Discours d’Eric straumann





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Discours d’Eric STRAUMANN

Président du Conseil départemental – Député du Haut-Rhin

Forum des maires franco-allemands

31 août 2015 à BREISACH

Sehr geehrte Dorothea,

Cher Oliver,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires

Mesdames et Messieurs les Conseillers départementaux

Liebe Kollegen aus Baden und aus dem Elsass,

Chers amis,

Avant toute chose je souhaiterais adresser quelques mots à Dorothea STÖRR-RITTER, notre Landrätin, et vous remercier de cette invitation à ce rendez-vous important.

Le Département du Haut-Rhin et le Landratsamt Breisgau-Hochschwarzwald collaborent depuis de très nombreuses années et de manière toujours plus intensive depuis votre prise de fonction en 2008.

Une de vos premières démarches a d’ailleurs été de venir à la rencontre des élus alsaciens pour mieux comprendre ce contexte tout à fait particulier du transfrontalier et pouvoir vous investir au mieux.

Vous avez toujours fait preuve d’une perception réaliste et bienveillante des choses et d’une grande capacité d’écoute. Vous savez, comme le font souvent les femmes, mettre l’action et le résultat au premier plan.

Votre investissement a permis de faire grandir de nombreux projets communs. Je citerai tout le soutien nécessaire apporté à Infobest qui reste, aujourd’hui plus que jamais, indispensable à nos concitoyens. On a bien vu sa réactivité sur la question des retraites qui exige d’ailleurs de rester en veille active.

C’est votre accompagnement des collectivités locales qui a permis la construction d’une vision politique concertée et d’outils de coopération concrets : le Gerplan transfrontalier ou encore le Groupement Local de Coopération Transfrontalière du Pays des deux Brisach.

Et tout le monde se souviendra de la magnifique fête de l’amitié franco-allemande en juin 2013 qui commémorait les 50 ans du Traité de l’Elysée, à laquelle vous avez largement contribué.

Dans le cadre d’Interreg, nous avons également pu créer ensemble un fonds microprojets qui a permis de financer de nombreux projets entre nos communes et nos associations, initiative que nous souhaitons reconduire dans le cadre d’Interreg V.

La liste de nos actions communes est longue et caractérisée par la motivation et la bienveillance dont vous n’avez cessé de faire preuve.

Je profite de ce moment pour vous remercier chaleureusement pour votre action et vous souhaiter, avec quelques jours de retard, un très bel anniversaire que nous sommes tous heureux ici de pouvoir partager avec vous. Je sais qu’en Allemagne, le Geburtstagskind a le droit de tout faire et est la Reine du jour ! Dorothea, vous êtes notre reine du jour ! (cadeau à remettre)

Je crois savoir que c’est ici, lors de cette rencontre, à Breisach, qu’il y a quelques années, vous avez fait votre entrée en politique, en passant, m’a-t-on dit haut la main, l’épreuve de la deuxième partie de soirée ! Je vous souhaite de plus, plein de succès pour les échéances électorales à venir !

Je le répète, je suis extrêmement heureux d’être parmi vous aujourd’hui.

Cher Oliver, ta ville est notre capitale aujourd’hui et les dieux de l’amitié et de la fête sont avec nous ! Cette fête du vin est un moment chaleureux et un emblème de notre vie culturelle rhénane ! Un poète allemand disait  „Wo man singt, da lass dich nieder ! Böse Menschen haben keine Lieder!”

C’est un grand honneur d’être là et j’ai d’ailleurs souhaité faire de ce dernier jour d’août, ma rentrée politique, ici de l’autre côté du Rhin.

Il s’agit tout d’abord d’une preuve d’amitié, mais également d’un signe fort dans cette période trouble.

Je profite de ce moment privilégié pour me présenter à vous.

J’ai été élu Président du Conseil départemental du Haut Rhin, début avril. Notre majorité au sein du Conseil départemental est de 33 sièges sur 34 ! Vous pensez que c’est parce que nous étions simplement très bons ! C’est aussi parce que le Gouvernement a été mauvais et a été sanctionné en raison de la réforme territoriale qui n’est toujours pas acceptée en Alsace.

J’ai été Maire de Houssen de 2001 à 2014. Houssen est pour vous plutôt « Cora-Stadt » puisque c’est cette grande surface qui fait notre notoriété.

Je suis Député du Haut-Rhin, de la circonscription de Colmar, depuis 2007 et suis donc passé par tous les arcanes de la politique locale et nationale. Dans un système centralisateur à la française, c’est la seule manière pour faire entendre la voix des territoires et de changer le cours des choses.

Je revendique donc cet engagement. Beaucoup de choses se passent à Paris. Ne pas être présent dans les réseaux vous rend invisible et donc ne vous permet pas d’agir. On peut le déplorer mais c’est ainsi. S’esch alt a so !

Parlons justement un peu politique ! Dans une Europe en quête de sens et une France qui tente de se réorganiser, au risque de se désintégrer, je voudrais partager avec vous une vision pragmatique de notre impératif de nous développer ensemble.

C’est à Breisach « ville européenne » que je veux parler de « nous », le « nous » des démocraties, le « nous » de l’Europe, le « nous » rhénan et le « nous » français.

Je me souviens du titre de la Bildzeitung lors de l’élection du Pape Benoît « Wir sind Pabst ». La force de ce titre nous a tous marqués. Mais ce « Wir »dans notre région frontalière, que représente-t-il ? Da wird die Frage schon deutlich ? Was sind Wir ? Wir sind Elsâsser ! Ihr seid Badener ! Wir sind vom Oberrhein ! Wir sind alle Rheinkinder !

Cette interaction entre le cours du fleuve et ce que nous sommes, a été parfaitement illustrée par le Général de Gaulle, en octobre 1945 à Strasbourg.

Il disait : « Le Rhin peut reprendre le rôle que lui tracèrent la nature et l’histoire. Il peut redevenir un lien occidental. Depuis la Suisse d’où il sort, par l’Alsace, les pays de la Moselle, de Bade, du Main et de la Ruhr qu’il borde, les Pays-Bas où il gagne la mer (…), les navires peuvent et doivent désormais circuler librement (…). Il en est de même des idées, des influences de l’esprit, de l’âme, de la civilisation… ».

Breisach, l’Européenne, est un peu la cité idéale du transfrontalier. Breisach était alsacienne jusqu’au Vème siècle puisque le Rhin coulait à l’Est de la ville. Le Pays de Bade et l’Alsace, c’est cela ! L’homme dompte le cours du fleuve. On change de Landgraviat, d’Empereur, de rois, de nationalité.

Ainsi l’histoire dessine d’autres cartes, mais nous, nous restons sur place.. Nous, hommes et femmes, nous restons bien ici, nous restons sur l’axe rhénan. C’est un trait de notre passé biculturel.

Ces brassages de cultures et de civilisations ont largement contribué à faire du Rhin Supérieur à travers les siècles, un territoire d’excellence, une Siliconvalley avant l’heure. Nous avons encore cet héritage dans les veines, cet ADN, le savoir de nos universités, de nos artisans, de nos architectes, de nos viticulteurs, de nos industriels et de nos commerçants.

Je souhaite en vous parlant d’ici, de ce promontoire magnifique, regardant la plaine et le miroir de nos deux chaînes de montagnes qui se veulent chacune plus belles, dire que je me sens un « Strom-Mann ».

Comme vous, je ressens en moi ce moteur invisible, cette colonne vertébrale rhénane, cette force du Rhin, cette énergie qui m’habite quand je suis dans ma région ou à Paris.

Je me retrouve dans cette petite histoire du grand-père de ma collègue Brigitte KLINKERT, Joseph REY, l’ancien maire de Colmar, qui avait dit en se promenant sur le Blauen, que lorsqu’il regardait le paysage vers l’Ouest, il ne voyait aucune ligne de frontière, mais seulement un paysage magnifique. Et il a imaginé l’itinéraire touristique de la Route Verte sur cet axe Est-Ouest.

C’est d’ailleurs Joseph Rey qui, à Colmar en novembre 1956, a rassemblé pour la première fois, avec son collègue maire de Breisach Joseph BUEB, 150 maires venant de part et d’autre du Rhin. Nous poursuivons là une bien belle tradition.

Le 1er août, j’ai eu le plaisir d’assister aux feux d’artifices à BÂLE. Quelques jours après, j’ai parcouru les travées de la Foire aux vins de Colmar avec grand plaisir. Aujourd’hui je suis avec vous pour cette fête du vin du Kaiserstuhl et Tüniberg. C’est bien le fleuve, la vigne et les villes qui construisent notre « Heimatgefühl »..

1ère partie : les marqueurs visibles de notre développement transfrontalier


Je ne suis pas un homme de concepts abstraits mais, par nature, un partisan de la construction pragmatique.

Depuis 50 ans, le transfrontalier a joué un grand rôle grâce à toutes les bonnes volontés des élus et des administrations. Mais aujourd’hui nous devons dépasser ce cap, inventer une nouvelle manière de coopérer, faire renaître un sentiment d’appartenance rhénan chez nos jeunes. Car il est admis aujourd’hui que la valorisation de sa culture et de sa langue, contribue à la construction de soi et est un critère prévenant l’échec scolaire.

Il faut en fait valoriser notre proximité géographique ! Ici je suis ailleurs, et pourtant, je me sens chez moi. Je suis certain que vous connaissez ce sentiment !

C’est ici que doit se trouver notre source d’inspiration. C’est un nouveau modèle que nous pouvons réinventer ici, dans cette région marquée par cette multiculturalité, en conjuguant nos savoirs faire.

Vivre le transfrontalier aujourd’hui c’est passer à l’aire de l’innovation, des échanges, des nouvelles technologies, des coopérations réelles, tout en cultivant ce terreau commun que sont nos langues et nos cultures.

La coopération transfrontalière version 20ème siècle a réussi à créer le « réflexe » de penser à son voisin. C’est dans notre territoire « ein Muss » comme le développement durable. Vous le vivez tous ici, Maires et élus des communes qui agissez directement avec vos voisins.

Pourtant, ces rencontres comme celle d’aujourd’hui sont finalement rares et il serait intéressant de réfléchir à des rencontres entre maires à la façon des réunions du « Städte Netz » allemand.


Nous avons beaucoup de choses à faire ensemble.

Et pour nous rapprocher, il faut des ponts : ce sont les plus belles constructions du monde ! Il faut favoriser l’accessibilité de notre région. Nous devons ainsi trouver des solutions pour fluidifier la circulation Est-Ouest en améliorant, entre autres, le passage du Rhin à Breisach.

Nous serions bien entendu ravis que s’achèvent les travaux de la B 31 (en allemand) car tout ce qui facilite l’accès à notre région frontalière est un facteur d’attractivité.

Il en est également ainsi d’un autre projet qui nous tient à cœur : la voie ferrée Colmar-Breisach. Soit on se berce d’illusions, soit on est réaliste. Les financements publics vont se raréfier. Explorons donc une autre idée !

Pourquoi ne pas imaginer un tram-train comme celui de Mulhouse-Thann qui emprunterait la voie de circulation existante du pont ?

Dans l’immédiat, attendons les résultats de l’étude de la Région Alsace, lancée à l’initiative de la Communauté de Communes du Pays de Brisach et de son Président, Gérard HUG, pour mettre en place un bus à haut niveau de service, afin d’améliorer la liaison Colmar-Breisach. Par ailleurs, nous souhaitons construire le chaînon de piste cyclable manquant de Vogelgrün.

Nous vivons au cœur des flux économiques et commerciaux européens. Nous devrions lutter ensemble contre une augmentation inconsidérée du trafic routier de transit qui nuit à notre environnement et nous coûte très cher.

Je ne perds pas espoir que le modèle de la Maut soit étendu au sillon alsacien qui supporte actuellement le transfert de nombreux poids lourds cherchant à échapper à la taxe allemande. J’ai décidé d’interroger la Commission européenne pour savoir si la mise en place d’une écotaxe dans les régions frontalières, serait contraire au droit communautaire ou non.

Il existe d’ailleurs d’autres passerelles à renforcer, plus symboliques, impalpables, une sorte de « softpower » à créer pour notre région commune. Il faut donc développer des projets culturels communs et, notamment, militer pour l’intégration de BREISACH à la logique Vauban-Unesco.

Quoi de mieux pour comprendre son voisin que de regarder sa télévision ? Les changements technologiques m’inquiètent et je suis intervenu pour sensibiliser nos autorités au fait qu’à partir de 2017, nous ne pourrons plus capter les chaînes de télévision allemandes avec la TNT française, alors que c’est un lien essentiel.

Il faut aussi favoriser l’apprentissage des langues. L’Etat allemand part en Espagne pour chercher de jeunes diplômés et les former, leur apprendre la langue !! Quel paradoxe !

J’ai interrogé le Gouvernement sur l’ineptie que représenterait l’introduction d’une seule langue pour le concours d’entrée à l’ENA (Ecole Nationale d’Administration, unsere Elitschule), à savoir l’anglais, à compter de 2017. Selon la Ministre, c’est la langue de travail européenne aujourd’hui !

La Ministre de l’éducation nationale fragilise aussi l’enseignement de l‘allemand en France dans le cadre de la réforme des collèges. Aujourd’hui, nos collectivités financent encore le bilinguisme dans sa version frontalière, mais combien de temps encore aurons-nous les moyens de le faire ?

A cet égard, je lance l’idée de créer un service commun du bilinguisme avec le Département du Bas-Rhin. Nous en parlerons lors de la première réunion commune des deux assemblées, programmée le 25 septembre prochain.

Ce sont les jeunes qui feront de notre sillon rhénan, une aire de prospérité et d’épanouissement. Pour les aider à se comprendre, eux qui n’ont plus cet héritage historique de réconciliation en guise de moteur, il serait intéressant de promouvoir la rédaction d’un nouveau manuel d’histoire qui serait commun à notre région trinationale.

Pour se respecter, il faut de l’échange et de la transparence. Tel est notamment le cas dans le domaine de l’environnement.

Je comprends votre attention portée à FESSENHEIM. Je vous rassure, la centrale fermera un jour, mais pas en 2017. Il nous faut le temps de préparer la reconversion du site et la transition énergétique. La France a le prix de l’électricité le plus faible d’Europe et c’est un élément de sa compétitivité.

Quelquefois, il faut du temps pour mieux préparer les choses. C’est ce que nous avons fait pour le barrage agricole de BREISACH où nous sommes quasiment en phase d’achèvement des travaux entrepris et de négociation de mesures de compensation. Il reste cependant de nombreuses incertitudes au niveau du polder de Bürkheim.

Je vous ai parlé de « nous » Alsaciens et Badois. Je souhaiterais dans un deuxième temps, vous parler de nous, Alsaciens, bientôt fusionnés dans une région plus grande que la Belgique ou que la Suisse.

J’ai cru percevoir une certaine inquiétude dans le milieu de la coopération transfrontalière qui craint pour sa boussole géopolitique. Je le comprends.

2eme partie : réforme des collectivités et perspectives pour les relations transfrontalières


Vous avez suivi les débats sur la réforme des collectivités en France et la disparition de l’Alsace de la carte des régions. Certains disent que l’Alsace ne va pas disparaître. Il n’empêche que si cette loi devait s’inscrire dans la durée, nous aurions dans l’Est de la France, un sigle tel que ALCA ou ACAL à la place des dénominations « Alsace », « Champagne », « Ardennes » et « Lorraine ».. Nous le savons tous, ce qui n’a pas de nom, finit par ne plus exister.

L’histoire ne se réécrit pas. Pourtant, je pense que les Alsaciens sont en partie responsables de leur destin. En refusant par référendum la collectivité unique, ils se sont affaiblis. Nous avons loupé une occasion.

J’avais indiqué la veille du scrutin du 7 avril 2013 que si les Alsaciens ne prenaient pas leur destin en main, d’autres le feraient à leur place. J’en conviens, je ne pensais pas que ma prédiction se réaliserait aussi vite.

Nous allons être réunis avec des régions françaises avec lesquelles nous entretenons des liens très ténus. Pour exemple : 75 personnes prennent quotidiennement le train entre Strasbourg et Reims, alors que 25.500 Alsaciens se rendent chaque jour pour travailler dans la partie allemande du Rhin supérieur ! Et ils sont encore plus nombreux vers la Suisse.

Dans cette nouvelle mégarégion, cette nébuleuse administrativo-politique, les questions transfrontalières seront très lointaines. Pour cette raison, les départements auront toute leur place pour garder une politique de proximité. Car si la région disparaît en tant que collectivité, les départements eux subsistent et doivent incarner la poursuite de l’histoire régionale.

Je prédis d’ailleurs de grandes difficultés à ces régions. Elles seront des éléphants géographiques campés sur des pattes de canards budgétaires.

A titre de comparaison, le budget d’un Land allemand est de 4.000 euros par habitant en moyenne, alors que pour ces nouvelles régions, ce budget ne sera que de 400 ! Nous assisterons donc à une formidable recentralisation locale qui éloignera les électeurs de leurs élus, redonnant ainsi de la vigueur à la bureaucratie !

Mais voilà, la mégarégion s’impose aujourd’hui à nous.

Dans ce contexte, l’élection d’un Alsacien à la présidence de ce grand ensemble de l’Est, me semblerait constituer une donnée nécessaire pour assurer à notre région, une bonne représentation de ses intérêts. Philippe Richert a donc tout mon soutien.

Nous verrons ensuite en 2017 si après deux ans de fonctionnement, il est pertinent ou pas de maintenir cette organisation. La vraie réforme, à mon sens, aurait été de supprimer une strate administrative.

Tous les observateurs en conviennent, l’argument des économies est faux et les dépenses publiques vont même augmenter. 

Cette loi ne règle pas les difficultés financières des collectivités françaises. Au contraire. L’Etat ne compense plus nos dépenses alors qu’il exige toujours plus de nous, notamment dans le domaine social.

Au niveau du Conseil départemental du Haut-Rhin, je dois faire des choix difficiles qui sont susceptibles de mettre en difficulté nos partenaires. En 2016, 14 millions d’Euros devront être économisés. Sur le terrain, cela se traduira inévitablement par une baisse des aides et parfois, hélas, par des suppressions de postes.

Notre Conseil départemental maintiendra un dispositif d’aide aux communes en 2016 et fera en sorte de tenir ses engagements, malgré ce contexte budgétaire extrêmement contraint.

Par le passé, notre collectivité a été généreuse, mais elle doit aujourd’hui s’adapter à la réalité de ses moyens. Ainsi, ces aides seront prioritairement fléchées vers les communes les plus pauvres. Il importe de préciser que nombre de départements ont fait le choix de supprimer purement et simplement leurs dispositifs de soutien aux communes et structures intercommunales.

On ne peut croire que les collectivités pourront survivre en étant continuellement déficitaires. La vérité économique rattrapera toujours la vérité budgétaire.

3ème partie : L’Europe a besoin de l’esprit du Rhin supérieur


Ce qui m’importe aussi comme responsable politique, ce sont d’autres facteurs qui font ce que nous sommes. Notre développement économique et notre pugnacité peuvent s’inspirer des résultats positifs de l’économie allemande. Je suis d’ailleurs heureux des chiffres de l'enquête de la fédération des industriels du Pays de Bade (WVIB Wirtschaftsverband Industrieller Unternehmen Baden) pour le premier semestre 2015, publiés dans la presse locale.

L'Allemagne reste le premier pays européen à investir en France, avec un nombre de projets jamais égalé auparavant.

Autre bonne nouvelle: les données géographiques montrent que malgré l'attractivité économique dominante dans la région Ile-de-France, les entreprises allemandes, toutes régions confondues, investissent de plus en plus dans l'ensemble du pays, notamment en Alsace.

Nous avons besoin de confronter nos modèles. Ici, la proximité de nos modes de développement français, suisse et allemand est un défi permanent. Il n’est pas interdit de faire du benchmarking !

Il est certes difficile de comparer deux systèmes qui fonctionnent avec leurs propres histoires et règles. Je crois pourtant que notre pays a beaucoup à apprendre des décisions publiques prises par l’Allemagne. L’Allemagne a peut-être à apprendre de la politique familiale française qui permet le maintien d’une démographie dynamique.

Il faut des totems pour marquer les esprits et être visible dans le monde. Notre avenir passe par le développement économique et le modèle rhénan constitue un atout formidable.

Après avoir parlé de l’apport du Rhin supérieur à nos régions, après avoir évoqué la réforme des collectivités et les difficultés budgétaires des collectivités françaises, je voudrais finir par la question européenne.

Notre époque de mutation doit trouver des réponses.

Aujourd’hui, nous arrivons au bout d’un système qui n’est basé que sur l’endettement et qui ne peut plus fonctionner. François Hollande aurait pu saisir l’opportunité d’être un Schroeder à la française en réformant en profondeur le marché du travail et en oeuvrant pour l’équilibre budgétaire. La classe politique française aura manqué de courage durant ces dernières années.

Il n’y a de solution que dans « plus d’Europe ». Ceci est notamment vrai pour la question monétaire qui contrairement à ce qui se passe en Allemagne, est totalement sous-estimée dans mon pays. En votant « non » au plan d’aide à la Grèce à l’Assemblée nationale, j’ai partagé les craintes de certains élus allemands qui savent que les grands désordres sociaux peuvent partir de crises monétaires.

L’autre sujet brûlant de cette rentrée est constitué par le problème posé par l’afflux des migrants.

Angela Merkel, a appelé de ses vœux une politique européenne commune en matière d'asile. Elle a estimé que la crise des migrants allait occuper les Européens «bien plus que la Grèce et la stabilité de l'euro». Les prévisions lui donnent raison, plus particulièrement dans son pays : l’Allemagne traitera probablement en 2015, 800 000 dossiers de demandeurs d’asile contre 80 000 en France !

Il est d’ailleurs intéressant, pour nous qui sommes bilingues, de suivre les médias sur ce sujet dans nos deux pays.

En France, la question semble se limiter à une petite zone à Calais, à l’entrée du tunnel sous la Manche. En Allemagne, les débats télévisés, les reportages, les actualités s’emparent du sujet. Bref, on affronte le problème.

Nous ne pouvons rester insensibles à la détresse de ces déracinés. Nos grands-parents ont vécu des situations semblables pendant la 2ème Guerre Mondiale. Notre culture chrétienne est fondée sur l’accueil.

Bien sûr, ces migrants devront sadapter à nos idéaux européens, mais il est de notre devoir de respecter la dignité humaine en statuant rapidement sur leur sort.

L’Europe c’est un destin commun, une volonté d’intégration et des valeurs partagées. Mais le modèle s’essouffle.

L’Europe paie aussi le prix de l’absence de clarté de sa politique au Moyen-Orient. Sans doute faudrait-il envisager une solution militaire afin que les Syriens puissent vivre en sécurité dans leur pays et pour empêcher les « coupeurs de tête » d’avancer.

Nous, Alsaciens et Badois, nous savons la chance que nous avons de vivre dans une aire de liberté et prospérité.

Permettez-moi en conclusion, une courte référence historique locale et un peu d’humour : Breisach aurait d’ailleurs pu devenir capitale de l’Alsace. C’est le Comte d’Harcourt, gouverneur de l’Alsace qui voulait en faire la capitale d’une principauté indépendante qu’il voulut créer sur le Rhin en 1652 ! Une idée pour l’avenir ? D’autant plus que le Prince Albert de Monaco vient le 7 juin en Alsace et que les couleurs de Monaco comme celles de l’Alsace sont le rouge et le blanc !

Notre avenir ne passe pas par le repli sur soi, mais par l’ouverture au monde et le respect de nos valeurs rhénanes.

Nous avons des atouts considérables, notamment avec Freiburg, la métropole de Bâle/St Louis (ville jumelée avec Breisach). J’en veux pour preuve l’EuroAirport Basel-Mulhouse-Freiburg qui enregistre une progression très forte du nombre de passagers. En 2015, il devrait dépasser les 8 millions! Cet outil constitue un pilier de notre avenir commun.

Das setzt natürlich einiges voraus. Die Politik selbst, darf nicht nur in technokratischer Form, die grenzüberschreitene Arbeit beachten. Sie muss, im Gegenteil, immer wieder dieses Faktor als Grundstein einer gemeinsamen Zukunft ansehen.

“Nur Beharrung fûhrt zum Ziel » (« seule la ténacité mène au but ») écrivait Schiller… Soyons tenaces ensemble !


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