ; un autre encore, il se préoccupe de sa maigreur.

Le 31 juillet 1861, Duveyrier prenait congé à Mourzouk de ce partenaire rudoyeur qu’il n’évoquerait plus qu’avec une affectueuse déférence et qui, dit-on, resta jusqu’à sa mort fidèle au souvenir de son protégé17. Dans une longue lettre à son père datée de ce jour-là, il a fait le bilan de son voyage et de ses relations avec ses hôtes successifs. Il y rapporte les propos tenus sur son compte par le chef touareg, qu’il estimait donc assez pour se soucier de l’impression qu’il lui avait faite (AN 47 AP 1) :

La première impression que je fis sur le vieil Ikhenoûkhen, est que j’étais un bien jeune homme pour venir parler avec lui de choses aussi graves que la politique, et il en fit la remarque à un homme du Souf. — Plus tard il changea d’avis et disait souvent cette louange très outrée, qu’il n’avait jamais vu quelqu’un d’aussi intelligent que moi. — Chez les Touâreg quiconque n’a pas la barbe blanche n’a pas la parole dans le conseil.
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