Hugo, le travail et la misère





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Hugo, le travail et la misère

David Charles


Hugo, le travail et la misère



Article publié dans "Le travail en représentations", in Le Travail et les hommes,

Actes du 127ème Congrès des sociétés historiques et scientifiques, Nancy (2002),

CTHS et Université de Nancy 2,

Éditions du CTHS, 2005

En publiant Les Travailleurs de la mer après Les Misérables, Hugo change moins d'objet que de point de vue : la misère est un "programme d'écriture" davantage qu'un thème1. Hugo adopte en outre le point de vue même que Les Misérables disqualifient autant qu'ils semblent l'exclure, et passe en deux romans de la misère au travail. Cette apparente rupture épistémologique est d'autant plus spectaculaire que ces deux romans publiés à quatre ans d'intervalle (1862-1866), dans le contexte de la fondation de l'Association Internationale des Travailleurs (1864), sont les seuls qu'il aura écrits durant les quarante premières années de la révolution industrielle, entre le début de la Monarchie de Juillet et la fin du Second Empire : Notre-Dame de Paris est de 1831-1832, L'Homme qui rit de 1869. Ce sont aussi - exception faite du Dernier Jour d'un condamné - les seuls romans de Hugo dont l'intrigue se déroule au XIXème siècle : Notre-Dame de Paris remonte à 1482, L'Homme qui rit à1690.
La misère du travail
Lamartine s'était - naïvement ? - scandalisé, comme ancien ministre du gouvernement de 1848 qui ouvrit puis ferma les Ateliers nationaux, de constater que dans Les Misérables - mieux intitulés Les Paresseux - "personne ne travaille"2. Cette substitution du travail à la misère, projetée dès 1856 alors même que l'achèvement des Misérables est ajourné, est bien accueillie par Zola. Au moment de la parution des Misérables, le chef de la publicité d'Hachette collaborait au journal positiviste Travail3. Il salue dans ce nouveau roman l'abandon, par Hugo, de toute visée politique4. Apparent retour à la problématique traditionnelle de la question sociale, dans un roman écrit en même temps que s'achève la guerre de Sécession - Les Travailleurs de la mer y font allusion à de nombreuses reprises -, par la victoire limpide du Nord industriel contre le Sud esclavagiste ? Zola comprend sans doute - on le constate dans son œuvre ultérieure, de Germinal à Fécondité - Travail - Vérité -, qu'une pensée reconnaissant dans le travail une catégorie consistante ne peut être aussi radicale qu'arrimée à la misère.

Au moins parce qu'une telle approche est logiquement amenée à reconnaître dans l'organisation du travail industriel une question pertinente : Les Misérables n'y consentent pas. L'entreprise de Monsieur Madeleine à Montreuil-sur-mer est disqualifiée par la "descente" de Fantine. Mais n'est-ce qu'en raison de l'application brutale - non d'ailleurs par le patron lui-même - d'un règlement trop strict, qui exige des ouvrières vertueuses, donc de son caractère paternaliste ? "Ce n'est pas aujourd'hui, écrit le catholique Veuillot, qu'on chasserait une bonne ouvrière de n'importe quelle manufacture, parce que l'on viendrait à découvrir qu'elle a un enfant"5. Faut-il y voir la transposition, dans l'industrie, du modèle bonapartiste d'organisation sociale - la biographie de Jean Valjean prend ses dates à celle de Napoléon et la chute de Monsieur Madeleine est comparée à celle d'Alexandre -, où l'extinction du paupérisme ne dépend de l'effort que d'un homme ? "Patriarcale" aussi l'organisation pré-fouriériste du travail dans les fromageries de Pontarlier, que l'évêque de Digne vante à Jean Valjean, jusqu'à ce que ce mot fâcheux lui fasse interrompre son discours : les montagnards de Pontarlier "sont heureux parce qu'ils sont innocents"6. La construction des barricades est le seul modèle d'organisation du travail - "Les grands périls ont cela de beau qu'ils mettent en lumière la fraternité des inconnus"7 - que le texte oppose à l'industrie de Montreuil-sur-Mer.

De là cette place que Les Misérables assignent à la misère dans son rapport au travail. Elle est sans doute dans ce "défaut de travail" qui laisse Jean Valjean sans pain pour nourrir les sept enfants de sa sœur durant l'hiver 1795, dans cette "fermeture de débouchés" qui pousse Fantine sur les routes avec Cosette sur le dos8. Elle est aussi dans le prix auquel se vend le travail : tous les salaires des misérables sont misérables. Rien pour Cosette à l'auberge (à peine le gîte, le linge et le couvert) ; quatre sous pour les filles Thénardier dans l'industrie du cartonnage ; quinze pour Jean Valjean dans la manutention ; trente pour Champmathieu dans la "chose de charron" ; "un peu" pour sa fille dans la blanchisserie ; "peu de chose" pour Fantine à l'usine. C'est l'oisiveté, non le travail, qui se rémunère le mieux. Lorsque Jean Valjean avance aux Thénardier le prix de la paire de bas que doit tricoter Cosette, il offre cinq francs, le triple des trente sous que valent ces bas (quatre jours de travail) : "- Maintenant ton travail est à moi, dit-il. Joue, mon enfant." 9

La misère est surtout le produit du travail, à la réalité mieux avérée que ces "verroteries noires" de Montreuil-sur-Mer produites à plusieurs kilomètres du littoral. "Songer avant tout aux foules déshéritées et douloureuses, (…) leur offrir l'exemple du labeur, jamais l'exemple de l'oisiveté", et "ajuste mathématiquement et fraternellement le salaire au travail" : tel est le programme du narrateur. Donner "à tous le travail" constitue l'utopie des insurgés. Préférer à l'esclavage du banditisme la vie simplement laborieuse d'un ouvrier honnête est le conseil donné au malfrat par le bien nommé Leblanc - lequel n'est autre que Jean Valjean devenu garde national et habitant bourgeoisement la rue Plumet10. Mais le roman n'offre pas d'exemple de travail qui, en échange du salaire, n'exige la jeunesse (celle de Jean Valjean, qui "se dépens(e) dans un travail rude et mal payé"), la vie à venir (celle de Champmathieu, "vieux tout jeune" à quarante ans) ou la totalité de l'existence, passé compris : Fantine abandonne Cosette pour pouvoir chez Madeleine vivre de "la vie saine du travail"11, grâce au "peu de chose" qu'elle y gagne. Étonnante imprécision du narrateur, qui ne donne pas le montant de ce salaire pourtant payé par un employeur modèle ? Ce "peu de chose", cette petite chose, c'est Cosette. Le travail de Marius, "pauvre", "indigent", mais non misérable, n'est de "peu de labeur" que dans la mesure où ses "besognes quelconques", puis son emploi d'"utilité dans la librairie" - "Il faisait des prospectus, traduisait des journaux, annotait des éditions, compilait des biographies, etc."-, ne sont pas salariés12.

Comparer la "machine" de l'oisiveté à un laminoir, comme le fait Leblanc pour pousser Montparnasse au travail, n'est pas de bonne rhétorique : cette "chose sournoise et féroce" où "vous (…) passez tout entier", "si elle vous attrape le pan de votre habit", il la retrouverait, non par métaphore. C'est peut-être, comme le pense Jean Valjean à l'entrée du bagne, "un acte de folie (…) de se figurer qu'on sort de la misère par le vol"13 : mais il est raisonnable de constater qu'on y entre par le travail. En 1817, la "sérénité du travail" n'est plus qu'un "reste" sur le visage des ouvrières, dans le portrait pittoresque qu'en dresse le narrateur : c'est "la sainte anxiété du travail réclamant ses droits" qui provoque l'insurrection de juin 184814. Pourquoi les misérables devraient-ils travailler pour que leur histoire puisse être légitimement publiée sous ce titre ? Parce qu'un ouvrier n'est jamais qu'un misérable qui travaille.
Le "travail de la civilisation"
Il reste que l'examen des "trois problèmes du siècle" qui exigent l'écriture des Misérables - "la dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit"15 - ne règle pas la question du "travail de la civilisation", dont la logique importe autant que les acteurs. C'est à lui que veut s'attacher ce nouveau roman16.

Les Travailleurs de la mer sont publiés un an avant la seconde Exposition universelle de Paris - à l'occasion de laquelle Hugo écrira la préface d'un guide consacré à la capitale. Cette exposition comporte une section consacrée à l'histoire du travail, informée par l'invention de la préhistoire, qui ajoute l'anthropologie aux points de vue déjà existants sur le travail. L'âge de l'homme passe de 6000 à 100000 ans et la majeure partie de son histoire sera désormais celle de ses outils. Raison de plus pour abandonner l'histoire des cours et des champs de bataille pour ce que Hugo - et Marx dans les mêmes termes - appellent l'"histoire réelle" : celle des marchands, des pilotes, des maçons, des pontonniers, des charpentiers et des calfats17. Tout le personnel du roman. Il a été projeté un an après la première Exposition universelle de Paris, dont la spectaculaire galerie des machines suscita un important débat sur la prise en charge, par la littérature, de la révolution industrielle18. Le changement que Jean Valjean fait subir à l'industrie des verroteries noires en 1815 n'est une "révolution" que dans ses conséquences économiques et sociales : elle consiste, dans ses moyens techniques, en un "tout petit changement" qui intéresse seulement les coûts de production19. Les Travailleurs de la mer sont le roman de la révolution industrielle, refaite et observée comme en laboratoire.
Le "travail de la civilisation", le romancier l'étudie dans le "microcosme" qu'il a sous les yeux depuis quinze ans : l'archipel de la Manche, ses "laboureurs (…) de la terre de la mer" - paysans, pêcheurs, pilotes, sauveteurs - et ses "casseurs de pierre". Ce microcosme fait l'objet d'une longue monographie préliminaire de 24 chapitres, qui en retrace l'histoire naturelle et sociale complète, depuis les "anciens cataclysmes" qui formèrent l'archipel "antérieur aux temps historiques", jusqu'au cataclysme plus récent qu'y provoque la révolution industrielle. Ce que le "travail de la civilisation" fait du "prodigieux travail" de l'Atlantique, tel est le "spectacle". Il "reflèt en petit (…) la grande formation humaine".
Jersey, Guernesey, Aurigny ; anciens repaires, ateliers à présent. (…) Jadis forban, aujourd'hui ouvrier. (…) Là où ce peuple a été pirate, il est pilote. 20
"L'autre côté" de Guernesey, "les barques rapiécées, les jachères, les landes, les masures (…), les troupeaux maigres, l'herbe courte et salée (…), le grand aspect de la pauvreté sévère" - autrement dit, la misère - est tenu à l'écart du propos21. Sur cette "terre fertile, grasse, forte", les enfants sont bien comme à Paris : "demi nus", mais parce que le climat est celui d'une "quasi-Méditerranée"22. Ils n'attendent pas dans l'ombre l'ouverture de l'école ; ils ne disputent pas leur pain aux cygnes des jardins publics ; ils ne font pas les commissions, ne balayent pas les chambres, la cour, la rue, ne font pas la vaisselle, ne portent pas de fardeaux23. Ils jouent à la marelle : le Ciel y est tout proche. Les "vaincus du duel social"24 sont expulsés du référent. C'est à Saint-Malo qu'on les trouve, dans la France de la Restauration qui vaut ici pour celle du "rétablissement de l'Empire" ; sur le continent, non dans cet archipel où s'observe la concrétisation d'une "utopie" pourtant disqualifiée dans le Paris haussmannien, qui consiste à demander à la révolution industrielle de réaliser le programme de la Révolution française25.
Le roman raconte en effet l'abolition, par la navigation à vapeur, de l'insularité topographique, économique, sociale, linguistique et intellectuelle d'un archipel de communautés qui équivalent aux provinces de l'Ancien Régime français. Insularité sur laquelle Hugo d'ailleurs surenchérit, exagérant la survivance des institutions féodales dans un archipel engagé "de fait" dans la révolution bourgeoise : "Chaque île a sa monnaie à part, son patois à part, son gouvernement à part, ses préjugés à part."26 La machine est imaginée en France pendant la Révolution, et lancée un 14 juillet contre la "Bastille" de la mer27.
L'épopée du travail
C'est l'épopée du XIXème siècle. En 1859, en même temps qu'il prend des notes pour son "roman futur", Hugo arrête l'architecture finale de La légende des siècles, dont la "première série" est en voie de publication. Pas de section "Dix-neuvième siècle" : elle légitimerait le Second Empire, mais une courte section "Maintenant", et l'ajournement, au "Vingtième siècle", de la réalisation du programme politique et social de la Révolution française. Les Travailleurs de la mer sont la section qui manque. L'épopée de ce qui reste digne de l'épopée - la guerre ne l'est plus depuis que le Second Empire a tué l'épopée napoléonienne par sa parodie - ou plutôt de ce qui le devient : le travail. La catégorie de dignité littéraire n'a plus cours, l'épopée se démocratise et le travail lui-même s'engage alors dans une guerre faite à la nature que l'ancien régime de l'industrie ne connaissait pas.
Pourquoi réserver l'épopée à la guerre ? Le travail peut être épique. De là ce livre.28
L'épopée relève du récit de fondation. On ne doit donc pas être surpris par cet archaïsme qui consiste à faire l'éloge de la vapeur :
sécurité de voyage, régularité de communication, va-et-vient facile et prompt, agrandissement de circulation, multiplication de débouchés, extension de commerce29,
au moment où elle n'est plus qu'une question d'horaires de chemin de fer ; où Nadar, d'ailleurs soutenu par Hugo, fonde une Société d'encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d'appareils plus lourds que l'air ; où l'Académie des sciences décide de récompenser les applications les plus spectaculaires de l'électricité. Dans Travail - qui multiplie les allusions aux Misérables30 -, Zola fera de la machine à vapeur le moteur de "l'antique routine" : son utopie, pourtant fouriériste, fonctionnera à l'électricité.
L'archaïsme des Travailleurs de la mer est encore aggravé dans la deuxième partie du roman, qui est le récit du sauvetage de la machine. Recommencement de l'histoire du travail comme dans L'Île mystérieuse - conçue au même moment -, mais sans l'ingénieur ; ou comme dans Robinson Crusoë - le modèle commun à Verne et Hugo -, mais sans cette confiance dans la raison qui remplace chez Defoe l'expérience des arts mécaniques : c'est un "sauvage" qui s'y voue. Seul dans l'écueil à l'époque où se met en place la division industrielle du travail, ne disposant que d'outils rudimentaires alors que le roman s'annonce comme celui de la machine, recourant au bricolage alors que la révolution industrielle est, précisément, révolution, soutenu dans son entreprise par le "songe", ce "désœuvrement laborieux" qui "amalgame" son propre travail à celui de la nature quand la vapeur au contraire est un moyen de s'en passer ou même d'aller contre, il sauve le moteur de la révolution industrielle. Gilliatt est le héros de l'épopée, qui accomplit cette "Iliade à un"31 du Livre central du roman des travailleurs, significativement intitulé "Le labeur". Le rappel de ce que la révolution industrielle doit à cet ancien régime du travail fonctionne ici (et dans Robinson Crusoë) comme légitimation du nouveau. Il montre aussi que la logique du "travail de la civilisation" n'est ni linéaire, ni cumulative.
Le roman des "affaires"
L'intégration de Guernesey au marché continental de la viande, du poisson et du beurre est décrite dans les mêmes termes que, dans Les Misérables, celle de Montreuil-sur-Mer au marché européen de la verroterie. "Bienfait pour le pays, (…) avantage pour le consommateur, (…), profit pour le manufacturier"32. Des armateurs de bateaux à voile s'inquiètent bien de voir leur monopole menacé33. Mais aucune "chute", aucune "descente" ne viennent ici invalider l'utopie et la faire "payer d'un prix qui l'annule"34, comme celles de Fauchelevent et de Fantine pendant l'enrichissement de Montreuil-sur-Mer. La misère n'est plus ici structurelle mais résiduelle, donc justiciable d'une critique et d'un traitement bourgeois ; elle ne se lit du reste que dans les détails du chapitre préliminaire.

Ainsi du texte de cette annonce commerciale, noyé au milieu de dix autres et donné à titre de couleur locale : "Ici, on continue à prêter un joli taureau comme par le passé". Il signale, très discrètement, que quelque chose a changé en matière d'échanges et que ce changement a un prix. Ainsi, quelques lignes plus haut, de cette remarque d'une chineuse à laquelle un passant fait l'aumône d'une pièce de cinq francs - cette monnaie qui dans Les Misérables constitue précisément la mesure commune à l'argent bourgeois et à l'argent des misérables parce que sa valeur peut mesurer le salaire ouvrier : "Merci bien, monsieur, voilà qui va me permettre d'acheter en gros." 35

La marche des "affaires"36, dont l'accélération se laisse espérer à la fin du roman grâce à une providentielle recapitalisation de l'entreprise, n'abolit pas la misère. "L'augmentation du bien-être de tous" n'est pas si indiscutablement "constat(ée)"37 que le patron du bateau puisse se passer de faire l'aumône aux "pauvres" de Guernesey - sauf à considérer justement que ce "tous" ne compte pas les pauvres. La charité, que Les Misérables se refusent à représenter comme un mode possible de redistribution de la richesse - "il n'y a de solidarité qu'entre ceux qui n'ont rien"38 - retrouve ici sa fonction sociale, d'autant plus sûrement que l'incommensurabilité de cette aumône et du capital auquel elle est soustraite est double. L'aumône n'en représente pas 1% et surtout ne se compte pas comme lui (et comme tous les échanges du roman centrés sur la vapeur) en monnaie fiduciaire - celle dont l'immatérialité exige la confiance - mais dans cette monnaie métallique archaïque, la guinée39.

Enfin - et surtout -, le travail lui-même, pourtant conçu comme "balafre (…) visible sur l'œuvre divine", ou comme recommencement humain de la genèse, donc en conformité avec les aspects nouveaux qu'il prend effectivement pendant la révolution industrielle40, est censuré par le texte liminaire, comme par la première partie du roman, dans tout ce qui pourrait, là encore, fixer le prix de l'utopie et sature, dans Les Misérables, les discours de Fantine ou de Champmathieu : souffrance, épuisement, déchéance.

L'homme "dérange, déplace, supprime, abat, rase, mine, sape, creuse, fouille, casse, pulvérise". Mais cette "puissance des casseurs de pierre"41 - que Hugo exagère en doublant le volume des exportations de granit vers l'Angleterre pour l'année 1864 - ne se paie d'aucun accident, ni même d'aucune fatigue. On connaît au contraire "les résistances souterraines" qui ont exigé la "persévérance", les "efforts" - et la vie - des "travailleurs" qui ont creusé les égouts de Paris42. Le patron du bateau a bien eu "une forte vie de travailleur", il a même "travaillé aux appareils d'épuisement des salines de Franche-Comté". Sans être toutefois gagné par l'épuisement : ce n'est pas Champmathieu, "fini" à quarante ans, qui s'inquiéterait comme lui à soixante de ne plus lever une enclume "d'un seul bras". Ce "parvenu du travail" - caractérisation qui ruine tout l'édifice critique des Misérables - est "arrivé en même temps aux rhumatismes et à l'aisance", qui pourraient en effet passer pour les "deux produits du travail" s'ils n'étaient, dans le roman précédent, précisément pensés comme mutuellement exclusifs43. Il emploie son bateau à doter sa nièce, qui a "pour travail de se laisser vivre"44 - exacte contradiction de la position de Fantine, qui meurt de son travail. Seul ce bateau "travaill(e)", et "merveilleusement" en dépit même de ses vices de fabrication : une machine trop massive, un tirant d'eau excessif, une consommation de charbon trop élevée, des frottements dans la distribution de la vapeur45. La première partie du roman, sans doute, en fait trop.

"Les frottements dans la machine, c'est là ce que nommons le mal", écrit Hugo à propos de la Création46. La misère ne semble même pas avoir ce statut dans le roman des travailleurs, alors qu'elle constitue à elle seule l'intégralité de la machine dramatique et intellectuelle des Misérables.
De la misère au travail, et retour
Rapportée à son contexte immédiat et aux Misérables eux-mêmes, l'entreprise des Travailleurs de la mer est singulièrement difficile. Hugo commence "la glorification du Travail"47 quatre mois avant la fondation de la première Internationale, et fait d'un esclave évadé des sucreries du Surinam le chauffeur d'une machine chargée de libérer l'économie de l'archipel de la Manche. Il a pourtant lui-même écrit, à propos du salaire gagné par Jean Valjean dans une distillerie de Grasse : "On sort du bagne, mais non de la condamnation.", ou de l'histoire de Fantine : "C'est la société achetant une esclave." Il pense la civilisation comme "le travail humain capitalisé"48 au moment où Marx présente sa première théorie du profit, et amène un ouvrier sans nom, sans toit et sans parole au secours du patron du navire naufragé, pour qu'il en sauve la machine au bout de dix mois de "labeur" rémunéré par un salaire en nature : la fille du patron. Mais Hugo a lui-même montré, à propos de l'entreprise de Monsieur Madeleine, la précarité de la capitalisation des bénéfices du travail. Hugo reconnaît enfin, dans l'affrontement de l'homme au déterminisme naturel, plutôt qu'au déterminisme social, son "plus auguste effort"49 - étymologiquement, celui qui l'"augmente", le grandit le plus -, quand le capitalisme "métamorphose des adolescents en voie de formation en simples machines à fabriquer de la plus-value"50. Il a cependant montré Fantine vendre ses cheveux puis ses dents, enfin échanger "le reste" contre les trois sous qui font les chemises qu'elle coud à la lueur de "la fenêtre d'en face" plus chères que celles des ouvrières de la prison voisine.

Le projet des Travailleurs de la mer est donc légitime, car exigé par le contexte culturel, scientifique et technique des années 1855-1864. Mais il est d'autant plus difficile politiquement, que l'auteur des Misérables commence son roman des travailleurs alors que Hetzel crée le Magasin illustré d'éducation et de récréation, dont les volumes récompenseront les bons écoliers de la République, et le publie quand Jules Verne, pour s'engager dans cette entreprise édifiante, liquide sa charge d'agent de change.
C'est pourquoi l'entreprise de navigation à vapeur est logée dans les meubles des Protestants qui ont fui à Guernesey la révocation de l'Édit de Nantes : "sur le vieux pupitre de chêne de la chaire huguenote, "un registre aux pages cotées Doit et Avoir, remplaçait la Bible"51. Cette substitution érige la vapeur en religion nouvelle. Ce réemploi signale ce qu'elle doit aux anciennes : l'éthique protestante est plus volontiers capitaliste que la catholique. Mais il dénonce aussi la religion de la vapeur - et l'utopie qu'elle alimente - comme superstition simplement plus récente. C'est cette confusion de la "vérité" du progrès avec son "dogme"52 qui fait naufrage : l'esclave devenu chauffeur du bateau n'a jamais cessé d'appeler "Mon maître" le patron qui le salarie53.
L'homme qui travaille à la réparation de ce naufrage est en effet glorifié - mais comme esclave que son travail enferme dans l'écueil et n'ouvre au spectacle de la nature que pour mieux le confronter à sa propre "fatalité intérieure" et au "monstre" qui est en lui54. Mis au "bagne" de l'océan non pour avoir volé mais par amour ; coiffé d'une galérienne de laine rouge qu'il a soin de rajuster aux moments les plus difficiles ; comparé à un gladiateur plus volontiers qu'à un ouvrier ; "viv mouillé" comme ces immigrants Irlandais qui à Londres s'affrontent à la fatalité sociale plus encore qu'à la fatalité naturelle55, Gilliatt travaille gratuitement à la capitalisation du progrès - la machine a coûté quarante mille francs. Il ne perçoit pas son salaire : Déruchette, la fille de l'armateur, se marie avec un recteur, qui ne travaille pas.

Gilliatt est un misérable. Plus encore, s'il était possible, que Jean Valjean. Jean Valjean a des parents, pas de nom mais au moins ce sobriquet, un matricule, un passeport ; une tombe au Père-Lachaise et une épitaphe, qui s'efface sur sa tombe mais reste - grâce au roman - dans la mémoire de tous. Gilliatt n'a pas de père, sa mère est incertaine, son nom n'est que le résultat de la prononciation locale d'un nom "quelconque", l'eau noie sa maison, le ciel est sa paroisse, la mer est sa tombe. Son "labeur", comme celui de Fantine ou Champmathieu, est la "misère du travail"56. Mais Gilliatt est surtout un "misérable sans le savoir"57. Tous - Thénardier, Fantine, Champmathieu, Valjean - savent qu'ils en sont. Aussi Gilliatt est-il muet d'un bout à l'autre du roman, quand les mêmes se voient finalement accorder, in extremis, devant le bourgeois, le policier, le juge ou la mort, ce droit à la parole que la société leur refuse. Dans Les Travailleurs de la mer, Hugo continue de fonder la société sur la misère - mais il enlève à la misère toute conscience d'elle-même. Il interdit par voie de conséquence au misérable de faire "de sa misère sa barricade"58. La menace que représente la "fraternisation" des "débris" de l'ordre social ne relève plus que du droit commun59.
Clôture dans l'épopée
Enfin, l'épopée du travail consiste elle-même en un enfermement que Les Misérables évitent aux travailleurs de la révolution. Le titre de la quatrième partie des Misérables, "L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis", s'adapte exactement à la topographie des Travailleurs de la mer. Le roman oppose le jardin des Bravées, où se noue l'idylle entre Déruchette et Ebenezer qui finalement l'épouse, à l'écueil des Douvres, où se déroule l'épopée du sauvetage de la machine. Marius, acteur de l'idylle comme de l'épopée, échoue dans l'épopée - l'insurrection est écrasée - et réussit dans l'idylle : il épouse Cosette, laquelle est moins sensible à sa qualité d'insurgé républicain qu'Éponine, tuée sur la barricade. C'est ce mariage, "fête intime et sociale", qui fonde l'ordre bourgeois en assurant la pérennité du capital amassé par Monsieur Madeleine, et légitime le discours adressé par Combeferre aux insurgés avant qu'Enjolras ne dessine l'"horizon" républicain" : "Mes amis, il y a un lendemain ; vous n'y serez pas à ce lendemain, mais vos familles y seront"60. L'antagonisme d'Ebenezer et Gilliatt, dont les personnages procèdent en quelque sorte d'un dédoublement de Marius, les isole, Ebenezer dans l'idylle et Gilliatt dans l'épopée. Ebenezer, qui ne travaille pas à l'histoire collective, est aimé de Déruchette. Gilliatt, vainqueur dans l'épopée, est défait dans l'idylle : il en meurt. Jusqu'à la veille de la vente du manuscrit à l'éditeur, le roman ne s'intitulait pas Les Travailleurs de la mer, mais L'Abîme. C'est, peut-être, l'abîme de juin 1848.
David Charles
Bibliographie
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1 . Voir, ainsi que pour tout ce qui relève de l'épistémologie des Misérables, et que nous nous contentons le plus souvent de reprendre, Les Misérables, éd. G. Rosa et N. Savy, Le Livre de Poche, "Classique", 1998 (ici "Note générale" de G. Rosa, n°9). Nous citons les deux romans dans l'édition J. Seebacher et G. Rosa des Œuvres complètes, Robert Laffont, "Bouquins", 1985.

2 . Voir ses "Considérations sur un chef-d'œuvre ou Le Danger du génie", Les Misérables, Œuvres complètes de Victor Hugo, éd. G. Simon, Imprimerie Nationale - Ollendorff, 1911, "Notes de l'éditeur".

3 . Voir C. Becker, "Zola et Le Travail", Les Cahiers naturalistes, n°51, 1977.

4 . Voir son compte-rendu de L'Événement, cité dans Les Travailleurs de la mer, Œuvres complètes de Victor Hugo, éd. G. Simon, édition citée, "Notes de l'éditeur".

5 . Voir son compte-rendu cité dans Les Misérables, Œuvres complètes de Victor Hugo, éd. G. Simon, éd. citée, ibid..

6 . I, II, 4, p. 66.

7 . IV, XII, 4, p. 869. Sur la biographie de Jean Valjean, voir Y. Gohin, "Une histoire qui date", Lire Les Misérables, dirigé par G. Rosa et A. Ubersfeld, José Corti, 1985. Alexandre est cité en II, II, 1, p. 286.

8 . I, II, 7, p. 72 et I, IV, 1, p. 119.

9 . II, III, 8, p. 320. Sur la vente du travail dans le roman et les rapports entre la misère et le travail, voir J.-Cl. Nabet et G. Rosa, "L'argent des Misérables", Argent et société, Romantisme, n° 40, 1983, auxquels nous empruntons exemples et perspective presque à chaque fois qu'il est ici question d'argent.

10 . Respectivement IV, I, 4, p. 667 ; IV, VII, 4, p. 790 ; V, I, 5, p. 940 ; IV, IV, 2, p.728-730. I, V, 2, p. 128-129

11 . I, V, 2, p. 128.

12 . Voir III, V, 2 et 3, pp. 537, 539 et 543. Marius se refuse au salariat : "Renoncer à sa liberté ! être un gagiste ! une espèce d'homme de lettres commis !" Hugo, qui dans l'exil compare sa chambre à une usine (lettre à Adèle Hugo du 8 janvier 1852, Œuvres complètes, éd. J. Massin, Club français du livre, 1967-1970, t. VIII, "Correspondance", p. 766) avait refusé, en 1829, le triplement, proposé en compensation de l'interdiction de Marion Delorme, de la pension que lui avait valu la parution des Odes.

13 . I, II, 7, p. 72.

14 . Voir I, III, 2, p. 97 et V, I, 1, p. 926.

15 . Préface, p. 2.

16 . Les Travailleurs de la mer, "L'Archipel de la Manche", XIV.

17 . Voir Hugo, William Shakespeare (1863), III, III, 3 et Marx, Le Capital, I, VII, n. 6.

18 . Voir J. Noiray, Le Romancier et la machine, José Corti, 1981, t. I, p. 28-31.

19 . I, V, 1, p. 127.

20 . "L'Archipel de la Manche", XXIV, p. 41.

21 . Ibid., III, p. 5.

22 . Ibid., p. 4 et VII, p. 10.

23 . Voir, dans Les Misérables, un neveu de Jean Valjean, I, II, 6, p. 70 ; les deux frères de Gavroche, V, I, 16 ; Cosette, I, IV, 3, p. 126.

24 . Voir I, V, 6.

25 . Voir I, III, 2 et 4.

26 . "L'Archipel de la Manche", XIII, p. 23.

27 . Voir I, III, 5, p. 86.

28 . Projet de préface (1864 ?), Les Travailleurs de la mer, éd. Y. Gohin, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", 1975, p. 1361. À propos de La Légende des siècles, nous exploitons les travaux de Cl. Millet, notamment son édition de la "Première Série" (Le Livre de Poche, "Classique", 2001).

29 . I, III, 4, p. 83.

30 . Un enfant vole un pain à un commerçant et le commerçant dit aux gendarmes qui ramènent l'enfant et le pain qu'il ne l'a pas volé puisque lui-même le lui a donné ; le récit du développement de l'Abîme ressemble à celui de Montreuil-sur-Mer et Beauclair est aussi peu belle et claire que Montreuil est balnéaire.

31 . II, IV, 6, p. 294. Voir D. Charles, La Pensée technique dans l'œuvre de Victor Hugo. Le bricolage de l'infini, PUF, "Écrivains", 1997, II, 3.

32 . Les Misérables, I, V, 1 ; voir Les Travailleurs de la mer, I, III, 4.

33 . Voir Les Travailleurs de la mer, ib..

34 . Voir G. Rosa, éd. citée des Misérables, t. I, p. 237, n. 2.

35 . Voir "L'Archipel de la Manche", VIII, p. 12-13.

36 . III, II, 1, p. 319.

37 . I, III, 4, p. 83.

38 . Voir l'éd. G. Rosa, "Notes générales" nn.° 22 et 34.

39 . Voir III, II, 1, p. 319.

40 . Voir "L'Archipel de la Manche", XXII, et I, III, 2.

41 . Titre de "L'Archipel de la Manche", XXIII.

42 . Voir Les Misérables, V, II, 6, p. 1002.

43 . Voir l'ensemble de I, II.

44 . I, III, 1, p. 78.

45 . Voir I, III, 5.

46 . Les Travailleurs de la mer, II, II, 5, p. 238.

47 . Projet de préface cité.

48 . Ibid. (nous soulignons).

49 . Ibid.

50 . Marx, op. cit., éd. L. Althusser, Garnier-Flammarion, 1969, I, IV, 15, p. 289. Certains points de son analyse des rapports entre "Machinisme et grande industrie" (notamment le recours au concept hégélien de "ruse de la raison", repris par Hugo en II, I, 10, et la prise en compte du surtravail, que Hugo selon G. Rosa nomme "labeur") peuvent être utilement confrontés au roman.

51 . I, III, 8, p. 91.

52 . Voir I, III, 10, p. 204.

53 . I, VII, 1, p. 180.

54 . Voir la préface du roman, et les chapitres II, I, 13 et II, IV, 3.

55 . Voir II, III, 6, p. 231 ; II, I, 10, p. 217 et 234.

56 . II, I, 4, p. 236.

57 . II, I, 10, p. 234.

58 . Voir Les Misérables, V, I, 1, p. 926-928. Gilliatt élève bien une "barricade" dans la "rue de la mer" qui parcourt l'écueil, pour se protéger de la tempête (voir II, III, 6, p. 273). Mais sa "révolution" n'assure que le redémarrage des "affaires", et c'est le patron du bateau qui la qualifie comme telle (III, II, 1, p. 314).

59 . "Les débris fraternisaient.", lit-on dans la description du taudis de Saint-Malo (Les Travailleurs de la mer, I, V, 6, p. 135) : révision, avec cette différence que du taudis ne sort pas la révolution mais un bandit justement nommé Parisien, de la "fraternisation menaçante de tous les débris" qui définit la barricade des Misérables (ibid., p. 928).

60 . V, I, 4, p. 936.

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